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Pourquoi tout va s’effondrer

Pascal Poot, l’homme qui fait pousser 400 variétés de tomates sans eau ni pesticides

Pascal Poot 2

Dans l’Hérault, Pascal Poot a développé une méthode qui lui permet aujourd’hui de cultiver et de sélectionner quelques 400 variétés de tomates bio sans arrosage ni utilisation de produits phytosanitaires. Celui qu’on a pris « pour un fou » inspire aujourd’hui les plus grands chercheurs.

Pascal Poot est producteurs bio de semences depuis 20 ans. Installé sur 3ha à Olmet dans les Cévennes (Hérault), il conserve environ 450 variétés de tomates (il a créé le « Conservatoire de la tomate ») et autres variétés légumières anciennes.

Dans cette région au climat très aride et à la terre pleine de cailloux, Pascal fait pousser des tomates bio. La particularité de sa production : il n’arrose pas les plants, ne les entretient pas, et n’utilise aucun engrais ni pesticide ! Et ses plants produisent jusqu’à 25 kg de tomates chacun !

Eduquer les légumes pour leur apprendre à se défendre eux-mêmes

 » Pourquoi les agriculteurs et les jardiniers se donnent-ils tant de mal à cultiver leurs légumes alors qu’à côté les mauvaises herbes poussent facilement sans rien exiger ? « C’est sur la base de ce constat que Pascal a développé une méthode qui lui permet aujourd’hui de cultiver et de sélectionner ses tomates sans arrosage (ou uniquement à la plantation) ni utilisation de produits phytosanitaires.« Tout le monde essaye de cultiver les légumes en les protégeant le plus possible, moi au contraire j’essaye de les encourager à se défendre eux-mêmes » explique Pascal dont le secret est de créer ses propres semences, résistantes à la sécheresse et aux maladies. Cette méthode lui permet d’obtenir des rendements plus élevés qu’en agriculture conventionnelle… et cela en respectant les pratiques de l’agriculture biologique.

Celui qu’on a pris « pour un fou » inspire aujourd’hui les plus grands chercheurs

« Au début on m’a pris pour un fou mais au bout d’un moment, les voisins ont vu que j’avais plus de tomates qu’eux, et jamais de mildiou, en plus, alors les gens ont commencé à parler et des chercheurs sont venus me voir »raconte Pascal Poot dans un reportage très complet sur ses techniques pour le journal Rue 89 (lire l’article sur le site rue89.nouvelobs.com).

Pascal Poot, fils d’agriculteurs et autodidacte, intervient et présente aujourd’hui le fruit de ses recherches en école d’ingénieurs agronomes et travaille en collaboration avec les organismes de recherche agronomique.

« Pascal Poot sélectionne ses semences dans un contexte de difficulté et de stress pour la plante, ce qui les rend extrêmement tolérantes, améliore leur qualité gustative et fait qu’elles sont plus concentrées en nutriment » explique Bob Brac de la Perrière, biologiste et généticien des plantes, et coordinateur de l’association environnementale Bede qui qualifie le travail de Pascal Poot d’ »unique ».

Des stages ouverts à tous pour apprendre à tous à cultiver légumes et fruitiers bio sans eau

Une partie de ces graines sont vendues dans l’illégalité, parce qu’elles ne sont pas inscrites au catalogue officiel des espèces et variétés végétales du GNIS (Groupement national interprofessionnel des semences et plants). La législation interdit de transmettre ces graines :  » Tous les semenciers ou presque ont été rachetés par des multinationales qui fabriquent des produits phytosanitaires et des engrais, leur intérêt c’est de faire en sorte que les plantes aient besoin de traitements pour pouvoir vendre leurs produits » explique Pascal Poot dans un reportage pour la chaîne Arte.

