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Le paradis à la fin de leurs jours

Drapeau

In Gold We Trust

Quand un soldat étasunien  meurt au combat et qu’il va au paradis, il est récompensé, en arrivant, de 72 automobiles flambant neuves, bref, vierges.

Gaëtan Pelletier

 

 

Robinson et sa crainte de l’océan

Île de Robinson. À l’ouest du Chili.

***

 

L’autre jours, je suis allé faire mon petit Robinson dans la forêt: je marche, je suis seul, je me parle. Et les oiseaux chantent. Pendant que j’étais accroupis dans un sentier, un type qui marche pour se détendre m’a pris pour un ours.  J’étais simplement accroupis en train de regarder les pousses du printemps. L’hiver, on dirait que les arbres sont morts: ils n’ont pas de feuilles pour danser et bruisser. Les feuilles, c’est les yeux des arbres. Et avant l’hiver ils ferment des milliers de yeux pour ne pas voir l’hiver. Ils ne s’énervent pas, ils attendent. Une autre vie viendra. Et ils deviendront plus grand. Mais dans cet attirail de verdures étranges, il n’y a rien de plus grand que les infimes pousses vertes qui surgissent à travers la grisaille de l’après-hiver. Le soleil avait des cataractes de nuages, mais toute de même, on voyait un peu la lumière au bout du tunnel.

J’ai rencontré l’homme dans une flaque d’eau. Et là, il m’a fait un grand discours sur les misères de la villes, les bouchons de circulation, ses emplois, sa vie, sa femme et l’art de marcher en forêt pour détruire tout le stress accumulé pendant des années, des années, des années.

C’est en vieillissant que j’ai appris à devenir enfant… Car, ces pousses, ces petits bouquets cachés de la vie qui est l’atome de la grande, n’a rien de différent de ce qui est grand. C’Est qu’il faut pratiquer des yeux pour devenir plus voyant que voyant.

Le lendemain, je tombe par hasard sur un documentaire sur la vie après la vie. Tout le monde a passé par là: ces gens qui racontent être sortis de leurs corps, « temporairement décédés » qui voient leurs amis les accueillir après le tunnel de lumière.

Et ils voient passer leur vie…

Supposons que tu as été « travailleur du sexe », je me demande ce qu’on voit passer. Pas mieux si tu as été politicien, homme d’affaires véreux, banquier mondialiste, bandit étatisé ou président des États-Unis d’Amérique.

Même si le « tunnel de lumière »est faux et « un simple processus de mémoire mécanique » du cerveau comme le prétendent certains « spécialistes », ce n’est pas une raison pour assassiner Ben Laden, ni jouer au échecs avec de temps en temps des réussites.

En fait, la Vie est ici, et dans 100 ans nous serons tous morts. Alors, à quoi sert de s’entre-tuer et d’acheter tous les petits avoirs des pauvres, de soutirer l’argent de la classe moyenne pour en faire des armes, les vendre, tricher au CIA, au poker mondialiste et de faire son frais chié quand tout le monde de ce monde vient du singe, de l’homo-sapiens et qu’il a sans doute marché à quatre pattes, grimpé dans les arbres?

Ça sert à tuer la vie. À tuer les autres, à tuer les eaux, à tuer des arbres, à tuer des cerfs.  À se dire que puisqu’il n’y a rien, il vaut mieux, en « bon prédateur » se livrer à un cannibalisme de crainte de ne pas survivre à cette vie. Et toutes ces « missions » servant à répandre la démocratie dans le monde à l’aide de fusils, de drones, d’armes atomiques, ce n’est inutile que pour ceux qui on créé ces armes. Et « dieu » sait que les imitateurs sont nombreux. L’Homme est une maladie pour l’Homme. Il refuse de partager. Non seulement les richesses, mais les « attitudes d’artiste » et de penseurs qui pensent être uniques en « créant ». Comme si créer, photographier, écrire, serait différent de l’art de planter des choux.

Vous êtes dans le champ… Nous somme la division d’un TOUT  et en même temps le TOUT. Nous sommes uniques dans notre art d’être. Car le seul et véritable art est celui d’être. Et le diable en nous détruit de par sa vision de sa grandeur qu’il croit avoir bâtie. Alors, qu’en fait il est bâti par la simplicité des autres.

Peu importe la mort, car chacun est déjà mort quand il est entouré de tueurs. Mais nous vivons tous de par les petites lueurs des gens simples que l’on rencontre dans la vie.

