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Alep: Apocalypse, mon amour…

 

C’est être déjà mort que de ne plus trouver en soi-même le sens de la révolte, c’est être mort en esprit que de plus avoir passion d’apprendre, c’est être déjà un cadavre que ne plus savoir aimer. J. Krishnamurti

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Jadis, on croyait que c’était la bombe atomique qui allait anéantir l’humanité. L’explosion n’a pas eu lieu. Les hommes restent fidèles aux armes. C’est devenu une denrée moins rare que le chou, le navet, la pomme de terre  ou le caviar selon votre rang social, selon votre pouvoir. Mais pas l’apparent, le réel : celui  qui tue.

Nous vivons dans un monde dans lequel la minorité du 1% PEUT anéantir le 99% qui reste. En fait, elle ne sait pas qu’elle l’anéantit vraiment. C’est la pathologie de ceux qui nourrissent le leurre. Les étourdis de la technocratie.  La prétendue supériorité de certains humains est une constante dans l’Histoire. La vieille aristocratie a su se muer- telle un caméléon- en une autre encore plus crasse et plus dangereuse. Elle sait nourrir ses valets, ses serviteurs.  De temps en temps de nourriture, et parfois de médailles. Mais avant tout de titres. Et ainsi se perpétue une nouvelle emprise de la foule par une minorité.

Comme s’il existait deux humains…

S’ils n’existaient pas, on l’a inventé, cette division par la pauvreté continue.  L’argent sert à soutenir les plus improbables et inimaginables inventions. E t c’est ainsi que chacun d’entre nous, nous de ce système empoisonnant sommes les 99% du cheptel fournissant l’arme la plus barbare aux « dirigeants » élus par  illusion et pour l’illusion.

Nous avons reçu le choix de voter, mais  le choix de voter pour ceux qui sont du clan du 1%.

Et lentement nous glissons vers une finale qui ressemble plutôt à une agonie phosphorique  qu’à une mort fatale. Nous sommes des intubés sociaux. Notre capacité de révolte est un X à gauche ou un X à droite. À vos marques, saignez! Saignez du corps, saignez de l’esprit, saignez de vos âmes. Les amours sont terminés. Pour vivre il faut se transformer en une sorte d’esclave robotisé.

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Le petit homme qui faisait vivre participe, sans le savoir,  au « savoir tuer » à  une finale de l’humanité. C’est le retour de la servitude par le citoyen qui donne sa petite récolte pour l’achat d’armes et une longue histoire tramée aux couleurs d’un drame de Shakespeare. Sauf que le fournisseur de fonds est devenu la victime de son « engagement » ignoré.

Si on pouvait représenter l’humanité comme une personne qui aura vécu quelques milliers d’années, on peut maintenant voir que sa fin est celle d’un cancéreux en phase terminale. Celui qui devait durer et se perpétuer « vers le meilleur » est devenu la victime du chanteur de charme, moulin de formules creuses.  Le petit homme a la capacité de se transformer en crapaud, en technocrate, ou en mélange étrange d’humanoïde machiné par un monde ciselé par la cruauté « camouflée et hypocrite ».

On ne sait plus ce qui nous reste d’humanisme. Et bientôt on ne saura plus ce qui nous reste de réel.

Le cœur du drame, au fond, est que  les « grands » ne connaissent pas vraiment l’abysse de leur ignorance. Ils ont perdu tout contact avec la nature humaine, les émotions, la beauté du monde. La cruauté est acceptable… Voire nécessaire. Inévitable…

 L’homme d’affaires  et le paon politicien ont le cerveau bombé, durci, odeur de souffre brûlé. Ils mijotent dans leurs chaudrons leurs recettes de destruction en parlant… Ils mijotent des plans insensés.

Ils nous ont fait un beau nid. Mais dans une perspective cosmique le nid bleu est en train de tourner au poison. L’apocalypse aura été réalisée par des ignares beaux-parleurs, légers.  L’ignorance totale de leur provenance, de leur gouvernance, de leur « personnalité » : le petit peuple. Du moins, celui que l’on nomme tel… Nous aurons été les investisseurs de notre propre perte.

Gaëtan Pelletier

Comment la mondialisation a tué les bisons

Bisons

 

Il est maintenant plus que possible que la race humaine soit exterminée par cette recherche frénétique du profit pour le profit. L’étourderie des commerçants mondiaux et leurs pouvoirs de destruction dans une surexploitation des ressources. Et parmi ces ressources se trouve désormais l’homme-outil, lui-même marchandise. La mondialisation n’a pas seulement tué les bisons, car en poursuivant les moyens actuels de  d’une économie qui buldoze tout, sans réflexion,  ce n’est ni plus ni moins qu’un suicide collectif.  

