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Les rêveurs décarbonisateurs

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Les députés ont voté vendredi soir en commission la fin de la vente des véhicules à carburants fossiles (essence, diesel et gaz naturel) d’ici à 2040, lors de l’examen du projet de loi d’orientation des mobilités (LOM). L’OBS

Voté? Jusqu’à maintenant, voter n’est pas une action, c’est une prière de parlement. Pas un de ces siégeants ne sera là en 2040, ou alors ils se déplaceront en voiture chinoise, La Wong V. Il aurait fallu en parler au délicat Donald Trump pour connaître son opinion par  twitter, une autre « invention » inutile qui vaut dans les 18 milliards de dollars américain. La richesse des américains ( ou étasuniens) est dorénavant une création (sic) de vide ou d’armes réelles et sophistiquées. Ajoutons Google, Amazon, Microsoft, et ce cher Facebook, et nous voilà dans une ère de vide dont la nature a tant horreur. Vive les poirotiers, les carotiers, les patatiers, les laitueciers, etc.

Nous sommes des adolescents programmés, soumis à la virtualité. La viduité marquera le 21 ième siècle autant que la Ford-T qui s’est transformée en un vaisseau spatial sur asphalte.

Je ne sais comment on va convaincre une industrie aussi braque de fermer ses usines ou de nous vendre un produit électrique roulant de par des centrales nucléaires ou de charbons. Mais pour le moment, voter ne nous fait pas avancer…

Tous ces gens sans solutions réelles devraient avoir un siège muni d’un pédalier muni d’une dynamo… reliée à leur cerveau. Un peu d’étincelle ne leur nuirait pas.

Gaëtan Pelletier  ( Inventeur du bouton à un trou)

Alain Deneault: Capitalisme, environnement, crise, etc.

Pourquoi tout va s’effondrer

Sans lendemain…

Le secret des substances chimiques associées à la fracturation hydraulique

par Alfredo Jalife-Rahme

Alors que la campagne médiatique en faveur de l’exploitation des gaz de schistes se poursuit dans le monde anglo-saxon et ses alliés, un rapport parlementaire états-unien de 2011, tenu secret jusqu’à aujourd’hui, révèle les prétendus « secrets commerciaux » et autres « produits exclusifs » de la fracturation hydraulique. Il s’agit en réalité de substances cancérigènes ou polluantes, presque toutes interdites.

Réseau Voltaire | Mexico (Mexique) | 6 juin 2014

Toute l’industrie pétrolière et gazière des États-Unis s’est lancée dans une colossale campagne publicitaire visant à vanter les prétendus avantages de la fracturation hydraulique, une technique susceptible de faire de la Roumanie « l’Arabie saoudite du XXIe siècle ».

Ainsi, la récente livraison de la revue bimestrielle Foreign Affairs, porte-parole du très influent Council on Foreign Relations (Conseil des relations étrangères, CFR en anglais), considère sans détour la très controversée technique de la fracturation hydraulique comme la nouvelle arme énergétique et géostratégique des États-Unis [1].

En revanche, la critique de cette technique nuisible -extraction de grandes quantités de gaz de schiste par injection massive d’eau et de substances chimiques secrètes- formulée en majeure partie par les milieux scientifiques (géologues, sismologues, chimistes, etc.) n’a pu trouver un écho favorable ailleurs que dans les publications universitaires, comme les revues Science et Proceedings of the National Academy of Sciences, dont les articles ne sont pas adéquatement diffusés par les médias contrôlés par les ploutocraties états-uniennes du gaz et du pétrole.

La critique a reproché à l’inquiétante fracturation hydraulique d’être à l’origine de tremblements de terre -ce que nie, de façon absurde, la très complaisante Commission nationale (sic) des hydrocarbures mise sur pied par le « Mexique néolibéral d’obédience itamiste [2] » sous la houlette des États-Unis-, de causer l’épuisement et la pollution de l’eau (alors que les États-Unis vivent la pire sécheresse des cent dernières années) et de favoriser le réchauffement planétaire en raison des émissions massives de méthane que cette technique produit.

Il ne manque -ou plutôt manquait- que l’identification de la centaine de substances chimiques « secrètes » qui sont injectées en même temps que l’eau.

Un premier rapport dressant l’inventaire à l’échelle nationale des substances chimiques dont se servent les entreprises du domaine de la fracturation hydraulique a pourtant été rédigé par le Congrès des États-Unis et publié avec un retard de trois ans.

Le mystère entourant l’identification de ces substances chimiques a finalement été élucidé par un rapport rédigé en 2011 par des députés démocrates de la Chambre des représentants des États-Unis siégeant à la commission de l’Énergie et du Commerce, mais révélé simplement maintenant.

La commission en question brocarde l’« innocuité de la fracturation hydraulique », ainsi que le secret qui entoure les substances chimiques utilisées avec les liquides : « aux États-Unis, entre 2005 et 2009, les 14 principales entreprises du domaine de la fracturation hydraulique ont utilisé plus de 2 500 produits chimiques contenant 750 composés parmi lesquels 650 contenaient des substances chimiques considérées comme étant des agents cancérigènes ou de dangereux polluants atmosphériques ».

Où en est cette inquiétante situation aujourd’hui, à cinq ans de distance ?

La commission dénonce l’utilisation d’une grande partie de ces substances chimiques au motif qu’elles « constituent un risque considérable pour la santé humaine et l’environnement ».

Les multinationales pétrolières et gazières, comme Halliburton et Schlumberger, utilisent pour la fracturation hydraulique des produits « contenant 29 substances chimiques ayant trois caractéristiques :

Elles sont reconnues comme étant cancérigènes pour les êtres humains ;

Elles sont assujetties à la Loi sur le contrôle de la qualité de l’eau (Safe Drinking Water Acten anglais) en raison des risques qu’elles comportent pour la santé publique ;

Elles figurent sur la liste des polluants atmosphériques établie par la Loi sur l’air pur.

Par conséquent, pendant le laps de temps susmentionné, les entreprises du domaine de la fracturation hydraulique ont utilisé 95 produits contenant 13 substances cancérigènes différentes, dont le naphtalène, le benzène et l’acrylamide.