Au moment du mourir, je verrai sans doute défiler tous ces gens simples, considérés, classé,  » pas intelligents », rien que remplis d’amour et qui n’auront aucune théorie concernant l’Univers. 13 ou 14 milliards d’années… La terre a déjà été plate… On rêvait de voler comme l’oiseau. On a volé comme les banques…

Si vous voulez parler « d’artistes », les riches sont la sculpture des pauvres…

De temps en temps, comme ça, en guise de méditation, il faut se retirer du désert de toute cette ferraille « moderne » pour se retrouver un peu. De temps en temps il faut aller à l’autre bout du monde pour retrouver un de ses semblables…

La foi ne consiste pas à croire à ce qu’il va advenir dans un « autre monde », mais à croire que l’on peut fabriquer un monde ici et maintenant sans se faire mourir à chaque jour pour des causes qui ne servent que des manipulateurs de la vie.

Cesser d’être les Pinocchio de ceux qui veulent faire de vous des soldats.

Dans les petites choses, les meilleurs onguents…

Peu importe ce que vous accumulerez comme diplôme, réussite sociale, monuments, carrière, il ne reste, au fond, que le travail de faciliter NOS VIES et non pas la détruire.

À la fin, sans doute que l’on pourra se rendre compte que chacun , en mourant, n’est qu’un petit hiver qui laisse par sa chaleur les pousses germer au printemps.

Après on verra…

Gaëtan Pelletier

2014

L’immonde du travail

Le monde est bien conçu: après avoir « étudé » les coûts de la vie et l’inflation galopante, j’en ai conclus que lorsque je mourrai, je serai de toute manière trop pauvre pour vivre. 

Ce qui se nomme de la planification organisationnelle des sociétés.

 

GP

Avant, ils disaient que le travail n’a jamais fait mourir personne. Maintenant il est en train de faire mourir tout le monde. Étant donné que tout le monde a la langue dans sa poche, qu’il est étranglé du mimétisme de ladite « évolution », cambré et en apparence heureux de participer au grand défilé de têtes enflés du vide des sociétés – meneurs de claques et automates élus -, la parole est au suivant. Comme dirait Sieur Proust: après que le premier eusse mourut.

Le travail c’est comme l’armée: tu trouves un imbécile placide, religieusement « paysagiste » de son pays, qui fait l’amour à son drapeau et qui l’accroche à la sortie de sa maison… Quand il en a une. Il n’y a pas de drapeaux dans les bidonvilles. On utilise les manches pour chauffer et la bouse de vache. Ailleurs, ça gaze.

Le plus grand plaisir du travail est d’en sortir. Et vivant… Parce qu’une fois « mourut », t’as ta pension qui s’en ira fabriquer des douilles de balles.

Bon! Passons au bureau: moi y en a vouloir des soûls… 

Dans le domaine de la santé, l’autre jour, une dame à bout de force, pour se requinquer, se mit à voler des médicaments pour persévérer dans sa belle carrière, élever ses enfants, mais surtout être « heureuse ». Qui donc peut-être malheureux dans cette charmante et délirante parades de rameurs acculés à l’austérité? Avant, quand un galérien souffrait du corps, épuisé, on le fouettait. Maintenant, il se fouette en dedans avec les restes des outils pour « guérir les malades ». Avec les mêmes outils… Alors, comment distinguer un malade d’un travailleur? L’un fait semblant de ne pas l’être…

La joufflue tomate du frère Armand 

J’avais 14 ans et j’avais fait un sale coup: j’étais allé frappé à la porte de la l’école des Frères du Sacré Coeur pour les réveiller. À 21h00… C’est en cognant dans la porte que je vis la tête du directeur de l’école, soutané, me faire signe: À demain. C’est difficile de dormir sur ses deux oreilles sauf si on a un lit placé dans un espace de 33 cm avec deux oreillers au mur…

Nous étions tellement pauvres: pas de Facebook pour cracher sur le gros bonhomme noir, en robe… Et enrobé…

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Bureau.

Il sort sa strap pour châtiment corporel. Sorte de bande en cuir Made in Vache et non In China. 10 coups. À mesure que ma main rougie, son teint rougit. Il s’écarlate tellement que je finis par penser qu’il s’accorde un plaisir inconscient qui frôle les états de grâce du célèbre Marquis de Sade.

