Archives de Tag: Monsanto

Buvez-en tous, car ceci est mon sang…

Eau et médicaments

Tout est cycle, cercle vicieux, éternel retour. 

Morgan Sportès

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On peut s’interroger sans fin sur le cycle infernal des eaux usées… L’organisme humain se voit sans cesse aux prises avec une foultitude de médicaments qui se retrouvent dans tout le cycle de l’eau, de la nutrition, et plus que jamais… Alors qu’une ville telle Montréal s’apprête a rejeter dans le fleuve Saint-Laurent quelque 8 milliards « d’eaux usées », d’autre ( Toronto, Vancouver) en font de même avec des quantités encore plus élevées. On peut ajouter à cette « mixture » le traitement des animaux de fermes qui éliminent directement dans le sol leurs « traitements » et les produits des épandages chimiques de l’agriculture qui aurait battu des records en 2015.

L’alarme a été sonnée depuis longtemps.  Voici un article de 2009 concernant ce problème:

Médicaments: la pollution imprévue

Par la Dr Yvette Parès

Au cours du 20ème siècle, la médecine occidentable a connu, de toute évidence, une période faste qui succédait aux défaillances venues d’un lointain passé.

Après le déclin des célèbres écoles d’Italie, de France et d’Espagne dont le rayonnement fut intense au 12ème siècle, l’art médical avait périclité et les connaissances thérapeutiques n’avaient cessé de s’appauvrir.
L’aube du 20ème siècle en était encore affectée.

L’avènement des antibiotiques, des molécules issues de la chimie, les techniques de pointe, les avancées de la science apportaient le renouveau. On évoquait les « progrès foudroyants » de la médecine. Les maladies seraient enfin maîtrisées et les épidémies tenues au loin.
Qu’en est-il en ce début du 21ème siècle ? Le constat est beaucoup moins exaltant. Après d’innombrables succès, l’antibiothérapie a révélé sa face cachée, ses méfaits que les lacunes des données scientifiques sur la biologie des micro-organismes rendaient imprévisibles : sélection de germes résistants, maladies nosocomiales, tuberculoses mutirésistantes et hyperrésistantes. Ces problèmes sanitaires inattendus demeurent encore sans solution.

D’autre part, les molécules de synthèse ont provoqué effets indésirables et maladies iatrogènes graves et souvent mortelles. Quant aux épidémies essentiellement virales, elles ne rencontrent qu’impuissance. _ La survie, pour le Sida, s’accompagne d’un intense mal-être.
Mais à tous les défauts thérapeutiques observés vient s’ajouter un danger de détection récente. On a soudain pris conscience d’une réalité qui avait jusqu’alors échappé à l’observation. Il s’agit de la pollution de l’environnement et spécialement de l’eau par les médicaments issus de la chimie.

La première étape commence avec les processus de synthèse. Les réactifs volatils et souvent cancérigènes sont rejetés dans l’atmosphère. Les résidus des opérations parviennent dans les cours d’eau. On doit encore évoquer un fait aggravant : le grand nombre d’essais infructueux avant qu’une molécule n’apparaisse douée d’un avenir thérapeutique.
Une autre étape concerne la prescription des médicaments. Après la traversée de l’organisme humain, ils sont rejetés tels quels ou sous forme de leurs métabolites. Les eaux usées des hôpitaux en sont particulièrement chargées et vont se mêler aux eaux des rivières et des fleuves.

L’étape suivante s’avère des plus préoccupantes. Les eaux polluées s’infiltrent dans les sols et parviennent aux nappes phréatiques. On a constaté dernièrement qu’elles étaient corrompues par les produits médicamenteux. Ainsi les réserves naturelles dans les pays européens sont maintenant contaminées et constituent un danger pour les populations. Comment retrouver la pureté de ces eaux ? Le phénomène serait-il irréversible ou lentement réparable ?

La dernière étape concerne l’eau « potable » qui arrive dans nos maisons. Elle renferme, elle aussi, de nombreux résidus médicamenteux dont certains très nocifs. Les stations d’épuration se sont montrées jusqu’à présent incapables de les éliminer.
Un point déplorable apparaît dans toute son ampleur : l’eau, élément vital par excellence, respectée dans toutes les traditions, a subi une atteinte dans sa nature profonde. L’ère du « progrès » se solde par un désastre.

Mais la vision doit encore s’élargir au-delà des humains, à l’ensemble du monde vivant. Quel est l’impact de cette pollution de l’eau sur les animaux, les végétaux, les microfaunes, les microflores et les microorganismes bactériens ? Une loi règne sur la planète, celle de l’interdépendance de toutes les formes de vie, elles-mêmes dépendantes de tous les facteurs externes.

À titre d’exemples concrets, que deviendraient les légumes de nos potagers, les céréales, les fruits des arbres de nos vergers, si leurs racines devaient puiser dans le sol une eau devenue cocktail médicamenteux de plus en plus concentré ? L’homme sain, la femme, l’enfant en bonne santé seraient contraints d’absorber inconsidérément des produits d’action délétère. Que reste-t-il, de nos jours, des « bonnes nourritures » prônées dans le passé ?

Après l’exposé de cet ensemble de faits , une question vient à l’esprit. Peut-on continuer de poursuivre et d’accentuer au fil du temps cette pollution de l’eau due aux médicaments chimiques ? La réponse ne peut être que négative. Une évidence s’impose. Leur synthèse devra être abandonnée, à plus ou moins court ou moyen terme. Mais alors, dans ces conditions, que deviendrait la médecine occidentale privée de ses moyens d’action habituels ?

La sagesse ne serait-elle pas de se préparer dès maintenant à une telle éventualité, en explorant les savoirs ancestraux des pays d’Europe ? Ils apporteraient non pas un retour purement passéiste mais des éléments de base qui permettraient l’élaboration d’une thérapeutique nouvelle et non polluante pour la médecine de demain.

Dr Yvette Parès
Professeur à l’Université de Dakar de 1960 à 1992
Dr es-science
Dr en médecine
Directrice du centre de recherches biologiques sur la lèpre de 1975 à 1992
Directrice de l’Hôpital traditionnel de Keur Massar (Sénégal) de 1980 à 2003

medecine-ecologique.info

Altermonde-sans-frontières 

En 2015, la consommation de médicaments a grandement augmenté. Nous sommes devenus sans trop le savoir des abonnés de « Big Pharma » et de Monsanto.

Chez l’homme, nous sommes en présence d’un phénomène systémique et pervers, dans lequel chaque élément renforce sa cause et son effet : les maladies d’abondance liées à notre mode de vie entraînent obésité, diabète, hypertension artérielle, maladies cardio-vasculaires, cancers, stress de la vie trépidante, insomnie, etc., qui eux-mêmes entraînent une surconsommation de médicaments (antidépresseurs, anxiolytiques, somnifères, anticancéreux, anesthésiques, antibiotiques, produits de diagnostic et produits radioactifs), entraînant à leur tour une sur contamination de la nature. Qui a des impacts sur ce que l’on mange et notre santé en général, conséquences contre lesquelles il faut encore prendre plus de médicaments…Cercle infernal.

Évidemment, la situation est très inégale en fonction des modes de vie, du développement socio-économique, de l’accès des populations aux soins et des réglementations de chaque pays. Malheureusement la France est souvent en tête en termes de surconsommation de médicaments. L’Hexagone est le 4e consommateur mondial de médicaments et compte 3,8 millions de consommateurs réguliers de médicaments anxiolytiques et psychotropes, dont la moitié en surconsommation. Notre surconsommation d’antibiotiques dépasse de 40 % la moyenne européenne. Et près de 20 à 30 % de ces surconsommateurs seraient en situation de dépendance.

On ne compte plus les prescriptions abusives d’antibiotiques ou de benzodiazépines. Plusieurs auteurs pointent une inflation de prescriptions abusives : examens de diagnostic et de dépistage inutiles, interventions chirurgicales et traitements médicamenteux injustifiés. Avec autant de rejets inutiles. Selon les médecins eux-mêmes, 30 % des actes ou des examens médicaux seraient injustifiés (enquête de la Fédération hospitalière de France, juillet 2012). 50 % des médicaments ne seraient pas prescrits comme il faut. ( Source: natura sciences)

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Nous sommes contaminés, nous contaminons pour nous guérir et créons un cycle de « vie » selon logique de « rien ne se perd, rien ne se crée ».

Les maladies hydriques

Les maladies liées à l’eau de boisson résultent d’un contact direct avec de l’eau ou de la nourriture contaminée par des déchets d’origine humaine, animale ou chimique. La liste est longue : arsénicïsme, choléra, diarrhée, hépatite A et E, méningite, polio, etc. On dénombre environ 5 millions de décès liés à ces maladies chaque année. L’OMS, comptabilise 4 milliards d’infections gastro-intestinales dues à des bactéries, virus ou parasites par an. Elles mènent à la mort de 1,8 millions de personnes en 2002.

Ces maladies sont particulièrement liées à la pauvreté. Les enfants de moins de 5 ans sont les plus touchés. De simples mesures d’hygiène permettraient de combattre ces maladies. Ainsi, un accès à l’eau potable (1,1 milliards de personnes n’y ont pas accès) et un système d’élimination des eaux usées (2,4 milliards de personnes n’y ont pas accès) permettraient de combattre ce fléau. ( Source)

Nous sommes constitués de 70 % d’eau… Jusqu’à maintenant…  Dans un monde où nous avons accès à l’eau, en sommes-nous arriver au point de nous traiter de ce qui nous rend malade?

Gaëtan Pelletier

Les concombres de Monsanto et les Beatles

C’est une étude de six mois effectuée par Agrisearch, à l’Université Dalhousie, qui a montré que les concombres OGM cultivés sous licence Monsanto Inc. produisait des effets secondaires graves, y compris la perte totale de la toison génitale, conduisant à l’interdiction immédiate et totale des ventes en Nouvelle-Écosse.
L’étude de suivi de 643 hommes et femmes de la Nouvelle-Écosse est survenue après que des rapports alarmants ont commencé à apparaître avec des mulots des champs tous nus et des chats sauvages, qui s’en nourrissaient, devenus aussi sans pelage, découverts chez les agriculteurs qui cultivaient cette nouvelle variété OGM. http://w41k.com/97534 

Assez surprenant que l’homme ait pu se rendre jusqu’au 21 e siècle en s’habillant de peaux d’animaux, de souffrir du froid, et voilà qu’un concombre issu de la génétique  puisse l’épiler…

C’est encore Monsanto… L’anti-nature…

Ce qui pourrait aider certains humains à ne plus utiliser de rasoirs ou de crèmes épilatoires.

Monsanto vient de dépasser McDo. Plus un poil sur le dos grâce à Monsanto!

