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Le Combat De La Raison 13 – L’humiliation et la honte de l’Europe américaine

europe américaine

L’Europe vue par les États-Unis , Crédit image :  Topito

De Dieguez

1 – La psychobiologie de l’histoire
2 – Les premiers pas d’une métazoologie
3 –  » Nous ne sommes pas fiers de lui…  »
4 – La résurrection de M. Vladimir Poutine et la descente aux enfers de la France
5 – Le naufrage des civilisations américanisées
6 – Les naufrages du sens commun sont provisoires

1 – La psychobiologie de l’histoire

Pourquoi apprendre à observer notre espèce de l’extérieur ? Parce que la distinction entre le dedans et le dehors nous aide à cerner le singulier et le collectif. La psychobiologie nous aidera à situer le particulier d’un côté et l’universel de l’autre. Mais cette scission est trompeuse, tellement notre cerveau est demeuré plus collectif que jamais. Que vaut le regard que le plus grand nombre porte sur sa propre masse? Cet œil-là a seulement pris le relais de la cécité d’un ex-quadrumane à fourrure. Plus tard, son globe oculaire a accédé à un monothéisme schizoïde et greffé sur un paradis de sucreries. La politique des tribus, puis des Etats sera donc gravée à l’effigie de cerveaux d’une espèce biphasé sur ce modèle.

Aussi est-ce devenu un devoir politique, pour les nations éclairées, d’entrer en apprentissage du dédoublement de notre boîte osseuse, parce que personne ne saurait désormais exercer la fonction de chef d’Etat d’une grande nation sans porter sur l’histoire bipolaire de l’humanité le regard créateur des psycho biologistes d’une conque osseuse en devenir.

Un siècle et demi après Darwin, penser, donc peser les secrets de la politique de la bête cogitante, c’est placer jour après jour le bimane rêveur et tueur dans le laboratoire où bouillonne son évolution cérébrale, laquelle se révèle désespérément sporadique, donc vouée à subir d’un côté, des rechutes répétées et de l’autre, à bénéficier de sursauts fallacieux. Notre connaissance zoologique de nous-mêmes s’est lexicalisée. Elle nous permet, d’ores et déjà, de porter notre auto-examen à l’âge d’une science politique relativement prospective et quelque peu cérébralisée; mais cette science remonte à quelques millénaires seulement. J’en appelle donc aux phalanges macédoniennes de la raison de ce temps, j’en appelle aux anthropologues d’avant-garde, qui savent que nous sommes des animaux que la pratique d’un langage articulé a biphasés et voués à une bipolarité intellectuelle dangereuse. La géopolitique scientifique ressortit désormais à une métazoologie prospective. Cette discipline se demande quels sont les prémisses et les pièges de ce biphasage.

2 – Les premiers pas d’une métazoologie

Par chance, l’heure a également sonné où la vassalisation affective et mentale d’une Europe asservie pour longtemps à une puissance étrangère se trouve paradoxalement freinée un instant par une menace immédiate et concrète, celle qui pèse subitement sur le porte-monnaie des industriels, le gousset des agriculteurs et l’escarcelle des commerçants. Ces trois caissiers ne sont pas des spéléologues de l’abîme. Ils ignorent tout des progrès de l’anthropologie critique, mais ils se découvrent soudainement les otages et les pions d’un empire spectaculairement ambitieux d’étendre son territoire de Paris à Vladivostok.

Or, le César actuel de la démocratie mondiale ne saurait acheter son expansion censée vertueuse – tant politique que militaire et économique – qu’aux dépens des maigres finances de ses vassaux. C’est pour faire échouer la folle ambition de l’empire du dollar qu’il nous faudra en appeler aux citoyens dont le missel aura oublié les préceptes de la trilogie d’Alice au pays des merveilles, de Paul et Virginie et de la Nouvelle Héloïse.

3 –  » Nous ne sommes pas fiers de lui… « 

Le Département d’Etat américain tout entier et M. John Kerry, qui dirige le Ministère des affaires étrangères du Nouveau Monde depuis 2012, auraient-ils réussi à convaincre tout soudainement et en un tournemain l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie et les vingt-huit ombres d’Etats de l’Union européenne de ce que les relations de la Russie avec l’Ukraine seraient devenues par miracle – et, pour ainsi dire, au cours de la nuit – le nouveau point d’équilibre des forces politiques sur les cinq continents?

Que serait-il arrivé si la pensée rationnelle de la France laïque s’était approfondie et si, cent soixante ans après Darwin, la réflexion du monde entier sur l’évolution du cerveau demeuré embryonnaire de l’humanité avait débarqué dans la géopolitique? Croyons-nous vraiment que la mascarade d’un salut politique messianisé dans l’arène du mythe démocratique, croyons-nous vraiment que les rubans et les dentelles de la Liberté, croyons-nous sérieusement que toute cette fantasmagorie verbifique s’accomplira sur la terre ou bien qu’elle sera nécessairement vouée à l’échec de ses fioritures si, par malheur, soixante dix-ans d’occupation militaire de l’Europe par les Etats-Unis n’auront pas suffi à enfanter une centaine de millions d’Européens aux yeux grand ouverts sur l’épicentre artificiel de la planète que l’Ukraine serait instantanément devenue?

Certes, la servitude cérébrale qui frappe soudainement les vaincus s’inscrit plus rapidement que nous ne le croyions sous leur os frontal, certes, la soumission des candidats aux verdicts du ciel de leur vainqueur semble devenir atavique en deux ou trois générations seulement. Mais rien de plus éphémère que le superficiel. Voyez la facilité, donc la fragilité avec laquelle le mythe américain des esclavagistes de la Liberté a enfanté le prodige international de paraître métamorphoser M. Vladimir Poutine en pestiféré aux yeux d’une Europe livrée aux contrefaçons les plus grossières des idéaux de 1789, voyez avec quelle aisance des dessinateurs à la cervelle d’oiseau et aux pattes éléphantesques sont entrés dans cette farandole internationale sans y entendre goutte et au seul profit des Etats-Unis!

Mais rien de moins durable que les jeux d’enfants. Notre Président de la République s’est révélé plus craintif que tous ses prédécesseurs; et nous ne sommes pas fiers de lui. Il n’a pas osé livrer le Mistral à ses acheteurs, bien qu’ils eussent payé leur commande d’avance et rubis sur l’ongle. Mais voyez avec quelle célérité l’humiliation de la Russie s’est retournée contre nous, voyez avec quelle rapidité l’abaissement des peuples est de courte durée! La Russie a grandi à l’école de nos déconfitures et le monde entier a commencé de tourner ses regards en direction du Kremlin. Quel spectacle qu’un chef d’Etat digne des responsabilités attachées à sa fonction!

4 – La résurrection de M. Vladimir Poutine et la descente aux enfers de la France

Même le Wall Street Journal écrit que M. Vladimir Poutine est le vrai gagnant des élections locales françaises des 22 et 29 mars parce que les deux partis de droite devenus majoritaires dans le pays, l’UMP et le Front nationale, jugent honteux qu’une Europe soi-disant ambitieuse de jouer à nouveau un rôle dans l’arène du monde se soit laissé entraîner en vassale à déclarer une guerre économique à la Russie, ce que, dans ses pires cauchemars, le Général de Gaulle n’avait jamais imaginé.

Et pourtant, il faut relever que le microbe de l’Elysée a osé se rendre à Moscou le 6 septembre 2014 pour y serrer solennellement et aux yeux du monde entier, le « nouveau Lucifer » dans ses bras; et ce nain a pris le risque de demander – en coulisses – à toute l’Europe de lever les sanctions saugrenues et stupides qui conduisent notre civilisation dans un asile d’aliénés. (L’Europe, un asile d’aliénés La modernité de l’Eloge de la folie d’Erasme, 5 décembre 2014)

Quant à l’Angleterre, elle se souvient de ce que les grands Etats ne sont réalistes que parce qu’ils sont audacieux, mais que la faculté de regarder la réalité n’est pas à la portée de tout le monde. Londres continue, néanmoins, et à l’instar des Etats-Unis eux-mêmes – d’exporter ses produits en Russie. Ce que voit clair comme le jour l’Angleterre des Churchill, c’est que la Russie et la Chine sont déjà les orchestrateurs de la chute prochaine de l’empire américain – même le Canada, l’Australie et la Corée du Sud ont adhéré à la banque monde pour l’investissement mise en place par Pékin et dont la Maison Blanche a dû solliciter les bonnes grâces aux conditions de l’Empire du Milieu.

Et pourtant, soixante dix-ans après la paix de 1945, une Allemagne occupée par deux cents bases militaires américaines et une Italie quadrillée par cent trente sept de ces forteresses depuis 1943 ne disposent plus d’une liberté politique suffisamment appuyée par le glaive pour qu’une France à nouveau placée dans l’étau de l’OTAN puisse, à elle seule, mettre à nouveau l’Occident en route vers sa souveraineté. Pour que la livraison des Mistral à la Russie fasse l’effet d’un coup de tonnerre à l’échelle du globe terrestre, il faudrait que le réalisme politique des hommes d’Etat de génie bouleversât la problématique et l’échiquier des médiocres C’est cela que la Chine a compris au quotidien: elle sait que la construction du canal trans-océanique du Nicaragua vaut une dizaine de porte-avions américains et qu’une rivale du FMI qui ne serait pas un instrument docile entre les mains d’un maître répond à l’attente du monde démocratique: la Suisse y a adhéré vingt-quatre heures seulement après l’Angleterre, la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne. Mais, à force d’hésiter et d’attendre la neige au mois d’août, la France a perdu un gigantesque marché – celui de la vente des avions Rafale à l’Inde. La petite France ne voit même pas où courent les dés, tellement l’éphémère s’est déjà enclos dans l’ étroite enceinte d’un dépérissement de la nation.

5 – Le naufrage des civilisations américanisées

Qu’avons-nous à faire des dentelles et des broderies des démocraties verbales d’aujourd’hui? La preuve de leur défaite est dans la disqualification morale, politique et philosophique du mythe de la Liberté américaine. La fonction des citoyens instruits est devenue intellectuelle au premier chef, ce qui nous condamne à nous colleter avec les fondements parathéologiques, donc parazoologiques de la paralysie mentale qui menace l’Occident.