Gaëtan Pelletier 

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Gilles Raveaud

Scott Taylor, professeur à l’université de Calgary (Canada), a fait une découverte : la quasi-extermination des bisons aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle n’est pas le résultat de la pression démographique des colons, ni de la chasse des Amérindiens ou de la construction du chemin de fer.

Elle résulte en fait d’une hausse massive du commerce entre les Etats-Unis et l’ancienne métropole colonisatrice, le Royaume-Uni, elle-même conséquence d’une innovation anglaise dans le tannage des peaux.

La population de bisons aux Etats-Unis a été pratiquement exterminée au cours du XIXème siècle : tandis que les bisons étaient 20 ou 30 millions au XVIème siècle, ils n’étaient plus qu’une centaine à la fin du XIXème siècle.

Selon Scott Taylor, il a fallu cent ans aux colons pour tuer tous les bisons vivant à l’est du Mississippi. Par contre, de manière tout à fait stupéfiante, les 10 à 15 millions de bisons restants dans les hautes prairies ont été massacrés en à peine 10 ans. Comment est-ce possible ?

Vers 1830, les bisons avaient été exterminés à l’est du Mississippi. A cette époque, les bisons étaient chassés par les indiens pour leur viande mais aussi pour leur peau, échangée dans les villes. Dans les années 1840, les colons ont poursuivi leur avance dans les grandes plaines jusqu’en Orégon et en Californie.

Les mouvements de population ont alors séparé la population de bisons en deux, au nord et au sud, matérialisée par la construction de la ligne de chemin de fer de la Union Pacific Railroad au cours des années 1860. A cette époque, en dépit des chemins de fer – détruisant l’habitat naturel des bisons et exerçant une demande croissante pour leurs viande de la part des travailleurs -, du marché local pour leur cuir, et de la conversion des hautes prairies en zones agricoles, la population des bisons n’a diminué que progressivement.

Mais cette situation a évolué brutalement peu après 1870, quand des tanneurs anglais mirent au point une nouvelle technique permettant de tanner les peaux des bisons.

Scott Taylor cite un article du Times de New York d’août 1872 :

Les peaux sont collectées à l’Ouest par les agents des maisons de commerce de l’Est, elles sont simplement séchées, puis transmises soit à New York, soit à Baltimore pour l’exportation…

Le bas prix que ces marchandises ont atteint sur le marché anglais, et la perspective d’une baisse accrue, pourrait à terme mettre fin à ce commerce, mais à l’heure actuelle, les peaux sont chassés pour leur vigueur, et, si le commerce continue, il ne faudra que quelques années pour exterminer les troupeaux.

Le marché des peaux de bison a en effet explosé suite aux nouvelles techniques mises au point en Angleterre, et à la possibilité pour les chasseurs des Etats-Unis de faire parvenir, par l’intermédiaire de maisons de commerce, les peaux en Angleterre. Jusque là, les peaux étaient quasiment dénuées de valeur. Le seul produit commercialisable à partir d’un bison était sa viande, mais ce marché était sévèrement limitée par les coûts de transport.

Taylor évoque les explications habituellement avancées du déclin du bison : la chasse par l’armée des États-Unis, la présence des chemins de fer, et les changements dans les pratiques de chasse des Amérindiens.

Bien que chacun de ces éléments puissent avoir contribué un peu à la baisse de la population de bisons, ses estimations suggèrent que la demande du marché mondial a joué un rôle central :

Les données sur les exportations nouvellement construites soutiennent l’hypothèse d’abattage axée sur les exportations, tandis que les explications alternatives que sont les chemins de fer, l’armée, ou les Amérindiens, semblent jouer un rôle beaucoup plus faible.

Les ordres de grandeur sont considérables. Mes résultats suggèrent qu’environ six millions de peaux de bison ont été exportées au cours de la période 1871-1883, ce qui correspond à la mort de près de neuf millions de bisons.

Pour Taylor, trois facteurs économiques cruciaux expliquent le massacre :
– une innovation dans le tannage des peaux
– le libre accès (sans coût et sans restrictions de quantités) des chasseurs aux troupeaux de bisons
– des prix mondiaux fixes.

Selon lui, le massacre des bisons est un bon exemple de surexploitation des ressources naturelles engendrée par deux phénomènes : une demande en plein essor, et une mauvaise régulation des ressources.

Taylor souligne “le rôle crucial joué par les marchés internationaux” dans cette évolution. Et explique pourquoi elle n’a pas pu être corrigée par les mécanismes marchands :

bien que le massacre des bisons ait été un événement majeur dans l’histoire des États-Unis, cet événement était mineur sur la scène mondiale.