Si les Beatles avaient bouffé du concombre Monsanto… On aurait été tous décoiffurés à partir des années 64…

Si un jour Monsanto crée un concombre qui détruit les spermatozoïdes mâles,  c’en est fini de la race humaine…

Fini le rasoir jetable et l’expression si belle: « Tous à poil »

gp

Lire l’article sur le lien cité au haut de la page

NIGERIA : des grosses fortunes américaines financent Boko Haram

NIGERIA : des grosses fortunes américaines financent Boko Haram

La résurgence de Boko Haram au Nigeria après la mort du fondateur de cette organisation au départ  fondamentalement  islamiste serait l’œuvre de 2 grosses fortunes  américaines : Bill Gates et  Hugh Grant  PDG de la Monsanto Company.

En effet ces 2 milliardaires américains ont été identifiés par le "Global Alliance Prolife" (GPA)  en tant sponsor étranger  de l’insurrection de Boko Haram.

Global alliance Prolife a révélé que le nom de Boko Haram originel a été utilisé comme couverture dans des attaques terroristes. Selon GPA les vrais coupables étaient des assassins et des mercenaires embauchés par « Blackwater » ou « Xe-Service » appelé aujourd’hui « Academy », une armée privée propriété de Bill Gates et Monsanto Company. Toujours selon Global Alliance Prolife, en 2009 après la mort du fondateur de Boko Haram (en tant secte purement islamiste opposée à la culture occidentale) Mohamed Yusuf, « Blackwater » a commencé le recrutement d’anciens enfants soldats sierra lionais et libériens de la rébellion de Charles Taylor et les a formé à Ouagadougou au Burkina Faso en dépit de l’éviction de « Blackwater » du Liberia par la présidente Ellen Johnson Sirleaf. Par la suite ces enfants soldats libériens et sierra lionais ont été amenés au Nigéria et présentés comme des employés de l’ECOMOG (The Economic Community of West African States Monitoring Group ou Groupe de Surveillance de la Communauté des Etas de l’Afrique de l’Ouest) pour officiellement combattre la secte islamiste Boko Haram. Mais en réalité, la mission de ces mercenaires libériens introduis au Nigéria par Bill Gates et Monsanto Company était de déplacer les agriculteurs locaux du Nord Est du pays ; de créer une chute de la production agricole et obliger le gouvernement fédéral à adopter les grandes exploitations des deux géants américains spécialisés dans l’agrobusiness génétiquement modifiée pour nourrir la population. Les aliments de base locales, tels le riz, le sorgho ; le millet ou le manioc serait ainsi remplacés par des variantes génétiquement modifiées de Gates et Monsanto leur cédant ainsi efficacement la sécurité alimentaire pour plus de 170 millions de nigérians. Selon l’AGP, « le volume de production des ces OGMs serait alors vendue à des prix inférieurs à celui de la nourriture cultivée biologiquement ou naturellement partout ailleurs au Nigeria, détruirait le marché des aliments biologiques traditionnels, faisant des cultures des industries agroalimentaires Gates/Monsanto dominants de l’alimentation au Nigeria. Le président de GPA, le Dr Philip Njemanze a également tiré la sonnette d’alarme sur les moyens de hautes technologies utilisées par bill Gates dans l’exécution du plan terrorisme. Selon lui ; la récente entrevue du maniaque de la micro-informatique dans le quotidien ‘’Daily trust’’ dans laquelle il a déclaré que « sa fondation effectuait de la télédétection dans les Etas du Nord Est du Nigéria fief de Boko Haram pour étudier les schémas de migration des personnes » signifiait que des images satellitaires contre la loi nigériane ont été utilisée par l’espionnage pour identifier les installations militaires nigérianes comment s’en échapper et les attaquer en état d’urgence. Le Dr Njemanze a par ailleurs dénoncé les téléphones portables distribués aux agriculteurs locaux par Bill Gates via le ministère nigérian de l’agriculture pour accorder à ces derniers des agro-crédits pour les engrais et les cultures OGM. Décrivant ces dons comme des « portes feuilles de la morts » faits et acceptés dans le mépris total de la preuve fournie par le Ministère américain de l’agriculture (USDA) que les OGM ne peuvent augmenter les rendements des cultures, sinon diminuer la production agricole globale , endommager les terres fertiles , le président de GPA soutient que les OGM constituent des risques sanitaires dangereux encore méconnus incluant des cancers et autres maladies débilitantes. Toujours selon le Dr Njemanze, grâce aux GPS des téléphones cellulaires distribués aux populations rurales du nord du Nigéria , la position de chaque agriculteurs serait connue des terroristes à la solde des multinationales agroalimentaires américaines qui utilisent des images satellitaires pour connaître l’emplacement de la JTF ( Joint Task Force) et les téléphones portables pour traquer les agriculteurs nigérians. Ngouegni N. Nadege

Source 

 

Comment Monsanto,Pepsi, Nestlé et consorts dépensent des millions pour stopper l’étiquetage des OGM

Rusia Today     

Au fur et à mesure que se rapproche le vote d’une loi dans l’État de Washington sur la nécessité d’étiqueter les produits génétiquement modifiés, la bataille entre les militants qui luttent pour le «oui» et les entreprises agroalimentaires qui investissent des millions de dollars contre cette loi s’intensifie.
Les 5 novembre les électeurs vont se rendre aux urnes dans l’Etat de Washington afin d’accepter ou de rejeter l’initiative I-522, qui obligera les fabricants à étiqueter les aliments génétiquement modifiés.
Les partisans de l’initiative I-522 affirment que c’est une question transparence et que les consommateurs ont le droit de savoir si le produit qu’ils  achètent contient ou non des OGM. Par ailleurs, ils ne cessent de souligner la nocivité des OGM pour le corps humain ou animal et les problèmes environnementaux qu’ils causent .
Les entreprises, de leur côté,  investissent de l’argent désespérément jusqu’au dernier moment pour tenter d’«acheter» ce référendum.
Les opposants  à la mesure, dirigé par la Grocery Manufacturers Association, prétendent  ??qu’il n’y a rien de nuisible de manger des aliments génétiquement modifiés et considèrent que l’initiative est «mauvaise».
Ils font également valoir qu’une telle mesure entraînerait des pertes pour l’agriculture et des  hausses des prix.   » Des dizaines de milliers d’aliments et de boissons devront être étiquetés à nouveau exclusivement pour l’État de Washington et les produits parviendront  dans les rayons des supermarchés avec des prix plus élevés  » , a déclaré dans un communiqué le porte-parole du GMA, Brian Kennedy, ajoutant que si elle était adoptée, la mesure « va augmenter de plusieurs centaines de dollars par an – près de 500 dollars-  les frais de nourriture pour une famille moyenne de Washington. »
Pendant ce temps, 28 millions de dollars ont été investis dans la campagne, mais la plupart de l’argent (22 millions de dollars) provient de  groupes opposés  à l’approbation de la loi.
Rien que la  GMA, agissant pour le compte de plus de 300 entreprises agroalimentaires, a soulevé environ 11 millions de dollars pour arrêter la I-522.
 PepsiCo, General Mills, Nestlé et Monsanto, sont les principaux contributeurs de ces fonds. Monsanto  a versé à elle seule plus de cinq millions de dollars.   « Ces entreprises investissent de l’argent désespérément jusqu’au dernier moment pour tenter de« acheter »ces élections », a affirmé à Reuters Liz Larter, la porte-parole de la campagne « Oui à 522?. 
Source: Rusia Today
 
Ndlr
– Rappelons que le 6 novembre 2012, la Californie a rejeté par voie référendaire l’étiquetage des produits contenant des OGM. Le « non » à la « Proposition 37?, qui visait à imposer un étiquetage spécial pour les produits alimentaires contenant des OGM, l’a emporté avec 54 % des suffrages. Les industriels ont dépensé 40 millions de dollars pour combattre cette mesure. Parmi eux : Bayer, BASF, Coca Cola, Kellogg’s, PespsiCo, Kraft Food, Coca, Unilever, Nestlé USA et bien sûr, Monsanto pour un montant de 1,913 million de dollars.
– Le site No-522  pour l’équité, en américain

blogapares.com

http://humeursdemarisse.blogspot.fr/2013/11/comment-monsantopepsi-nestle-et.html

Vandana Shiva : « Le libre-échange, c’est la dictature des entreprises »

Écrivain, physicienne, prix Nobel alternatif, la militante écologiste indienne Vandana Shiva est une résistante infatigable contre les entreprises qui pillent son pays, comme Monsanto. Elle pose un regard lucide sur les enjeux de la période : crise écologique, financière, protectionnisme, risque nucléaire, OGM… Quelle civilisation sommes-nous en train de construire ? Comment redonner du pouvoir aux citoyens face aux multinationales ? Comment construire de réelles alternatives globales ? Entretien.

Basta ! : Les combats que vous menez sont liés à la souveraineté – alimentaire, sur les terres, l’eau, les semences. Qu’est-ce que la souveraineté ? En quoi est-ce un enjeu majeur du 21e siècle ?

Vandana Shiva : La redéfinition de la notion de « souveraineté » sera le grand défi de l’ère post-globalisation. La mondialisation était fondée sur l’ancienne notion de souveraineté, celle des États-nations héritée de la souveraineté des monarques et des rois. La nouvelle notion de souveraineté est le fondement de la résistance à la mondialisation. Cette résistance se traduit par le slogan : « Le monde n’est pas une marchandise.  » Actuellement, les Grecs disent : « Notre terre n’est pas à vendre, nos biens ne sont pas à vendre, nos vies ne sont pas à vendre. » Qui parle ? Les peuples. Revendiquer la souveraineté des peuples est la première étape de la souveraineté alimentaire, de l’eau ou des semences. Mais il y a une seconde partie : les peuples revendiquent le droit de protéger la Terre, et non celui d’abuser d’elle comme d’autres la maltraitent. Ainsi la souveraineté des terres, des semences, des rivières rejoint la souveraineté des peuples. Avec la responsabilité de protéger ce cadeau de la Terre et de le partager équitablement.

Pour garantir cette souveraineté, faut-il fermer davantage les frontières ?

Aucune frontière n’est jamais totalement fermée. C’est comme la frontière de notre peau, qui nous protège de l’invasion de toute infection : des ouvertures permettent à la transpiration de sortir, pour maintenir notre équilibre, préserver notre santé. Toutes les frontières sont poreuses. Un corps souverain sait comment réguler ces entrées et sorties. Il sait quand trop de chaleur entre dans le corps. Il sait comment s’opposer aux virus. Quand un corps perd cette autonomie, cette souveraineté, il devient malade. C’est la même chose pour un pays, gouverné par un peuple souverain et autonome. Ce peuple peut dire : « Notre lait est vendu 14 roupies/litre, votre lait européen qui débarque à 8 roupies/litre va détruire l’économie laitière en Inde, donc j’ai le droit de réguler ce qui entre. » La régulation est vitale pour tout système vivant. La dérégulation, c’est l’appel de la mort. Un corps dérégulé meurt. De même, une nation, une économie dérégulée meurt.