Exemple: toute la classe dirigeante de l’ Europe sait fort bien que les Etats-Unis sont venus dépenser sur place six milliards de dollars à seule fin de déclencher à Kiev un mouvement de foule artificiel; de même, tout le monde sait que Mme Victoria Nuland – Assistant Secretary for European and Eurasian Affairs – a stipendié des tireurs d’élite afin qu’ils ameutent la foule sur la place Maidan – il s’agissait de présenter un nombre suffisant de cadavres pour que des mouvements de foule locaux se métamorphosent en révolution. Depuis la Fronde, nos historiens connaissent sur le bout des doigts la technique du déclenchement des émeutes.

Mais croyez-vous que la France des chancelleries de cour aurait donné dans un panneau diplomatique d’une construction aussi grossière? Les historiens-et les anthropologues de demain porteront sur nous un regard de l’extérieur. Ils expliqueront aux générations futures et dans le détail les arcanes d’un siècle entier de servitude de l’Europe; et les hommes de la mémoire nous diront pourquoi Mme Merkel a tout subitement sacrifié un quart de siècle de bonnes relations de l’Allemagne avec la Russie – elles étaient au beau fixe depuis la chute du mur de Berlin en 1989. Ce sera dans l’ébahissement, l’éberluement et l’ahurissement que nos descendants découvriront les moyens rabougris, mais momentanément efficaces dont disposait le Département d’Etat américain pour amener à résipiscence les Etats interloqués et titubants de l’Europe des vassaux.

6 – Les naufrages du sens commun sont provisoires

La vassalisation des peuples modernes retrouve les chemins du Moyen-âge. En ces temps reculés, l’ignorance conjuguée des foules et des élites sacerdotales faisait toute la puissance des magiciens de l’autel et d’une nuée d’intellectuels voletants au-dessus des cierges et des ciboires. La raison est un bien fragile, parce que « tout ce qui est précieux est fragile » disaient les Romains. Mais la rapidité avec laquelle la raison, un instant suffoquée, ressuscite à l’école même de ses effondrements successifs résulte de ce que le naufrage des civilisations stupéfaites entraîne toujours une courte débâcle des évidences les plus connues et les plus irréfutablement démontrées, de sorte qu’elles renaissent de leur hébétude de seulement s’ancrer de nouveau dans le sens commun. Ne vous y trompez pas, si l’évidence capitule, c’est seulement pour se réveiller en sursaut.

Nous avons momentanément renoncé à former des citoyens en mesure de démonter les sortilèges verbaux d’une démocratie d’illettrés. Mais puisque le capitalisme moderne se révèle plus barbare et plus sot que celui du siècle de Karl Marx, puisque nous savons que le machinisme moderne fait danser l’anse d’un système économique suicidaire, puisque nous savons que le rêve évangélique du genre humain est décédé en 1989, il est redevenu clair comme le jour que si nous ne perçons pas les secrets anthropologiques du naufrage des civilisations, notre espèce se divisera à nouveaux frais entre ses auréoles verbales et ses prédateurs aux dents longues.

Nous nous trouvons immergés dans un monde d’idéalités totémisées. Tentons de remettre le cerveau d’autrefois de la France en état de marche, tentons de retrouver la cervelle logicienne d’une nation en position de force. Ce sera à ce prix que nous parviendrons à reconstituer les phalanges de la pensée politique du siècle des Lumière, ce sera à ce prix que nous arracherons à l’abîme une Europe à la cervelle en déroute. Ne nous y trompons pas: si tout serf est l’otage de sa propre sottise, la sottise des serfs est la plus contagieuse des pathologies politiques. Mais le temps presse: ou bien nous parviendrons à percer les secrets cérébraux de l’animal eschatologisé, ou bien il sera trop tard pour recourir aux sacrilèges sauveurs.

La semaine prochaine je reviendrai sur l’art de combattre la double ignorance des peuples et des élites de la démocratie mondiale.

Le 3 avril 2015

aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr

Les gouvernements européens dans les mains des corporations

20130412122702

Un texte essentiel, basique, fondamental, dont chaque phrase, chaque mot est porteur d’intelligence, de sens, d’espoir

 

Conférence de l’agriculture familiale de l’Union Européenne

 

Par Diego Montón – Movimiento Nacional Campesino Indígena
Secretaría operativa CLOC Vía Campesina

04-12-2013

L’année 2014 a été déclarée année mondiale de l’Agriculture Familiale par la FAO dans le cadre de la crise alimentaire qui frappe les peuples du monde, cela semble être une opportunité pour approfondir les analyses et défis. Cependant on s’aperçoit d’emblée qu’on ne pourra éviter la bataille du sens. Que signifie Agriculture Familiale ? Quelle est son importance réelle ? Quelles sont les causes de la faim ?

Les corporations se sont déjà lancées à l’assaut pour capter la mémoire historique du rôle des paysans et paysannes, et là, elles y vont à fond, construisant une narration qui occulte les choses et subordonne l’agriculture mondiale à leurs intérêts spéculatifs.

La Conférence de l’Agriculture Familiale qu’a organisé la Commission Européenne, à la fin novembre, à laquelle nous avons participé, une vingtaine de compagnons et compagnonnes de la CLOC (Coordination Latino Américaine des Organisations des Campagnes) et de la Via Campesina fut exemplative.

Lamentablement comme pour le reste de la politique, les gouvernements européens répondent directement à l’idéologie imposée par le capital financier. Ainsi, paradoxalement à l’ouverture de la conférence il n’y eu pas d’orateurs des organisations paysannes et de l’agriculture familiales, seuls parlèrent des fonctionnaires et à notre grande surprise, un exécutif d’UNILEVER qui présenta ses « réalisations » et expectatives pour l’année de l’agriculture familiale.

Unilever est une transnationale agro-alimentaire qui dirige 400 marques dans 100 pays, fameuse pour ses « cubes » Knorr, et sa production mondiale de 50 millions de cubes par seconde. Bien que cela soit peu diffusé, dans la matière première utilisée abondent les transgéniques et agro toxiques, les conservateurs et les produits chimiques, et par-dessus le marché, des dénonciations ont été faites au sujet de ces cubes produits par le travail des infantile et précarisé.

Le discours des fonctionnaires européens est celui d’une “Agriculture Familiales” qui doit être « protégée » pour des questions de culture, et des problèmes sociaux, mais relever le défi d’alimenter l’humanité en 2050 ne sera possible que par les corporations. Ainsi le projet d’Unilever et ses programmes « d’incorporation » de l’agriculture familiale à ces chaînes productives, se transforme en projet de l’Union Européenne. Productivité, compétitivité, rentabilité, innovation, etc, sont les paroles qui prédominent dans un discours vide d’analyses, sans que soit prononcée la parole crise. C’est dire que le discours des gouvernements européens est hautement idéologique, prisonnier des narrations et négoces des corporations.

Il faut donc faire remarquer l’exception, parmi les discours officiels, que constitua l’intervention de Graziano da Silva, le Brésilien directeur de la FAO. Graziano ne rentra pas dans les causes, mais il fut clair quant à l’importance de l’Agriculture paysanne ; “Le problème n’est pas de l’ordre de la productivité, c’est une question d’accès et de la distribution des aliments (…). Les agriculteurs familiaux ont été et seront ceux qui résoudront le problème de la faim dans le monde (…). Le marché global ? Où est-ce qu’il se trouve ? Comment peut-on acheter des aliments là ?(ironise-t-il). Il faut renforcer les marchés locaux et le rôle de l’agriculture familiale. Le marché global des aliments et l’agriculture industrielle implique une immense perte d’aliments par décomposition(…) » Il faut dire que cette position novatrice de la FAO génère un scénario favorable dans contexte institutionnel international. Les gouvernements Européens par contre, comme toujours face à la crise du capitalisme et du libéralisme appliquent stupidement les recettes libérales qui ne font rien d’autre que d’empirer la situation des peuples.

Mais il y eu une autre surprise lors de cette conférence quand s’est rendu compte de la présence de Etchvere, le Président de la Société Rurale Argentine, cette entité oligarchique de propriétaires terriens qui grandit en tuant des indigènes en 1880 et s’appropriant leurs terres, et qui  continue de le faire à présent, cette entité qui a conclu des alliances avec des transnationales qui a provoqué et accompagné chaque dictature civico-militaire, qui a essayer par tous les moyens d’éliminer la démocratie. Ils vinrent comme membres de l’OMA (Organisation Mondiale des Agriculteurs), qui est devenue héritière de la FIPA et qui prétend également participer à l’année de l’agriculture familiale.

J’ai vu Etchevere et immédiatement m’est revenu à la mémoire notre compagnon Cristian Ferreira, assassiné par un sicaire dans sa maison, devant sa famille. Cristian était un dirigeant du Mouvement Paysan, un jeune, son “péché” fut de promouvoir l’agriculture paysanne et d’avoir détenu un entrepreneur qui voulait s’approprier la terre communautaire. L’entrepreneur aujourd’hui est emprisonné. La Société Rurale agit politiquement et judiciairement pour le faire libérer. De même que Cristian me passèrent en tête des centaines de paysans et de paysannes assassinés au Honduras, au Paraguay, au Guatemala, et dans tant d’autres pays de Notre Amérique Latine en lutte quotidienne pour la terre. Au cours de ces mêmes journées, un gang de nervis agressait violement un campement et un barrage établi pour empêcher la construction d’une usine de MONSANTO, dans le village de Malvinas, Cordoba, Argentine, une résistance dont les meneuses sont les mères dont les enfants souffrent ou souffraient de cancer et de leucémies causés par les fumigations au Glifosate qui se pratiquent quotidiennement dans les villages ruraux du Cône Sud et dans d’autres régions du continent

Mais les gouvernements européens nous viennent encore une fois avec les comptes de fées, d’une harmonie possible entre corporations et paysans, dans laquelle résiderait la solution. Celle d’un prétendument libre marché dans lequel nous pourrions tous être en compétition et dont les règles sont « transparente ».