De ce fait, certaines des propriétés typiques du système de prix du marché, comme l’isolement [le fait que chaque marché soit séparé des autres, ce qui permet d’établir le prix de chaque marchandise] et de signalisation [hausse du prix lorsque la ressource se raréfie] n’ont pas pu fonctionner.

Commentant ces résultats, Timothy Taylor (sans lien avec Scott), en conclut que lorsque de petits pays et des petites économies à travers le monde expriment leurs craintes que la combinaison de nouvelles technologies et d’une hausse de la demande mondiale anéantissent leur habitat naturel ou leurs ressources, les Américains devraient écouter.

Il note par ailleurs que la quasi-extermination des bisons fait partie des événements qui ont mené à la création d’un mouvement environnementaliste américain. Selon Scott Tayloe,

Pour de nombreux Américains de l’époque, le massacre semblait inutile et mauvais (…). L’abattage du bison a été déterminant dans la montée du  mouvement conservationniste à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

La quasi-totalité des acteurs importants dans le mouvement conservationniste, comme Teddy Roosevelt, John Muir, et William Hornaday, avaient été des témoins de ce massacre.

La création du système des parcs nationaux en général, et celle de Yellowstone, en particulier, reflètent la répulsion que beaucoup éprouvaient à l’égard de l’abattage des bisons sur les grandes plaines.

http://www.leconomiepolitique.fr/

La propagande chirurgicale du massacre des bisons

Import export

« La dictature parfaite aurait les apparences de la démocratie. Une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader. Un système où, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l’amour de leur servitude. » A. Huxley

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Bizarrement, les producteurs d’armes, les plus grands, voient revenir les victimes de leur réussite économique (SIC). On se plaindra, on érigera des barbelés, puis on augmentera la production d’armes pour régler le con-flit. 

Il serait sans doute plus payant de fermer les usines d’armement, supposément CRÉATRICES D’EMPLOIS, et ensuite « financer » la réception des migrants.

La misère passée et actuelle, – encore plus flagrante -, repose sur des raisonnements hypocrites, supportés par des assassins qui se donnent bonne conscience.

Au fond, nous sommes tous victimes d’une dictature planétaire sur fond de « réussite sociale » dans les pays dits développés qui développent de plus en plus d’armes sophistiquées ou barbares. Tuer l’autre, c’est se tuer également, puisque nous somme un particules éphémères d’un Tout.

 

Nous sommes ces bisons soumis à une machine infernale de propagande chirurgicale quotidienne, noyés dans des nouvelles et les pubs .

Nous sommes les amérindiens planétaire, décultivés, dépossédés dans une « culture » fondue.

L’important, c’est de fondre la beauté  en une insignifiante monoculture.

Il n’existe plus de réels travailleurs, seulement des dépendants aux énormes conglomérats qui sautillent de pays en pays pour la main-d’oeuvre au prix le plus bas possible.

On est menés par des sauterelles qui ont transformé tout avoir en mode virtuel et même les « races », les singularités, les couleurs de ce que la VIE avait créé et continue de crée.

Je ne suis pas Charlie, je suis bison. Et tout le monde est un bison qui coure devant une machine pour ne pas se faire écraser.

Plus on coure vite, plus l’argent s’en va vers la machine.

Gaëtan Pelletier 

 

Le sauvage central

C’est amusant comme l’homme tend toujours à vouloir s’éloigner et se distinguer du règne animal… Alors qu’en réalité il n’y a pas plus animal que l’homme, et, que plus les temps évoluent et s’écoulent, plus son comportement rappelle ses origines… Ce qui n’est guère flatteur d’ailleurs pour les autres animaux, aux agissements autrement plus nobles, qui ne méritent assurément pas qu’on leur rappelle cette trop proche et peu glorieuse parenté !…

L’homme est la seule engeance qui s’autodétruit… Les massacres perpétrés par ce dernier n’ont pas d’exemple dans le règne vivant… Il signe cette originalité absolue… Une seule espèce, sur le milliard de celles que la vie a inventées depuis ses origines sur la terre, est capable de perpétrer des exterminations systématiques contre elle-même : Homo sapiens !…

Quelle manie de vouloir continuellement nier notre animalité alors qu’on devrait plutôt s’en inspirer pour retrouver un peu de la noblesse et de la magnificence originelle de notre évolution au lieu de tendre méthodiquement et en permanence vers l’ethnocide… Conscients que nous devrions être toujours de l’état crucial et cruel de notre extrême fragilité… Notre différence avec les animaux tient dans l’épaisseur de la matière grise (cortex et néocortex) que l’évolution a ajoutée à notre cerveau reptilien…

