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La Grèce start-up

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«Emma Coats, ancienne scénariste du studio, a décrypté le code de Pixar, créant du même coup un modèle de pitch ‘irrésistible’. Selon elle, tous les films de Pixar partagent le même ADN narratif, une structure qui fait intervenir les 6 phrases suivantes:

Il était une fois_____. Chaque jour_____. Puis un jour_____. À cause de ça_____. C’est pourquoi_____. Jusqu’à ce qu’enfin_____.   Le truc génial de Steve Jobs pour convaincre n’importe qui

Il y a quelques décennies, on vendait des recettes pour être heureux. Maintenant, on vend des recettes pour devenir riche. Ou devenir Steve Jobs… Il est décédé d’un cancer du pancréas en 2011 soulevant une vague d’émotion à travers le monde. Une vague d’émotion? Oui, une vague d’émotion. Car il avait inventé un ordinateur. Oui, un ordinateur. Et pas le moindre:

Il était une fois un poisson veuf appelé Marin, qui se faisait beaucoup de soucis pour son fils unique Nemo. Chaque jour, Marin rappelle à Nemo que l’océan est plein de dangers et l’implore de ne pas nager au loin. Puis un jour, par défi, Nemo ignore les mises en garde de son père et nage jusqu’à la pleine mer. À cause de ça, il est capturé par un plongeur et se retrouve poisson d’aquarium chez un dentiste de Sydney. C’est pourquoi Marin part en voyage pour retrouver Nemo, appelant à l’aide au passage les autres créatures de la mer.Jusqu’à ce qu’enfin Marin et Nemo se retrouvent, repartent ensemble et découvrent que l’amour repose sur la confiance.

Cette « recette » de mots est familière aux gens qui écrivent et qui veulent garder leur lecteur en haleine. Répéter! Faire de la formule une sorte d’hameçon pour le petit poisson qui devrait pousser dans le grand océan de la réussite sociale.  Steve Jobs en était champion. Oui, champion! Étonnant! Il parlait à ses employés en mode binaire:

1. C’est génial!

0. C’est de la merde!

Rien de spécial jusqu’ici. Mais là ou le bât blesse, on remarquera qu’en politique les formules les plus creuses passent et repassent chaque jour. Et que dans les campagnes de publicités, mangez frais, est au menu de toutes les campagnes publicitaires des chaînes de fast-food. Manière de dire, soyez en santé de par nos produits. Alors que le plus souvent ils viennent de franchir 3000 km ou bien ont été congelés. Mais bien arrosés… Comme l’arrosée du matin, quand on se lève, vers la fin d’août, et qu’il y a un léger frimas sur les tomates.

Pour Steve Jobs, les gens étaient des « demeurés ». Chaque jour, il cherchait une formule courte et concise. Puis un jour, il trouva les gens-formules pour réaliser ses rêves. À cause de ça, Steve Jobs – qui s’était déjà habillé en disciple de Krishna,  comprit la nature humaine et la machine. C’est pourquoi, de par son concept révolutionnaire de la souris qui pouvait rouler sur ses jeans, il parvint à ses fins. Jusqu’à ce qu’enfin, il put acheter tout ce qu’il voulut acheter. Ce qui créa une vague d’émotion! Oui, une vague d’émotion.  Une énorme vague d’émotion. Un génie était apparut et avait disparu dans une énorme bouteille incompréhensible: la Vie.

Steve Jobs a tellement acheté qu’il a presque tout acheté. À cause de ça,  il  souleva une vague d’émotion.   Puis un jour, tous étudièrent la méthode Steve Jobs. On avait enfin saisi le concept. Et dans l’océan de la vie, tous devinrent de petits poissons qui aspirèrent au rang de baleine.

Ben voilà! Maintenant, on a tous un ADN narratif ou de vie trafiqué. Les gouvernements et les banques en ont tellement pour prêter que la Grèce, avec son nouveau contrat, n’est en fin de compte qu’un démarrage d’entreprise. La Grèce est maintenant une nouvelle entreprise endettée, mais soutenue par les pays prêteurs.