Voyons quelques données : avec seulement ¼ des terres arables du monde, les paysans et paysannes alimentent 70% de la population mondiale, et selon la FAO, plus de 40% des aliments de la chaîne agro-industrielle se perdent par décomposition. 90% du marche mondial des grains est entre les mains de quatre corporations : ABC, Bunge, Cargil et Dreyfus. Monsanto contrôle 27% du marché global des semences et joint à 9 autres corporations plus de 90% du Marché des agro-toxiques. Cette concentration leur permet de faire pression par la spéculation pour que les prix des marchandises augmentent systématiquement. En plus de leur alliance étroite avec la finance internationale leur permet de disposer d’immenses masses de capital d’origine spéculative qui est utilisé pour l’accaparement de Terres, le lobbying et la pression sur les gouvernements du monde, la corruption, etc…

De quel marché libre nous parlent-t-ils ? Le marché est otage des corporations et du capital financier.

Si nous ajoutons au monopole les problèmes de perte de biodiversité et de crises du milieu ambiant provoquée par de grandes extensions de monocultures, les graves problèmes de santé et la contamination par des milliers de tonnes d’agro-toxique par fumigation non discriminée, le travail d’esclave, l’usage sans discrimination de combustibles fossiles, la destruction des marchés locaux, entre autres, il nous apparaît clairement qu’il n’est pas possible d’harmoniser l’agriculture paysanne avec l’agriculture des corporations, comme il ne sera pas possible d’en finir avec la Faim par ce modèle né de la révolution verte.

La Via Campesina,, malgré qu’elle n’était pas des mieux placée,  rendit cela très clair dans la conférence, faisant preuve de consistance, d’humilité et de la force de la vie paysanne. Les fonctionnaires européens ne s’attendaient pas autant de critiques, et ils furent surpris par les applaudissements que reçurent chaque compagnon et compagnonne qui levait la main et parvenait à exprimer ces idées. Avec des visages africains, asiatiques, latino-américains et européens, ici, est apparue la voix paysanne, millénaire, vive et porteuse d’espoir.

Il est à espérer que cette situation se reproduise sur tous les continents, un fort débat autour de l’année de l’agriculture familiale.

Pour l’année à venir se dessinent d’importants défis idéologiques et politiques. Nous devons parvenir à potentialiser la mobilisation et la lutte dans le monde entier, soutenant nos luttes historiques. Réforme Agraire pour la Souveraineté Alimentaire, aiguisant le regard sur notre principal ennemi : Les corporations transnationales et leur projet idéologique et technologique.

Il est fondamental d’établir les meilleures alliances, de parvenir à connecter tous les processus de lutte et de résistance, avec des messages qui soient capables de transmettre quels sont les enjeux « La subordination totale de l’agriculture aux intérêts des corporations », ce n’est pas un problème des paysans, c’est le problème de l’humanité toute entière. Pour cela notre projet paysan et populaire doit pouvoir s’intégrer dans un projet politique populaire qui exprime les projets des secteurs populaires paysans, travailleurs, désoccupés, indépendants et professionnels, qui permettent que nos luttes et projets soient reflétés dans les politiques publiques.

En Amérique Latine, nous avons le défi de porter le débat à l’ALBA, UNASUR, MERCOSUR, à la CELAC, et porter ce débat dans ces scénario qui ont permis de grandes avancées vers l’intégration anti-impérialiste et la construction d’une nouvelle hégémonie, mais qui a présent se retrouve engagé dans une grande bataille concernant le modèle à suivre, et dans laquelle la re-primarisation des économies est une grande menace.

Difficile de concevoir une Amérique Latine unie et libre si son agriculture reste subordonnée aux corporations et dans cette discussion, la question technologique est clé, l’agro-écologie doit avoir le caractère d’une « innovation ». La Banque du Sud devrait devenir un outil qui permette aux gouvernements de financer le développement agricole rural depuis la perspective de la Souveraineté Alimentaire et La Réforme Agraire est une politique continentale urgente.

Cela sera possible en renforçant les organisations et en amplifiant nos luttes, avec un caractère créatif et diversifié, combinant l’action directe, avec l’action politique et le dialogue avec ces gouvernements progressistes et populaires articulant au niveau continental, national et local. Conservant l’autonomie nécessaire pour éviter que la bureaucratisation étatique et libérale et le scénario à court terme des gouvernements ne rendent la marche trop lente.

Les paysans et paysannes, nous allons continuer à alimenter les peuples, octroyant la vie et la liberté, c’est cela notre tâche historique.

Traduction Anne Wolff

 

Source  espagnole Los gobiernos europeos en las manos de las corporaciones | Minga Informativa

Lampedusa : la chute de Kadhafi épouvante désormais l’Europe

bateau 2

La récente tragédie de Lampedusa a stupéfié les millions de personnes qui ont pu observer, impuissantes, les corps de ces réfugiés émerger des flots. On a pu entendre comme d’habitude les mêmes rengaines (« plus jamais ça ! »),comme si l’avenir ne nous promettait pas déjà de nouveaux drames.

Le funeste voyage de ces migrants commence dans le port libyen de Zuwarah (102 kilomètres de  la capitale Tripoli). C’est un petit port qui n’aurait aucune importance stratégique si les chalands chargés de désespérés ne partaient pas de là. Selon la protection civile italienne, pas moins de 12.000 migrants s’entassent dans des camps de rétention insalubres dans l’attente d’un avenir meilleur. Venus de Somalie, du Tchad, du Niger ou de l’Érythrée, ils ont tout perdu en fuyant les guerres, la violence et la faim.

Amnesty International affirme avoir visité sept de ces centres, et fait état pour chacun d’eux « de preuves de mauvais traitements assimilables à la torture pour certains cas ». « Plusieurs détenus, y compris des femmes, ont été frappées brutalement à l’aide de tuyaux d’eau ou de câbles électriques », ajoute l’association en affirmant avoir recueilli par ailleurs des témoignages de détenus blessés par balles lors d’émeutes. Les tortionnaires d’aujourd’hui sont les « héros » qui ont hier combattu et renversé Kadhafi avec l’aide ô combien précieuse de l’OTAN. Ces bandes de mercenaires profitent maintenant de la quasi anarchie résultant du démantèlement de l’État libyen et font leur beurre avec le trafic d’êtres humains ; un trafic très lucratif puisqu’il dégagerait un bénéfice de quatre milliards de dollars par an, soit un peu moins de 10 % de la richesse de la Libye.

En effet, il faut compter entre 1.500 et 2.000 euros pour embarquer à destination de l’Europe. Une somme astronomique quand on connaît les conditions dans lesquelles les candidats à l’émigration ont quitté leur pays. Alors, ils n’ont d’autre choix que de s’entasser dans ces camps de rétention dans l’attente de réunir les fonds nécessaires. S’il y a assez d’argent, ils pourront tenter la traversée jusqu’à Lampedusa dans un bateau de pêche mal en point. Dans le cas contraire, ils embarqueront dans des canots pneumatiques qui s’arrêteront irrémédiablement à 30 ou 40 miles des côtes italiennes ; on leur confiera un téléphone satellite en leur demandant d’appeler les autorités italiennes qui viendront les cueillir quand ils seront en panne.

La prophétie de Kadhafi avant sa chute semble se concrétiser. Les innocents payent désormais le prix de l’avidité des bandes criminelles, les mêmes qui ont été engagées par l’Occident au nom des droits de l’homme.

Capitaine Martin

Laïcité : Les trois ostentatoires

 

catholicisme 1. [Les carrosses de la seconde moitié du XVIIesiècle] étaient d’énormes et lourdes machines qui exigeaient tout un équipage de chevaux et de valets, et bien des gens, les jeunes par exemple, préféraient user d’un véhicule moins encombrant et plus maniable, sinon moins ostentatoire. P. Rousseau, Hist. transp., 1961, p.176. source  

Les fournaises du Titanic surchauffaient quand Th Big Boat Too Big To fail a sombré. Et voilà le monde occidental tout à fait figé dans une crevasse de « l’entre deux mondes » et l’hier tout d’un pain,  le « avant c’était mieux »,  dans lesquels religions et politiques faisaient l’amour pour deux richesses : les âmes et l’or.

Inséparables. Et à chacun sa mission! Je prends ton âme et tu prends l’or. Parfois les deux. On n’a jamais séparé l’ivresse du bon grain.

La laïcité, c’est de la frime. Une fumisterie d’intellectuels qui sont en état de bricoles de concepts abstraits.

Tout le monde a une foi, une religion cachée. Et tous les groupements s’affichent « ostentatoirement ».

Les objets ostentatoires

Le Québec et le reste du monde ont  la mémoire courte : les femmes devaient porter un couvre-chef pour entrer à l’église le dimanche.  Si vous regardez bien la photo des curés, frères, sœurs et du blanc-manger au milieu, c’étaient eux qui s’occupaient de l’éducation. J’ai été éduqué par des religieuses et les Frères du Sacré-Cœur. Ils n’étaient pas des plus discret dans l’affichage de leur étalage de foi, brodés d’accessoires pour le moins voyants.

Le catholicisme est bien la représentation de ce qu’il peut y avoir de plus « ostentatoire ».

Cardinal :

 cardinal

Qu’est-ce donc que cette chère laïcité?

Qui n’appartient pas au clergé ni à un ordre religieux.

Mais qu’est-ce donc qu’une religion?

Rapport de l’homme à l’ordre du divin ou d’une réalité supérieure, tendant à se concrétiser sous la forme de systèmes de dogmes ou de croyances, de pratiques rituelles et morales (v. infra B)

L’armée

 armée

Toutes les armées du monde soumissent les soldats à un entraînement qui les javellisent du cerveau à en faire des décervelés abrutis et croyants. C’est une religion : ils prient tous avant d’aller au combat. Ils finissent par afficher leur foi en leur mission salvatrice qui est de tuer pour instaurer une démocratie. Les armées défendent les femmes voilées mais n’en veulent pas dans leur pays.

Rigolons en chœur! Et pour la fabrication d’un cerveau, ils sont meilleurs que la scientologie. Ils vous le sculptent  jusqu’à   ce que vous n’ayez plus rien du « laïc » avec une personnalité aussi subtile qu’une carotte en dialogues avec des lapins : pas rapides les gars. Ils sont tatoués de la matière grise.

Ouah!

Les politiciens

Il n’y a pas plus « religieux » qu’un politicien. Il prie pour être élu et quand il l’est, il est enrubanné de son orgueil comme une momie à langue de bois. Voiture rutilante, dépenses accessoires, cravatés, vestonné, débiteurs de formules séchées comme une gousse d’ail après deux ans sous un séchoir à cheveux. Le plus souvent putain du monde de la finance.

Pouah!