Nous ne sommes en fait qu’un simple incident de parcours dans le cycle de l’évolution… Nous ne servons strictement à rien et ne sommes d’aucune utilité dans cet univers en expansion… Donc il est certain que si nous nous obstinons un peu trop longtemps encore à malmener la nature et l’univers… Eux ne tarderont pas à rectifier le tir concernant l’aberration que nous représentons urbi et orbi… Ce mythe du progrès qu’évoque Stephen Jay Gould dans « l’Éventail du vivant« , où il s’efforce de proposer une interprétation définissant le statut de l’humain dans l’histoire de l’univers pour constater qu’en fait l’être humain ne bénéficie d’aucun statut privilégié et ne constitue en rien l’apogée de l’évolution !… Surtout lorsque l’on sait que de tout temps les bactéries ont été la forme dominante de la vie !…

Nous vivons simplement une aventure merveilleuse au sein de l’histoire de la diversité organique de notre planète…

Même le regretté Théodore Monod, pourtant tellement enclin par excès de compassion à absoudre le pire, déplorait sans cesse l’absurdité et l’égoïsme des comportements si caractéristiques de notre espèce… « – Quand deux bandes de chimpanzés s’affrontent », disait-il,« on dénombre tout au plus un ou deux morts alors que la Seconde Guerre mondiale et le Goulag ont fait des dizaines de millions de morts ! »… Voulez-vous posément ensuite, à l’aune de ce constat et de bien d’autres si l’on s’y attarde et multiplie les exemples, m’expliquer à nouveau, l’avantage, la primauté, la prééminence de l’esprit et de la conscience de notre espèce sur le règne animal ?… Si ce n’est la domination, l’ascendant, l’omnipotence, l’orgueil, l’arrogance, mais assurément pas l’excellence ni le mérite !…

François Terrasson va encore plus loin en intitulant carrément l’un de ses ouvrages « La civilisation anti-nature » pour parler de notre espèce !… Et j’hésite à vous nommer exhaustivement Yves Paccalet et son récent pamphlet « L’humanité disparaîtra, bon débarras !« … Tant il y a d’auteurs, de philosophes, de sociologues et autres réflexifs qui se sont penchés sur l’état de la conscience du pire prédateur que la planète ait porté et réchauffé en son sein…

En cet incertain début de vingt et unième siècle la barbarie se perpétue et s’épanouit déjà au-delà des limites du siècle précédent pourtant particulièrement bien abondé en cette redondante spécificité humaine… Décidément les mystères de l’acide désoxyribonucléique demeureront à jamais impénétrables… Voici l’Homme, Prince de la Terre, Monarque régnant sur la création, Roi de la prédation et surtout… Empereur des cons…

Véritable fantasme de l’espace temps, débarqué par hasard dans un rêve universel qu’il s’est plu à transformer aussitôt en cauchemar éphémère plutôt que de vivre éveillé les splendeurs étincelantes de sa très fugace et fulgurante durée…

Michel Berthelot le 15 septembre 06

Arctique canadien: Les Inuits en guerre contre une prospection pétrolière

Cela « viole les droits fondamentaux des habitants du Nunavut », ce territoire autonome inuit du Grand Nord canadien, a affirmé l’avocat représentant Clyde River

Arctique canadien: Les Inuits en guerre contre une prospection pétrolière

Un petit village inuit de l’Arctique canadien a saisi lundi la justice afin de bloquer la prospection pétrolière qui doit être menée à coups de relevés sismiques au large de ses côtes, y voyant une menace pour la faune polaire.

Située sur la côte orientale de l’Île de Baffin, face au Groenland et à 2000 km du Pôle Nord, la localité de Clyde River doit assister au débarquement de navires de prospection pétrolière dès l’année prochaine grâce au feu vert accordé fin juin par l’Office national de l’Énergie du Canada(ONÉ).

Lors de consultations publiques préalables, les Inuits s’étaient inquiétés des dangers que feraient peser sur l’environnement ces relevés sismiques réalisés à coups de canons à air comprimés et, le cas échéant, la production pétrolière elle-même.

L’ONÉ, un organisme fédéral, avait d’ailleurs notamment reconnu l’année dernière que ces tests très bruyants devant permettre de cartographier en deux dimensions le sous-sol océanique « pourraient avoir des répercussions sur la baleine boréale ».

Cela n’a toutefois pas suffi pour bloquer la demande de relevés sismiques déposée par trois sociétés: TGS-NOPEC Geophysical Company ASA (TGS), Petroleum GeoServices (PGS)et Multi Klient Invest AS (MKI).

Cela « viole les droits fondamentaux des habitants du Nunavut », ce territoire autonome inuit du Grand Nord canadien, a estimé dans un communiqué Nader Hasan, l’avocat représentant Clyde River.