Les entreprises qui « ont utilisé le plus grand volume de liquides contenant une substance cancérigène ou plus sont celles du Texas, du Colorado et de l’Oklahoma ».

Or, le Texas, tout comme le Nouveau-Mexique, est frontalier avec le « Mexique néolibéral d’obédience itamiste » qui a adopté la fracturation hydraulique sans égard pour la santé des habitants des États de Tamaulipas, de Nuevo León, de Coahuila, de Chihuahua et de Sonora en raison de la couardise de ses gouverneurs qui sont pris en otage par le budget fédéral.

La majeure partie des substances chimiques prétendument réglementées en vertu de la Loi sur le contrôle de la qualité de l’eau ont été les composés connus sous le nom de BTEX (benzène, toluène, xylène et éthylbenzène).

Selon le département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis, le Centre International de Recherche sur le Cancer et l’Agence pour la protection (sic) de l’environnement (EPA en anglais), « le benzène est une substance cancérigène pour l’être humain » et « l’exposition chronique au toluène, à l’éthylbenzène ou au xylène peut également endommager le système nerveux central, le foie et les reins ». Rien que cela !

Les multinationales du domaine de la fracturation hydraulique « ont injecté dans le sous-sol de 19 États plus de 30 millions de gallons de carburant diesel ou de liquide en contenant » avant que l’EPA publie en 2004 un rapport indiquant que « l’utilisation de carburant diesel dans les liquides servant à la fracturation hydraulique représentait la principale menace des nappes phréatiques », dans la mesure où il contient des substances toxiques, dont les BTEX.

Dans le même laps de temps, les multinationales ont utilisé « 595 produits contenant 24 polluants atmosphériques différents, et notamment le fluorure d’hydrogène, le plomb et le méthanol ».

Le fluorure d’hydrogène est « extrêmement corrosif et il s’agit d’un poison systémique » potentiellement mortel.

Le plomb est un métal lourd « particulièrement nuisible au développement neurologique des enfants » et qui, en outre, « peut causer des problèmes de santé chez les adultes, comme des dérèglements du système reproducteur, de l’hypertension et des troubles nerveux ».

Le méthanol est un polluant atmosphérique toxique « présent très souvent dans les produits de la fracturation hydraulique ».

Ainsi, le fait que « diverses substances chimiques présentes dans les liquides de la fracturation hydraulique utilisés par les entreprises » aient été considérées comme des « secrets commerciaux » ou des « produits exclusifs » est tout simplement une aberration.

Bien sûr, la commission en question a demandé aux multinationales du domaine de la fracturation hydraulique de lui divulguer la composition de ses produits pour s’informer sur « les secrets commerciaux et les produits exclusifs » utilisés, mais elles ont puérilement déclaré être dans l’impossibilité de le faire « faute de ne pas connaître la composition des produits pour les avoir achetés tels quels aux fournisseurs ». Ça se passe de commentaires !

Les membres de la commission en ont conclu qu’il « semble que les entreprises du domaine de la fracturation hydraulique injectent de liquides qui contiennent des substances chimiques inconnues et qu’il leur est difficile de connaître les risques que ces substances présentent pour la santé humaine et l’environnement ». Ces entreprises jouiraient-elles, par hasard, d’un passe-droit néolibéral texan ?

Paradoxalement, le dérangeant rapport se révèle plein d’enseignements pour des apprentis sorciers comme les partisans du « Mexique néolibéral d’obédience itamiste » qui croient au mirage de la pseudo « révolution énergétique du XXIe siècle » construit sur la très controversée exploitation du gaz de schiste -à mon sens, une vulgaire bulle financière créée de toutes pièces par Wall Street- qui porte atteinte à l’intégrité de la biosphère, l’espace où cohabitent l’ensemble des êtres vivants de la planète.

Jusqu’ici, tout pays soucieux de la santé de ses citoyens aurait décrété un moratoire sur la fracturation hydraulique en attendant de déterminer si le jeu en vaut la chandelle. En bioéthique, cette façon de faire est légitimée au nom du « principe de précaution ».

Alfredo Jalife-Rahme

Traduction

Arnaud Bréart

La Jornada (México)

Documents joints

j 

 

j « Chemicals used in hydraulic fracturing », Report by US House of Representatives Committee on Energy and Commerce Minority Staff, April 2011 

(PDF – 161.2 ko)

[1] La livraison de mai/juin 2014 de Foreign Affairs comporte un dossier sur ce sujet : « Power to the People. What Will Fuel the Future ? », par Gideon Rose et Jonathan Tepperman ; « Welcome to the Revolution. Why Shale Is the Next Shale », par Edward L. Morse ; « The United States of Gas. Why the Shale Revolution Could Have Happened Only in America », par Robert A. Hefner III ; « Don’t Just Drill, Baby – Drill Carefully. How to Making Fracking Safer for the Environment », par Fred Krupp. 

[2] L’Instituto Tecnológico Autónomo de México (ou Itam) est la plus prestigieuse unité privée d’Amérique latine. Elle fournit l’essentiel des diplomates mexicains et une grande partie des élites économiques. Son influence au Mexique est comparable à celle de l’École nationale d’administration (Éna) en France.