Méfions nous des religions cachées…

En vérité, en vérité, je vous le dis, les religions sont devenues laïques et n’ont jamais autant été autant  « ostentatoires ».

Vous entrez dans un bureau et les doctorisés vous crachent leur diplôme en trois ou quatre exemplaires. C’Est le tatouage de l’État. Et vous y croyez. On a invisibilisé les religions « civiles » d’un siècle aride dans lequel Satan est représenté par la pauvreté alors qu’il est la richesse du 0.001%.

Les Hells Angels, eux, se tatouent de vraies putains.

Les citoyens

Décoloré, tatoué de diplômes, de tâches importantes, il a échangé l’hostie du christianisme pour les pilules de Big Pharma. Il est malade par la pollution de tout l’arsenal des hommes d’affaires qui vous déculottent un pays en quelques décennies.

Pas de dieu! Viva son écourté propros : je suis athée. C’est comme s’il avait tout seul découvert la non existence de « dieu ».

Il est civil, mais il a peur d’une idée ou d’une femme voilée, d’une barbichette, et quand il entend le mot malhahade, comme dans le cri  du Québécois aux prises avec une grippe : je suis « malhahade comme un chien », il se demande si les h ne sont pas en train d’envahir son « pays ». Ce cher pays! Le citoyen s’habille en drapeau du pays pour son pays. C’est « mon pays ». Il a peur de perdre son identité, sa feuille d’érable, son sirop d’érable … son passé.

Mais il est rivé à un Iphone.

La faim des temps

Alors là, nous sommes envahis par une nouvelle religion : le civil.

Toute la dorure et le clinquant est désormais invisible. C’est votre guide matériel. Investissez. Préparez votre avenir. Travaillez. Retraitez-vous deux ans après les hausses de tension artérielles.

Ce dont il est à craindre, ce ne sont pas les religions et les petits objets « ostentatoires », ce sont les nouveaux faux religieux, sans objets ostentatoires, au décorum nivelé qui cultivent des guerres, des imbéciles, et qui vous dépouillent de votre avoir et de vos âmes.

Le monde à venir sera ainsi : multiethnique, riche en couleurs, riche en visions différentes, riche en respect, riche en saveurs, riche en richesses de perceptions et d’échanges.

Il n’existera de société possible à bien vivre quand elle aura compris que la religion n’est que l’ostentatoire de la spiritualité. Le reste n’est guère mieux que le régime nazi. Le régime civil est déjà dépassé.  Le problème n’est pas d’arrêter ce mouvement des cultures différentes, le problème sera toujours cette résistance au changement.

Pour l’instant, en ce qui concerne le « matériel », la politique – soudée aux compagnies – est un siècle en retard.

La « laïcité » ne sauvera pas le monde. Ni aucun pays. Ni aucune culture. Elle ne fera qu’affermir et niveler nos esprits.

Dans la nature, les oiseaux volent et les poissons nagent.

Dans la vie, on voudrait faire nager les oiseaux et voler les poissons.

C’est une ère de ségrégation spirituelle.

Il y a une place dans l’autobus de la Terre pour les voilés à l’arrière, les chrétien au milieu, et les cravatés en avant.

La réalité est qu’on ne veut pas la voir. Et tous les aveugles ont besoin d’un chien pour se faire guider.

Gaëtan Pelletier

18 septembre 2013

L’austérité fait grimper le chômage à des niveaux record en Europe

Austérité

Par Stefan Steinberg
10 janvier 2013
La politique d’austérité implacable adoptée par l’élite politique européenne a provoqué une hausse du chômage à des niveaux record à travers tout le continent comme le montrent les données publiées mardi 8 janvier, par l’agence de statistiques Eurostat.

Dans les 17 pays européens formant la zone euro, le chômage a grimpé en novembre à 11,8 pour cent et le nombre de travailleurs sans emploi a atteint 18,8 millions. C’est le chiffre le plus élevé depuis l’introduction de la monnaie unique en 1999.

Dans la zone euro, le chômage a augmenté de 0,1 pour cent par rapport au mois précédent, soit une hausse de 1,2 pour cent depuis novembre 2011. Dans les 27 Etats membres de l’Union européenne, le chômage s’est établi à 10,7 pour cent en atteignant pour la première fois 26 millions.

La plus forte augmentation du chômage a eu lieu dans les pays européens qui ont été sélectionnés par le Fonds monétaire internationale (FMI) et l’Union européenne pour subir un traitement de choc économique. En Grèce, le chômage a grimpé en flèche à 26 pour cent en septembre, une hausse de plus 7 pour cent depuis septembre 2011. Le chef de file européen du chômage est toutefois la quatrième économie du continent, l’Espagne, où 26,6 pour cent de la main-d’œuvre étaient inscrits au chômage en novembre.

En commentant les plus récentes statistiques européennes, Graeme Leach, chef économiste du British Institute of Directors (un groupe patronal) a dit, « Il est évident que l’implosion économique de plusieurs Etats membres continue à un rythme préoccupant… Les chiffres clé sont une mauvaise nouvelle et ceci est exacerbé par l’impact politique et humain des niveaux effrayants du chômage des jeunes en Espagne, en Grèce et en Italie. »

Selon les chiffres d’Eurostat, le chômage des jeunes se situe actuellement aux environs de 50 pour cent en Grèce et en Espagne, et arrive à 30 pour cent en Italie. Tous les principaux indicateurs économiques signalent une aggravation de la situation économique en Europe et une nouvelle hausse du chômage en 2013.

Les chiffres de statistiques ne révèlent pas la souffrance et le désespoir énorme qui frappent des dizaines de millions de familles à travers tout le continent. La conséquence inévitable de niveaux de chômage record est, dans certaines des économies les plus développées en Europe, un niveau de pauvreté jamais vus depuis les années 1930.

Dans un récent rapport, l’organisme caritatif Oxfam a averti que les mesures d’austérité introduites à la fin de l’année dernière par le gouvernement espagnol et qui comprennent des coupes sévères des allocations de chômage pourraient faire passer, au cours des dix prochaines années, à 18 millions, soit 40 pour cent de la population, le nombre de personnes considérées comme vivant dans la pauvreté.

Selon les estimations officielles, plus d’un tiers de la population vit actuellement sous le seuil de pauvreté en Grèce. Les soupes populaires sont maintenant devenues chose courante dans les grandes villes et des marchés de troc sont organisés dans certaines parties du pays pour permettre aux personnes pauvres sans revenus d’échanger des produits.

Fin janvier, une série de réductions des revenus des retraités et des fonctionnaires entrera en vigueur en tant que partie intégrante du dernier plan de coupes approuvé par le gouvernement à Athènes. Les revenus d’un grand nombre de travailleurs qui ont déjà diminué de 40 pour cent ces dernières années, baisseront encore davantage.

Aliki Mouriki, sociologue au Centre national pour la Recherche sociale (EKKE), a mis en garde contre les conséquences politiques de la politique d’austérité imposée par l’UE et le FMI : « Le chômage continuera d’augmenter, la récession s’aggravera, davantage d’entreprises fermeront leur porte. La grande question est la suivante : Qui survivra ?… La colère et le désespoir s’accumulent… Cela va exploser si les gens ne voient pas un moyen de sortir de cette situation déplorable. »

En fait, le chômage de masse et la pauvreté généralisée ont été pris en compte par l’élite dirigeante européenne lors de l’élaboration des plans qu’un commentateur économique a qualifié d’« austérité permanente. »

A la fin de l’année, la chancelière allemande Angela Merkel a suggéré que lorsqu’il s’agissait de déterminer les salaires et les conditions sociales des travailleurs européens, la Chine était la référence. Une énorme armée de chômeurs vivant au bord de l’indigence est créée dans le but de tirer vers le bas les salaires de ceux qui ont encore un emploi et d’atteindre les niveaux de surexploitation en vigueur dans les zones franches en Chine. Les niveaux extrêmes de dévastation sociale et de pauvreté qui règnent en Grèce, en Espagne et en Italie vont être exportés partout sur le continent.

Le propre gouvernement de Merkel est en train d’établir des plans pour introduire en 2014 en Allemagne, après les élections fédérales de cet automne, des mesures d’austérité drastique. La récente adoption du frein à l’endettement allemand visant à strictement limiter le niveau de la dette obligera tous les autres pays de la zone euro à emprunter la même voie.

A l’extérieur de la zone euro, le premier ministre britannique David Cameron a clairement fait comprendre que le gouvernement de Londres entendait bien maintenir son propre programme de coupes budgétaires au moins jusqu’en 2018. Figure notamment parmi les coupes prévues cette année par la coalition gouvernementale entre les conservateurs et les libéraux démocrates, l’introduction d’un plafond pour les prestations sociales ce qui signifiera une réduction massive des revenus des couches les plus pauvres de la société.

Toutes ces attaques perpétrées en Europe ont été possibles du fait de la docilité des syndicats qui soutiennent la politique de la classe dirigeante européenne. Cette politique consiste à réduire les salaires et les conditions, afin de combler le fossé de l’exploitation des travailleurs qui existe encore entre l’Europe et la Chine.

(Article original paru le 9 janvier 2013)

wsws.org

Banquiers tricheurs

Par Ignacio Ramonet

À ceux qui l’ignoraient encore, la crise révèle que les marchés financiers sont devenus les acteurs principaux de l’actuelle conjoncture économique en Europe. Ils incarnent un changement fondamental : le vrai pouvoir – jusqu’à présent détenu par les politiques – est passé entre les mains des spéculateurs boursiers et d’une cohorte de banquiers tricheurs. Chaque jour, les marchés mobilisent des sommes colossales. Leur action collective peut renverser des gouvernements, imposer des décisions politiques et soumettre des peuples. Ces nouveaux « maîtres du monde » ne s’embarrassent de nul souci du bien commun. La solidarité n’est pas leur problème. Encore moins la préservation de l’État providence. Une seule rationalité les motive : l’appât du gain. Mus par l’avidité, spéculateurs et banquiers en viennent à se comporter comme des mafias avec une mentalité de chacals. Ils agissent dans une totale impunité.