Jusqu’à ce qu’enfin, L’UE et Némo  la Grèce découvrent que l’amour repose sur la confiance.

Snif!

Gaëtan Pelletier

P.S. Ma femme me devait 100$. Je lui ai en ai prêté 120$ pour qu’elle puisse me rembourser au taux non divulgué.

Je suis la Grèce

SDF mondial

On pourrait se faire un collier avec tous les articles concernant les difficultés  financières (SIC) de la Grèce. J’en ai plein le cou… De quoi nous étrangler tous. Car, au fond, la Grèce, c’est nous. Nous qui travaillons, floués journellement  par notre petit mode de vie. Philosophie : La Grèce pour les nuls. On est tous en train de se faire rouler dans l’huile d’Olive Lagarde, tenancière du FMI. FMI , comme dans Famine Mon OeIl. Je sais, ce n’est pas évident… Je viens de passer chez l’optométriste…

Hélas! C’est dans le cerveau que l’on voit vraiment. Surtout dans l’âme… On ne peut pas être comptable planétaire et avoir une âme. Il y a du filou qui filoute pour enterrer les pays et l’Europe est en train de se faire varloper par la haute finance.

Un pays ce n’est pas un guichet. C’est un ensemble d’humains… À savoir  si à l’avenir il ne faudra pas cacher ses avoirs dans des chaudrons de fer. Avec 1% de rendement sur les économies du « petit peuple », on a intérêt à garder ses avoirs dans une marmite.

JE SUIS LA GRÈCE est plus fort et étendu que je suis Charlie. L’État Islamique fait des ravages, mais L’É.B. ( l’État Banquaire) encore plus. Chacun est une cible. Et tout petit avoir est à faire baver les chiens de guerre économique. Il n’y a pas que les berges des océans qui sont rongées par le sel… Il y a chacun d’entre nous, visés dans le futur – en format dommages collatéraux – par la meute planétaire.

À se demander si avant de retirer notre argent des banques il ne faudrait pas retirer le citoyen du pays… Le petit dicton dit: « L’avenir est entre vos mains ». Maintenant, il est entre les nains que nous avons élus, fantoches des faucheurs de pays.

Un jour, on sera tous amaigris comme la Grèce…

Gaëtan Pelletier

Vidéo

Ne vivons plus comme des esclaves

« Ce qui suit n’est pas du cinéma.
Je n’ai fait que tourner la molette de mon appareil photo en mode vidéo.
Par contre, ce qui suit est notre vérité,
dans nos coeurs, nos tripes, nos têtes.
Dans les ruines d’un mauvais rêve
et le berceau d’un autre monde.
Ce qui suit est une bouteille à la mer.
Celle de soeurs et frères d’utopie.
Ce qui suit est une bouteille enflammée,
de celles qu’ils lancent vers les étoiles.
Ce qui suit est une bouteille à déboucher ensemble,
en refaisant le monde.»
Cartons d’ouverture

« Les forces vives du monde entier s’éveillent d’un long sommeil. La Grèce est au centre de cette violence d’un monde à créer, appelée à supplanter la violence absurde d’un monde fasciné par le progrès de son autodestruction. » Raoul Vaneigem, Thessalonique, septembre 2010

Ne vivons plus comme des esclaves, le film de Yannis Youlountas, sera disponible sous divers formats, librement et gratuitement, à partir du 25 septembre 2013. Soit au lendemain de sa présentation au festival du film grolandais de Toulouse.

« Ne vivons plus comme des esclaves est le film le plus épastrouillant depuis l’invention de la révolution. Yannis Youlountas est un fieffé fripon et un drôle de radical. » 

La Maya du néolibéralisme

 

Jamais dans l’histoire des conflits, tant de gens n’ont dû autant à si peu.

Wiston Churchil (concernant La Bataille d’Angleterre, 1940).