 

voltairenet.org

Nous, les détrivores

A partir de 1776 l’utilisation de la machine à vapeur de Newcomen, améliorée par James Watt, mena à une dépendance in crescendo de l’énergie fossile, qui donna provisoirement à un nombre croissant de groupes humains des pouvoirs énormes. Avec les développements technologiques qui sont arrivés plus tard, l’Homo Colossus s’est épris durant les neuf générations suivantes, de l’illusion de ne pas connaître de limitations.
William R. Catton, Jr. (2009)

Après la Révolution Industrielle, les êtres humains sont devenus une espèce détritivore, c’est à dire, une espèce qui base son alimentation sur les détritus. Cette dénomination provient de « Overshoot : The Ecological Basis of Revolutionary Change » du sociologue américain William Catton, né en 1926 aux États-Unis, qui étudie depuis les années 70 du siècle dernier la sociologie de l’environnement et de l’écologie humaine. En tant que pionner, cet ouvrage a marqué date en 1980 dans la littérature de la science écologique en montrant que l’humanité était en train de dépasser la capacité de charge de la planète. Ce livre a eu récemment (2009) une suite, intitulée « Bottleneck : Humanity’s Impending Impasse », qui constitue le testament intellectuel, à la fois lucide et amer, de Catton, où le professeur émérite de l’Université de Washington, au lieu de nous avertir, comme il avait fait dans son ouvrage précédent, il constate que rien ne s’est fait depuis pour retourner la situation ou éviter le dépassement sans limites de la race humaine, en analysant dans le détail la manière dont l’arrogante exubérance (hybris) de l’Homo Colossus nous conduit directement à un col de bouteille évolutif qui pourrait entraîner la disparition de notre espèce ou, au moins, une réduction brutale dans le nombre d’êtres humains sur notre planète.

Les détritus dont on se nourrit ne sont autres que le pétrole et le gaz naturel, les trésors fossiles que notre espèce a appris à exploiter et qui ont permis que dans une période de seulement deux cents ans (!), on ait multiplié par sept le nombre de la population mondiale, lequel jusqu’au XIXe siècle est toujours resté en dessous d’un milliard de millions de personnes. Ce chiffre apparaît donc comme la capacité maximale de charge (carrying capacity) qui aurait la planète pour soutenir notre espèce à travers les apports constants d’énergie provenant du sol. L’apport extra qui a entraîné l’énergie fossile (d’abord le charbon, ensuite le pétrole et le gaz naturel) nous a permis d’élargir énormément notre niche écologique ainsi que déborder ce chiffre d’une façon étonnante, mais d’une manière provisoire. L’endroit qui avait hébergé à peine mille millions, tout d’un coup (en termes historiques) a dû laisser de la place à sept mil millions d’habitants. En 1920 nous étions encore à deux millions, alors que tout au long du XXe siècle nous avons dépassé le triple de ce chiffre ! Le graphique de la population mondiale depuis 1800 constitue un exemple de manuel de ce qui serait la croissance exponentielle. Et si l’on y ajoute le graphique de la consommation totale d’énergie (ou bien celui de la consommation per capita), on comprendra comment a-t-elle été possible : la co-relation est absolue. En fait, on pourrait même calculer d’où sont sortis tant d’êtres humains en termes physiques : les molécules d’azote contenues dans les corps humains qui habitent hic et nunc notre planète-sous forme d’ADN et d’aminoacides qui constituent le tissus de notre masse musculaire, par exemple- sont sorties surtout-environ le 50%, calcule-t-on- du gaz naturel, principalement du méthane, qui a été transformé en fertilisant azoté au moyen de ce qu’on a nommé la réaction de Haber-Bosch, et ceux-là sont devenus des nourrissants végétaux et animaux au moyen de l’agriculture et de l’élevage industrieux. C’est cette disponibilité de méthane et de pétrole -de l’énergie solaire préhistorique emmagasinée sous forme chimique au long de millions d’années- qui nous aurait permis d’agrandir la capacité de charge de la planète et d’aller au-delà de notre limite naturelle de mille millions d’habitants. Il y a des voix qui affirment, en termes assez révélateurs, que l’agriculture moderne consisterait à se servir de la terre pour transformer le pétrole en nourriture. C’est comme cela que ce qu’on a appelée la Révolution Verte, aurait pu aussi bien se nommer, de manière plus exacte, la Révolution Noire, en raison de la couleur du pétrole -de même que celle du futur auquel elle nous condamnait. En quelques décennies seulement, des centaines de milliers de tracteurs, récolteuses et autres machines agricoles se sont répandus au quatre coins du monde, des tonnes de fertilisants synthétiques ont été introduits dans des terras épuisées, des millions de véhicules de transport, industries de traitement et de distribution alimentaire, des centaines de chaînes de supermarchés et de centres commerciaux, sont devenus le mécanisme créé par notre civilisation afin d’exploiter cette énergie fossile et de la transformer en nourriture pour un nombre toujours croissant d’êtres humains. Les améliorations dans la qualité de vie associées également à cette surabondance énergétique -comme des services techniques de santé publique, des produits pharmaciens de synthèse et des matériaux de l’industrie pétrochimique, entre autres- ont possibilité pas seulement qu’ils soient nés et que l’on puisse nourrir un plus grand nombre de gens mais aussi qu’on puisse vivre dans des meilleures conditions matérielles, surtout dans les pays appartenant au monde occidental, riche et industrialisé. Bien sûr, tout cela a été permis par un système économique et social orienté au profit à court terme et embarqué dans une incessante croissance économique, au moins apparente, mesurée celle-ci quantitativement selon la quantité de biens et de services produits grâce à cette surabondance énergétique et qui étaient consommés par la croissante masse humaine des travailleurs consommateurs.

D’une manière aussi tragique que prévisible, cela ne pouvait pas durer longtemps et c’est ce qui a essayé de nous expliquer Catton déjà en 1980, et avant lui, le couple Meadows e Jorgen Randers -auteurs de « Limits to Growth » (1972)- et pendant les décennies qui vinrent plus tard, un nombre toujours plus nombreux de scientifiques, philosophes ou écologistes. Le pétrole d’abord et puis le gaz naturel, devaient atteindre au bout d’un temps à leur limite maximale d’extraction et à partir de là, leur disponibilité commencerait à décroître, tout le système industriel fondé sur eux, le système agroalimentaire inclus, s’effondrant avec. C’est ce qu’on connaît aujourd’hui sous le nom de peak oil, peak gas, peak coal… Et bien d’autres piques ou toits d’extraction de matériaux et de ressources énergétiques limités. L’espèce qui finit de se nourrir de ses sources énergétiques renouvelables -on ne peut pas oublier que la nourriture est de l’énergie endosomatique-, c’est à dire, celles dont chaque cycle annuel dispose grâce au sol et à la base photosynthétique de la chaîne trophique, pour passer à se nourrir d’un riche et abondant détritus non renouvelable, la dite espèce expérimentera une croissance explosive (exponentielle) dans sa population. Mais en même temps, cette espèce qui devient détritivore se condamne à un collapsus démographique au moment où le détritus atteint un certain degré d’épuisement, comme il se passe parmi d’autres populations animales dont les insectes lorsqu’ils deviennent une plaie : une fois épuisé l’excédant de nourriture, ils meurent massivement : « We are the locust », comme dit Adolf Doring, auteur du documentaire Blind Spot (2008)… « Nous sommes la sauterelle ».