Afin de transmettre son savoir, Pascal Poot a ainsi décidé de proposer des stages ouverts aux particuliers (jardiniers ou néophytes), agriculteurs et professionnels de l’agriculture pour faire connaitre ses techniques de production de légumes et semences potagères. (inscriptions pour le stage sur le site http://www.lesavoirfaire.fr)

Sébastien, qui a effectué un stage, raconte : « Appréciant les personnalités anticonformistes, j’ai trouvé en la personne de Pascal Poot l’homme que je cherchais pour confirmer mes idées sur l’agriculture moderne et ses aberrations. A travers mon stage  » Cultiver 400 variétés de tomates sans arroser  » j’ai mieux compris le fonctionnement des plantes, et surtout j’ai pu vérifier qu’il suffisait de savoir observer la Nature pour mieux la comprendre. Donc oui c’est vrai, on peut cultiver sans eau ou presque ! En arrosant lors de la mise en terre des plants, on peut laisser la plante se débrouiller seule contre le manque d’eau et les maladies. Pour cela il suffit d’y croire et de faire confiance à la Nature, qui en 3 années de récoltes des graines donnera naissance à des plants résistants, dont les parents auront marqué le code génétique en fonction de leur contexte d’évolution. Etgrâce à des hommes comme Pascal et son équipe, nous apprécierons dans quelques années de trouver des tomates de toutes les couleurs et toutes les formes sur les marchés bio. J’ai pris part moi aussi à cette aventure en repartant avec les graines que je transmettrai à mes descendants. A la fois technique et philosophique, ce stage m’a fait autant apprécier le goût des bonnes tomates que celui des gens vrais. »

Pour en savoir plus :

– découvrez le reportage du journal Rue 89 qui est parti à la rencontre de Pascal Poot sur le site rue89.nouvelobs.com

– voir le reportage d’Arte sur Pascal Poot

ME

Pourquoi une pomme des années 1950 équivaut à 100 pommes d’aujourd’hui

Pomme

 

Mordre à pleines dents dans une pêche et avaler… de l’eau sucrée. Manger toujours plus, pour se nourrir de moins en moins. Tandis que, dans les pays développés, nosapports en calories augmentent, la plupart des aliments non transformés que nous consommons – fruits, légumes et céréales – deviennent des coquilles vides sur le plan nutritionnel. Une dizaine d’études d’universités canadiennes, américaines et britanniques, publiées entre 1997 et aujourd’hui, font état d’une dégringolade de la concentration en nutriments dans nos aliments. Ces travaux résumés dans l’étude « Still no free lunch » de Brian Halweil, chercheur au Worldwatch Institute confirment l’essor de la « calorie vide » : grasse, sucrée, mais inutile pour la santé. Même dans les aliments réputés sains, vitamines A et C, protéines, phosphore, calcium, fer et autres minéraux ou oligo-éléments ont été divisés par deux, par vingt-cinq, voire par cent, en un demi-siècle. Pour retrouver les qualités nutritionnelles d’un fruit ou d’un légume des années 1950, il faudrait aujourd’hui en manger une demi-cagette !

Vitamine C : une pomme hier = 100 pommes aujourd’hui

Hier, quand nos grand-parents croquaient dans une transparente de Croncel, ils avalaient 400 mg de vitamine C, indispensable à la fabrication et à la réparation de la peau et des os. Aujourd’hui, les supermarchés nous proposent des bacs de Golden standardisées, qui ne nous apportent que 4 mg de vitamine C chacune, selon Philippe Desbrosses, docteur en sciences de l’environnement à l’université Paris-VII. Soit cent fois moins. « Après des décennies de croisements, l’industrie agroalimentaire a sélectionné les légumes les plus beaux et les plus résistants, mais rarement les plus riches sur le plan nutritif », déplore ce militant pour la préservation des semences anciennes.

Vitamine A : une orange hier = 21 oranges aujourd’hui

Précieuse pour notre vue et nos défenses immunitaires, la vitamine A est en chute libre dans 17 des 25 fruits et légumes scrutés par des chercheurs canadiens dans une étude synthétisée pour CTV News. Le déclin est total pour la pomme de terre et l’oignon qui, aujourd’hui, n’en contiennent plus le moindre gramme. Il y a un demi-siècle, une seule orange couvrait la quasi-totalité de nos besoins quotidiens – les fameux AJR (apports journaliers recommandés) – en vitamine A. Aujourd’hui, il faudrait en manger 21 pour ingurgiter la même quantité de la précieuse vitamine. De même, une pêche des années 1950 équivaut à 26 pêches aujourd’hui.