Mais je ne lâche pas des yeux. J’ai peur que son visage éclate. Boum! Du sang partout sur les murs. Un frère éclaboussé… Les murs deviendront des toiles célèbres.

Les artisans de la morale 

Le fanatisme, tout comme la foi religieuse, sont pour Nietzsche un aveu de faiblesse chez tous ceux qui y adhèrent. En qualité de représentant de l’humanité, l’homme est bien plus ce qu’il est dans la création que dans l’obéissance. Nietzsche  

Chacun ses vaches et les états seront bien gardés…  Les nouveaux prêtres de la religion du matérialisme sont inconscients de tout ce qu’ils « dirigent » et de tout les soubassements psychopathologiques de leurs rôles de moralisateurs face à un monde en déconfiture de totalitarisme et de fascisme souterrain. Tant et tant que l’Histoire, vue à la loupe, pourrait aisément démontrer que les « meilleurs » de ce monde ont fait plus de ravages que le petit rameur vitement jeté à la mer par manque de VOLONTÉ.

Les dépossédés, une fois dépossédés de leur bateau, ne peuvent aller pêcher. Ils deviennent rameur par obligation. Peu importe les titre et les sous-titres que l’orgueil et la vanité avalent goulûment. Et qui a le bateau a les poissons…

La Terre est devenue un lupanar mondialiste. Pour vivre, il faut se vendre. La cravache est une privation d’emploi et une transmission vers le travailleur de sa culpabilité de « son » chômage.

Comprenons que les corporations, visibles et invisibles, ont mainmise sur les pays, et les élus, religieusement pieux, s’évertuent dans leur ignorance à accepter leur perte de pouvoir. Leur perte de pouvoir, on s’en fout, car c’est nous qui perdons au jeu de l’austérité « nécessaire ».

Ce sont de ces faux Christ qui multiplient les dettes pour nous faire marcher sur l’eau. Et aux noces des canots, ne manquez pas le bateau: soyons tous vertueux et kapos.

Les États ont toujours une livraison d’armes et de fouets pour les brutes et les éponges à propagandes déguisées.

Soyons fiers de participer à déconstruction du monde!  Bref, sans trop le savoir, à la nôtre, un par un, mais en groupes.

Quelle belle trouvaille! Diviser pour rayer…

Gaëtan Pelletier

11 mai 2014

 

 

 

 

Quelle place pour le facteur religieux dans le monde ?

Leonardo Boff

Aussi séculière et, sous bien des aspects, matérialiste que soit désormais la société, on ne peut nier qu’elle connaît aujourd’hui un grand retour vers le religieux, vers le mysticisme et l’ésotérisme. Les gens, semble-t-il, sont profondément désabusés par la rationalité et l’utilitarisme excessifs des sociétés complexes dans lesquels ils vivent. Le retour vers le religieux révèle seulement que l’être humain aspire à quelque chose de plus grand. Il y a derrière le visible, un monde invisible qu’on veut découvrir.

Qui sait si là ne se trouve pas un sens caché qui satisferait notre quête incessante de ce que nous n’arrivons pas à identifier. Dans cet horizon libéré des appartenances confessionnelles, il est peut-être bon de parler du religieux ou, autrement dit, du spirituel qui, en dépit de toutes les attaques qu’il a subi, a réussi à se maintenir. Les premiers penseurs modernes le considéraient comme une survivance des âges pré-modernes, le produit d’un imaginaire archaïque débridé condamné à céder la place à la pensée critique et à la science positive (Comte). Peu de temps après, il fut considéré comme une maladie, un opium fait d’aliénation et de fausse conscience chez un humain qui cherche encore ce qu’il est ou bien un humain qui, ayant fait la découverte de ce qu’il est, a vite fait de la perdre (Marx). Plus tard, il fut interprété comme une illusion de l’esprit névrosé qui cherche à pacifier le besoin de protection dans le but de rendre supportable le monde contradictoire dans lequel il vit (Freud). Quelque temps après, il fut compris comme une réalité qui, du fait du processus de rationalisation et de désenchantement du monde, était appelée à disparaître (Max Weber). Enfin, certains en firent une chose qui n’avait aucun sens puisqu’elle qu’elle ne pouvait être ni prouvée ni réfutée (Karl Popper et Rudolph Carnap).