Nous devons donc envisager le fait que notre espèce subira à un certain moment une chute terrible de sa population, une énorme mortalité, une die-off. Parmi les auteurs qui ont analysé cette question il n’existe pas de consensus à propos de quel serait le niveau de descente de la population humaine après la disparition de ce support énergétique fossile provisoire et limité, mais on peut énumérer quelques facteurs à tenir en compte : 1) Sans les fertilisants synthétiques, il manquerait le nitrogène pour la moitié des corps humains existants : de là peut-on en déduire que quand celui-ci manquera, plus de 3,5 mille millions d’habitants ne pourront plus exister. 2) La population humaine préindustrielle a toujours été en dessous de mille millions : cela semble être le toit naturel de notre espèce, ou au moins le toit historiquement constaté. 3) Les avances dans la connaissance scientifique dans des aires comme la Médecine, la Biologie, la Chimie, l’Édaphologie, l’Écologie, voire des techniques un peu underground telles que la permaculture, associées à une plus grande connaissance de l’efficacité et de la durabilité des différents systèmes agricoles traditionnels tout au long de l’histoire de l’humanité, pourraient en théorie servir d’une sorte de contrepoids à la chute de population et de nous faire monter un peu jusqu’à notre limite naturel, à condition que l’on soit capable de sauvegarder collectivement cette connaissance et de l’appliquer avec justesse dans un contexte de descente énergétique accélérée et de collapsus à multiples niveaux. 4) Cependant le dépassement des bornes (le overshoot dont Catton parlait) aurait des conséquences sur la base naturelle qui soutient la population (le sol fertile, la biodiversité, l’eau potable, le climat…), et pendant plusieurs décennies -au moins- après le collapsus, il est possible que cette base de ressources ne récupère pas le niveau qui permettrait supporter les mille millions d’humains sur la planète… Ou encore que l’on ne récupère jamais ou que cela reste endommagé pour plusieurs siècles à cause de la pollution, perte de sol fertile, changement climatique et d’autres facteurs négatifs d’origine anthropogénique de long impact. Autrement dit, ce qu’on pourrait en théorie compenser au moyen de notre connaissance scientifique actuelle (ce qu’on sait faire) pourrait se perdre à cause de l’endommagement de l’environnement (qui limite ce qu’on peut faire). 5) Le prévisible collapsus de la civilisation industrielle associé à l’ankylose des ressources énergétiques fossiles aura certainement des conséquences qui heurteront sur le niveau démographique directe et négativement : des guerres pour les dernières ressources (énergie, matières primaires, eau, terrains fertiles), conflits sociaux, détérioration des conditions de vie, catastrophes industrielles dues au manque d’entretient et de matériaux avec de graves répercussions dans l’environnement et la santé pour des millions de personnes (on s’en souviendra de Bhopal, Tchernobyl, Deep Horizon, Fukushima…), une plus grande augmentation de la pollution dans la vaine tentative de continuer avec un système inviable/insoutenable (par exemple, à travers la substitution partielle du pétrole par le charbon ou par des techniques comme le fracking), perte de la capacité de régulation et de contrôle des différents États sur les activités polluantes et sur la sûreté des populations, et un long et sombre et cætera.

En résumé : on ne sait pas jusqu’à où pourrait tomber le nombre de la population humaine, par contre on sait que cela se produira certainement. On ne peut savoir le rythme auquel se produira cette descente, même si les chiffrés apportés par certains auteurs pourraient indiquer que cette chute se complétera en moins d’un siècle. Il paraît bien clair cependant quelles seront les voies parmi lesquelles se manifestera ce collapsus de population, car on compte sur les expériences historiques d’autres civilisations humaines et des populations animales qui ont collapsé dans le passé, beaucoup d’entre elles sont en relation avec le 5e facteur déjà expliqué : 1) Le manque de nourriture sera certainement un des chevaliers de cette Apocalypse auto induite, comme on vient de commenter, quand l’actuelle agro-industrie intensive et fossile dépendante cessera d’être soutenable. 2) On sait que les guerres pour les ressources sont un facteur que notre violente espèce difficilement pourra éviter, et en fait on en train de le subir à différents degrés depuis le commencement de la Révolution Industrielle, avec deux guerres mondiales et d’innombrables conflits locaux. 3) De son côté, la détérioration/dégradation générale des conditions de vie impliquera une augmentation de la mortalité difficile de quantifier ; la pollution sera sans doute décisive dans cette ankylose de la population, au moyen de l’extension du cancer, des problèmes hormonaux et de fertilité, maintes intoxications de maladies d’origine environnementale ; comme les levures à l’intérieur d’une bouteille de jus de raisin, on finira par se noyer dans nos propres résidus alcoolisés et carboniques après le festin de sucre. 4) Le collapsus des villes, dont le fonctionnement dépend totalement de l’approvisionnement permanent de nourriture et d’énergie provenant de l’extérieur, et où habite plus de la moitié de la population mondiale, entraînera une grave crise démographique qui sera à l’origine d’un exode probablement chaotique de milliards de millions de personnes de retour à la campagne en quête de soutien et de travail, avec des prévisibles conflits de toute sorte, aussi lent que cela pourrait se passer, et qui pourront provoquer la mort d’une partie considérable des anciens citoyens. 5) L’augmentation des infections, épidémies, parasitoses, etc. -qui sont en train de se produire par des facteurs de pré-collapsus comme le changement climatique, la résistance aux antibiotiques ou les mutations des agents infectieux-, sera à chaque fois plus difficile d’éviter avec les systèmes sanitaires en faillite et cela coûtera un nombre augmentant de vies, provoquant la descente de la population. 6) Le changement climatique sera une voie indirecte par laquelle nos résidus (dans ce cas, les gaz d’effet de serre) réduiront la capacité de la planète de supporter notre espèce : moins de lieux habitables, moins d’eau potable, augmentation des incendies dans les bois et des phénomènes météorologiques extrêmes, perte de biodiversité, désertification, érosion, destruction des écosystèmes, problèmes pour les cultives des espèces agricoles… ; cela sans compter les possibles re-alimentations positives qui pourront accélérer le réchauffement globale (par exemple, la redoutée fonte du permafrost arctique et la conséquente libération massive de méthane à l’atmosphère) et rendre tout d’un coup la planète inhabitable. 7) Des accidents dans des installations telles que des barrages hydroélectriques ou des centrales nucléaires, dus soit aux phénomènes atmosphériques, mouvements sismiques, orages géomagnétiques du niveau de celles que l’on a connu auparavant-le nommé l’Évènement de Carrington (1859) pourrait provoquer un désastre à niveau mondiale s’il se répétait aujourd’hui-, soit au simple endommagement entropique des structures pas compensé avec un entretien chaque fois plus coûteux en termes aussi bien économiques qu’énergétiques. 8) Détérioration générale des structures économiques et sociales, avec des millions de personnes exclues et incapables de s’y adapter, engluées par des moyens et des lieux de vie insoutenables, circonstance qui est en train de conduire au suicide à certains et à l’endommagement générale de leur santé physique et mentale pour la plupart. 9) Descente de la natalité en raison des mauvaises perspectives économiques et à cause de la pollution chimique, quoique cela pourrait se voir compensé par l’accès de plus en plus difficile aux moyens de contraception modernes et pour la tendance au retour des familles nombreuses pour compenser le manque de soutien de l’état (sécurité sociale, retraite payée…) et des énergies fossiles pour le cultive mécanisé des terrains.