« Étant donné que des relevés sismiques peu réglementés pourraient avoir des conséquences catastrophiques sur les communautés inuits, le village de Clyde River, l’association Nammautaq des trappeurs et chasseurs de Clyde River et le maire de Clyde River, Jerry Natanine, ont demandé à la cour d’appel fédérale de réviser la décision de l’ONÉ », est-il indiqué.

Les eaux convoitées par les groupes pétroliers sont riches en narvals, baleines boréales, morses et phoques, des mammifères marins qui « sont la base de l’alimentation et la culture inuit », écrivent les autochtones, jugeant que « les tests sismiques peuvent être fatals », notamment en « perturbant le chemins de migration » de ces animaux.

« Si les compagnies pétrolières nous enlèvent ça, il ne nous restera plus rien », a plaidé le maire de la petite localité polaire, Jerry Natanine.

L’Arctique contiendrait 22% des réserves d’hydrocarbures restant à découvrir sur la planète selon des estimations américaines datant de 2008, mais les promesses énergétiques nées du recul de la banquise tardent à se concrétiser: le géant norvégien Statoil a notamment renoncé à deux forages dans le Grand Nord depuis juin, car pas assez viables commercialement.

lapresse.ca

wikistrike.com

CRACHONS SUR LA TOMBE DU GÉNÉRAL CUSTER AVEC JOHNNY CASH

 

Rares les dates joyeuses dans l’histoire des guerres indiennes, litanie de massacres coloniaux. Le 25 juin 1876 fait exception à la règle : ce jour-là, un certain Général Custer se fait ratiboiser avec ses troupes à Little Big Horn. Jour sombre pour la bannière étoilée et répit de courte durée pour les Indiens. Une date qui inspira le grand Johnny Cash, entre sarcasme et country limpide.

Johnny Cash, « Custer », 1964« Pour certains, c’était un héros. Pour moi c’était un zéro1 ». Pas fan du Général Custer, Johnny Cash. Et peu enclin à la compassion malgré le décès violent du susdit à Little Big Horn, le 25 juin 1876 – « Douze milliers de guerriers l’attendaient, c’était imprévu / Et le général, il ne galope plus très bien désormais2. » Oui, on entend presque Johnny se poiler à l’évocation de sa mort. Logique. Pleurer la disparition du massacreur de Washita, du « grand pacificateur » des contrées indiennes ? Faut pas charrier.

Même si l’historiographie a récemment déchargé Custer de certains immondices (Ce n’est pas lui qui aurait dit « Un bon indien est un indien mort » et l’ampleur du massacre de Washita a été un brin revue à la baisse3), le général à la longue chevelure blondasse comme les blés de son Ohio natal – « Oh oui, les cheveux blonds du Général Georges A. Custer avaient un certain lustre / Mais il ne galope plus très bien désormais »4, ricane Cash – reste un symbole de l’extermination du peuple indien, « sport » qu’il pratiquait avec autant d’enthousiasme que Buffalo Bill envers le peuple bison. Un des grands salopards de l’histoire, tué alors qu’il ambitionnait de se présenter aux présidentielles – il lui manquait juste une dernière victoire sur les Indiens pour lancer sa campagne sous de bons auspices. Fail.

Comme de juste, Johnny Cash se marre, répétant en boucle «  he don’t ride well anymore  », épitaphe rigolarde. La chanson est tirée de l’album Bitter Tears – Ballads of the american indian (1964), pépite country méconnue. Cash y chante les malheurs des amérindiens, leurslarmes amères (Bitter Tears), les promesses jamais tenues des envahisseurs5 et les massacres à répétition. Le chanteur a toujours revendiqué une ascendance indienne, affirmant que du sang Cherokee coulait dans ses veines6. Outre la légitime haine inspirée à tout homme de bien par Custer et ses semblables, il se peut que cela ait aiguisé son fiel. Amers Indiens.

Custer apparaît aussi dans le film Little Big Man (1970), d’Arthur Penn, qui le ridiculise dans les grandes largeurs. Vaniteux, stupide, mégalo, le héros de la guerre de Sécession se dégonfle pour laisser place à un personnage aussi glorieux qu’une flaque de boue. Pffft. Dans un autre registre, moins frontal, « Please M. Custer » (ci-dessus), hit de Larry Verne dans les années 1960, dévoile le quotidien du troufion moyen sur le sentier de la guerre. Pas la joie de servir sous les ordres de Custer ; l’attente avant la bataille, les cris de l’ennemi, les flèches qui fusent, avec cette supplique comme seul remède : «  S’il vous plaît, Monsieur Custer, je veux pas y aller.  » Et plus loin, en aparté : « Je me demande comment on dit « ami » en peau rouge ? Voyons voir… « ami »… ah oui, « Kemo sabe », c’est ça. KEMO SABE ! Eh, là-bas, j’ai dit KEMO SABE ! » Too late, les flèches crépitent, la « nuit apache » (copyright Bérus) s’abat sur le malheureux… Fallait pas s’engager, eh, banane.