Depuis le début de la crise, en 2007, à cause de leur comportement rapace, aucune réforme sérieuse n’est parvenue à réglementer les marchés, ni à discipliner les banquiers. Malgré l’ampleur des critiques formulées contre l’ « exubérance irrationnelle » du système, le comportement des acteurs financiers n’a pas changé. Il demeure vénal et cynique. Certes, les banques jouent un rôle clé dans le système économique. Et les risques liés à leurs activités traditionnelles – stimuler l’épargne, fournir des crédits aux familles, financer les entreprises, soutenir le commerce – sont limités. Mais depuis la fin des années 1990 et la généralisation du modèle de « banque universelle » qui a ajouté toutes sortes d’activités spéculatives et d’investissement, les dangers pour les épargnants ont explosé. Ainsi que le nombre de fraudes, de tromperies et de scandales. On se souvient notamment de la « tricherie du siècle », réalisée par la puissante banque d’affaires américaine Goldman Sachs qui domine aujourd’hui l’univers financier. En 2001, elle avait mis tout son savoir-faire au service du gouvernement conservateur grec pour aider Athènes à maquiller ses comptes. [1] La Grèce put ainsi remplir – en apparence – les critères exigés par l’Union européenne (UE), intégrer la zone euro et disposer de la monnaie unique. Mais quelques années plus tard, en pleine convulsion économique, la découverte du trucage provoqua une véritable déflagration qui allait faire trembler l’ensemble de l’Union européenne. Résultat : « Tout un continent plongé dans la crise de la dette souveraine ; un pays, la Grèce, mis à genoux ; récession, licenciements massifs, chute du pouvoir d’achat des salariés ; liquidation des avantages sociaux ; coupes budgétaires, misère… » [2] Quelles sanctions pour les auteurs d’une telle fraude ? Mario Draghi, ancien vice-président de Goldman Sachs pour l’Europe, et donc au courant de la tricherie, fut promu à la tête de la BCE… Quant à Goldman Sachs, elle perçut, pour ce maquillage des comptes, une prime de 600 millions d’euros… Confirmant ainsi un vieux principe : en matière de grandes fraudes organisées par les banques, l’impunité est la règle.

Les petits épargnants espagnols peuvent en témoigner. L’an dernier, ils avaient acheté des actions de Bankia le jour de l’entrée de cette banque en Bourse. Ignorant alors que cet établissement financier n’avait nulle crédibilité et que la valeur de son action, selon les agences de cotation, était déjà proche des obligations pourries… Les épargnants faisaient confiance à Rodrigo Rato, le président deBankia et ancien directeur général du Fonds Monétaire International (FMI). Celui-ci n’hésitait pas à déclarer, quelques jours avant d’être obligé à démissionner et peu avant que l’État espagnol soit contraint d’apporter 23,5 milliards d’euros au capital de Bankia pour en éviter la faillite : « Notre situation est d’une très grande solidité en ce qui concerne notre solvabilité et aussi du point de vue des liquidités »… [3] Il est vrai que, moins d’un an auparavant, en juillet 2011, Bankia avait apparemment réussi les « épreuves de résistance » réalisées par l’European Banking Authority (EBA). Bankia avait en effet obtenu un Core Tier One Capital (niveau de fonds propres) estimé à 5,4 %, alors que le minimum exigé n’était que de 5 %. [4] Ce qui donne une idée de l’incompétence et de l’ineptie de l’EBA, organisme européen chargé de garantir la solidité des banques… D’autres personnes peuvent également témoigner de l’impudence des banquiers. En particulier, les victimes, en Espagne, du scandale des « participations préférentielles », des titres très complexes et très risqués qui ont siphonné l’épargne (environ 26 milliards d’euros…) de quelque 710 000 familles… [5] Les banques leur ont fait croire qu’il s’agissait de placements à revenus fixes à risque zéro. Alors que ces « participations préférentielles » ne sont pas protégées par le fonds de garantie des banques. En cas de manque de liquidités, celles-ci ne sont donc pas obligées de rendre le capital initial, ni même les intérêts.

Ce « scandale du siècle » a démontré que les victimes espagnoles de tromperies bancaires ne peuvent compter ni sur la protection de la Banque d’Espagne, ni sur celle de la Commission nationale du marché des valeurs (équivalent de l’Autorité des marchés financiers). [6] Ni, bien entendu, sur celle du gouvernement de Mariano Rajoy, qui continue d’aider massivement les banquiers tout en poursuivant une politique austéritaire très brutale avec les citoyens. Mariano Rajoy a même demandé à l’Union européenne un crédit d’environ 100 milliards d’euros destiné à étayer le système bancaire menacé de banqueroute. En même temps, les banques espagnoles favorisaient la fuite massive de capitaux à l’étranger. De janvier à septembre 2012, quelque 220 milliards d’euros ont ainsi officiellement fui l’Espagne [7]… Une somme deux fois supérieure à l’aide demandé à l’UE pour sauver le système bancaire espagnol. Au cours des derniers mois, à l’échelle internationale, les scandales financiers n’ont pas cessé. Rappelons, pour mémoire, quelques uns des plus marquants : la banque HSBC a été accusée de blanchir les colossales sommes d’argent de la drogue des narco-trafiquants du Mexique. Lancée dans des spéculations démentielles, la JP Morgan a pris de tels risques qu’elle a perdu environ 7,5 milliards d’euros et ruiné des centaines de clients… C’est également ce qu’a fait la Knight Capital qui, en une seule nuit, a perdu 323 millions d’euros à la suite d’une spéculation automatique à haute vitesse pilotée par ordinateur.

Mais le scandale qui provoque la plus grande colère à l’échelle mondiale est celui du Libor. De quoi s’agit-il ? L’Association des banquiers britanniques propose chaque jour un taux interbancaire appelé « London Interbank Offered Rate » ou Libor. Le calcul de ce taux est effectué par l’agence Reuters qui, quotidiennement, demande à une vingtaine de grandes banques à quel taux elles ont obtenu un crédit. Et elle établit une moyenne. Comme c’est le taux auquel se prêtent des liquidités les banques entre elles, le Libordevient une référence fondamentale pour l’ensemble du système financier mondial. Il sert notamment à déterminer les taux (variables) des crédits immobiliers auxquels empruntent les familles (en zone euro, l’équivalent du Libor est l’Euribor, calculé sur la base de l’activité d’une soixantaine de grandes banques). Toute variation du taux du Libor – aussi petite soit-elle – peut entraîner des conséquences gigantesques puisqu’on estime que, à l’échelle de la planète, le volume des crédits liés au Libor dépasse les 350 000 milliards d’euros… Quelle était la fraude ? Plusieurs des banques qui servent de référence pour établir le Libor se sont concertées et ont décidé en commun de mentir sur leurs taux, faussant ainsi tous les contrats dérivés, soit notamment les crédits accordés aux familles et aux entreprises. Et cela durant des années. Les investigations en cours ont démontré qu’une dizaine de grandes banques internationales – Barclays, Citigroup, JP Morgan Chase, Bank of America, Deutsche Bank, HSBC, Crédit Suisse, UBS (Union des Banques Suisses), Société Générale, Crédit Agricole, Royal Bank of Scotland – se sont organisées entre elles pour manipuler leLibor. Cet énorme scandale montre que la délinquance se trouve au cœur même des finances internationales. Et que, probablement, des millions de foyers ont payé des intérêts de crédit immobilier faussés. Nombre de familles ont dû renoncer à leurs logements. D’autres en ont été expulsées parce qu’elles ne parvenaient plus à payer des intérêts artificiellement manipulés [8]. Une fois encore, les autorités chargées de veiller au bon fonctionnement des marchés ont préféré fermer les yeux. Nul n’a été condamné, à l’exception de quatre comparses [9]. Toutes les banques impliquées poursuivent leurs activités comme d’habitude.

Jusqu’à quand les démocraties pourront-elles supporter une telle impunité ? En 1932, aux États-Unis, le président Herbert Hoover chargea Ferdinand Pecora, fils d’immigrés italiens devenu procureur de New York, d’enquêter sur la responsabilité des banques dans les causes de la Grande Crise de 1929. Le rapport de Pecora fut dévastateur. Il qualifia les banquiers new-yorkais de « banksters » (banquiers gangsters). Sur la base de ce rapport, le président Franklin D. Roosevelt prit la décision de protéger les citoyens contre les risques de la spéculation financière. Il sanctionna l’ensemble du secteur bancaire en lui imposant le « Glass-Steagal Act » qui établit (jusqu’en 1999) une incompatibilité entre deux sortes d’activités : les banques de dépôts et les banques d’investissement. Qu’attendent les gouvernements de la zone euro pour adopter une mesure identique ?

medelu.org

[1] Lire Greg Smith, Pourquoi j’ai quitté Goldman Sachs, JC Lattès, Paris, 2012. Lire aussi un entretien avec l’auteur :madeinusa.blogs.nouvelobs.com

[2Página 12, Buenos Aires, 13 mars 2012

[3El País, Madrid, 2 mai 2012

[4] En se basant sur ce déplorable rapport, certains « analystes » espagnols affirmaient – il y a à peine quinze mois – que le système bancaire espagnol figurait parmi « les plus solides du monde »… Voici, par exemple, ce qu’écrivait, à cet égard, un « journal de référence » : « En fait, les grandes banques espagnoles remplissent largement les exigences en matière de capitaux propres, ce qui leur permet de résister à toute éventuelle dégradation extrême de la conjoncture économique au cours de deux prochaines années. » (El País,15 juillet 2011)

[5lexpansion.lexpress.fr

[6] Plusieurs associations ont mis à disposition des victimes leurs services juridiques. Par exemple : l’Asociación de Usuarios de Bancos, Seguros y Cajas de Ahorro (ADICAE) (adicae.net), et l’Unión de Consumidores de España (uniondeconsumidores.info)

[7Cinco dias, Madrid, 21 octobre 2012

[8] L’Espagne possède l’une des législations les plus dures en la matière. En cas d’impayés, la restitution du logement ne suffit pas à clore le dossier. La banque exige que la famille continue de payer le crédit jusqu’au bout… Depuis 2008, les juges espagnols ont ordonné plus de 400 000 expulsions, jetant des dizaines de milliers de familles à la rue

[9] La banque Barclays a été condamnée à payer une amende de 365 millions d’euros. Elle a licencié son président Marcus Agius. Son directeur général, Bob Diamond, considéré comme l’un des principaux responsables de la fraude, a été contraint à la démission… moyennant des indemnités estimées à 2,5 millions d’euros

Source 

Espagne: le début de la révolution mondiale?