Face à cette terrible perspective, ce sont notre instinct de survie et notre sens éthique qui nous réclament une solution, une voie, quelque chose qui minimise cette mortalité massive à venir ou qui puisse au moins éviter la complète extinction de notre espèce. Certes, il semble très difficile d’entrevoir quelque chose qui ressemble à un espoir, mais le premier pas consiste à reconnaître la situation dans ses termes véritables et puis lutter contre le gigantesque et multiforme mensonge qui nous barre le chemin. Ce mensonge mortel se serait introduit dans notre pensée à plusieurs niveaux : 1/ Niveau politique et économique) Ceux qui détiennent le pouvoir voudront le garder à tout frais et par-dessus de tout dans ce naufrage de la civilisation, et pour cela il leur faut tromper la population aussi longtemps que possible, pendant qu’ils se replacent face à l’étape post-capitaliste et s’emparent de tout, aux dépends de ceux qui sont en dessous et aux dépends d’autres pays. C’est comme cela que l’on doit interpréter l’actuel saccage de l’argent et des services publics, l’accaparement général de terrains fertiles à niveau mondial, les essais de contrôler l’eau et la semence, et toutes ces manœuvres géopolitiques autour des pays exportateurs d’énergie. 2/ Niveau sémiotique culturel) La culture de masses créée depuis les années 50 du XXe siècle à partir de cet engrenage monstrueux et ubiquiste nommé publicité, insérée dans la cervelle de la population au moyen de la télévision, qui promet la continuité et l’amélioration permanente, en promouvant des valeurs suicides telles que la consommation irrationnelle, l’individualisme et la hyperspécialisation. 3/ Niveau psychologique) La résistance mentale elle-même, la dissonance cognitive qui nous empêche d’accepter une réalité qui heurte contre notre modèle mental de représentation du monde, avec nos expectatives, avec les comptines que depuis l’enfance nous ont modelé le cerveau à niveau sémiotique culturel et qui renvoient à cette idée de progrès continu et irréversible, de croissance sans limites, de l’exceptionnalité de notre espèce et de sa séparation et maîtrise sur le reste du monde naturel, du pouvoir magique de la science et de la technologie, de l’ infinitude des ressources… Au cas où cela ne suffisait pas, notre génétique serait le fruit de millions d’années de lutte individuelle et collective contre des périls palpables et immédiats (un déprédateur, une tribu envahissante, un feu, une crue…), par conséquent nous sommes câblés du point de vue neuronal pour bien réagir face à ces menaces et nous adapter à des conditions muables dès qu’elles se présentent. Mais fatalement cela n’implique pas que l’on sache réagir à l’imprévu, aux menaces invisibles, aux conditions qui n’ont pas encore mué. L’évolution ne nous a pas capacité pour nous anticiper, pour être prévoyants, et nos gènes nous paralysent en nous disant : il ne se passe rien, ne réagis pas.

Sans nous délivrer de ces mensonges (externes et internes, sociaux et psychologiques) il semblerait naïf d’envisager une autre fin de notre histoire que celle de la catastrophe la plus complète. Ceci dit, si l’on devrait commencer cette libération quelque part, ce serait par la base de cette erreur colossale de notre espèce : si on veut éviter le destin des détritivores, il faut d’abord cesser de nous nourrir du pétrole, ce qui ne veut pas dire que l’on passe à consommer seulement de la nourriture locale et produite sans frais d’énergie et des fertilisants fossiles, mais plutôt que nous réduisons de manière drastique et massive notre consommation dans tous les domaines, c’est à dire, notre trace énergétique totale. Mais la solution individuelle n’assure-t-elle pas la survie : cette réduction doit être accomplie par toute notre espèce, d’une manière coordonnée, organisée et en redistribuant avec justice les ressources qui restent pour égaler autant que possible les niveaux matériels de vie de tous les êtres humains, afin de satisfaire les besoins primaires du plus grand nombre de personnes à niveau mondiale, sans discriminations. Sinon, ce serait arrêter notre consommation pour que d’autres puissent en profiter pour consommer davantage et plus longtemps – cela serait peut-être, ce que certains en cherchent de façon dissimulée. Bien entendu, on parle d’une politique de Décroissance menée de façon démocratique contre la politique génocide d’un capitalisme sauvage en décomposition. Bien sûr, on parle d’une Utopie, mais d’une Utopie indispensable pour éviter notre extinction.