Nous ne disons pas « non au commerce », mais « non au commerce dérégulé ». Non à un marché dérégulé où les conditions des échanges sont déterminées par l’avidité des entreprises, qui s’approprient nos impôts, créent des prix artificiels, entraînant dumping social et destruction de la souveraineté alimentaire. Ce système nuit aux paysans d’Inde. Et il nuit aux paysans d’Europe qui ne peuvent pas gagner leur vie, car les coûts de production sont supérieurs aux prix de vente du lait. L’agrobusiness et ses profits sont au centre de cette équation. Elle a pour conséquence le dumping, l’accaparement, le meurtre de nos paysans, le massacre de nos terres, et tous ces gens qu’on tue avec une alimentation empoisonnée.

Le protectionnisme peut-il être une solution face à cette exploitation du vivant, en empêchant les multinationales d’avoir accès à ces ressources qu’elles exploitent ?

Tout comme nous devons redéfinir la notion de souveraineté, nous devons repenser la notion de protectionnisme. Un protectionnisme lié à la protection des écosystèmes, à l’écologie, est un impératif. Nous devons dire stop à la dévastation de nos rivières, stop aux déchets toxiques, stop au dumping des OGM par la manipulation des politiques mondiales par une multinationale. Cette protection est un devoir. Le cycle de Doha [1] n’a entraîné aucun progrès depuis une décennie à cause d’un seul facteur : le problème de la subsistance des paysans. En 1993, nous avons organisé un rassemblement d’un demi-million de personnes pour faire pression sur le gouvernement indien : « Si vous signez les accords du GATT, nos paysans vont mourir. » Résultat : les accords du GATT ont été signés, et 250.000 paysans indiens se sont suicidés, notamment à cause de leurs dettes !

Cet endettement des paysans est lié à une décision politique particulière : la dérégulation du marché des semences, qui a permis à Monsanto de devenir par exemple l’unique vendeur de semences sur le marché du coton. La multinationale contrôle 95% de ce marché et dicte les prix. Une équipe de scientifiques indiens vient de montrer que les OGM ne ne fonctionnent pas. Dans les champs, c’est manifeste : les paysans doivent utiliser 13 fois plus de pesticides avec les OGM. Ce qui est formidable pour Monsanto qui les commercialise. Mais une cause d’endettement pour les paysans, et donc une cause de suicides.

La protection de nos paysans est un « protectionnisme vital ». Le protectionnisme est vu comme un « péché », car la dérégulation a été érigée en norme. Interférer dans la corruption, les manipulations et l’avidité des multinationales, c’est du protectionnisme. Et donc, pour certains, c’est mauvais. Non ! C’est un devoir social, c’est un devoir écologique. Et la cupidité des multinationales n’est pas un droit ! Elles écrivent à l’OMC, rédigent des accords et disent : « Maintenant nous avons des droits et personne ne peut les changer. » Nous les changerons.

Vous écrivez que « le libre-échange est un protectionnisme pour les puissants ». Doit-on construire un protectionnisme pour les plus « faibles » ?

Le libre-échange, dans la manière dont il a été façonné, n’est pas du tout libre. Il n’est pas démocratique. Cinq entreprises se rencontrent, écrivent un accord sur les droits de la propriété intellectuelle et cela donne à Monsanto le droit de considérer des semences comme sa « propriété intellectuelle » ! Cela permet à des entreprises comme Novartis de voler les médicaments aux plus pauvres et de les faire payer 10 fois plus cher. Un mois de traitement contre le cancer, avec les médicaments génériques disponibles en Inde, coûte 10.000 roupies. Et Novartis veut faire payer 175.000 roupies par mois. Quand le tribunal juge qu’il n’est pas possible de déposer un brevet, car ces médicaments existent déjà et que ce n’est pas une « invention », Novartis défie les lois indiennes. La plupart des Indiens ne pourront pas payer le prix demandé par la multinationale. Novartis répond : « Seuls 15% de Indiens nous importent. » Cinq entreprises ont écrit une loi sur la propriété intellectuelle, et affirment ensuite que 85% des gens peuvent mourir du manque de médicaments ! C’est un système criminel.

Quand cinq géants commerciaux, comme Cargill (multinationale états-unienne de l’agroalimentaire), rédigent l’accord sur l’agriculture, ils définissent l’alimentation non comme le droit de chaque humain à se nourrir, mais comme une marchandise qu’ils veulent contrôler. Ce n’est pas la liberté, ce n’est pas le libre-échange. C’est du commerce monopolistique, c’est du commerce coercitif. Cela revient à tuer des gens, car un milliard de personnes souffrent aujourd’hui de la faim dans le monde, à cause de ce système. Le libre-échange actuel, c’est la dictature des entreprises. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une réelle liberté, pour chaque personne, chaque enfant, chaque femme, chaque espèce sur Terre. Une réelle liberté, liée à la vie.

Vous étiez récemment aux États-Unis dans le Wisconsin pour soutenir les manifestants qui se battent pour défendre leurs droits et les services publics. Les services publics sont-ils aussi un bien commun à protéger ?

Il y a deux types de biens communs. Les ressources vitales – eau, terre, semences, air, océans – données par la nature et modifiées par les humains. Et les services liés aux besoins essentiels : l’éducation, la santé, la façon de gérer nos villes, comme les services de lutte contre les incendies… Ce sont des services publics vitaux. Ce qui compte, c’est « l’esprit de service » : quand un pompier lutte contre le feu, quand il aide les gens, il ne regarde pas le danger. Et quand ces services sont privatisés, les coûts augmentent. Un tiers des emprunts en Inde sont liés à l’achat de médicaments. La principale raison pour laquelle les gens vendent leurs maisons aujourd’hui, c’est pour se soigner. La privatisation des services publics prive la société de ses droits. Nous devons les défendre comme des biens communs.

Pensez-vous que le mouvement altermondialiste puisse apporter des solutions aux crises globales : environnementale, économique, financière ?

Le mouvement altermondialiste a extrêmement bien réussi : nous avons rendu l’Organisation mondiale du commerce caduque. L’OMC ne s’est jamais relevé après les mobilisations lors du Sommet de Seattle, en 1999. On avait imaginé que 5.000 personnes viendraient à Seattle, et nous étions 30.000 ! On ne s’attendait pas à voir les syndicats. Ni les étudiants, qui étaient pourtant majoritaires. Le sommet de Doha en 2001 a ensuite été marqué par les événements du 11 septembre, avec une grande pression militaire. J’y étais. Certains ont dit aux gouvernements que s’ils ne signaient pas les accords de Doha, ils seraient traités comme des membres d’Al-Qaïda : « Vous êtes avec nous ou contre nous. » Résultat : rien n’a bougé à Doha, à cause de cette pression sur les gouvernements !

Des mouvements plus ciblés ont aussi été très fructueux. Nous avons par exemple mis la question de la « souveraineté » sur l’agenda politique. Personne ne peut plus aujourd’hui ignorer cette question. Nous avons mis en avant la défense de l’eau comme un bien public. Et regardez le référendum en Italie ! 95% des Italiens ont dit non à la privatisation de l’eau. Idem dans le domaine des semences : je vais bientôt publier un rapport sur Monsanto, sur ses mensonges, sur la situation de monopole qu’ils ont créée et l’échec des technologies OGM à accroître les rendements. Le mouvement pour une alimentation sans OGM est très bien organisé.

Le mouvement altermondialiste a besoin de franchir une nouvelle étape. Quand on parle de la Banque mondiale, du FMI et des plans d’ajustement structurels, la plupart des gens se focalisent sur les pays du Sud, sur le « monde en développement ». Mais aujourd’hui le FMI est en Europe ! En Grèce, en Irlande… Des pays en crise, non du fait d’une mauvaise gestion, mais à cause des banques de Wall Street, à cause d’un système financier corrompu qui a provoqué cette crise totale. Nous devons maintenant faire trois connections vitales. La première est la question Nord-Sud. Aujourd’hui tout le monde est « au Sud ». Le Nord ? Ce sont les multinationales et les gouvernements. Nous devons tous nous considérer comme le « monde du Sud » et nous organiser en fonction de cela. La seconde connexion nécessaire, c’est de dépasser le fossé entre économie et écologie. Dans nos esprits, mais aussi dans nos organisations. 45% des jeunes sont au chômage en Espagne, nous devons nous tourner vers l’écologie pour créer de nouvelles opportunités d’emploi, car ce ne sont pas les banques ou Wall Street qui les fourniront. La troisième connexion, c’est entre démocratie économique et démocratie politique. La démocratie a été réduite au droit de vote. Les responsables de la crise ont mis l’Espagne dans un tel état que José Zapatero est obligé d’agir contre ceux qui ont voté pour lui, et il perdra peut-être les prochaines élections. Si les politiques sont bons, ils ont les mains liées, et s’ils sont mauvais, ils sont une part du problème. Nous devons aller vers une démocratie profonde où les gens ont vraiment la possibilité de prendre des décisions.

Vous voulez un mouvement qui permette de sortir de la culture dominante de violence et de destruction. Mais face à la violence du système économique, des acteurs économiques, comment rester non-violents ?

Personne n’a mieux parlé du pouvoir de la non-violence que Gandhi. « Nous ne pouvons pas démanteler la maison du maître avec les outils du maître », a dit la poétesse américaine Audre Lorde [2]. Nous avons besoin d’outils différents. Ils doivent être non-violents, parce que la non-violence est plus soutenable, et qu’elle efface vos peurs. Ceux qui luttent de manière violente doivent se cacher tout le temps. Je préfère me tenir droite face aux multinationales pour leur dire ce que je pense d’elles. Agir « sans peur » est notre plus puissante arme. Et la non-violence crée également un soutien plus large. Et nous vivons à une époque où une poignée de personnes ne peut pas mener les batailles pour toute la société. C’est toute la société qui doit être engagée. Les actions non-violentes sont une invitation à toute la société à participer au combat.

Vous dites que dans la civilisation industrielle prédomine en permanence le vocabulaire de la guerre. Notre civilisation est-elle en état de guerre ?

Le paradigme dominant de la civilisation industrielle est définitivement un paradigme de guerre. Des scientifiques comme Newton ou Descartes ont créé ce cadre : tous enseignent la guerre de l’humanité contre la nature. Tout est défini à partir de cela. Les outils eux-mêmes sont liés à la conquête sur la nature. Regardez les noms des pesticides : Round Up, Scepto, Machete. Il est toujours question de « tuer ». Mais on ne peut pas gérer la vie à travers le meurtre. Un élément crucial du mouvement émergent est de faire la paix avec la Terre et la paix dans nos esprits. Et ce qui est beau, c’est qu’alors tout devient possible. Quand vous réalisez que tout est en relation, de nouvelles communautés peuvent être créées. Quand vous réalisez que nous sommes partie prenante de la Terre, de nouvelles opportunités de travail peuvent être créées. Si vous pensez que vous êtes en guerre, vous passez tout votre temps à la conquête violente. Cela demande beaucoup d’énergie, et détruit beaucoup. Et ça ne laisse pas de place pour l’humanité, et pour les autres espèces.

L’énergie nucléaire est-elle une dimension de cette guerre de l’homme contre la Terre et contre lui-même ?