Mais assez parlé de Custer. Comme son homologue ès massacres indiens John Chivington, le général glapit en enfer – et c’est tant mieux. Pour élargir l’approche, votre serviteur conseille de se tourner vers Richard Desjardins, fringant Québécois qui, avec « Les Yankees » (ci-dessus), a su résumer la question indienne de la plus belle des manières. Pas de référent historique précis, pas de noms ni de dates, simplement la chronique d’un Empire « yankee » fou qui pose sa patte de fer sur les derniers humains de la terre. Aux menaces de l’envahisseur – «  Nous venons de la part du Big Control, son laser vibre dans le pôle, nous avons tout tout tout conquis jusqu’à la glace des galaxies. Le président m’a commandé de pacifier le monde entier. […] . Maint’nant assez de discussion et signez-moi la reddition » –, les Indiens rétorquent par des paroles pleines de sagesses : « Gringo ! T’auras rien de nous. De ma mémoire de titan, mémoire de ’tit enfant, ça fait longtemps que je t’attends. Gringo ! Va-t-en ! Va-t-en ! Allez Gringo ! Que Dieu te blesse !  ».

Que Dieu te blesse ? Pour Custer, au moins, c’est chose faite. Petite consolation…


1 To some he was a hero but to me his score was zero

2 Twelve thousand warriors waited they were unanticipated / And the General he don’t ride well anymore

3 La proportion de femmes et enfants massacrée serait moindre que ça n’a été longtemps dit. Ceci dit, la pseudo bataille de Washita reste, avec Wounded Kneeet Sand Creek, l’un des épisodes les plus noirs d’une histoire pas glorieuse.

4 General George A.Custer oh his yellow hair had lustre / But the General he don’t ride well anymore.

5 La magnifique « As Long as the grass shall grow » fait ainsi référence à l’engagement (aussitôt violé) de laisser une tribu iroquoise en paix pour l’éternité (« Tant que l’herbe poussera  ») si elle acceptait de déménager en des terres éloignées.

6 Il revint sur cette affirmation dans les années 1990, quand il découvrit, ô malheur, que son arbre généalogique plantait ses racines en Écosse.

 

 

Chagos : le « petit » massacre oublié

On ne peut pas comprendre le présent, le modifier, ni améliorer  le futur si on n’écoute pas l’Histoire. Il faut la connaître pour ne pas la répéter. On peut bien écrire chaque jour des « articles » sur ce qui se passe… Ça s’est passé. L’oubli est probablement notre pire ennemi. Et ne nous résoudrons rien en essayant de démailler le tricot des malversations de nos dirigeants chaque jour. Nous sommes alors victimes d’un phénomène bien connu: consommer de « l’information ». Le présent est une malbouffe qui fait de nous des ruminants et des bêtes qui broutent les champs des propriétaires de la Terre.

Gaëtan Pelletier

Au début des années 1960, le gouvernement travailliste (NdT: les « socialistes » britanniques) d’Harold Wilson acquiesça secrètement à une demande de Washington pour que l’archipel des Chagos, une colonie britannique, soit « nettoyée » et « aseptisée » de ses 2 500 habitants afin qu’une base militaire puisse être construite sur l’île principale de l’archipel, l’île de Diego Garcia. (Source)  

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Le nom Chagos vient du portugais « chinqua chagas » (les cinq plaies du Christ) qui a été réduit à Chagas, puis s’est transformé en Chagos.

L’archipel des Chagos, 64 km2, est composé de 65 îlots. Diego Garcia est la plus grande île. Sa superficie est de 27 km2. Le territoire marin fait 13 000 km2.

Peros Banhos est composé de 27 îlots, Salomon, de 11 îlots, Egmond, de 7 îlots.

332 familles, soit 1 500 à 2 000 personnes, ont été déracinées des Chagos entre 1965 et 1973.

Actuellement, le nombre de Chagossiens de la première génération se chiffre à 850 ; ceux de la seconde génération sont 5 200.

Sur 100 Chagossiens faisant partie du voyage, 75 sont du GRC (Groupement réfugiés Chagos), 10 du CSC (Comité social des Chagossiens) et 15 des Seychelles (Comité social des Chagossiens aux Seychelles).