 

Concernant le mouvement néolibéral sauvage qui ravage la planète, on pourrait inverser la phrase de Churchil : « Jamais dans l’histoire des conflits, autan de gens doivent à si peu ». Car, parmi les 7 milliards d’habitants, le charnier du néolibéralisme rappelle ceux des massacres des nazis. Et de bien d’autres dans l’histoire de la petite planète…

Embryon Québec

Sur le site Vigile, on retrouve une vidéo qui fait état des finances publiques du Québec, une petite société d’à peine 7 millions d’habitants, riche et « prospère ». Pourtant nous y retrouvons ce que nous voyons partout dans le « monde » : une croissance de la dette qui triture la richesse collective des citoyens et une « chute de régime » qui nous mènera sans doute au même résultat que la Grèce et l’Espagne.

  • Vente de l’île d’Anticosti : pertes, 4$  trilliards
  • Caisse de dépôt : pertes 40$ milliards ( Crise 2008)
  • Augmentation de la dette du Québec 33%
  • Hausse du taux d’imposition de 140$ millions
  • Hausse du coût de permis de conduire : 501$ millions
  • Hausse du régime d’assurance parentale : 124$ millions
  • Fraise de garde : 170$ millions
  • Taxes scolaires : 165$ millions
  • Régime d’assurance médicaments : 273$ millions
  • Prix de l’électricité : hausse de 971$ millions
  • Hausse de 2% de la taxe de vente
  • Frais de scolarité : hausse de 82 %
  • Baisse de 14% sur les profits des entreprises
  • Contribution des entreprises : 21%. Contribution du peuple : 79%
  • 300$ millions pour une route menant à 5$ milliards en diamant au profit de Stornoway Diamond Corporation
  • 3,5$ milliards en allègements fiscaux aux minières en 2011
  • 25 $ milliards de profits par les banques…Abolition sur la taxe du capital
  • Pertes de 2$ milliards pour la création du CHUM

Et j’en passe. Car j’ai sciemment gommé les « brindilles »…

Dette du Québec : plus de 250$ milliards.

En nous basant sur les données fournies par le ministère des Finances dans son Plan budgétaire 2012-2013 (qui excluent la part de la dette fédérale qui revient au Québec), nous en venons à estimer que la dette augmente de: 10,2 milliards $ par année, ou 28 millions $ par jour, ou 19 331 $ par minute, ou 322 $ par seconde. Compteur de la dette du Québec

Qui donc creuse nos tombes? Chiches, comme le sont les « membres » du néolibéralisme, nous ne seront pas enterrés, nous serons incinérés.  Je ne parle pas d’économie, je parle d’humanisme. Je parle de Roger, de Thérèse, de Fethi, de Cibrian, d’Agénor, d’Agostina, de Hawa, etc. Peu importe… Nous glissons sous terre, lentement, comme dans un marécage rose, bien lubrifiés aux inventions « modernes », petits miroirs des sauvages que nous sommes.

Vous y croyez, vous, que le Nord de l’Afrique a ses printemps par hasard? Que des enfants sont massacrés pour le « bienfait » de la démocratie? Et qui donc les massacre?

La démocratie?

Elle est au Québec ou ailleurs. Québec : petit point sur la carte de la planète. 7 millions d’âmes parmi 7 milliards d’âmes.

Mais où donc vont les richesses de tous ces peuples?

Dans un alambic…

On y fabrique fait bouillir tous les habitants, violant les terres, bricolant  des ennemis pour des guerres outillées par des industries qui fabriquent des armes pour « manufacturer  » encore plus d’argent.

Qui ne se mange pas, comme diraient les amérindiens…

Le Far-West à bureaux

Chaque humain est une diligence à piller pour ces cowboys  de la finance. Bien à cheval sur leurs principes, mais rampant comme des snipers, déguisés, fondus, chaque pays est une sorte d’aventure, format Monopoly, à conquérir.

On vend, on achète…

Le Ying et Yang des atrophiés de la compréhension de l’Univers. Un banquier-blatte…

Après quelques milliers d’années, « nous » aurons réussit à détruire une planète entière, flambé ses habitants, et se convertir à la religion de l’avoir.  Ceux qui vendent des rasoirs jetables, les vendent en format vert… Assez curieux.

Et la science?

Fascinant!