Aux débuts de l’utilisation de l’atome, il y a la Seconde Guerre mondiale. Même quand il n’est pas question d’armes nucléaires, la technologie nucléaire est toujours guerrière. La fission de l’atome, c’est déjà une guerre. Utiliser la fission de l’atome pour faire bouillir de l’eau est d’ailleurs une stupidité. Et que dire de cette énorme quantité de déchets qui vont perdurer pendant 250.000 années ! Nous avons besoin de plus en plus d’énergie, pour maintenir la sécurité énergétique. C’est une guerre permanente. Le nucléaire est une guerre injustifiée et infondée contre la Terre et l’humanité. Fukushima a été un réveil. Cette catastrophe nous montre que nous ne sommes pas plus puissants que la nature.

La plus grande centrale nucléaire du monde est construite en ce moment en Inde, à Jaitapur, par Areva. Tout ce projet repose sur des subventions, y compris l’accaparement de terres fertiles. Et quand les habitants osent dire non, par des manifestations contre cette centrale, ils se font tuer. Personne ne peut protester. Les gens ne sont pas autorisés à se réunir. Tous les élus locaux ont démissionné, affirmant qu’ils n’ont plus aucune raison d’être s’ils ne peuvent pas se réunir pour prendre des décisions. Si vous allez à Jaitapur, vous verrez une zone de guerre. J’espère que les Français rejoindront les habitants de Jaitapur pour demander à Areva de se retirer de ce projet. Et nous pourrons alors vivre en paix.

Peut-on « réformer » notre civilisation ?

Tout d’abord, y aura-t-il une civilisation ? Nous avons deux options : soit continuer dans la voie actuelle et nous enfoncer dans une impasse. Une impasse économique, comme avec la Grèce ; politique, comme ce qui a mené au printemps arabe ; écologique, comme nous le voyons partout, quand les ressources naturelles sont volées aux peuples pour alimenter l’économie mondiale. La seconde voie que l’on peut suivre, c’est celle de la paix. Une paix qui n’est pas un signe de faiblesse, mais un signe de force. Ceux qui sont exclus aujourd’hui, ceux qui ne sont pas partie prenante de la guerre de conquête, joueront alors un rôle de leadership : les communautés indigènes, les jeunes, les femmes…

La construction de cette paix façonnera la nouvelle prospérité. Nous avons été fous de penser que plus il y aurait d’argent dans le monde, et dans les poches des banques, des grosses entreprises et des nouveaux oligarques, meilleure serait la société. La crise grecque est causée par des banques. Et les gens disent : « Basta ! Plus jamais ça ! Nous ne donnerons pas plus. » La réelle prospérité, c’est la santé de la nature et des humains. C’est une communauté forte où chacun peut prendre soin des uns des autres. La civilisation que nous devons construire est une civilisation de larges réseaux de communautés souveraines, organisées de manière autonome, et non dominées par un pouvoir centralisé, politique ou économique.

Voyez-vous des signes d’espoir aujourd’hui ?

Je vois des signes d’espoir partout où il y a une résistance. Chaque communauté en Inde qui se bat contre l’accaparement des terres, qui participe à notre mouvementNavdanya pour que les semences restent un bien public, tous ceux qui tournent le dos à l’économie suicidaire de Monsanto ou pratiquent l’agriculture biologique. Toute communauté qui se bat contre la privatisation de l’eau. Tout ce qui se passe dans les rues de Madrid, en Irlande, en Islande, en Grèce. Les résultats du référendum en Italie sur le nucléaire ou la privatisation de l’eau. Ce sont d’incroyables signes d’espoir. Ce qu’il faut maintenant, c’est une nouvelle convergence mondiale, de tous les combats. Et un déchaînement de notre imagination : il n’y a pas de limites à ce que nous pouvons construire.

Propos recueillis par Agnès Rousseaux

Vidéo : Nadia Djabali

 

Notes

[1] placé en 2001 sous l’égide de l’OMC était constitué d’une série de négociations portant principalement sur l’agriculture et l’accès des pays en développement au marché des prix agricoles. Aucun accord n’est survenu.

[2] « The master’s tools will never dismantle the master’s house »

http://www.bastamag.net/article1622.html

« LES GRANDS MÉDIAS OCCULTENT QUE MONSANTO A POUSSÉ 284.000 PAYSANS INDIENS AU SUICIDE » EXPLIQUE LA SCIENTIFIQUE VANDANA SHIVA À BOTUCATU (BRÉSIL)

C’est pour près de 3000 personnes que la célèbre scientifique indienne Vandana Shiva a réalisé un exposé d’une heure et a répondu aux questions, ouvrant la IIIème journée internationale d’agro-écologie à Botucatu, Brésil, l’après-midi du 31 juillet 2013.

Vandana Shiva a commencé par raconter sa vie d’étudiante en biologie et en physique quantique à l’université, aliénée par rapport aux réalités du monde, jusqu’au choc que signifia pour elle le tragique accident survenu dans l’usine états-unienne de pesticides Union Carbide, installée à Bhopal qui causa la mort de 35 000 indiens, il y a trente ans. A partir de là, elle s’est convertie à la cause du peuple et n’a cessé d’enquêter sur les activités des entreprises transnationales dans l’agriculture.

Elle est aujourd’hui considérée comme une des principales scientifiques et chercheuses en matière des atteintes à la santé et de la destruction de la biodiversité que les OGM et les produits agro-toxiques des entreprises transnationales causent dans le monde entier.

Elle est repartie des conséquences de la “révolution verte” des années 60, que le gouvernement des États-Unis imposa à son aire d’influence comme moyen de vendre plus de produits agro-chimiques et plus de marchandises agricoles, subjuguant la paysannerie de tous ces pays. Résultat : 65% de toute la biodiversité et des ressources en eau douce mondiale ont été polluées par les agro-toxiques. Des études montrent que 40% de l’effet de serre qui affecte le climat planétaire est causé par l’usage excessif et non nécessaire de fertilisants agricoles chimiques. Dans de nombreuses régions d’Europe, à la suite de la mortalité et de la disparition des abeilles, la productivité agricole a déjà chuté de 30%. Vandana Shiva a rappelé que si nous nous calculions les préjudices et les coûts nécessaires pour rétablir la biodiversité, rééquilibrer l’environnement et remédier aux dégâts climatiques, le montant en dollars dépasserait le chiffre d’affaires de la vente de biens par les entreprises.

En ce qui concerne l’action des entreprises transnationales qui opèrent dans l’agriculture – Monsanto, Bungue, Syngenta, Cargill – Vandana explique qu’elles contrôlent la production et le commerce mondial de la soja, du maïs, du colza et du blé, martelant via la publicité que l’humanité dépend des aliments produits par l’agro-business. En réalité l’humanité se nourrit de centaines d’autres végétaux et sources de protéines qu’elles écartent et n’ont pas encore pu contrôler.

Pour la chercheuse “ces entreprises qui promeuvent les OGM n’ont rien inventé et n’ont rien développé. La seule chose qu’elles ont faite fut d’opérer des mutations génétiques qui existent dans la nature pour rentabiliser la vente de leurs produits agro-toxiques.”

Elle a expliqué que Monsanto a réussi à prendre le contrôle de la production du coton en Inde avec l’appui de gouvernements soumis, néo-libéraux et qu’aujourd’hui 90% de la production dépend des semences et des poisons. Ce qui a entraîné une destruction du mode paysan de production du coton et l’endettement généralisé des producteurs. La conjonction de l’usage de produits toxiques qui ont mené à la dépression et à la honte de la dette, ont poussé depuis 1995 284.000 paysans indiens au suicide. Un véritable génocide occulté par les grands médias du monde entier et dont le coupable principal est l’entreprise privée Monsanto.

Malgré tout ce sacrifice en vies humaines, Monsanto reçoit dans son pays 200 millions de dollars annuels, perçoit des royalties pour l’usage de semences génétiquement modifiées de coton.

La critique du modèle de l’agro-business en général

Le modèle de l’agro-business n’est qu’une manière de s’approprier les bénéfices des biens agricoles mais il ne résout pas les problèmes du peuple. La preuve : en augmentant beaucoup la production, nous pourrions alimenter 12 milliards de personnes alors qu’aujourd’hui nous avons un milliard de personnes qui souffrent de la faim quotidiennement, 500 millions d’entre elles étant des paysans qui ont vu leur système de production d’aliments détruit par l’agro-business.

Les produits agricoles sont de simples marchandises, plus des aliments. 70 % des aliments dans le monde restent produits par les paysans. Nous devons comprendre que les aliments sont la synthèse de l’énergie nécessaire aux êtres humains pour survivre à partir du milieu où ils vivent, recueillant cette énergie de la fertilité et de l’environnement. Plus grande la biodiversité naturelle, plus grand le nombre de sources nutritives et plus saine pour les humains l’alimentation produite dans cette région. L’agro-business a détruit la biodiversité et les sources d’énergie véritables.

Les entreprises utilisent le fétiche de la publicité des techniques modernes de la bio-technologie utilisées pour augmenter la productivité des plantes. Mais ce n’est qu’un hameçon : quand on fait des recherches sur ces bio-technologies on se heurte au secret. Dans le fond elles ne sont que des mécanismes pour augmenter la rentabilité des grandes plantations ; l’agriculture industrielle est la standardisation de la connaissance, la négation de la connaissance de l’art de cultiver la terre. La vraie connaissance est développée par les agriculteurs eux-mêmes et par les chercheurs dans chaque région, dans chaque biome, pour chaque plante.

Le modèle de l’agro-business veut transformer les personnes en « consommateurs » de leurs produits. Nous devons combattre l’usage et le réductionnisme du terme “consommateurs”, pour utiliser l’expression « êtres humains » ou personnes qui ont besoin de vie saine. Le consommateur est une réduction subalterne de l’être humain.

Les entreprises de l’agro-business disent qu’elles incarnent le développement et le progrès, qu’elles contrôlent 58% de toute la production agricole mondiale, mais en fait elles ne donnent du travail qu’à 3% des personnes vivant dans le monde rural. C’est donc un système anti-social.

La scientifique indienne a révélé qu’elle fait partie d’um groupe de 300 autres chercheurs internationaux qui se sont consacrés à étudier l’agriculture pendant trois années intensives et ont démontré que ni la révolution verte des États-Unis ni l’usage intensif des semences transgéniques et des produits agro-chimiques ne peuvent résoudre les problèmes de l’agriculture et de l’alimentation mondiales. Seule peut le faire la récupération des pratiques agro-écologiques em harmonie avec la biodiversité, partout sur la planète.

Elle a conclu sa critique du modèle de l’agro-business en montrant comment son projet génère la destruction, la peur, parce qu’ il est basé sur la concentration et l’exclusion. C’est pour cela que les entreprises procèdent à l’intimidation ou à la cooptation des scientifiques qui s’opposent à elles.

La solution : l’agro-écologie

Le modèle agro-écologique est le seul qui permette de développer des techniques accroissant la productivité et la production sans destruction de la biodiversité. L’agro-écologie est la seule forme de créer de l’emploi et des formes de vie saines pour que la population puisse vivre en milieu rural sans être contrainte de se marginaliser dans les villes.