Nous sommes des personnes ordinaires, lassées de souffrir des conséquences d’un système conditionné et contraint par les marchés, système qui à tous les égards ne peut être soutenable et nous a rendu victimes d’une grande arnaque appelée « la crise ». Nous nous unissons pour rédiger ce manifeste et invitons tous les citoyens à se joindre à nos revendications.

Nous considérons que la situation a passée toutes les limites du tolérable, et pensons être victimes d’une attaque sans précédent du pouvoir économique qui utilise la crise comme prétexte pour ruiner nos vies. Les coupables sont ceux qui, avec la complicité de toutes les forces politiques représentées au parlement, ont constitué cette oligarchie intouchable qui manipule tous les pouvoirs de l’Etat pour maintenir ses privilèges et son enrichissement démesuré et illicite.

Aujourd’hui, il n’est plus possible d’occulter cette gigantesque fraude sociale, faite de trahison systématique des engagements électoraux et d’absence de sanction judiciaire pour les banquiers, les politiciens et les grands patrons coupables. Nous voyons à quel point la structure corrompue et immorale du pouvoir instaure des politiques mettant en péril nos droits et nos vies, et à quel point nous subissons une répression injustifiable quand nous demandons un changement.

Nous pensons que le problème est d’une telle envergure et que ces racines sont si profondes que la solution ne peut provenir de réformes basées sur le système politique actuel et c’est pourquoi nous exigeons :

– La démission du gouvernement en place et du chef de l’Etat, ainsi que la dissolution de l’assemblée, du fait de leur trahison préméditée qui a conduit le pays et l’ensemble des citoyens au désastre.

– L’ouverture d’un processus constituant démocratique, permettant de rédiger une nouvelle Constitution avec la participation de tous les citoyens, afin qu’elle leur appartienne, car nous ne reconnaissons aucun caractère démocratique au texte constitutionnel actuel, qui rédigée dans le dos des citoyens, consacre la domination des héritiers du franquisme et de ceux pactisant avec eux. Ce doit être le peuple qui détermine le modèle d’organisation social dans le lequel il veut vivre, et non l’inverse.

– L’audit de la dette publique d’Espagne, avec un moratoire sur son paiement jusqu’à ce que soit déterminée clairement les parties de celle-ci qui n’ont pas être payées par la nation car ayant servi des intérêts privés utilisant le pays pour ses propres fins et non pour celles de l’ensemble des citoyens. Nous exigeons également le procès de toutes les personnes suspectes de telles manœuvres, et le fait que leurs biens soient engagés si elles étaient déclarées coupables.

– La réforme de la loi électorale pour un nouveau processus électoral qui représente véritablement la volonté du peuple à chaque élection, ceci étant nécessaire pour faciliter le développement d’un processus constituant démocratique.

– L’arrêt immédiat de toutes les coupes budgétaires et de toutes les réformes qui sont contraires à l’état de bien-être car elles entrainent une restriction des droits et des libertés des citoyens : prises avec l’excuse de la crise, elles sont non seulement un désastre pour le pays, mais en plus elles ont été imposées en trahissant la volonté du peuple.

– Une profonde réforme fiscale qui fasse payer le plus à ceux qui obtiennent le plus de bénéfices de la société. Nous exigeons également l’abrogation de l’amnistie fiscale décrétée par le gouvernement, dont l’injustice est une véritable tromperie vis-à-vis des citoyens honnêtes.

– La suppression de tous les privilèges de ceux qui ont des charges politiques ou publiques, et la mise en place de mécanismes efficaces pour le contrôle de l’accomplissement de leurs fonctions.

– L’arrêt immédiat de toutes les expulsions des logements, et la mise à disposition pour la population, au prix du logement social, des logements appartenant aux banques et aux caisses qui ont été aidées avec de l’argent public.

– La création de nouveaux emplois dont la première condition soit le caractère soutenable et la finalité le développement de l’humanité. Ainsi, la gestion cohérente des emplois doit se faire de façon à ce que toute la population puisse travailler pour vivre et ne soit pas obligée à perdre sa vie à la gagner. Le fait que nous soyons obligés de travailler toujours plus est une énorme tromperie, soutenue par l’avarice des grands intérêts et contraire à ceux de la plupart des gens.

Pour toutes les raisons exposées ci-dessus, nous convoquons les citoyens le 25 septembre 2012 devant les portes de l’assemblée, pour une manifestation illimitée jusqu’à la démission du gouvernement et l’ouverture d’un processus constituant, en faisant appel à l’union de toutes les luttes pour une société plus juste.

¡Nous sommes la majorité, nous sommes le peuple, nous avons raison, et nous ne vous permettrons pas de passer !

Source 

L’Europe centrale et orientale dans le «nouvel ordre mondial»

Peter Bachmaier
Translated by Horizons et débats

La mondialisation dans le sens actuel a commencé avec la libéralisation du commerce mondial et avec la mise en place du néolibéralisme par les USA et la Grande-Bretagne. Celle-ci est étroitement liée au terme «nouvel ordre mondial», que le président Bush a forgé en septembre 1990 après l’effondrement du bloc de l’Est lors d’un discours devant le Congrès américain et Bush ajouta en expliquant: «Un nouvel ordre mondial dirigé par les USA». C’est le système international que nous avons jusqu’à présent.

Le renversement en 1989 avec l’aide de l’Occident

Le changement essentiel dans le nouvel ordre mondial était l’expansion de l’Occident vers l’Europe centrale et orientale, qui était jusqu’en 1989 sous la domination de l’Union soviétique, mais Gorbatchev «renonça» à ces pays le 2 décembre 1989, lors de la Conférence de Malte avec le président Bush sur ces pays, et c’est pourquoi ils font aujourd’hui également partie de l’empire américain. L’effondrement du bloc de l’Est et le renversement en 1989 remontait à la faiblesse du système, mais aussi au «facteur occidental», avant tout à l’offensive des USA sous le gouvernement Reagan. La révolution n’aurait jamais abouti, dans la plupart des pays de l’Europe centrale et orientale, sans l’influence américaine. La Charte 77 en République tchèque et Solidarnosc en Pologne n’auraient pas pu survivre sans le soutien américain.
L’influence culturelle occidentale joua dans cette victoire un rôle décisif, ce qu’on nomme aujourd’hui le «soft power», avant tout l’influence de la culture pop, qui pénétra tout à fait légalement à travers la radio, la télévision, les films d’Hollywood et l’échange culturel et répandit «les valeurs occidentales». Cependant, ce n’était pas la culture européenne classique, mais celle du libéralisme, de l’individualisme, du matérialisme et d’Hollywood.

Le nouvel ordre mondial en Europe centrale et orientale après 1989

Le nouvel ordre mondial, qui a été introduit après le tournant en Europe centrale et orientale, signifia la mise en place du modèle néolibéraliste, la dictature de l’argent, qui a les caractéristiques suivantes: libéralisation complète de l’économie, démantèlement de la propriété et privatisation, démantèlement de l’Etat et dérégulation, la mise sous tutelle du pays sous le contrôle du capital étranger et finalement l’intégration politique dans le système occidental, dans l’UE, l’OTAN, l’OMC. La réforme a été contrôlée par le Fond monétaire international et la Banque mondiale et liée à des conditions politiques.

Suprématie des Etats-Unis

Les fondements intellectuels et les objectifs du nouvel ordre mondial après 1989 ont été élaborés par le «Council on Foreign Relations» (CFR), ce sont des documents tels que le «Projet pour le nouveau siècle américain», qui a été conçu sous la direction de William Kristol et Richard Perle pour justifier la fin de «l’époque de la paix de Westphalie» et du droit international. En 2001, le président Bush se retira sur recommandation de ce groupe de projet du contrat américain concernant le bouclier anti-missile (ABM) avec la Russie qui prévoyait une limitation des systèmes anti-missiles. Un des architectes du nouvel ordre était également Zbigniew Brzezinski, qui exigeait dans son livre «Le grand échiquier: l’Amérique et le reste du monde» («The Grand Chessboard»), paru en 1997, le partage de la Russie ou La Stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis en 2002 et la «Vision 2015», publiée par la CFR en 2008.
Le résultat n’était pas la création d’une classe moyenne productive et constructive en tant qu’échine de la nouvelle société, mais d’une «élite indépendante étrangère» (Brzezinski), d’une classe de «nouveaux riches» qui sont sous le contrôle du FMI. Leurs enfants étudient aujourd’hui dans des universités d’élite en Angleterre et aux Etats-Unis, pour en revenir avec une «nouvelle conscience».


Zbigniew Brzezinski avec Osama Bin Laden

L’UE – un projet américain


Un pilier du nouvel ordre est l’Union Européenne, qui à l’origine était un projet américain, élaboré par Jean Monnet, qui en vérité était un banquier américain et un lobbyiste de Wall-Street. Le projet prévoyait l’édification des Etats-Unis d’Europe sous le contrôle américain et la dissolution des Etats nationaux. Dans les Traités de Maastricht en 1992, de Copenhague en 1997 et de Lisbonne en 2007, les directives suivantes ont été fixées: essentiellement le néolibéralisme avec ses quatre libertés et la dissolution des Etats nationaux. Les décisions ne seront pas prises par le Parlement européen mais par la Commission européenne, donc d’un appareil administratif non élu. L’objectif est encore l’Etat supranational centralisé avec une constitution unifiée qui a été décidée à Lisbonne et un gouvernement économique.
L’Europe centrale et de l’Est ont été intégrées par l’OTAN et l’UE au système occidental. L’élargissement à l’Est a été réalisée grâce aux programmes PHARE, Tempus et avant tout aux traités d’adhésion à l’UE en 2004 et 2007, et aujourd’hui il existe le «partenariat oriental» pour les pays en dehors de l’UE.

Le changement des valeurs: Education pour la «société ouverte»

Le nouvel ordre mondial veut aussi créer une nouvelle culture, qui remplace le système traditionnel des valeurs avec son accentuation sur les idéaux nationaux, l’histoire, la religion et la famille: Il vise à imposer une société libérale, séculaire et multiculturelle. En 2005, le politologue américain Joseph Nye forgea pour cela le terme «soft power». Son livre porte le sous-titre «The Means to Success to World Politics». L’UE a déposé ses valeurs dans la Charte des Droits fondamentaux de 2000, qui est surveillée depuis 2007 par l’Agence européenne des droits fondamentaux siègeant à Vienne. Celle-ci s’occupe avant tout de la surveillance du racisme, de la xénophobie et de la discrimination sexuelle, de la religion et l’orientation sexuelle. La culture n’est plus depuis longtemps l’affaire des Etats nationaux, il existe ici une direction générale de la commission de l’UE pour la culture, les médias et le système éducatif, qui gère les programmes culturels sur cinq ans et le programme «Télévision sans frontières».