Cohéreur

J’ai fabriqué ma propre radio avec une cartouche vide et de la limaille de fer, une épingle à couche, et une bobine de fil de cuivre. Pour les écouteurs, de vieux écouteurs à fils torsadés.

De la magie!

Toute cette magie, celle de Tesla, et toutes les autres dans les domaines que nous connaissons sont maintenant la propriété des compagnies qui vendent de grands écrans à mensonges.

Magie de la médecine transformée en grands laboratoires à profits…

Pendant ce temps, au bout du monde…

On semence la discorde, on accorde les semences ( Monsanto), et on fait crever de faim des gens qui ont en dessous de leurs pieds des diamant et de l’or. Ou du pétrole…

Peu importe.  Peu importe le pays que vous habitez, la religion que vous pratiquez, les idées que vous transmettez… Peu importe. Le lien est le serpent.

Nous avons été, et nous sommes toujours, divisés par les religions. Mais nous sommes liés par la « grandeur » de l’Économie. La peur… Comme la foudre, jadis.

Le serpent…

 

Azazel 2

 « Azazel apprit aux hommes à fabriquer des épées, des armes, des boucliers, des cuirasses. Choses enseignées par les anges. Il leur montra les métaux et la manière de les travailler, ainsi que les bracelets, les parures, l’antimoine, le fard des paupières, toutes les sortes de pierres précieuses et les teintures. Il en résulta une grande impiété. Les hommes se débauchèrent, s’égarèrent et se perdirent dans toutes les voies. »

 

C’est la définition du serpent, du diable, dans le Livre d’Enoch. Ou Ibliss pour le monde islamique…

Peu importe.

Ce sont des fragments de l’histoire.

Mais notre Satan, serpent, Azazel, est aujourd’hui identifié : il porte une cravate et avale le monde comme un serpent avale un crapaud.

En ce sens, nous sommes tous abusés de termes, d’idées frelatées, et nous nageons dans le grand alambic du monothéisme néolibéral.

MONEY

C’est la représentation du bonheur total en ce monde.

D’où la grande illusion du sable mouvant qui nous avale tous, humains, sociétés, sueurs, travail, pauvreté.

Maya

Māyā a les sens suivants dans l’hindouisme : « 1) faculté de mesurer, géométrie ; 2) sagesse éternelle, éternel pouvoir du Brahman (chez Shri Aurobindo) ; 3) puissance cosmique grâce à laquelle l’univers se manifeste et s’organise ; 4) Illusion cosmique qui conduit l’homme à prendre le phénomène pour le noumène ; 5) puissance d’illusion du Seigneur ; 6) Prakriti inférieure (selon shrî Aurobindo) ; la Nature (selon Râmana Maharshi) ; le monde (selon shrî Rāmakrishna) ; 7) pouvoir mystérieux par lequel un Dieu manifeste sa souveraineté ; 8) la Mère divine (selon shrî Aurobindo) ; 9) puissance d’illusion (selon swâmî Ramdas) ; 10) apparence ; 11) magie »2.

Plus positivement que l’usage ne nous le laisse supposer, Māyā signifie magie, donc tout autant tromperie que créativité. Maya  

Manipulation

Je viens probablement de vous manipuler. Comme dans  l’histoire, les visions, les idées, les « vérités », les miroirs, les jeux des dirigeants vous manipulent.

Le néolibéralisme a fabriqué un nouveau monothéisme : l’avoir. L’illusion d’être ce que l’on a et la peur de le perdre.

Alors, dans ce monde, on a trouvé une certaine unité : vivre, c’est posséder. Alors qu’en réalité, celle de la Vie, vivre c’est recevoir tout ce que la Vie nous a donné sous ses charmes et son abondance.

Comprenez qu’on nous l’a maintenant livré en chiffres. De sorte que par ces chiffres, on vous a simplifié les choses, uniformisé, dans le but seul de vous manipuler.

Le 21e siècle est sous l’égide d’un serpent.

Idéologies, religions, sciences, vies… Tout est ramené aux chiffres qui sont devenus les lettres d’un savoir étréci.