Surtout, les méthodes agro-écologiques sont les seules qui permettent la production d’aliments sains, sans poisons.

6 recommandations aux jeunes étudiants en agro-écologie et aux producteurs agricoles.

1. La base de l’agro-écologie est la préservation et la mise en valeur des sources nutritives existantes dans le sol – en cela elle s’est référée à une autre scientique présente à cette rencontre et qu’elle a écoutée attentivement – la professeure Ana Maria Primavesi. Nous devons appliquer des techniques qui garantissent la santé du sol et de cette santé recueillir les fruits en termes d’énergie saine.

2. Stimuler et promouvoir le contrôle des semences par les agriculteurs. Les semences sont la garantie de la vie. Nous ne pouvons permettre que des entreprises privées, transnationales, les transforment en marchandises. Les semences sont un patrimoine de l’humanité.

3. Nous devons lier l’agro-écologie à la production d’aliments sains qui garantissent la santé et peuvent ainsi conquérir les coeurs et les esprits des habitants des villes comme des zones rurales, de plus en plus empoisonnés par les marchandises traitées par les agro-toxiques (multiplication de cancers depuis quarante ans). Si nous lions les aliments à la santé des personnes, nous gagnerons des millions des habitants des villes à notre cause.

4. Nous devons transformer les territoires sous contrôle des paysans en véritables sanctuaires de semences, d’arbres sains, de cultures de la biodiversité, d’élevage d’abeilles, de diversité agricole.

5. Nous devons défendre l’idée, qui fait partie de la démocratie, de la liberté des personnes de choisir les aliments. Les produits de référence ne peuvent pas se réduire à ceux que les entreprises décident de mettre dans les rayons.

6. Nous devons lutter pour que les gouvernements cessent d’utiliser des fonds publics qui appartiennent à l’ensemble des citoyens, pour les transférer en subventions aux grands propriétaires et entrepreneurs de l’agro-industrie. C’est ce qui se passe dans le monde entier et aussi en Inde. Le modèle de l’agro-business ne survivrait pas sans ces subventions et sans les avantages fiscaux offerts par les gouvernements qui les garantissent.

Sur les difficultés de la transition à l’agro-écologie…

En Inde, rappelle Vandana Shiva, on a vécu des problèmes majeurs à l’époque du colonialisme anglais. Gandhi a enseigné que la force est de toujours “lutter pour la vérité”. Le capital trompe, ment, pour pouvoir accumuler des richesses. Et la vérité est avec la nature, avec les personnes. S’il existe une volonté politique de réaliser des changements, s’il y a une volonté de produire des aliments sains, il deviendra possible de les cultiver.

Vandana Shiva a conclu en appelant tous les citoyens présents à s’engager dans la journée mondiale de lutte pour les aliments sains et contre les entreprises transnationales que la Via Campesina, des mouvements de femmes et des centaines d’organisations réaliseront dans la semaine du 16 octobre 2013 : ce sera l’occasion d’unifier nos voix sur le plan mondial.

Traduction du portugais : Thierry Deronne

Voir en ligne : http://mouvementsansterre.wordpress…

http://www.pressegauche.org/spip.php?article14782

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https://gaetanpelletier.wordpress.com/2013/10/30/vandana-shiva-le-libre-echange-cest-la-dictature-des-entreprises/

Après le coton, Monsanto cherche à multiplier les Ogm en Afrique de l’Ouest

Biotechnologies

Patrick Piro

Le Burkina Faso, l’un des pays les plus pauvres de la planète, a opté pour une variété OGM de Monsanto dans l’espoir de redresser sa filière cotonnière, qui fait vivre trois millions de personnes. Promesses de rendements non tenues, droits de propriété prohibitifs, coton de moindre qualité… Le bilan est plus que mitigé. Qu’importe, Monsanto cherche à étendre son coton OGM et travaille sur des haricots et du sorgho génétiquement modifiés. Certains craignent « une mainmise des biotechnologies » sur les cultures alimentaires.

Le moral remonte, au sein de la filière coton burkinabé : la campagne 2012 vient de s’achever sur une très bonne récolte d’environ 630 000 tonnes. C’est près de 60 % de mieux que la précédente saison. « La production de coton transgénique s’accroît chaque année », affirme Karim Traore, président de l’Union nationale des producteurs de coton (UNPCB), qui regroupe la majeure partie des cultivateurs du pays. Sur 500 000 hectares de coton, environ 55 % auraient reçu cette année des semences OGM.

L’ « or blanc » est vital pour ce pays, premier producteur d’Afrique de l’Ouest : il représente plus d’un tiers du produit intérieur brut et 60 % des recettes d’exportation. Le coton fait vivre indirectement près de trois millions de personnes, un cinquième de la population. Mais depuis peu, cette monoculture s’est retrouvée impuissante face aux ravageurs, devenus résistants aux insecticides classiques. Les autorités ont alors fait le pari du coton transgénique dans l’espoir de surmonter la crise : une variété développée par la firme étasunienne Monsanto et l’Institut de l’environnement et de recherches burkinabé (Inera), intégrant des gènes de la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt) produisant des toxines mortelles ou dissuasives pour certains insectes.

Promesses de rendements mirobolants

Au lancement de ce coton « Bt », les autorités prédisent des rendements mirobolants – 45 % de plus qu’en conventionnel ! Mais du laboratoire au champ, les promesses ont pris l’allure de mirages. Dans le petit village de Banwaly, au cœur de la région cotonnière de Bobo-Dioulasso, cinq des huit groupements de producteurs ont adopté le coton Bt. Seydou Cissé lui a consacré ses 4,5 hectares de terre. Son bénéfice annuel, à l’hectare, est de l’ordre de 60 000 francs CFA (90 euros). À peine mieux qu’avec une variété conventionnelle. Parmi les quelques dizaines de paysans rencontrés, aucun n’approche, et de très loin, les rendements vantés. Certains affirment même avoir rapidement lâché la variété OGM en raison de récoltes inférieures aux précédentes. « Nous n’amendons qu’avec du compost naturel, les plants donnaient principalement… des feuilles ! », témoigne Sid Mamadou Sawadogo, à Koumana.

« Sur les plus grandes exploitations, où l’on respecte toutes les préconisations, on obtient jusqu’à 2,7 tonnes à l’hectare, relève Déhou Dakuo, directeur du développement de la production à la Sofitex, la principale des trois sociétés cotonnières du pays, qui contrôle 80 % de la production. Cependant, toutes exploitations confondues le gain de productivité moyen, sur cinq ans, s’élève à environ 15 %. » Dans ce pays très rural, l’un des plus pauvres au monde, 60 % des paysans ne possèdent que de petites parcelles, et travaillent encore à la binette traditionnelle (daba) : leur rendement tourne autour de 500 kg à l’hectare. Le grand bond n’est pas pour eux. « On leur a fait miroiter des perspectives trop optimistes », reconnaît le cadre, qui les renvoie pourtant à leur responsabilité : ils prendraient trop de liberté avec le mode d’emploi du « paquet technologique », selon le jargon de l’agro-industrie.

Du laboratoire à la réalité

Nombre de cultivateurs ont cru pouvoir se passer totalement d’insecticides : travail moins pénible, intoxications réduites, plus de temps pour les cultures vivrières, cet avantage du coton OGM est plébiscité. Or il faut conserver deux aspersions de pesticides sur les six nécessaires en conventionnel – la variété Bt est inefficace contre les « piqueurs-suceurs » (pucerons, cochenilles…). Le coton OGM est aussi exigeant en engrais. Les sociétés cotonnières ont identifié une anomalie généralisée : le détournement d’au moins 30% de l’engrais « coton » vers les parcelles de maïs. « Nous avons eu beau expliquer le préjudice pour le coton, rien à faire ! », soupire Déhou Dakuo.

La stratégie de redressement de l’industrie cotonnière par l’adoption rapide du coton Bt, promue avec enthousiasme par les chercheurs, les sociétés cotonnières et l’État, se heurte à la logique des paysans. Ils sont davantage préoccupés d’assurer leur subsistance que de spéculer sur les revenus d’une culture de rente et de contribuer aux rentrées de devises du pays. C’est aussi la conséquence d’un système de préfinancement spécifique à la filière : la société cotonnière avance tous les intrants aux groupements locaux de producteurs, qui la remboursent quand la récolte leur est payée.

Le coût des droits de propriété intellectuels

« Une majorité de paysans entre dans le circuit du coton dans le but d’accéder à de l’engrais à crédit, intrant coûteux qu’il ne pourraient pas se payer autrement », confirme Aline Zongo, responsable de formation à destination des paysans délivrés par l’ONG africaine Inades [1]. Peu importe à l’agriculteur que sa récolte de coton reste modeste, pourvu qu’elle lui permette en bout de saison de solder son ardoise auprès de la société cotonnière. Si « l’évasion » d’engrais n’est pas un phénomène récent, elle est plus préjudiciable aux rendements avec la variété OGM. De guerre lasse, la Sofitex a récemment consenti à livrer aux groupements de producteurs un surplus d’engrais. Mais seulement pour les cultivateurs qui sèment plus de trois hectares de coton. La moitié d’entre eux en est donc délibérément exclue. La société envisage en contrepartie de les convertir à d’autres cultures de rente, comme le tournesol.

Le malaise principal concerne le pari économique imposé par le modèle Monsanto. Le prix des semences, surtout, reste en travers de la gorge de tous les paysans. En début de saison 2012, le sac, calibré pour ensemencer un hectare, coûtait 27 000 FCFA (41 ?) contre 814 FCFA (1,2 ?) pour les variétés conventionnelles ! Ces dernières sont certes subventionnées à 80 % par l’État, mais cette aide n’explique pas une telle différence, pas plus que les coûts d’élaboration : depuis peu, les semences OGM ne proviennent plus de Monsanto, mais de champs classiques dédiés à leur multiplication.

Risque financier

L’énorme surcoût provient de la dîme prélevée au titre des droits de propriété intellectuels. Aux États-Unis, le différentiel de prix entre semences conventionnelles et transgéniques n’a cessé de croître pour atteindre un rapport de un à six en 2009, calcule Charles Benbrooke, directeur scientifique de l’US Organic Center. « Le mode de calcul de la valeur ajoutée obtenu par cette innovation tout comme sa répartition laissent songeur », écrivent Camille Renaudin, Hugo Pelc et Julien Opois, auteurs d’une étude sur le coton OGM au Burkina [2].

Au Burkina Faso, sur 27 000 FCFA, Monsanto prélève 28 %. La recherche et d’autres structures professionnelles perçoivent 12 %, et les producteurs 60 %. En théorie… Les parts versés à Monsanto et aux institutions sont fixes. Mais ce qui revient aux paysans est calculé sur le rendement initialement prévu [3] Le gain, pour les producteurs, est en réalité, et fréquemment, trois à quatre fois moins important. « En fait, les producteurs assument le risque financier que comporte cette technologie et tendent à devenir ainsi les principaux gestionnaires des incertitudes inhérentes à leur activité agricole », estiment les chercheurs.

