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Règlement de comptes avec un conte de règlements

Il était une fois un homme qui vivait au bord d’une rivière. Qui l’eusse cru, au printemps 2008, la rivière déborda, et sa maison fut emportée par le débordement eauculaire: car il avait vu, de ses yeux vus, sa maison flotter.

Théo Zange  demanda réclamation  à sa compagnie d’assurance qui lui refusa les réclamations dues. Un équipe d’analystes avait déterminé que 51,2% de sa demeure était près d’une « zone inondable ». Il perdit tout, même la photo de son chien, prise avec le Premier Ministre du  Canada. Troudeau.

Or, Lambda, têtu, se dit qu’il allait demeure près d’une rivière. Il eut alors l’idée, par un beau soir de mai, en apercevant un vieux bateau bâti à New-Yord dans les années 20 de l’autre siècle, d’en faire sa demeure.

Si l’image est en noir et blanc, c’est qu’elle date de 1920. Et elle ne parle pas…

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Le nom du bateau était, tenons nous bien, Bath Eau. Dû au fait que la langue étasunienne est étriquée, cela signifie, en français : Celui qui prend ses bains dans la mer. C’est du moins ce qui était écrit sur le contrat… Traduit par Google.

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Il jucha donc sa maison-navire sur une structure de béton imperméable de quelques mètres carré. Les inspecteurs de la ville vinrent inspecter le bâtiment. Étant donné qu’il fallait trouver un moyen de taxer cette étrange structure, les autorités décidèrent donc de mesurer la grandeur du bateau plutôt que de la structure de base qui rapportait moins.

Ils rencontrèrent un hic! Comment mesurer en mètres cube une structure aussi singulière? Après trois jours de mesurage, aucun des trois spécialistes ne s’entendirent : le trio en arriva à  des résultats  différents. Ils se grattèrent le crâne là où les maringouins ne vont pas piquer des vers.

Le patron, qui était diplômé du Lycée, du High School, de l’école Secondaire du Québec, trancha;

– C’est celui qui a le meilleur diplôme qui déterminera le cubage de la structure.

– Je suis du M.I.T, s’écria JJ Lamorozo.

Les autres se taisèrent, pardon, se turent.

Mais quand débarqua une haute instance de la réglementation provinciale, sis dans une automobile plaquée Gouvernement, les choses ne se classèrent pas. Abim Tanguy décida d’utiliser un ordinateur de l’Agence Spatiale Canadienne pour avoir la réponse exacte, au millimètre.

Au bout de deux ans, sous des pluies diluviennes, il prit son auto et alla porter les résultats aux autorités de la petite ville. C’était vers la fin avril, et la rivière avait débordé. Quand il arriva au village, et qu’il vit les maisons noyées jusqu’aux genoux, il loua un bateau.  Arrivé au 769, Rue des Pins, le spectacle lui écarquilla les yeux au point qu’il prit l’air d’un poisson à cravate. Il décrocha son téléphone intelligent, mais le téléphone se noya: il lui avait glissé des mains. Il courut à la Pharmacie pour acheter un séchoir à cheveux afin de lui rendre l’âme. Assis près de la vitrine, il vit passer le Bath Eau de Théo qui s’en allait tout heureux, faisant la vague au gros gras. Sa chemise en perdit les boutons.

Théo Zange vogua pendant trois jours, son bateau parcourant les champs inondés, à travers une eau brunâtre et des arbres dégarnis. Il sauva six vies humaines, trois chats, et une dame en fauteuil roulant qui avait 98 ans. Un hélicoptère d’un réseau de télévision suivait le trajet du Bath Eau. L’inondation était si horrible qu’on pouvait apercevoir des carpes asiatiques dans les champs destinés à la culture du maïs.

Après 28 jours, le bateau stagna près d’un aéroport.

Mais les autorités l’attendaient de bottes fermes:

Il fut accusé:

– de sauvetage et d’acte médical sur ses passagers sans diplôme de médecine

– de conduite d’un bateau, sans permis.

– de séjour aux U.S.A, puisqu’il avait passé 54 minutes dans les eaux territoriales américaines

– de transport illégal de marchandise, dont un siège d’enfant datant plus de dix ans.

– de conduite dangereuse pouvant causer la mort

– d’une amende pour non possession de permis de pêche

– de trafic de drogues, le passager Yan Beaudin portait un gramme de marijuana dans ses bagages.

– De tentative de fuite

– d’acte terroriste par les autorités américaines

– d’enlèvement de citoyens

– d’acte sexuels pour avoir enlevé ses vêtements mouillés

– d’une amende de 100,000$ US pour avoir négligé d’avoir enregistré un bateau aux douanes.

– d’une amende pour avoir déplacer sa demeure sans permis

– de tentative d’intrusion en sol américain

– d’une amende pour n’avoir aucun drapeau aux fins d’identification

– d’une peine de prison de 5 ans pour n’avoir pas fournir à ses passagers de ceinture de sécurité.

– de négligence criminelle

– D’avoir atterri sur un aéroport avec un bateau

– d’avoir omis une inspection par les autorités canadiennes de son navire

– à 1000$ pour ne s’être pas muni d’un permis de pêche

Etc

Gaëtan Pelletier

14 août 2013