Du paradis à l’enfer

Selon M., avant l’arrivée des Américains, ils menaient une vie sans perturbations : « On pouvait boire et manger ce qu’on voulait. On ne manquait jamais de rien. A part les habits qu’on portait, on n’achetait jamais rien là-bas !»2(*)8. En 1961, une enquête secrète, menée par la Marine Militaire américaine, estime qu’il faut « balayé et nettoyé [Diego Garcia] ». Robin Mademootoo, avocat des Ilois, raconte que cela a commencé par la privation et l’arrêt des envois des aliments de base sur l’île : le lait, l’huile, le sucre, le sel, les médicaments… Puis la rumeur concernant un éventuel bombardement de l’île a commencé à circuler, performant lentement un travail de terreur dans tout l’Archipel. En 1973, Sir Bruce Greatbratch, alors Gouverneur des Seychelles, donne l’ordre de tuer tous les chiens. Environ mille animaux de compagnie seront ainsi gazés en quelques jours. « Les enfants criaient et pleuraient. Ils étaient détruits par les sort réservé à leur chien, et ils pensaient subir la même chose après. Tout le monde pensait que les Anglais étaient sans pitié et qu’ils allaient nous faire la même chose qu’avec les chiens »2(*)9. Lors de l’arrivée du Nordvaer, ils n’ont le droit d’emporter qu’une seule valise par personne. Sur le bateau, pendant la traversée, les conditions sont des plus déplorables : « On était des animaux sur le Nordvaer. On avait qu’un seul matelas, même si y’en a qui avait plusieurs enfants »3(*)0. Dans « Le Silence des Chagos », La mère de Désiré, enceinte de sept mois, n’a légalement pas le droit d’être embarquée sur un bateau. Qu’importe son état ! L’infirmier la déclare apte à embarquer. Le bateau attend la tombée de la nuit, pour que personne ne puisse voir ce qu’ils quittaient vraiment, ni même inscrire dans leurs yeux une dernière image de leur île, de leur vie. Pourquoi ne se sont-ils pas rebellés contre cette déportation ? Peut-être par peur des représailles, par fatalisme, par docilité ? M. m’a dit que « la colère ne ramène pas le ciel bleu »3(*)1. Un premier arrêt est fait aux Seychelles. Quelques personnes sont débarquées et menées dans une prison détruite depuis, où elles seront gardées dans une cellule, avant d’être transportées à l’Ile Maurice. Arrivés à l’Ile Maurice, certains attendent sur le quai que le prochain bateau les ramène chez eux. Mais il n’y aura jamais de bateau de retour. « Votre île a été vendue, vous ne rentrerez jamais chez vous !». « Mon mari, en entendant ça, a eu une crise cardiaque. Ca lui a paralysé le bras et la bouche. Il est mort quelques jours plus tard, à l’hôpital »3(*)2.

Les anciens habitants des Chagos sont alors conduits dans des « Housing Estate », sorte de logement social géré par l’Etat. En arrivant dedans, M. se rappèle que les maisons de Estate Beau Marchand « n’avait ni eau, ni électricité. Tout était envahi par les animaux et il y avait des poubelles partout. Il n’y avait ni porte, ni fenêtre. Il n’y avait pas de sanitaires, juste un trou dans le sol. Quand il pleuvait, y’avait de l’eau partout. C’était l’enfer ». M. se souvient de sa première case de paille, à Cassis : « On n’avait pas un sou pour manger, c’était la misère »3(*)3. La manque de nourriture saine a des conséquences rapides et dramatiques sur l’état de santé de ces nouveaux habitants dans les quartiers pauvres de l’Ile Maurice. Les gens sont obligés de s’entasser dans des cités étouffantes et bruyantes, où la promiscuité ajoute à l’enfer extérieur. Dans « Le Silence des Chagos », Charlesia tente de fuir cette vision cauchemardesque. « la même façon de donner le dos, comme une muraille hérissée de barbelés, à la ville qui grouille derrière elle », p.72. Les conditions de logement restent malheureusement très précaires, même aujourd’hui. Charlesia résume toute sa souffrance, lorsqu’elle parle de sa terre d’avant et de ce pays nouveau, qui n’a rien d’accueillant. Ce contraste montre la douleur de ces exilés, dépossédés de leur vie. « La terre, l’autre terre. La vraie… La terre d’avant. D’avant la peur, l’incompréhension. D’avant la solitude et l’angoisse folle de la mer. D’avant le bateau voleur qui avait fait douleur ce qui aurait dû être grande joie. D’avant cette nouvelle terre aux montagnes hautaines et indifférentes, aux habitants distants et méprisants. D’avant la colère. D’avant la fausse résignation pour empêcher que l’incompréhension et la rage impuissante explosent en folie », p.87-883(*)4. En faisant allusion à la récente visite sur son île, M. explique : «Je me suis rendues dans mon paradis, mais il a bien fallu retourner dans cet enfer, dans ma pauvreté ici.». Mémoire on line

Selon une demande de Washington (sic) 