Un coton OGM de moindre qualité

Derrière leur soutien officiel à l’option OGM, les cadres de la filière dissimulent mal une certaine gène. Car les producteurs ont dû assumer d’autres déconvenues que celle des rendements. En 2011, ils se sont mis en grève un peu partout dans le pays, avec violence parfois (destruction de champs, décès d’une personne), pour protester contre le coût élevé des intrants (variétés conventionnelles comprises, concernées par les engrais et les pesticides) mais aussi la faible rémunération du coton. La qualité « burkinabé », habituellement appréciée par les marchés, a été déclassé il y a plusieurs mois car la fibre de la variété OGM est nettement raccourcie. La raison aurait été identifiée : un effet secondaire inattendu de la manipulation génétique, « et en cours de correction par la recherche », assure-t-on à la Sofitex.

Discours dominant, mais que n’endosse cependant pas Maxime Sawadogo, responsable technique à l’UNPCB, qui incrimine en premier lieu les machines d’égrainage des sociétés cotonnières, calées pour les fleurs conventionnelles. Faudra-t-il adapter l’outillage ? En changer – et avec quels fonds ? Et ce n’est pas tout… Le dérèglement climatique, qui perturbe les saisons pluvieuses, complique chaque année la tâche des agriculteurs. « Il n’est plus rare d’avoir à refaire le semis parce qu’il n’a pas levé, d’autant plus que le Bt est sensible à la sécheresse, explique-t-on à Koumana. Il faut alors racheter des sacs. Mais au prix fort quand c’est de l’OGM ! »

Des OGM contaminés par… la nature

Intenable. La filière a finalement obtenu, en 2010, que la redevance de Monsanto soit calculée sur la superficie effectivement cultivée en OGM, et plus sur le nombre de sacs de semences écoulés. Cependant, si les semences « deuxième semis » sont remises gratuitement, ce n’est qu’après constat de l’échec de la première levée. Et la Sofitex en convient : le délai d’intervention est source de préjudice supplémentaire pour les paysans. La filière a également tenté de s’attaquer au prix du sac. « Mais ça ne bouge pas, convient Maxime Sawadogo. Monsanto veut conserver ses marges… »

La variété transgénique génère encore d’autres soucis : la production de semences, en volume, n’est pas à la hauteur des attentes. Ce qui expliquerait – plutôt qu’un début de désaffection de la part des paysans -, une stagnation des surfaces semées depuis le pic de 2010 (66 % des 370 000 hectares gérés par la Sofitex). Le problème : un « manque de pureté des semences, explique Déhou Dakuo, dû à des mélanges le long de la filière. » Ce ne sont plus les OGM qui contaminent les semences conventionnelles, mais l’inverse ! La société multiplie, avec l’aide de Monsanto, les formations pour les producteurs de semence, dont plus de la moitié ont été écartés en raison de la qualité insuffisante de leur livraisons. Au groupe restant a été confiée la réalisation d’un « plan semencier » destiné à fournir « rapidement » quantité et qualité. Parmi les contraintes : maintenir une distance minimum de 300 mètres vis-à-vis du champ conventionnel le plus proche…

Des OGM dans toute l’Afrique de l’Ouest ?

En Inde, qui cultive du coton Monsanto depuis 2002, des souches d’insectes résistants aux toxiques Bt sont apparues, obligeant à revenir aux aspersions de pesticides : une catastrophe économique doublée d’un fiasco sanitaire. La chute de rentabilité a provoqué la ruine de dizaines de milliers de paysans, des mouvements de contestations très violents et même des vagues de suicides. Rien de tel, pour l’instant, au Burkina-Faso, où le coton Bt a été agréé officiellement en 2008. Reste que la société civile y est opposée depuis le départ. Le généticien Jean-Didier Zongo, qui anime la Coalition de veille face aux OGM, critique sévèrement la précipitation gouvernementale et l’opacité des décisions : « Les premiers essais, en 2003, étaient clandestins et très mal confinés ! » Et il a fallu attendre 2006 pour que des lois, des procédures et des organismes d’encadrement soient mis en place, trois ans après les premiers essais et en totale contravention avec le Protocole de Carthagène sur la biosécurité.

En 2010, Monsanto a sollicité un renouvellement de dix ans de son agrément. Et présente son étude d’impact socioéconomique [4]. « Nous l’avons rejetée, elle était trop peu étoffée », explique Chantal Zoungrana-Kaboré, directrice de l’Agence nationale de biosécurité (ANB). Principal reproche : l’absence d’interprétation à l’échelle des familles, point crucial pour évaluer le bénéfice du coton OGM. L’ANB a cependant consenti à Monsanto une rallonge de deux ans dans l’attente d’un rapport plus conforme à son cahier des charges. Fin février 2013, le rapport n’était toujours pas sur la table de l’ANB. Alors que la saison 2013-2014 va débuter, le coton Bt ne dispose plus d’agrément depuis fin 2012… Mais entre les impasses du coton conventionnel et la fuite en avant transgénique, de quelle marge de manœuvre disposent les autorités ? La réussite de l’expérience burkinabé est centrale pour la stratégie d’implantation de Monsanto en Afrique de l’Ouest, vitrine pour les puissances cotonnières voisines, dont le Mali est au premier rang.

La mainmise des biotechnologies ?

La firme, qui maintient une équipe discrète au Burkina Faso, est ainsi très attentive aux travaux de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Depuis 2006, ce regroupement de huit pays de la sous-région pourrait adopter d’ici à fin 2013 un cadre de régulation des flux d’OGM. La démarche est ambiguë : seul le Burkina Faso est à ce jour concerné, les autres pays (Bénin, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo) interdisent les transgéniques. Les promoteurs, dont Monsanto, arguent qu’une harmonisation des législations nationales et une mise en commun de moyens de contrôle faciliterait la prévention des intrusions clandestines d’OGM.

Un tel cadre permettrait aussi à une plante OGM d’obtenir, en une demande, un agrément valable pour toute l’Union économique d’Afrique de l’Ouest ! Monsanto, avec son cheval de Troie burkinabé, est très bien placée pour d’alléchantes retombées économiques. Des essais OGM sont en cours pour un haricot local (niébé) et bientôt pour un sorgho. « C’est extrêmement préoccupant, s’alarme Aline Zongo. Il ne s’agit plus d’un pari économique sur une production de rente, mais d’une mainmise des biotechnologies sur des cultures alimentaires de base de millions de personnes… »

Texte et photos : Patrick Piro

Notes[1] L’une des rares ONG panafricaine, qui opère sur dix pays. Soutenue en France par le CCFD-Terre solidaire, elle est à l’origine de la Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (Copagen), réseau de plaidoyer original qui s’oppose à la poussée des transgéniques en Afrique de l’Ouest.

[2] Cahiers de l’agriculture, novembre 2012.

[3] Soit, théoriquement, 35 % supérieur au coton conventionnel.

[4] Co-réalisée avec l’Inera.

 

bastamag.net

Quand Monsanto se planque pour mieux avancer

Par Fabrice Nicolino

Merci à Jean-Paul Guyomarc’h, qui a déniché l’information, et me l’a transmise. Vu le titre que j’ai trouvé, le suspense ne sera pas bien grand, mais faisons comme si. Et commençons par la lecture d’un site internet (ici), qui nous annonce une bien grande nouvelle : la société Scotts France « lance son appli jardin ». Certes, cela peut paraître modeste, mais c’est tout de même bien joli. Disponible sur les smartphones, cette nouveauté « propose un diagnostic complet des maladies et des nuisibles rencontrés dans un jardin et détermine le traitement adéquat ». C’est gratos, c’est sur le téléphone, c’est hyperpratique et hypramoderne, cela devrait donc faire fureur. Ne compte-t-on pas 17 millions de jardiniers en France, ainsi que 12 millions de smartphones à la fin de 2011 ? Si.

Insistons sur un point digne d’intérêt : il s’agit de proposer un traitement. Car l’application magique recense, en sa banque d’images, 110 maladies et « nuisibles » de la plante. C’est la guerre, voyez-vous, mais les armes de destruction massive sont à portée de pulvérisateur. Elles s’appellent KB,Carré VertFertiligène et Naturen. En « géolocalisant » les magasins qui produisent ces excellents biocides, puis en établissant un itinéraire grâce à Google Map, on court les acheter les yeux fermés. Et si par malheur l’agressé ne trouve pas l’agresseur dans la liste des 110, eh bien, il lui reste la possibilité d’appeler un expert. Un expert de chez Scotts, la noble société qui offre ainsi ses si admirables services.

Poursuivons. Pour en savoir plus sur l’application gratuite, il est conseillé de se rendre sur un autre site appelé La pause jardin (ici). Un tel nom donne confiance, je trouve. Surtout qu’on vous annonce de suite qu’on « n’a jamais été aussi bien dans son jardin ». Pour celui qui a envie de jouer à l’ombre de son figuier, « un grand concours Agriculture biologique », qui peut permettre de gagner un kayak. Quantité de braves gens dont on ne connaîtra que le doux prénom – Nathalie, par exemple – répondent à nos questions, tandis qu’un gentil organisateur offre un voyage virtuel dans la magnifique bambouseraie d’Anduze, dans le Gard. « C’est les vacances », « Découvrez le Land’art », « Jardinez à l’ombre » : tout est à ce point sympathique qu’on a envie de tirer une chaise, et de s’asseoir en si bonne compagnie. Il faut vraiment être une vilaine engeance pour se concentrer sur les discrètes mentions concernant les bons produits de la maison, qui ont nomSubstralFertiligèneKK, etc.

Et d’ailleurs, quel est donc le propriétaire de ces marques, dites-moi ? La page ne signale rien qui permette de comprendre qui est qui. Il faut aller aux toutes dernières lignes, et se munir d’une loupe binoculaire pour découvrir ceci : « Vous êtes sur le site Scotts France destiné aux produits grand public ». Et nous voilà bien avancés, car qui est donc Scotts France ? Vous connaissez peut-être, mais en ce cas, vous faites partie d’une minuscule cohorte. Oui, qui est Scotts France ? Patience. C’est en tout cas une entreprise fortement « citoyenne », pour reprendre un mot si galvaudé qu’il en est devenu obscène. Regardez plutôt ce film d’une minute où l’on voit le directeur de Scotts France parler de ses relations avec les parcs naturels régionaux : c’est ici.

Il n’est que temps de parler du round-up, désherbant le plus vendu en France, et dans le monde. La très belle association Eau et Rivières de Bretagne a mené un homérique combat judiciaire de six années – Tribunal correctionnel, Cour d’appel de Lyon, Cour de cassation – contre le fabricant du round-up, c’est-à-dire Son Altesse Monsanto Elle-Même. Et elle a gagné de façon spectaculaire :lire ici. Monsanto a été condamnée pour publicité mensongère. Sans état d’âme, la transnationale plaquait sur ses flacons : 100 % biodégradable ou encore Respecte l’environnement. Plaisantins, va !