Bernés nous sommes…

Le bonheur par les chiffres, c’est la Maya du néolibéralisme « sauvage »…

Et à travers les écoles, les systèmes d’éducation (sic), la réussite de vos vies est résumée en une carrière.

L’occidental finance vos achats  sur 7 ans… Projette ses « visions » sur 7 ans.

Les amérindiens calculaient la réussite sur 7 générations.

Nous sommes devenus des dépecés de la finance et de la faible « philosophie » des financiers.

Nous sommes faits à l’os… On nous ronge.

La dette, c’est l’âme humaine… Car il nous faudra des décennies ou des siècles pour retrouver une certaine unité en dehors des chiffres.

En attendant, comme il va de soi, cultivons notre individualisme sacré.

Nous sommes UN…

Gaëtan Pelletier

Juin 2012

 

Le retour à la terre

Auteur : Patrick Cockburn – Source : Presserop

Tandis que les grèves paralysent le pays et que les politiques débattent du sort de l’économie la plus touchée de la zone euro, les Grecs sont contraints de revenir en arrière pour joindre les deux bouts, comme à Naxos, dans les Cyclades.

“Dans le coin, les gens reviennent dans les fermes qu’ils ont abandonnées il y a des années pour faire pousser des pommes de terre, des choux et des légumes afin de survivre à la crise,” déclare Petros Citouzouris en taillant ses vignes sur les hauteurs de Naxos, la plus grande île des Cyclades. Même les régions les plus isolées de Grèce sont emportées par la catastrophe financière.

Indiquant du doigt de nouvelles cultures en terrasse le long d’une ancienne léproserie délabrée à Sifones, Citouzouris ajoute que depuis le début de la crise, “des maçons et des mineurs sans emplois, ainsi que des retraités, ont commencé à revenir dans les fermes familiales dont ils avaient hérité il y a une génération, mais qu’ils n’avaient jamais exploitées”. Il estime que sur les vingt propriétés des environs, dix appartiennent aux nouveaux venus. “Ils n’arriveront pas à faire pousser assez pour vivre, mais ça va les aider à tenir,” commente-t-il.

Des habitants qui travaillent dur

Si les touristes ont déferlé cette année encore, les autres secteurs de l’économie sont en berne. Tout Naxos est touché, et il y règne une atmosphère d’angoisse à peine voilée, de désespoir manifeste. Partout, on redoute que, aussi dure que soit la situation aujourd’hui, elle ne soit pire demain. L’île n’a rien perdu de son extraordinaire beauté, couverte de vestiges antiques et de tours vénitiennes, ses villages aux murs blancs et aux terrasses arrosées agrippés aux flancs de montagnes qui dominent des vallées verdoyantes et encaissées. Les oliviers et les vignes prospèrent sur ce sol fertile qui attire les cultivateurs depuis cinq mille ans.

Contrairement aux mythes qui ont cours en Europe du Nord et qui veulent que les Grecs se vautrent sans vergogne dans le confort aux dépens des banques étrangères et des prêts de l’UE, le plus frappant, chez les 18 500 habitants de Naxos, c’est de voir à quel point ils travaillent dur. Beaucoup ont toujours eu plus d’un emploi, aucun n’étant vraiment bien payé.

Les ouvriers du bâtiment sont généralement aussi des agriculteurs, ils possèdent des moutons, des chèvres, des oliviers et de la vigne. Cet argent supplémentaire leur permet souvent de financer les études de leurs enfants à l’université.

La fin des espoirs de la classe moyenne

Des espoirs qui, aujourd’hui, s’évaporent. Naxos regorge de jeunes chômeurs hautement qualifiés, qui ne parviennent pas à trouver de travail, quel qu’il soit. “Les jeunes mendient pour travailler, dit Manoulis Koutelieris, un maçon qui emploie dix personnes. Hier soir, il y en a un qui m’a appelé pour avoir du travail, et il pleurait.” Officiellement, le taux de chômage dans l’île serait de 20 % ; Koutelieris, lui, situe plutôt ce chiffre aux alentours des 35 %. L’impact de la crise est progressif, mais inexorable. Avec le départ des touristes, plus personne ne dépense, les boutiques et les restaurants sont vides.