Manuel Casal Lodeiro pour Ecopolítica.

Ecopolítica. España, 15 janvier 2014.

elcorreo.eu.org

La voiture à air

CityFlowAIR Voiture à air : MDI et Tata Motors passent la secondeLa voiture à air comprimé est un peu l’arlésienne de l’industrie automobiledes 20 dernières années. Après la signature d’un accord avec le géant indienTata Motors en 2007, les deux partenaires passent désormais – enfin? – à la seconde phase et étudient l’industrialisation des deux concepts testés.Lors de sa présentation en 1998 au mondial de Paris, le taxi à air comprimé de Guy Nègre avait plus amusé que véritablement séduit. L’idée même que l’on puisse se déplacer rien qu’avec de l’air sous pression paraissait alors relever de la supercherie. Persévérant, Guy Nègre réussissait néanmoins à convaincre un important constructeur, l’Indien Tata Motors, d’investir dans le projet et de procéder à des tests grandeur nature pour envisager à moyen terme une commercialisation en Inde. Ainsi fut fait en 2007 avec le développement de la OneFlowAIR ainsi que de la CityFlowAIR.OneFlowAIR Voiture à air : MDI et Tata Motors passent la seconde

Après 5 ans de tests et de validation du concept, Tata Motors et MDI sont maintenant en phase d’industrialisation en vue d’une commercialisation « sous quelques années » d’au moins un des deux véhicules testés. Ce sera probablement la OneFlowAir, sorte de Méhari des temps actuels, qui sera commercialisée en premier. Pour rappel la OneFlowAIR devrait être commercialisée autour de 5 à 6000 euros et permettre de couvrir entre 100 et 130 km rien qu’avec l’air comprimé contenu dans le réservoir de 300 litres. Comme sur certains modèles électriques, un moteur d’appoint tournant à régime constant optimal permet en option de recompresser de l’air qui devient alors disponible pour la propulsion. Avec ce mode bi-énergie, la OneFlowAIR est donnée pour 900km avec une consommation de moins de 2 litres aux 100 km.

AirPod Voiture à air : MDI et Tata Motors passent la seconde

A noter que MDI continue de commercialiser et de promouvoir l’AirPod partout dans le monde. Après Nice et la côte d’Azur, l’œuf urbain de MDI continue sa carrière et tente de s’attaquer à la métropole lilloise. L’AirPod a désormais son dessin définitif qui a beaucoup évoluédepuis sa première apparition. Tout comme le Twizy il appartient à la catégorie des quadricycle légers non polluants et pourrait/devrait séduire les agglomérations soucieuses de diminuer la pollution atmosphérique des centres-villes. Le réservoir se recharge en quelques minutes ce qui en fait un atout non négligeable par rapport à l’électrique, mais il y a aussi la possibilité de le brancher sur une prise de courant ce qui alimente un compresseur intégré.

Reste qu’après 20 ans de travail et de combat, Guy Nègre et son moteur à air comprimé n’est toujours pas pris au sérieux et a encore un très long chemin à parcourir s’il veut convaincre de son efficacité. Gageons que l’industrialisation en Inde d’au moins un véhicule sera un signal fort en ce sens.

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Source et photos : MDI

L’avenir énergétique du Québec ne se trouve pas dans le pétrole

Gabriel Manzano St-François – Étudiant de biologie à l’Université de Montréal

Le 6 juillet 2013, 47 personnes sont mortes dans l’explosion causée par le déraillement d’un train rempli de pétrole. Les grands médias ont donc fait valoir que le transport du pétrole par pipeline était la méthode la plus sécuritaire. Le pipeline Keystone XL, autorisé récemment par TransCanada et appuyé par les partis d’opposition, servira d’ailleurs bientôt à transporter le pétrole des sables bitumineux de l’Alberta jusqu’au Nouveau-Brunswick.

 

Cependant, ce moyen de transport n’est pas sans risque. Les déversements surviennent assez souvent. La compagnie Enbridge est d’ailleurs responsable à elle seule de plus de 800 déversements qui totalisent 6,8 millions de gallons de pétrole. La compilation faite par l’Institut Polaris s’arrête en mai 2010 et ne tient pas compte du déversement de Kamazoo en juillet 2010, qui représente à lui seul 3,7 millions de litres de pétrole. La facture de nettoyage du déversement de Kamazoo s’élève à 1 milliard et le nettoyage, qui dure depuis trois ans, n’est pas encore terminé.

 

La compagnie Enbridge pourrait faire beaucoup mieux pour limiter ses impacts sur l’environnement : parmi ses 125 stations de pompage, 83 n’ont pas de boutons d’arrêt d’urgence pour prévenir les déversements, une règle pourtant obligatoire depuis 1994. Si vous vous demandez pourquoi cette entreprise n’est pas punie, la réponse se trouve probablement du côté du gouvernement conservateur.

 

Enbridge n’est pas la seule entreprise à se soucier très peu de l’environnement. Le 1er juin dernier, 9,5 millions de litres de pétrole se sont échappés d’un pipeline du nord-ouest de l’Alberta : 42 hectares de milieux humides ont été affectés, soit l’équivalent de 54 terrains de football. L’entreprise responsable de la fuite, l’entreprise texane Apache, n’a rapporté la fuite que 10 jours plus tard.

 

Aux États-Unis, en 2012, il y eut 364 déversements de pétrole qui correspondent à 54 000 barils de pétrole déversés. C’est près de 11 millions de litres d’eau toxique provenant des bassins de décantations des sables bitumineux qui s’écoulent chaque jour dans la forêt boréale et la rivière Athabasca. Cela représente 4 milliards de litres d’eau toxique par année. Des 9000 incidents recensés qui sont survenus depuis 1996, des actions ont été prises dans seulement 0,9 % des cas.