Mais Monsanto n’était pas la seule entreprise poursuivie. Car si la marque fabriquait, une autre commercialisait. Et cette autre a pour nom, mais vous l’aurez sans doute deviné, Scotts France. Quels sont les liens entre les deux ? Bonne question, que je vous remercie de me poser à distance. Ce n’est pas si clair. Des documents présentent Scotts France comme une « division » de Monsanto, mais je n’y crois guère. Les sources les plus sérieuses que j’ai pu lire indiquent que Scotts Miracle-Gro est une entreprise américaine qui a passé des accords exclusifs avec Monsanto. Il n’est pas exclu que des liens plus discrets existent entre les deux, mais en ce cas, j’en ignore tout.

La question du jour est de savoir pourquoi Monsanto a renoncé à commercialiser sous son nom l’un de ses produits-phares, le round-up. Les explications sont sûrement nombreuses, mais je vais vous proposer la mienne, exceptionnellement optimiste : le nom deMonsanto est associé à tant de saloperies que la firme étasunienne aura préféré cacher ce nom devenu synonyme de crime. En confiant le bébé à une boîte totalement inconnue, Scotts, elle aurait réussi à gagner un peu de temps et à tromper un peu plus les pauvres nigauds que nous sommes tous.

Je le reconnais, ce n’est qu’hypothèse. Mais voyez comment font les entreprises malades de leur nom et de la réputation associée. Dans les années 80 et 90 du siècle passé, le marché de l’eau, en France, a permis d’apprendre beaucoup sur la corruption des élus locaux, qui est grande. Qu’est donc devenue la Lyonnaise des Eaux, créée en 1880 ? Entre 1980 et 2000, son président s’appelait Jérôme Monod, qui fut aussi un des plus grands pontes du RPR de Chirac. Et c’est sous son règne qu’Alain Carignon, jadis maire de Grenoble et toujours ami proche de Sarkozy, fut envoyé en taule pour avoir signé un « pacte de corruption » avec la Lyonnaise. Je vois que la police est bien faite : si vous tapez Lyonnaise des Eaux sur Google, vous verrez comme moi combien Wikipédia sait se montrer miséricordieux avec les crapules.

Je m’éloigne. La Lyonnaise est désormais noyée – oui, c’est un mauvais jeu de mots – dans le groupe Suez Environnement et distribue tranquillement de l’eau à près de 20 % des Français. On a enterré le passé avec l’ancien nom : bien joué. Et la Compagnie générale des Eaux, fondée elle en 1853, vous voyez ? Si oui, quelle chance ! Extrait du journal Libération du 10 octobre 1996 : « Au troisième jour du procès, les deux hauts dirigeants de la Compagnie générale des eaux (CGE) ont craqué. « Nous voulons vous dire exactement comment les choses se sont passées », a déclaré Jean-Dominique Deschamps, hier matin, à la reprise de l’audience, devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis de la Réunion. Son collègue à la direction générale de la CGE, Jean-Pierre Tardieu, a embrayé pour reconnaître qu’une commission « de 4 millions de francs, dont la moitié devait être versée autour de la première année, avait été convenue » avec la mairie de Saint-Denis, alors dirigée par le socialiste Gilbert Annette ».

Mais où est passée la Générale ? Après avoir été confiée au vertueux Jean-Marie Messier, si proche conseiller d’Édouard Balladur, alors ministre des Finances – 1987 -, elle se transforme ensuite, par un coup de baguette magique, en Vivendi Environnement. Ni vu ni connu, j’t’embrouille. Un autre coup de chiffon, et la voilà devenue Veolia, ripolinée de manière à tenir au moins le siècle : elle emploie plus de 330 000 salariés et se présente en toute modestie comme « leader mondial des services collectifs ». Pfuit ! Plus aucune odeur, plus aucun relent d’égout.

Je ne dresse pas la liste interminable de ces astucieux changements. Vous en connaissez probablement vous-même, en France ou à l’étranger. Un dernier mot : dans l’indépassable 1984, la bataille des mots et de la mémoire est centrale. Décisive. L’Angsoc, qui règne de la manière qu’on sait, repose sur un triptyque audacieux : « La guerre, c’est la paix », « La liberté, c’est l’esclavage » et « L’ignorance, c’est la force ». À côté de l’anglais classique, bien trop proche de la vérité, est apparu lenewspeak, que nous avons traduit par novlangue. Monsanto a bien mérité de la patrie orwellienne.

fabrice-nicolino.com

Monsanto, la graine du suicide gagne du terrain

Mauvaise nouvelle:

24 mars 2011

Monsanto a remporté mardi dernier une victoire importante dans le conflit qui l’oppose depuis plusieurs années aux adversaires des OGM. La clause de sauvegarde imposée depuis 2008 par la France sur le maïs OGM a été jugée illégale par l’avocat général de la Cour de Justice de l’Union européenne.

La CJUE affirme que les autorités françaises ne peuvent prendre la décision de suspendre la culture du maïs Mon810 – génétiquement modifié, sur son territoire, sans avoir demandé, au préalable, à la Commission européenne d’adopter des mesures d’urgence en cas de risque pour la santé et l’environnement. 

En d’autres termes, Paris se devait d’aviser Bruxelles avant d’invoquer cette clause de sauvegarde.

Si cet avis n’est pas contraignant, la multinationale américaine peut être optimiste pour la suite, les conclusions de l’avocat général étant suivies dans 80 % des cas. Une décision est attendue dans les semaines qui viennent.

Un jugement qui pourrait relancer la polémique sur les OGM en Europe alors que six autres pays ont actuellement une telle clause de sauvegarde (Allemagne, Autriche, Bulgarie, Grèce, Hongrie et Luxembourg).Fenêtre Europe

L’Amérique au secours de la bête.

par Estelle Leroy-Debiasi

Des dépêches révélées par Wikileaks montrent comment l’ambassade des Etats-Unis a fait pression pour promouvoir et étendre l’usage du pesticide glyphosate en Argentine.

Alors que la toxicité du glyphosate, pesticide bien connu était mise en cause en Argentine, l’ambassade des Etats-Unis est montée au créneau pour en promouvoir l’utilisation dans l’agriculture argentine. Elle n’a pas hésité à faire pression sur les membres de la Senasa, organisme en charge de garantir et certifier la qualité et la salubrité de la production agricole. C’est que révèle le quotidien argentin Página 12, du 9 mars 2011.

Selon une dépêche de juillet 2009 rendue publique par Wikileaks et relayée par Página 12, l’ambassade des Etats-Unis a pris la décision de présenter ses propres études devant l’organisme argentin de régulation qui a autorisé l’usage de ce pesticide alors même que Página 12 avait déjà publié une étude scientifique alertant sur la toxicité possible de ce produit.

Le lobby étasunien en faveur de Monsanto, s’est mis en place six mois après que la présidente Cristina Fernández de Kirchner soit entrée en fonction, et quand elle a ordonné en janvier 2009 au ministère de la santé de mener une enquête officielle sur les possibles effets nocifs de ce pesticide.

Cette étude devant servir de base pour limiter voire interdire l’usage du glyphosate, si son impact sur la santé sur la population était démontré. L’enquête de toxicologie a été confiée à Andrés Carrasco – chef du laboratoire d’embryologie moléculaire de l’Université de Buenos Aires (UBA) et directeur de recherche au Conicet – et faite sur des embryons de poulet.

Mais selon la dépêche, pour l’ambassade Carrasco est certes un chercheur du « prestigieux » Conicet et de la « très respectée » Université de Buenos Aires, mais son étude ne serait pas « scientifiquement crédible » parce qu’elle n’apparaît pas comme citée par ces institutions, ni n’a fait l’objet d’une publication dans une revue scientifique.

« Au sein des circuits scientifiques et des agences régulatrices en charge de l’approbation de l’usage du glyphosate en Argentine, on accepte que la dite étude n’a pas de crédibilité scientifique. Les résultats n’ont pas été présentés selon une analyse de méthodologie, procédures et conclusions » expliquait la dépêche de l’ambassade.

En réponse à la controverse, la Secrétaire d’Etat à l’Agriculture d’Argentine via le Senasa a tenu une réunion sur cette question. « La section agriculture de l’ambassade a fourni au Senasa des études sur le glyphosate dont l’usage est répandu aux Etats-Unis et aussi dont l’utilisation fait partie du programme d’éradication de la coca dans le Plan Colombie ».

Pourquoi l’ambassade étasunienne défend-elle tant ce produit qui entre dans la composition du Roundup de Monsanto ? Les dépêches de l’ambassade révélées par Página 12 montrent comment le lobby avait pour objectif de protéger Monsanto, société décrite par les diplomates étasuniens comme la « victime circonstancielle » la plus exposée et « vulnérable aux attaques ».

Évidement l’ambassade ne fait jamais référence aux autres études menées sur la toxicité du glyphosate notamment en France, mais aussi aux Etats-Unis (Université de Pittsburg), et dans deux autres universités argentines Université de Rosario y Universidad National del Litoral). Sans parler des études alertant sur des taux croissants de cancers et de malformations dans les zones de fumigation.

L’étude de Carrasco a été publiée en août dernier dans la revue scientifique Chemical Research in Toxicology, gage de son sérieux, alors qu’il avait été l’objet les derniers mois de menaces, pressions et campagne de dénigrement dans une certaine presse argentine.

Entretemps plusieurs décisions de justice dans la province de Cordoba et dans celle du Chaco sont intervenues pour protéger les populations touchées, et donc ont ordonné l’interdiction des fumigations. La Commission Provinciale de recherche sur la contamination de l’eau dans le Chaco a publié un rapport en août 2010 : sur les 10 dernières années a La Leonesa, le nombre de cancers chez des enfants de moins de 15 ans ont triplé, et les malformations chez nouveaux nés quadruplés. Scientifiques et spécialistes de l’environnement ont dénoncé le manque de réaction du gouverneur de cette province face à cette menace sur la santé de la population.

Une autre dépêche de Wikileaks pourrait donner une explication sur ce point. En effet, elle révèle que le président de Monsanto Argentine, Juan Ferreyra, s’est rendu a l’ambassade des Etats-Unis en août 2008. « Ferreyra il a dit que Monsanto avait de bons contacts avec les producteurs de coton pour développer le coton transgénique dans la province du Chaco… », selon la dépêche publiée par Página 12. « Le 12 août, Monsanto a signé un accord de coopération avec le gouverneur du Chaco. L’ambassadeur a pu appuyer cette initiative avec une note dans la page éditoriale du principal journal du Chaco et par des conversations avec le gouverneur le même jour. Le gouverneur s’est montré très enthousiaste de travailler avec Monsanto pour améliorer et développer la production locale de coton ».

Voilà qui est assez clair. Pour conclure, dans cette province : les semences coton transgénique ont atteint 5000 tonnes, et celle de coton traditionnel seulement 200. Et le Glyphosate risque d’avoir de beaux jours encore devant lui.

