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Un dernier train pour Auschwitz

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Il y a ceux qui parlent tout le temps et ceux qui écoutent tout le temps. GP

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On part pour un petit voyage planétaire. En train. Ils disent qu’on va prendre un bon repas de richesses et se doucher.

La vie est un long voyage qui a commencé il y a des milliers d’années. Le train roule toujours, et pour la première fois de l’Histoire, après les chapelets de mensonges, on commence à douter de la destination. Chacun d’entre nous n’était qu’un infime amas de cellules: ça a donné Mozart et  Donald Trump. Puis une pléiade de « penseurs allumés », qui hurlent des livres, des articles dans une sorte de prière parallèle: cessez de croire qu’on a trois planètes à consommer, etc. Il y a ceux qui parlent vraiment, avec de la beauté dans les dires et personne n’écoute. Il faut un certificat de « communication ». Estampillé par l’État.

C’est l’abrutissement continu. Le carnage planétaire est sans limite. Carnage du psychisme autant que celui des corps brisés et des esprits enveloppées dans des pilules pour palier au stress d’un modernisme clinquant.

Le petit frisquet automnal 

Au petit matin, je m’enfonce dans les bois, passe près des quatre ou cinq pommiers sauvages, et je marche avec un sac à dos lourd. Je marche une heure, enlève des têtes d’arbres cassées par le vent pour me tracer un sentier pour le ski de fond. Les corbeaux croassent et les quelques perdrix qui restent s’enfuient comme des poules à travers les bois. À part ça, c’est le silence total. Le progrès devait nous rendre heureux. Curieusement, c’est la marche dans cette petite jungle qui me rend heureux. C’est une potion magique de tranquillité, de curiosité enfantine, d’un voyage vers soi et vers les autres. Le quotidien des gens libres et qui savent l’être a quelque chose d’excitant. Comme dans les amours, ce sont les petits gestes qui gardent vivant cet amour. Le progrès à l’hélium est en train de nous vendre des merveilles qui n’existent pas, qui n’existeront pas puisqu’il n’a pas pour but de faire vivre la beauté dans les humains au lieu de les esclavager pour le profit.

Puis, de temps en temps je m’assois pour écouter un livre. J’ai le goût de comprendre, le goût d’apprendre. Mais de plus en plus, j’aime les livres simples, comme ceux de Rick Bass: Winter 

27 octobre

Je commence à me dissocier de la race humaine. Je ne voudrais pas passer pour un malotru – mais ça me plaît. Ça me plaît même tellement que ça me fait un petit peu peur. C’est un peu comme si en baissant les yeux vers ma main, j’y voyais pousser un début de fourrure. Je ne suis pas aussi atteint qu’on pourrait le croire. Winter, Rick Bass, 

Et d’autres, plus compliqués, mais Ô combien ouverts dans une vue d’ensemble de ce monde en une image:

« C’est à propos de ce monde que je veux chercher à cerner ce qu’il convient d’entendre par la responsabilité des intellectuels. Pour bien faire comprendre ce que cette question engage à mes yeux, je reprendrai une image à Michael Albert. Imaginons qu’un dieu, lassé de la folie des hommes, fasse en sorte que dans tout cas de mort qui ne soit pas naturelle, tout cas de mort qui résulte de décisions humaines contingentes, le cadavre de ce mort ne soit pas enterré et qu’il ne se décompose jamais mais qu’il soit mis à bord d’un train qui circulera indéfiniment autour de la planète. Un par un, les corps s’empileraient dans les wagons, à raison de mille par wagon; un nouveau wagon serait rempli à toutes les cinq minutes. Corps de gens tués dans des guerres; corps d’enfants non soignées et morts faute de médicaments qu’il coûterait quelques sous de leur fournir; corps de gens battus, de femmes violées, d’hommes morts de peur, d’épuisement, de faim, de soif, morts d’avoir du travail, mort de n’en pas avoir, morts d’en avoir herché, morts sous des balles de flic, de soldats, de mercenaires, morts au travail, morts d’injustice. L’expérience, commencée le 1er janvier 2000, nous donnerait un train de 3 200 kilomètres de long dix ans plus tard. Sa locomotive serait à New York pendant que son wagon de queue serait à San Francisco. Quelle est la responsabilité des intellectuels devant ce train-là ? »  Normand Baillargeon, TRAHIR , 2000.

Il apparaît alors que nous vivons dans un nazisme planétaire dirigeant notre monde vers l’éradication simple de notre nature humaine. En cela, le mot progrès – malheureusement confondu à celui des sciences ou se proclamant sciences – est devenu tellement incompris et brouillé  que les soudards continuent de construire le plus long  rail du monde. On ne sait où on va, mais on voyage . Il suffit de lire les journaux, d’écouter les politiciens, les économistes, les journalistes mous pour comprendre que la destination est trafiquée. On vend des billets sans noms.

Gaëtan Pelletier

Enregistrez vos meuh!……..

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Depuis que je « fréquente » la toile, je dois bien avoir lu des milliers d’articles sur l’art de changer le monde, le comprendre, mais écrire pour le changer. Et j’écris pour le changer…

Nous avons bien appris la leçon: tout écrire pour changer les choses, mais ne rien faire.  C’est ainsi que fonctionnent les « gouvernements »: des paperassiers, des commissions d’enquête, du papier, du papier, des avocats, des juges, etc. Le singe appliqué se prend pour un génie. Il est embouteillé…. Comme les bateaux en bouteilles.

Si nous ne voulons rien faire, tant mieux. Alors ne faisons vraiment rien… Il suffirait de ne rien faire pendant 30 jours. 30 jours assis, sans travailler, après s’être préparés pour que le système cafouille comme un moteur qui n’a plus d’essence. Puisque nous sommes l’essence de ce moteur affolé. Je suis une goutte. Tu es une goutte. Il est une goutte.

Puisque les banques, les dirigeants sont des pirates de citoyens, il faut tout simplement arrêter de transporter la cargaison d’esclaves: nous.

Dans la division et l’égoïsme cultivé, il n’y a pas de « nous ». Nous sommes des agglutinés sociaux rongés jusqu’à l’os.

L’homo habituus est habité-habitué.

Un État laïc et la pire des religions, car elle confirme une neutralité moutonnière. Nous acceptons notre condition de bétail. Nous sabrons notre connaissance en autre chose qu’une machine de chair à vider, évider.

Dans moins d’une décennie, personne ne pourra aller nulle part pour jouer à l’autarcie. Tout aura été gobé, classé, javellisé.

Et la Terre sera la prison ronde.

Nous en travaillons les barreaux, la pierre, la structure. On nous dit artisans d’un pays… Nous sommes le noir sur un bateau rond dans l’Univers. Encagé. Fourbi.

Oui Msieux!

Oui Pa(l)tron!

Oui Maître!

Meuh! après meuh(s)’…. rien ne se créé. La bombe à cravate et à discours insidieux aura tout raflé.

art-and-fury:Garden -  Maggie Taylor

Image, source: http://missimpar.tumblr.com/

Silence! On ne tourne plus…

Gaëtan Pelletier

novembre 2013