Je crois que la grande erreur de ces diverses conceptions est d’avoir assigné à la religion une place qui n’était pas la sienne, à savoir dans le sein même de la raison. Une faute qui commence avec la raison. La raison elle-même n’est pas un fait à la disposition de la raison. Elle appartient à l’inconnu. La sagesse des Upanishad faisait déjà cette prière vers « ce par quoi toute pensée pense et qui ne peut lui-même être pensé ». Peut-être que le berceau du religieux est dans ce « non-pensé », dans ces choses que la rationalité moderne a exorcisé, dans la fantaisie et l’imaginaire, dans ce fond de désir duquel émergent les rêves et les utopies qui peuplent nos esprits et emplissent nos cœurs d’enthousiasme, ce fond duquel jaillissent les étincelles qui déclenchent les grandes transformations de l’histoire. La place du religieux est dans ce que le philosophe Ernst Bloch appelait le principe espérance.

Le propre de ces instances – l’utopie, la fantaisie et l’imaginaire- est de ne pas se satisfaire de données rationnelles. Plus encore, elles les contestent parce qu’elles soupçonnent que les données sont toujours des faits ; faits et données eux- même n’englobent pas tout ce qui est réel. Le réel est plus grand. Au réel appartient aussi le potentiel, c’est-à dire ce qui n’est pas encore mais pourrait être. Dans ce sens, l’utopie ne contredit pas la réalité, elle révèle la dimension idéale et potentielle de cette réalité. Comme le disait le très avisé Durkheim dans la conclusion de son fameux livre, Les Formes Elémentaires de la Vie Religieuse : «La société idéale n’est pas en-dehors de la société réelle, elle en fait partie. » Et il conclut « Seul l’homme a la faculté de concevoir l’idéal et d’ajouter au réel. » On pourrait ajouter « à le déceler dans le cœur du réel, afin que ce réel qui contient l’idéal soit toujours plus grand que les données que nous avons en main ».

C’est dans l’expérience du potentiel, de l’utopique, que le religieux prend naissance. C’est dans ce sens que Rubem Alves qui fit la meilleure étude au Brésil sur « l’énigme de la religion » (le titre de son livre) a écrit : « La raison d’être de la religion n’est pas d’expliquer le monde. Elle est en fait née de la protestation contre ce monde que la science peut expliquer et décrire. La description scientifique, en se cantonnant dans la réalité telle qu’elle est donnée, consacre l’ordre établi des choses. La religion, à l’opposé, est la voix d’une conscience qui, n’arrivant pas à trouver la quiétude dans le monde tel qu’il est, veut le transcender ».

Pour cette raison, le religieux est l’organisation la plus ancienne et la plus systématique de la dimension utopique inhérente à l’être humain. Comme le dit si bien Bloch : « Là où il y a religion, il y a de l’espérance », il y a l’espoir que tout n’est pas perdu. Cette espérance est amour pour ce qui n’est pas encore, « la certitude qu’existent des réalités qu’on ne voit pas», comme le dit l’Épître aux Hébreux (11, 1), des réalités invisibles mais qui constituent le fondement de ce qui est espéré.

Le philosophe et mathématicien Ludwig Wittgenstein est parmi ceux qui ont compris le mieux cette caractéristique propre au religieux en disant : chez l’être humain, il n’ y a pas que cette attitude rationnelle et scientifique, attitude qui se pose constamment la question de savoircomment sont les choses et exige toujours des réponses. Il y’a aussi la capacité d’aller vers l’extase, « entrer dans l’extase ne peut être exprimé par une question, aucune réponse donc n’existe ». La dimension mystique existe : « la dimension mystique ne repose pas sur la question de savoir comment le monde existe mais sur le fait que le monde existe ». Les limites de la raison et de l’esprit scientifique consistent dans le fait que pour ceux-ci, il n’y a rien qui commande le silence.

Le religieux et le mystique trouvent toujours leur accomplissement dans un silence noble qu’aucun dictionnaire au monde ne peut définir.

Jusqu’à présent, nous avons parlé du religieux dans ce qu’il a de bon et de sain. Mais il peut devenir morbide et ouvrir la voie à la maladie de l’intégrisme, du dogmatisme et de la prétention à être seul à détenir la vérité. Et comme toute maladie ne se définit que par rapport à l’état de santé, l’analyse du religieux doit commencer par son état premier de santé, pas par ses maladies. Ainsi, il pourra nous aider à devenir plus sensible et humain. Un retour du religieux dans son état premier de santé est urgent, parce que sa raison d’être est de nous aider à aimer l’invisible et à rendre réel ce qui ne l’est pas encore mais peut le devenir.

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