El Correo , Paris le 22 mars 2011

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Documents joints

elcorreo.eu.org

L’aventure Monsanto

« La première année (2002), le coton Bt fut un désastre, produisant 35% de moins que le coton non Bt, alors qu’il coûtait 4 fois plus. La troisième année, de nouvelles maladies se sont propagées dans le sol et la plante. Le bétail qui broutait le coton Bt a commencé à mourir. Et cette année (2006), les plants de Bt ont commencé à flétrir, obligeant les cultivateurs à les déraciner à contre-cœur. Dans le village de Mustyalapally, dans le Bhongir mandal de Nalgonda, les agriculteurs ont arraché le coton Bt de 41 des 51 acres plantés. La maladie s’est propagée aux villages voisins, répandant la panique parmi les cultivateurs. Les agriculteurs se sont plaints que les plantes mourraient lentement les unes après les autres parce que le système racinaire était gravement décomposé, sans qu’il y ait de système racinaire secondaire ou tertiaire sur le système principal. Même les capsules qui s’étaient formées sur ces plants flétris ne portaient aucunes graines. » [11]

Des agriculteurs ont réagi avec colère par des manifestations de rue violentes et en incendiant des points de vente de semences. Il y a eu le cas d’agriculteurs qui demandaient des dédommagements et qui ont pris un représentant de Mazhyco-Monsanto en otage. De nombreux autres cependant, ont quitté leurs fermes ou ont mis fin à leur vie. Dans la ceinture du coton de Vidarbha, où le coton Bt est largement répandu, le taux de suicide parmi les cultivateurs de coton atteint des sommets terribles, avec plus de 100 suicides de cultivateurs de coton par mois en 2006. [12] Lien

 

 

And nearly 25 years later, the devastating effects of this corporate takeover of Indian agriculture has resulted in countless suicides, 200,000 of which have occurred just in the past ten years.

http://www.naturalnews.com/030913_Monsanto_suicides.html

Le monde de Monsanto : Asparthame.

International – L’agence France Presse publiait hier:

L’aspartame sans danger

L’aspartame, l’édulcorant le plus utilisé du monde, ne comporte aucun risque pour la santé, a indiqué lundi l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

L’EFSA invalide ainsi les résultats de deux études antérieures portant sur le potentiel cancérigène de l’aspartame et sur le risque accru d’accouchements prématurés.

Pas de preuve

« Aucune preuve disponible dans l’étude Halldorsson ne permettait d’affirmer qu’il existait un lien de causalité entre la consommation de boissons non alcoolisées contenant des édulcorants artificiels et l’accouchement prématuré. Par ailleurs, les résultats de l’étude Soffritti [sur le potentiel cancérigène] ne fournissent pas suffisamment de preuves scientifiques qui justifieraient de revoir les évaluations précédentes de l’EFSA relativement à l’aspartame », soutient l’agence par voie de communiqué.

L’EFSA maintient donc la conclusion à laquelle elle était parvenue en mars 2009, selon laquelle « rien n’indiquait un potentiel génotoxique ou cancérigène de l’aspartame » et qu’il n’y avait « aucune raison de réviser la dose journalière acceptable de 40 milligrammes par kilo de poids corporel ».

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse - 28 février 2011

Pourtant, des experts s’entendent pour dire le contraire.

 

“Arrêtez de consommer de l’aspartame”

aspartame poison

C’est la mise en garde du Pr Jean-François Narbonne, toxicologue reconnu, qui appelle les Français à cesser de consommer de l’aspartame, un édulcorant présent dans des milliers de produits.

C’est un double coup de massue : deux études scientifiques viennent de mettre en lumière les dangers potentiels pour la santé de l’aspartame, l’édulcorant le plus utilisé au monde. Selon la première, menée au Danemark sur près de 60.000 femmes enceintes, la consommation régulière de boissons gazeuses aux édulcorants (type soda light) augmente de 38 % les risques de naissance prématurée. Boire deux à trois sodas de ce type par jour accroît ce risque de 35 %. Au-delà de quatre canettes par jour, celui-ci bondit de 78 %. La seconde étude, italienne, est signée par l’Institut Ramazzini de recherche en cancérologie environnementale. En exposant 240 rats à l’aspartame à très haute dose, de leur gestation in utero jusqu’à leur mort, elle montre que sa consommation favorise les risques de cancer, notamment du foie et du poumon, chez les spécimens mâles. Aucun impact n’a en revanche été démontré sur les rats femelles.

D’autres études à venir

Sans surprise, les industriels contre-attaquent. Ils rappellent que les rapports successifs des autorités sanitaires ont toujours conclu à l’innocuité de l’aspartame. Mais depuis la commercialisation du produit en 1974 aux Etats-Unis, les doutes s’accumulent. Mercredi dernier, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a annoncé son intention « d’examiner sans délai les nouvelles études », en vue d’éventuelles recommandations. Début février, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) se penchera, elle aussi, sur l’étude italienne pour évaluer la nécessité de travaux scientifiques complémentaires. Pour François Narbonne, professeur de toxicologie alimentaire à l’université de Bordeaux, expert auprès de l’Anses, l’enquête danoise est un élément à charge important dans « une barque déjà chargée ». Le toxicologue, qui explique que les tests officiels d’homologation sont obsolètes, appelle d’ores et déjà les Français à cesser dès maintenant leur consommation d’aspartame.

France-Soir. L’aspartame fait-il courir un risque aux consommateurs ?
Jean-François Narbonne. L’aspartame est suspect, et depuis longtemps. A dire vrai depuis que cet édulcorant, homologué d’abord aux Etats-Unis en 1973, a été mis sur le marché par la firme Monsanto. Mais les dernières études, italienne et surtout danoise, viennent alourdir une barque déjà chargée.

F.-S. Qu’apportent ces études ?
J.-F. N. Ces résultats viennent indiscutablement renforcer les doutes. Cela ne nous surprend donc pas : on sait que, dans l’organisme, l’aspartame produit du méthanol ; celui-ci se métabolise dans le foie en donnant du formaldéhyde, un cancérigène reconnu. Ce n’est pas d’hier que la recherche soupçonne une possible altération de l’ADN liée à la consommation d’aspartame. Les principaux risques sont les cancers, la prématurité du fœtus, mais aussi des risques neurotoxiques avec, à la clé, des troubles du comportement comme l’hyperactivité chez l’enfant.

F.-S. Pourquoi ces soupçons, mis au jour par des chercheurs, sont-ils systématiquement invalidés par les tests officiels d’homologation des produits alimentaires ?
J.-F. N. D’abord, les tests officiels ne vérifient pas tout. Sur la neurotoxicité, par exemple, ils sont très faibles. Surtout, les tests officiels d’homologation des produits alimentaires – ceux sur lesquels s’appuient les agences sanitaires en Europe, aux Etats-Unis et au Japon pour rendre leurs avis – sont scientifiquement obsolètes, ils ne sont plus valables.

F.-S. Autrement dit, vous, les experts des agences, vous rendez des avis à l’aveuglette ?
J.-F. N. Nous n’avons pas le bon outil. Aujourd’hui, en tant qu’expert, je n’ai aucun moyen réglementaire de faire interdire l’aspartame parce que ce produit arrive à passer tous les tests officiels. Nous avons besoin de nouveaux tests, capable de rechercher les marqueurs de la cancérogénèse, ce que les chercheurs peuvent faire aujourd’hui. C’est ce qui explique la différence de résultat entre leurs études et les tests officiels.

F.-S. Pourquoi ne disposez-vous pas de ces nouveaux tests ?
J.-F. N. La procédure est lancée, au niveau mondial. C’est une question sensible, les enjeux sont énormes pour les laboratoires qui vont proposer les tests de cancérogénèse : pour celui qui récupère la mise, c’est le jackpot. Mais il est déjà acquis, c’est important, qu’une fois ces nouveaux tests choisis, toutes les agences sanitaires (européennes, américaine et japonaise), utiliseront les mêmes. Ce sera fait dans quatre à six ans, ce qui est plutôt… rapide !

F.-S. En tant que toxicologue, que recommandez-vous ?
J.-F. N. J’appelle les consommateurs à arrêter de prendre de l’aspartame, et j’appelle les médecins à cesser d’en prescrire. C’est comme pour le Mediator, il suffit de regarder l’équilibre bénéfice-risque du produit : l’aspartame cumule des risques, suscite des alertes médicales, et ne présente aucun bénéfice. C’est une invention de l’industrie agroalimentaire qui maintient les gens dans des comportements aberrants. L’aspartame ne présente aucun intérêt nutritionnel et n’a jamais fait maigrir personne.

F.-S. Les pouvoirs publics seraient-ils fondés à réagir, à publier des recommandations ?
J.-F. N. Cela relève, en effet, du pouvoir politique. Contrairement à l’Afssaps qui a le pouvoir d’autoriser et d’interdire un médicament, l’Agence alimentaire n’a qu’un pouvoir d’expertise. Elle rend un avis et le pouvoir politique décide. Force est de constater que le pouvoir politique ne suit pas toujours notre avis. Dans le cas du Cruiser, par exemple, nous avons dit que ce pesticide ne pouvait être utilisé à moins de 8 km d’une ruche, or le ministère de l’Agriculture l’a autorisé sans ces restrictions. Les pouvoirs publics seraient fondés, au moins dans le cadre du principe de précaution, à mieux encadrer l’aspartame.

F.-S. Etes-vous amené à conseiller les entreprises ?
J.-F. N. Bien sûr, je suis même payé pour ça, au tarif syndical officiel ! C’est un « lien d’intérêt », pas un conflit d’intérêts : je l’ai fait pour Suez sur la dioxine ; je l’ai fait aussi pour Coca-Cola, qui voulait mon avis sur l’aspartame : je leur ai dit de retirer cet édulcorant tout de suite. Il y a au moins une alternative possible dès maintenant pour les consommateurs : la stévia, c’est un produit naturel.

France Soir, Par Juliette Demey, Valérie Urmann – 17 janvier 2011

Chez Santé-Canada:

Asparthame

Édulcorant artificiel hypocalorique, l’aspartame peut être utilisé comme additif alimentaire au Canada depuis 1981 dans de nombreux aliments, y compris les boissons gazeuses, les desserts, les céréales de petit déjeuner et la gomme à mâcher. Il est aussi disponible comme édulcorant de table. L’aspartame est le produit de la liaison de l’acide aspartique et de la phénylalanine, acides aminés qui sont des éléments constituants normaux des protéines. Ils forment un dipeptide qui est ensuite estérifié avec du méthanol.

Santé-Canada - Aliments et nutrition - Asparthame

L’étude de post-commercialisation date de 1987…

À la suite des explications d’usage, on retrouve sur le site de Santé-Canada, une réfutation point par point de toutes les allégations négatives sur son innocuité.

Un texte intéressant sur le site de Protégez-vous :

L’aspartame: dangereux ou pas?

Je vous rappelle, et au cas où vous n’auriez pas lu tout l’article, que c’est Monsanto qui a d’abord mis en marché ce produit en 1973. Faut-il se surprendre de toutes ces contradictions ?