 

Des hausses impressionnantes

 

Le pétrole émet 37 % plus de gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel et est responsable du tiers des augmentations d’émissions de gaz à effet de serre au Canada depuis 1990. Les lobbies du pétrole ont beau affirmer que les sables bitumineux ne représentent que 0,16 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, celles dues à l’exploitation des sables bitumineux d’Alberta totalisaient 55 mégatonnes de CO2 en 2011. À l’échelle nationale, cela représente plus que les émissions de gaz à effet de serre de l’ensemble du parc automobile canadien qui ont émis 41 mégatonnes de CO2 pendant la même année. Ces émissions de gaz à effet de serre dues aux sables bitumineux sont en hausse de 6 % par rapport à 2010 et de 62 % par rapport à 2005. L’alimentation du pipeline Keystone XL nécessitera une augmentation de la production des sables bitumineux de 36 %, ce qui produira une augmentation de gaz à effet de serre qui équivaut à 4,6 millions d’automobiles sur la route.

 

L’industrie des sables bitumineux souhaite tripler sa production d’ici 2030. Selon l’Institut Pembina, cette croissance entraînerait des augmentations de 150 % de la production de déchets toxiques dus à l’exploitation des sables bitumineux, de 250% de la production de gaz à effet de serre et de 170 % de l’utilisation d’eau douce, de 230 % des émissions d’oxyde d’azote, de 160 % des émissions de dioxyde de soufre et de 190 % des matières particulaires. C’est sans compter les 30 millions d’oiseaux qui mourront d’ici 2030 en raison des sables bitumineux.

 

Ce qui disparaîtra

 

L’énergie devrait être mieux utilisée. 170 millions de mètres cubes d’eau ont été utilisés en 2011 pour extraire le bitume, soit la consommation d’eau de 1,7 million de Canadiens étant donné que les Canadiens consomment en moyenne 274 litres d’eau par habitant par jour, selon Environnement Canada. De plus, selon l’Institut Pembina, cette industrie utilise aussi 600 millions de pieds cubes de gaz naturel pour produire la chaleur pour extraire le bitume des sables bitumineux, de quoi chauffer trois millions de maisons canadiennes.

 

Le pétrole d’Anticosti est non conventionnel, comme les sables bitumineux d’Alberta. J’ai vraiment de la difficulté à comprendre comment il serait possible de pallier les émissions de gaz à effet de serre de l’exploitation du pétrole d’Anticosti seulement en investissant dans la recherche sur l’électrification des transports même si les transports représentent 40 % des émissions de gaz à effet de serre.

 

Il faut absolument trouver des moyens de se libérer du pétrole et se tourner vers des sources d’énergies alternatives. Les changements climatiques sont déjà lourds de conséquences. Les catastrophes naturelles ont entraîné le déplacement de plus de 32 millions de personnes en 2012. C’est deux fois plus qu’en 2011 où plus de 16 millions de personnes ont été évacuées.

 

On a dépassé le seuil de 400 ppm de CO2 dans l’atmosphère. Au-delà de ce seuil, les scientifiques ne savent pas ce qui va se passer dans les prochaines années. Selon eux, on assistera à un emballement du climat. Selon Hubert Reeves, de 20 à 30 % des espèces animales vont disparaître d’ici 2050. Si l’espèce humaine ne change pas ses habitudes de vie, celle-ci risque de disparaître aussi. Les gens qui comme moi sont dans la vingtaine devraient pouvoir vivre en 2050.

Gabriel Manzano St-François – Étudiant de biologie à l’Université de Montréal

Drogué au bitume: la face cachée de la prospérité albertaine

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Gabriel Nadeau Dubois,

Avec une quinzaine d’autres militants et militantes du Québec, je me suis rendu la semaine dernière à Fort McMurray en Alberta. Ce n’est pas une ville comme les autres. C’est le centre névralgique mondial de la production des sables bitumineux. Ce que j’y ai vu et entendu m’a profondément bouleversé, et la tragédie de Lac-Mégantic est venue renforcer ce sentiment. J’y reviendrai. Premier d’une série de trois textes sur ce voyage hors de l’ordinaire.

Notre avion se pose à Edmonton. Déambulant dans l’aéroport, nous croisons la boutique souvenir. Le présentoir met en vedette une série de chandails au slogan évocateur : « Got oil ? Alberta oil ! ». Je ne sais pas si je dois m’étonner : ici, le pétrole est une véritable fierté nationale. Sur la route vers le centre-ville, mon impression initiale se confirme. Les VUS sont partout. Le parc d’attractions en banlieue d’Edmonton accueille ses visiteurs avec une gigantesque et triomphante réplique d’un puits de pétrole.

Le lendemain matin, je suis en entrevue à Radio-Canada à propos de notre délégation. Sur les réseaux sociaux, les réactions sont vives : on s’insurge de notre ingérence, nous reprochant de vouloir détruire l’économie de la province en provoquant la perte de milliers d’emplois. Ils n’ont pas complètement tort. L’économie albertaine est radicalement dépendante du pétrole : 14 % des emplois en dépendent… et 50 % du PIB. La province est enfermée dans un cercle vicieux dont on n’imagine même plus la fin : plus le prix de pétrole monte, plus les opérations sont rentables, plus l’économie se centre unilatéralement sur le pétrole. Et plus il apparaît improbable de s’en départir un jour. Que fera la province lorsqu’il ne restera plus de sables bitumineux ? Personne, là-bas, ne semble se poser la question. Pour le moment, c’est le boom. Et pourtant, la fin est inévitable. La ressource s’épuisera bien un jour. La chute sera brutale.

L’Alberta est droguée au pétrole et elle est fière de l’être. Au Québec, la droite nous en parle comme d’un modèle de prospérité et de développement. La réalité est toute autre. Quand on regarde de plus près, on se rend compte que les bad trip sont fréquents et dévastateurs.