L’influence des groupes occidentaux sur les médias

Les médias en Europe centrale et orientale sont pratiquement guidés par des groupes médiatiques occidentaux: par la News Corporation de Rupert Murdoch, par le groupe Bertelsmann SA (à qui appartient «Gazeta Wyborcza», le plus grand quotidien polonais ainsi que Fakt, le plus grand journal à sensation), par le groupe Springer (détenteur du prestigieux quotidien polonais «Rzeczpospolita»), le groupe WAZ, le groupe médiatique suisse Ringier et les Editions Styria autrichiennes, actives dans l’Europe du Sud. Les maisons de presse occidentales s’orientent avant tout vers le marché et ont imposé un journalisme qui a peu à voir avec l’information, mais beaucoup plus avec la sensation chargée d’images. Mais le système éducatif est lui aussi guidé par les études de PISA et le processus de Bologne qui visent à uniformiser le système éducatif dans le sens d’une formation axée sur le marché.

La société multiculturelle

La société multiculturelle est fixée entre autre par la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales de 1995, qui prévoit une valorisation des minorités et en fait une égalité avec la population majoritaire. Un exemple est l’Université albanaise Tetovo en Macédoine, dont l’enseignement est en albanais et d’où sortent des diplomés universitaires instruits en albanais au sein d’un Etat ayant une population slave-orthodoxe. C’est le programme de la sécession qui se produira comme au Kosovo, où il a débuté lorsque les Albanais ont commencé à fréquenter davantage les écoles albanaises et n’ont plus appris la langue serbe.

Le rôle des ONG

Les Organisations non gouvernementales (ONG) jouent un grand rôle dans ce changement culturel, aussi appelées le «troisième secteur», comme la «société ouverte» de Soros (importante agence globale qui a ouvert dans tous les pays de l’Europe centrale et orientale des instituts, par exemple à Budapest, déjà en 1984) et qui défend une société globale détachée de ses traditions nationales; de même avec les fondations américaines comme la National Endowment for Democracy, la Fondation européenne de la culture à Amsterdam et beaucoup d’autres. L’Occident installe des institutions élitaires privées comme l’Université d’Europe centrale à Budapest, la Nouvelle école pour la recherche sociale à Varsovie, l’Université américaine de Blagoevgrad à Sofia en Bulgarie, qui doivent toutes former une nouvelle élite. L’instauration des écoles et universités privées est une particularité du nouveau système éducatif. En Pologne, il y a actuellement environ 200 universités privées, pour la plupart des universités de sciences économiques, qui prélèvent des frais d’études et en échange garantissent à leurs étudiants un diplôme.

Le rôle de l’Autriche

L’Autriche avait depuis toujours des relations économiques et culturelles étroites avec l’Europe centrale et de l’Est, mais elle a été utilisée comme tête de pont de l’Occident. Après 1989, l’expansion des banques autrichiennes vers l’Est (Raiffeisen) a joué un grand rôle. L’Autriche a obtenu de l’UE la tâche de répandre la culture moderne occidentale par l’Organisation «Kulturkontakt» dans ces pays.
L’Autriche joue aussi un rôle dans la politique d’information: L’Autriche officielle entretient des relations uniquement avec les médias de masse pro-occidentaux dans les pays de l’Europe centrale et orientale. C’est pourquoi elle n’a pas d’informations indépendantes. Dans les instituts comme l’IDM (Institut pour l’espace du Danube et de l’Europe centrale), IWM (Institut d’études supérieures en sciences humaines et sociales), l’Académie diplomatique etc., on n’invite que des personnes ayant un point de vue politiquement correct. Une position anti-mondialiste ou anti-européenne n’est pas souhaitée, par exemple on n’a jamais invité Richard Sulík en Autriche, bien qu’il ait été président du parlement. On a l’impression que l’opinion publique de ces pays soutient uniquement l’UE et l’Amérique.

Les révolutions oranges

En réalité, l’élargissement vers l’Est n’a pas toujours été sans accroc. Là où cela n’a pas fonctionné, on a mis en place des révolutions oranges comme en Serbie en 2000 (où l’on s’est servi de l’organisation Otpor), en Géorgie en 2003, en Ukraine en 2004, en Biélorussie en 2006; là, la révolution n’a pas marché et c’est pourquoi Obama a infligé de nouvelles sanctions contre le pays et l’UE s’y est jointe.

Opposition continue contre la politique européenne

Les gens étaient en 1989 contre la dictature de la Nomenclatura et pour l’Europe, mais aujourd’hui, ils ont perdu leurs illusions et veulent l’indépendance nationale, ils sont contre le centralisme de Bruxelles. Ils sont tombés de mal en pis. L’Europe centrale et orientale sont aujourd’hui l’établi prolongé de l’Occident.
Il existe une opposition renforcée contre la politique de l’UE, avant tout contre le centralisme croissant. Pendant la crise de l’euro, une opposition contre le plan de sauvetage et l’union fiscale s’est créée en Slovaquie (le parlement sous la présidence de Sulík rejeta le plan de sauvetage en octobre 2011), en République tchèque, qui n’a pas signé l’union fiscale, en Hongrie sous Orbán, en Slovénie, où le parti de l’opposition conservateur de Janez Janša refusa le plan de sauvetage, et de forts mouvements d’opposition existent aussi en Serbie, où le Parti radical serbe, le plus grand parti du pays, a tenu le 29 février une grande manifestation pour protester contre l’adhésion à l’UE, en Pologne, où le parti Droit et justice a émis un avis critique contre l’UE et dans les pays baltes. En Croatie aussi, la mauvaise humeur contre l’UE était si forte que la majorité lors du référendum n’a abouti que parce que la moitié des électeurs sont restés chez eux.
Dans les pays baltes, des banques suédoises, qui de leur côté sont liées au FMI, dominent. La thérapie de choc, c’est-à-dire l’expérience néolibérale, arrive dans les pays baltes lentement à sa fin car le PIB recule et le chômage se situe à 15%, et en Lettonie, le plus grand parti est de nouveau le parti russe qu’on ne laisse cependant pas gouverner. Les gouvernements des trois pays ont tout misé sur l’adhésion à la zone euro, car ils attendent ainsi la guérison de tous leurs problèmes.

Le sondage Eurobaromètre sur le jugement de l’économie

Selon le sondage Eurobaromètre qui recueille l’opinion de la population dans les différents pays, il y a eu en République tchèque, et en Hongrie, Lettonie et Estonie en 2008, moins de 50% des gens qui approuvaient l’UE, et ils ont été un peu plus de 50% en Pologne, en Slovaquie et en Lituanie, et la tendance ne s’est certainement pas améliorée depuis lors. 1
Dans le dernier sondage de l’Eurobaromètre de décembre 2011, l’approbation de l’UE n’a plus été relevée, mais entre 60 et 90% des personnes interrogées dans les dix pays répondaient à la question «Comment jugez-vous la situation économique de votre pays?», par «mauvaise», et à la question «Croyez-vous que le pire arrivera encore sur le marché du travail?», le même pourcentage répondait par «oui». 2 Le chômage se situe dans tous les pays de l’Est de l’UE, excepté en République tchèque et en Slovénie, entre 10 et 15%. 3

Alternative: opposition nationale
C’est pourquoi, l’alternative est le maintien de l’Etat national, une opposition contre la mondialisation et une coopération avec la Russie et d’autres pays d’Europe de l’Est. L’Autriche, qui dispose d’une longue tradition dans les relations avec les pays d’Europe centrale et de l’Est, devrait construire en tant qu’Etat neutre une alliance avec ces pays en contrepoids à l’Occident. •

Exposé tenu lors d’une soirée d’information et de discussion «Hongrie versus mondialisation».
Initiative Heimat und Umwelt, Kolpinghaus, 6/3/12
(Traduction Horizons et débats)

1 Die Presse, 26/06/08
2 Eurobaromètre, décembre 2011
3 eurostat, 1/3/12


Courtesy of Horizons et débats
Source: zeit-fragen.ch
Publication date of original article: 07/05/2012
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La faim pousse encore une fois les Européens vers l’Amérique Latine

par Vicky Peláez

« Marcheur si tu vas par ma terre
conte ma longue nostalgie
Que je passe mon temps, en regardant au loin
En espérant un jour qu’une lettre arrive »
Horacio Guaraní 

La sévère crise économique qui secoue les États-Unis et spécialement l’Union Européenne, en détruisant en passant la classe moyenne et en transformant les pauvres en indigents, a obligé des milliers d’hommes et de femmes à grossir les files de nouveaux immigrants appelés les « réfugiés de la crise ».

Il n’y a pas de mots exacts pour exprimer ce que cela signifie pour l’homme et ce qu’il ressent de se voir obligé de laisser son pays natal et ses êtres chers. Le poète paraguayen, Fernando Fernández a dit dans son poème « Être Immigrant » ce que cela implique de :

« se risquer dans l’inconnu en cherchant son horizon avec meilleur futur
qui t’offre un avenir où déjà ne manque pas le pain pour les tiens ».

Les nouveaux candidats à l’émigration ne sont pas des latinoaméricains faisant de longues queues dans les consulats étasunienne ou espagnols, mais des Européens et spécialement, des Espagnols, Grecs, Italiens, Irlandais et Portugais, cherchant leur chance en Amérique Latine.

Ont aussi commencé à retourner vers leurs terres, ces Latinoaméricains qui dans les années 1980 et 1990 ont fui la violence et la misère dans laquelle leurs pays étaient plongés. Maintenant la situation est renversée et tandis que l’Europe expérimente une pente vertigineuse due à la dépression, l’Amérique Latine montre une croissance économique stable.

La mondialisation a commencé après la Deuxième Guerre mondiale d’abord, avec la destruction de la famille traditionnelle en Amérique du Nord et en Europe qui fut perçue par les créateurs de ce processus, à l’instar de leurs conseillers psychologues, comme un frein pour la main-d’oeuvre facilement mobile d’un lieu à un autre du pays ou de la planète.