LISETTE Organizedrage

Au début des années 1960, le gouvernement travailliste (NdT: les « socialistes » britanniques) d’Harold Wilson acquiesça secrètement à une demande de Washington pour que l’archipel des Chagos, une colonie britannique, soit « nettoyée » et « aseptisée » de ses 2 500 habitants afin qu’une base militaire puisse être construite sur l’île principale de l’archipel, l’île de Diego Garcia. « Ils savaient que nous étions inséparables de nos animaux domestiques », dit Lisette, « quand les soldats américains sont arrivés pour construire la base, ils firent reculer leurs gros camions jusqu’aux baraques de briques dont nous nous servions pour préparer les noix de cocos; des centaines de nos chiens avaient été emprisonnés dedans. Ils les ont gazé avec des raccords fait à leur pots d’échappement. On pouvait les entendre hurler. »

Lisette, sa famille et des centaines d’insulaires furent mis de force sur un vieux bateau à vapeur rouillé à destination de l’île Maurice, distante de 4 000 km. Ils devaient dormir dans les cales contenant du fertilisant: de la merde d’oiseaux. La météo était dure, tout le monde était malade; deux femmes firent des fausses-couches. Larguée sur les quais de Port Louis, les deux plus jeunes enfants de Lisette Jollice et Régis, moururent à une semaine d’intervalle. « Ils sont morts de tristesse », dit-elle. « Ils avaient tout entendu et ont vu l’horreur du gazage de nos chiens. Ils savaient qu’ils quittaient leur maison pour toujours. Le médecin de Maurice nous a dit qu’il ne pouvait pas guérir la tristesse. »

Cet acte fut fait dans le plus grand des secrets. Dans un document d’archive officiel, sous le titre de « Maintenir la fiction », le conseiller juridique du ministère des affaires étrangères exorte ses collègues de camoufler leurs actions en « reclassifiant » la population comme étant une population « flottante, nomade » et de « refaire les règles au fur et à mesure ». L’article 7 des statuts du TPI dit que « la déportation ou le transfert forcé de populations » est un crime contre l’humanité. Que la Grande-Bretagne ait commis un tel crime en échange d’une ristourne de 14 millions de dollars sur un sous-marin nucléaire américain Polaris, n’était pas dans l’agenda d’un groupe de correspondants de la « défense » qui furent envoyés aux îles Chagos par le ministère de la défense lorsque les travaux de la base américaine furent terminés. « Il n’y a rien dans nos dossiers », dit un officiel du ministère, « à propos des habitants ou à propos d’une évacuation. » johnpilger.com  Lire l’article au complet (Source)  

 

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De 1965 à 1973 : La dépopulation des Chagos a lieu en trois phases. Il est défendu aux Chagossiens qui se déplacent à l’étranger de retourner dans l’archipel. Ils sont séparés de leurs familles. L’importation de nourriture est strictement contrôlée pour essayer de pousser les Chagossiens à partir. Finalement, les habitants de Diego Garcia sont transportés de force à Peros Banhos et à Salomon. Deux ans plus tard, des navires mal ravitaillés en eau et nourriture et surpeuplés amènent les Chagossiens à Maurice et aux Seychelles. Des officiels britanniques et américains mentent aux Nations unies et au Congrès. Ils affirment que les Chagossiens sont des travailleurs contractuels saisonniers.

 1982 : Un comité permanent est établi par l’Assemblée Nationale pour enquêter sur « les circonstances qui ont mené à et ont suivi l’excision de l’archipel des Chagos, incluant Diego Garcia, de l’Ile Maurice en 1965 et la nature exacte des transactions qui ont eu lieu ». Présidé par le ministre des Affaires Etrangères, Jean-Claude de l’Estrac, le comité détaille, entre autres, le rôle du gouvernement mauricien dans l’excision de l’archipel et dénonce le gouvernement britannique pour avoir « bafoué » la Charte des Nations Unies. Il rejette également les déclarations de Seewoosagur Ramgoolam et Veerasamy Ringadoo qui avaient affirmé devant le comité qu’à aucun moment « ils avaient été mis en présence d’un document relatant l’excision des îles ». Mémoire on line

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 Tout ça pour ça…

Selon les volontés de Washington

Et que dire, sur la prison de « Diego García » ? « Diego García » est le plus grand centre de tortures —ils appellent d’une façon tout euphémistique « interrogatoires »— pour les prisonniers réputés les plus « importants » par l’Empire. C’est là que le prisonnier Ibn Al-Sheikh Al-Libi a dû mentir, puisqu’il ne résistait pas au supplice auquel il était soumis. Il a dit, pour éviter qu’ils continuent de le lacérer, que Saddam Hussein était allié d’Al-Qaeda, et qu’il avait les fameuses armes de destruction massive, desquelles on a tant parlé. Source  

N.B. : Notre fier drapeau canadien y est imprimé.