C’en est peut-être fini des espoirs de la classe moyenne embryonnaire, mais d’autres sont dans une misère encore plus noire. Les réductions des dépenses publiques ont frappé ceux qui, jusqu’alors, joignaient à peine les deux bouts. Dans une maison exiguë de la ville de Naxos, Irène Polykretis nous explique que son mari, un pêcheur du nom de Panagiotis, et elle ont toujours été pauvres. “Quand j’étais enfant, on ne pouvait pas se payer de l’aspirine,” raconte-t-elle. Grâce à sa dot, un petit bateau de pêche, Panagiotis gagnait juste assez pour la famille, parce qu’il avait également un emploi de balayeur sur le port.

Mais les ennuis se sont succédés. Le bateau a été endommagé par le sillage d’un hors-bord, et Panagiotis ne peut s’offrir le luxe de le faire réparer. Au cours du même incident, son fils a été blessé, et il ne peut pas travailler. Puis le gouvernement a décrété qu’il avait versé trop d’allocations familiales à Irène, et il a interrompu tout paiement jusqu’à la fin de l’année. Panagiotis est amer. “Personne ne s’est proposé de nous aider, lâche-t-il. Pour eux, nous ne sommes que des déchets.”

Peu d’habitants de l’île ont vu leurs existences bouleversées, mais les mauvaises nouvelles continuent d’affluer. Les salaires des fonctionnaires et des retraités sont en baisse. La plupart des gens du cru sont propriétaires, et c’est avec appréhension qu’ils attendent de voir combien ils vont devoir payer dans le cadre de la nouvelle taxe sur le logement. “Là, le gouvernement a vraiment trouvé le filon,” grince un propriétaire morose.La nouvelle taxe devrait être perçue par le biais des factures d’électricité, avec la menace tacite d’une coupure des prestations en cas de non-paiement.

« Les banques ont aidé les Grecs à devenir fous »

A qui la faute ? Dmitris Lianos, adjoint au maire de Naxos, accuse les banques d’avoir accordé des prêts bon marché à n’importe qui : “Les banques ont aidé les Grecs à devenir fous. Elles proposaient des prêts pour Noël, pour les voyages de noces. Nous vivions dans un monde de fantasmes, un monde factice.” Pour l’heure, les banques ne réclament pas d’être remboursées, mais les gens s’inquiètent de ce qui se passera quand elles le feront.

Partout à Naxos, on a le sentiment que l’argent circule de moins en moins. Le bâtiment est le seul secteur qui s’est écroulé, mais tout le reste semble fragile. Pour l’essentiel, les affaires se concluent à coups de reconnaissances de dettes douteuses, qui ne sont pas encaissées et ne pourraient pas être honorées de toute façon. “J’ai 30 000 euros de chèques en bois. Qu’est-ce que je peux faire ?” s’interroge Manoulis Koutelieris.

Tous se plaignent d’une bureaucratie byzantine. Autour d’un verre d’ouzo, Yannis Karpontinis, propriétaire d’une carrière de marbre, raconte, dépité, comment, pendant plus de deux ans, il n’a pu ouvrir une carrière qui appartenait à sa famille. Comme ils l’avaient louée pendant un temps, il lui avait fallu obtenir toute une série de nouveaux permis. Face à la crise, il s’efforce, avec un certain succès, de parvenir à l’autosuffisance. Il fait son propre pain, son huile d’olive, son vin, et même du savon. Karpontinis pense que la Grèce est condamnée à un effondrement économique et social inévitable. “Pour le moment, la classe moyenne va payer plus de taxes, parce qu’elle a peur d’une faillite de l’état et de voir disparaître ce qu’elle a sur ses comptes en banques, analyse M. Diskalakis. Mais dès que les gens auront le sentiment qu’il est impossible d’échapper à la faillite, ils arrêteront de payer, et le gouvernement va le sentir passer.”

http://www.dazibaoueb.com/article.php?art=26905