Maintenant avec cette crise le tour est arrivé pour les pays européens les plus vulnérables économiquement de perdre leur souveraineté. L’intention de la chancelière allemande Angela Merkel de nommer un contrôleur de l’Union Européenne (UE) pour contrôler le budget du gouvernement de la Grèce et qui a catégoriquement échoué, indique clairement où va le processus de mondialisation.

Les mesures d’austérité et les prêts aux banques qui dépassent le million de millions d’euros sans aucun plan concret pour la croissance économique et pour le remboursement de ces prêts, détruisent les structures socio-économiques des pays européens.

Selon les statistiques de l’UE, le nombre de pauvres a augmenté entre 2007 et 2009 de 85 à 115 millions et il est estimé actuellement à environ 120 millions. Face à ce fait, il ne reste aux gouvernants pas d’autre alternative que dire aux jeunes, comme l’a exprimée l’ex-banquier et actuel Premier ministre italien Mario Monti que ceux-ci doivent perdre l’habitude d’ avoir un travail fixe qui « est monotone » et que c’est « bien mieux d’accepter des défis ».

Ce que Mario Monti a oublié de dire, c’est qu’en Italie il y a près d’un million de jeunes entre 25 et 35 ans ayant une formation professionnelle qui ne peuvent trouver d’emploi. Et que dire de ceux qui n’ont pas de profession ?

De cette façon, il ne reste aux jeunes aucune autre alternative professionnelle que d’abandonner leur pays où le taux du chômage, comme en Espagne, est déjà proche de 30 % et, pour les jeunes tourne autour de 40 % sans qu’aucune perspective de solution ne soit en vue. Selon un rapport de la BBC, en 2011, 445 130 étrangers et 62 611 citoyens espagnols ont fui l’Espagne. Le Recensement électoral des Espagnols Résidants à l’Etranger montre que depuis le début de la crise en 2008, plus 300 000 personnes ont abandonné le pays. En même temps, l’étude d’Adecco montre qu’autant se préparent à abandonner le pays. La majorité se dirige actuellement vers des pays latinoaméricains au lieu des États-Unis, de l’Allemagne, du Royaume-Uni ou de la Norvège comme le faisaient leurs prédécesseurs.

Le Brésil est l’un des pays qui offre le plus d’occasions aux professionnels grâce au boom de son économie et aux facilités qu’offre le gouvernement. La politique de l’ex-président Luiz Inácio Lula da Silva et de l’actuelle présidente Dilma Rousseff, d’affronter la crise mondiale grâce au développement du marché interne en stimulant la consommation domestique avec audace et discipline porte ses fruits. Malgré tous les pronostics pessimistes de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International, l’économie du Brésil a progressé ces trois dernières années de plus de 5 % par an. Aussi il n’est pas étonnant qu’un professionnel de la banque gagne plus à San Paolo qu’à Wall Street. Selon le conseil en recrutement Michael Page, 30 % des candidats pour des postes au Brésil sont espagnols, portugais et français, sans prendre en considération les professionnels brésiliens qui reviennent de l’étranger.

Un autre pays qui attire les professionnels européens est l’Argentine. Pour la deuxième fois après la Guerre civile, l’Amérique Latine et spécialement l’Argentine tend la main aux émigrants espagnols qui cherchent un avenir sûr. Actuellement sut les 1 389 916 Espagnols qui vivent à l’étranger, 22 % sont en Argentine et seulement entre 2010 et 2011 environ 50 000 professionnels espagnols, notamment venant de la Galice, sont arrivés dans le pays à la recherche d’un emploi et d’un salaire digne. Le pays gauchoprospère grâce à son propre programme économique pratiquement contraire aux recettes de la BM et du FMI, ignorant l’austérité démesurée imposée par les banques en Europe face à la dépression et renforçant l’État de bien-être du peuple.

L’Amérique Latine devient « El Dorado » moderne pour les émigrants espagnols. Ceux qui n’arrivent pas au Brésil et en Argentine vont vers l’Uruguay et le Chili. Selon les statistiques d’Immigrations de ces pays, en 2011 on a enregistré l’arrivée de 6 800 Espagnols pour l’Uruguay et 6 400 pour le Chili. La majorité sont des spécialistes en énergie, environnement, ingénierie, informatique, pêche et agroalimentaire, la majorité ont trouvé un emploi.

Les anciens grecs disaient que « la mémoire est une soeur du temps et parfois celle-ci se perd dans les bras de son frère ». Il y a peu les immigrants latinoaméricains qui cherchaient aussi un avenir différent en Espagne ont été traités avec arrogance et un certain mépris en étant appelés des « sudacas ». Maintenant ce sont les « sudacas » qui offrent un gilet de sauvetage aux Espagnols et ils n’ exigent même pas de visa pour arriver, cependant cela continue d’être presque impossible pour certains Latinoaméricains d’obtenir un visa pour l’Europe. Paradoxalement la Russie est l’unique pays où ils peuvent arriver sans visa.

L’humanité apprendra-t-elle une fois cette leçon pour sortir du cercle vicieux du racisme et de l’inégalité ?

RIEZ Novosti . Russie, le 10 février 2012

elcorreo.eu.org

A(H1N1): EUROPE, OCTOBRE 2009

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Pour ceux qui suivent de près l’actualité, voici quelques nouvelles d’Europe concernant la «pandémie» de grippe. Le texte m’a été envoyé par Madame Sophie Guillot.

La plupart des Européens sont très sceptiques sur ce fameux vaccin et c’est tant mieux !

Alors du coup les labos tentent de rassurer en nous disant soudain qu’une seule dose suffit, les ministres modèrent leurs propos en disant qu’ils n’ont pas été alarmistes mais juste prudents etc… même que les vaccins sans adjuvants semblent plus demandés. Toujours est il que nous avons encore du boulot à faire pour expliquer à la population que tous les vaccins en tous temps sont une belle saloperie ! Mais bon, déjà là ils se méfient un peu plus que ce qu’ils ont fait par le passé. Le vaccin hépatite B dans le milieu des années 90 a si bien été accuielli que 30 millions de français sont tout de même spontanément allés se faire injecter ce foutu poison. Mais précisément le nombre de victimes que cela a fait , ça, il  y en a pas mal qui s’en souviennent, tous ceux qui  ont eu des proches qui ont subi les conséquences directes ne sont pas prêts d’oublier ça…

http://www.leparisien.fr/grippe-a/monde/vaccins-contre-la-grippe-a-les-pays-europeens-font-campagne-12-10-2009-671997.php

Vaccins contre la grippe A : les pays européens font campagne

Les Européens sont-ils prêts à se faire vacciner contre la grippe A (H1N1) ? Rien n’est moins sûr. A tel point que les ministres européens de la Santé cherchent désormais à convaincre leurs concitoyens, dont beaucoup s’interrogent sur les effets secondaires des vaccins, qui sont en cours de livraison.

Alors que la Suède a débuté lundi les injections, la ministre de la Santé publique, Maria Larsson, a dit espérer «que les gens veulent toujours être vaccinés».

A l’occasion d’une réunion spéciale consacrée à la grippe avec l’ensemble de ses homologues européens, la ministre a confié que «l’épidémie ne nous a pas frappés autant que nous le pensions». «Nous devons écouter les experts qui disent : ce n’est pas le moment de baisser la garde», a-t-elle insisté, en admettant qu’un récent sondage auprès des Suédois indique que la population est désormais moins encline à se faire vacciner.

Le vaccin immunise dès la première dose

L’épidémie de grippe est en effet loin de battre son plein en Europe, une situation due en partie à une météo clémente. Parallèlement, plusieurs pays, dont la France et l’Allemagne, assistent à une montée de défiance à l’égard des nouveaux vaccins, souvent dotés de conservateurs ou d’adjuvants (qui augmentent la réponse immunitaire mais peuvent avoir des effets secondaires chez les femmes enceintes notamment).

Bonne nouvelle néanmoins pour les réfractaires aux injections : les trois vaccins déjà autorisés dans l’UE immunisent les patients dès la première dose au lieu des deux initialement prévues, viennent de trancher les fabricants. C’est ce qu’a annoncé lundi la commissaire européenne à la Santé Androulla Vassiliou. «Cela veut dire que le coût de la grippe va baisser», a-t-elle commenté. Et si l’avis des fabricants sur le dosage est approuvé, «beaucoup d’Etats européens seront en mesure de rendre une partie de ces vaccins disponibles pour d’autres pays membres de l’UE», s’est t-elle réjouie, alors que cinq d’entre eux -les pays baltes, la Bulgarie et Malte – n’ont encore passé aucune commande.

«C’est une grippe, pas la peste ni le choléra»

«La communication est très délicate, puisque nous disons au grand public qu’il s’agit d’une grippe et pas de la peste et du choléra», a convenu le ministre luxembourgeois de la Santé Mars di Bartolomeo. Mais «le taux d’attaque de la grippe, disent les experts, est plus agressif que celui d’une grippe normale saisonnière», a-t-il prévenu.

Face au caractère bénin de l’épidémie, la ministre française de la Santé, Roselyne Bachelot, a défendu lundi devant la presse sa stratégie : une communication intense et la commande de 94 millions de vaccins. «Je n’ai jamais tenu un discours alarmiste, mais un discours responsable. J’ai tout de suite dit que le virus était peu sévère mais très contaminant», a-t-elle précisé.

Devant ses homologues, elle a concédé que «la question des adjuvants (…) reste une source de préoccupation pour nos concitoyens et peut représenter un frein important à l’adhésion à la vaccination». Mais il s’agit avant tout d’être «plus pédagogique», a-t-elle jugé, reconnaissant qu’elle avait encore du travail pour convaincre les professionnels de la santé eux-mêmes.

La composition des vaccins fait polémique en Allemagne

Une polémique sur la composition des vaccins a également éclaté lundi en Allemagne, l’armée ayant confirmé que les soldats allemands envoyés à l’étranger allaient bénéficier de vaccins du fabricant américain Baxter, sans adjuvants et présentant donc moins d’effets secondaires potentiels. «Tous les vaccins sont sûrs», a dû se défendre à Luxembourg la ministre allemande de la Santé Ulla Schmidt.

SOPHIE GUILLOT