L’envers de la prospérité

Le soir avant notre départ pour Fort McMurray, nous rencontrons une jeune docteure travaillant au centre de traumatologie d’un grand hôpital d’Edmonton. Lorsqu’elle apprend que nous prenons la route le lendemain, son visage change : « Vous êtes courageux, je n’oserais jamais prendre cette route », glisse-t-elle. Chaque semaine, des jeunes hommes aboutissent dans sa salle d’urgence suite à des accidents sur la route reliant Fort McMurray et Edmonton. Et elle sait comment les reconnaître : « Ils sont sous l’effet de la drogue et de l’alcool, et ils ont des ITS », dit-elle. « Les jeunes quittent pour le Nord dès qu’ils ont leur diplôme, vont travailler dans les mines. Ils font des salaires exorbitants, alors ils s’achètent de la drogue et du sexe. Quand ils reprennent la route au volant de leur camion flambant neuf, ça se termine mal », ajoute-t-elle.

Vérification faite, son témoignage est fidèle à la réalité. Les piles d’argent qu’on entasse à Fort McMurray sont très hautes, mais elles cachent bien mal le drame humain qui s’y produit. Alors qu’il s’agit sur papier d’une des régions les plus riches du pays, on y retrouve des indicateurs sociaux qu’on associe généralement aux plus pauvres.

La route en question est en effet l’une des plus meurtrières au pays. C’est une véritable hécatombe. En entre 2006 et 2010, 93 personnes y ont perdu la vie et pas moins de 3340 collisions y ont été recensées. Les causes sont assez évidentes. Entre le 1er février et le 27 mars 2013, pas moins de 2911 constats d’infraction ont été délivrés sur cette route : excès de vitesse, conduite dangereuse et capacités affaiblies sont les raisons les plus fréquentes. En ville, la prostitution atteint des sommets, avec les problèmes de violence et de santé publique qui l’accompagne. Fort McMurray est la capitale canadienne des maladies transmissibles sexuellement. Les communautés autochtones et les travailleurs blancs sont ravagés par le sida, la gonorrhée et même la syphilis, qui fait là-bas un improbable retour en fore. Et ces statistiques ne tiennent évidemment pas en compte les femmes que le commerce sexuel amène là-bas pour servir la nombreuse et très friquée « clientèle ».

L’Alberta s’enrichit, nous dit-on, et on nous enjoint d’entrer dans la valse extractiviste en allant de l’avant avec l’exploitation du pétrole, notamment sur l’île d’Anticosti. On nous promet des décennies de prospérité, des comptes publics équilibrés et une fierté nationale renouvelée pas ces « grands chantiers ». On parle moins des effets dévastateurs de cette avalanche d’argent sur les fragiles communautés locales, en premier lieu les autochtones. Alcool, drogue, jeu, prostitution, violence : elles se déchirent de l’intérieur. Certes, les Albertains ont des gros camions et beaucoup de pétrole. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Sur ces réflexions, nous prenons la route vers le nord. Ce que nous y verrons nous marquera à jamais.

Les bourgeois veulent rouler au nègre sucré

ESCLAVE

Ce mois-ci, l’Eglise catholique du Brésil a dénoncé l’explosion du travail forcé pour répondre aux besoins des plantations de canne à sucre pour la production de bio-carburants.


Du nègre sous le capot

L’économie ne roule pas bien, mais le bourgeois veut rouler. À tout prix. L’or noir n’est pas que nappé sous terre, il est sur Terre.

Le gros bourgeois  transforme la nourriture des pauvres en carburant. Et il brûle tous les petits princes pour les mettre dans son réservoir.

Bref, le bourgeois roule aux nègres… Et aux nègres frais: des enfants.

Saisie pour la première fois pour une affaire d’esclavage, l’instance a estimé que les juges nigériens n’avaient pas rempli leur mission de protection de la victime, une Nigérienne qui avait travaillé comme esclave pendant neuf ans et avait saisi le tribunal de la Cédéao.

Selon le Bureau international du travail (BIT), le recours au travail forcé est «généralisé» en Birmanie. Pour d’autres raisons, sans doute, mais pour des raisons toutes aussi noires.

Vantez-nous les mérites du progrès et du développement durable. Le bourgeois moderne est vert, mais il broie des enfants. Il est vert…

«Plus de 27 millions d’hommes, de femmes, de garçons et de filles vivent chaque jour en situation d’esclavage», a dénoncé jeudi une experte de l’ONU à l’occasion de la prochaine commémoration, le 2 décembre, de la Journée internationale de l’esclavage.

Les pays riches comme les pays pauvres sont affectés mais «l’esclavage et les pratiques semblables à l’esclavage vont de pair avec la pauvreté, l’exclusion sociale, la marginalisation, la discrimination, le manque d’éducation, la déficience dans l’application de la loi et la corruption», a expliqué Mme Shahinian.

C’est là la partie impénétrable et hypocrite de notre monde. On ne pille pas que des vitrines chez les bourgeois trop riches et trop avides. On pille tout. Même la chair humaine. Il faudrait un Zola pour déclamer cette misère et nous déchiffrer un peu ce monde.

Soylent Green( Soleil vert)

Je vous rappelle le résumé de ce film des années 70.

«Soleil vert se déroule en l’an 2022.  Le monde baigne alors dans une étrange lumière jaune, qui a détruit la faune et la flore. Très peu de terres sont encore cultivables et les habitants qui n’ont pas les moyens d’acheter des aliments naturels mangent un aliment de synthèse, le « Soleil vert » (Soylent green), produit par la multinationale « Soylent ». Les émeutes sont fréquentes et sévèrement réprimées.

Après le meurtre d’un des dirigeants de la société Soylent, qui produit le Soleil vert, un policier en charge de l’affaire va découvrir que ce dernier n’est, contrairement à la publicité de la Soylent company, pas fabriqué à base de plancton. » ( Source, Wikipedia).

Il est fabriqué de chair humaine…

Des biscuits pour l’auto

Les habitants qui n’ont pas les moyens de s’acheter des aliments naturels mangent des aliments de synthèse.

Le riche n’a pas les moyens ou l’accès à son carburant souterrain. Il se lance donc dans la fabrication du biscuit-auto à base d’aliment naturel ( la canne à sucre) et d’un outil toujours disponible: l’esclave.

Gaëtan Pelletier 

2008