Fer : la viande en contient deux fois moins

Au début de la chaîne, il y a la céréale. Blé, maïs et soja sont aujourd’hui plus pauvres en zinc, en cuivre et en fer qu’il y a cinquante ans. Appauvries par des décennies d’agriculture intensive et de sélections variétales, ces céréales réapparaissent dans l’auge de nos bêtes, qui, par répercussion, se trouvent moins bien nourries que leurs ancêtres. En bout de chaîne, l’animal devenu steak apportera moins de micronutriments dans nos assiettes. Tel est l’effet domino identifié par le chercheur américain David Thomas. Dans son étude [1] publiée dans la revue Nutrition et Health, il constate qu’à poids égal un même morceau de viande apporte deux fois moins de fer qu’un demi-siècle auparavant. Or, celui-ci sert à l’élaboration. Autre dommage collatéral : le lait « a perdu ces acides gras essentiels », déplore Philippe Desbrosses. Des acides essentiels à nos membranes cellulaires, notre système nerveux et notre cerveau. Naturellement présents dans l’organisme en très petite quantité, ils doivent nous être apportés par l’alimentation.

Calcium : quatre fois moins dans le brocoli

Mauvaise nouvelle. Si le brocoli figure sur la liste de ces légumes que vous ne consentez à avaler qu’en pensant à votre santé, vous n’avez pas fini de grimacer. Alors que ce chou venu du sud de l’Italie contenait 12,9 mg de calcium – allié de la construction osseuse et de la coagulation du sang – par gramme en 1950, ils n’en renfermait plus que 4,4 en 2003, selon une étude de l'[université du Texas], soit quatre fois moins. Si vous comptiez sur lui pour compenser la carence en fer de votre steak, c’est également loupé. Il vous faudrait en mettre six fois plus dans la soupe pour obtenir les mêmes bienfaits que par le passé. Sur les 25 légumes étudiés par l’équipe de recherche canadienne, 80% ont vu leur teneur en calcium et en fer décliner.

Le bio est-il une solution ?

Les facteurs de ce déclin sont multiples. Des sols plus pauvres, des végétaux cueillis trop tôt, des traitements de conservation plus fréquents, des croissances plus rapides dopées par les engrais et une réduction du nombre de variétés, sélectionnées pour leur résistance aux parasites et leur rapidité de croissance… Autant d’éléments imputables à une quête de meilleurs rendements. Résultat, « pour le maïs, le blé et le soja, plus le rendement est important, plus le contenu en protéines est faible », note Brian Halweil, dans son étude. Même schéma pour les concentrations de vitamine C, d’antioxydants et de bêtacarotène dans la tomate : plus les rendements augmentent, plus la concentration de nutriments diminue.

A contrario, « l’agriculture biologique peut contribuer à inverser la tendance », indique Brian Halweil dans son étude. De fait, à conditions climatiques équivalentes « les aliments bios contiennent significativement plus de vitamine C, de fer, de magnésium et de phosphore que les autres ». Le chercheur met pourtant en garde : « Si les agriculteurs bios développent un système riche en intrants avec des rendements comparables aux exploitations conventionnelles, le bio verra son avantage nutritionnel s’éroder. » De même, si les produits bios sont cueillis avant maturité, ils sont finalement moins riches en nutriments que des produits mûrs de l’agriculture traditionnelle. Seule stratégie pour remettre de la vie dans son assiette : choisir des aliments mûrs, produits de manière non intensive et partir à la chasse aux variétés oubliées. Une épopée.

Retrouvez toutes les études ici :
L’étude canadienne synthétisée pour CTV News
L’étude « Still no free lunch », de Brian Halweil, chercheur au Worldwatch Institute
[L’étude de l’université du Texas]
L’étude américaine de l’université du Minnesota sur le blé
L’étude du chercheur américain David Thomas publiée dans la revue Nutrition et Health
L’étude de l’université du Texas sur les rendements

terraeco.net

Dans la série ” nous les vieux ”

Dans la série

Seuls les + de 50 ans peuvent comprendre… ! Les plus jeunes méditez… ! Vengeance des vieux !!!

A la caisse d’un supermarché, une vieille dame choisit un sac en plastique pour ranger ses achats. La caissière lui reproche de ne pas se mettre à l’écologie et lui dit: Votre génération ne comprend tout simplement pas le mouvement écologique. Seuls les jeunes vont payer pour la vieille génération qui a gaspillé toutes les ressources !

La vieille femme s’excuse auprès de la caissière et explique : Je suis désolée, il n’y avait pas de mouvement écologiste de mon temps.

Alors qu’elle quitte la caisse, la mine déconfite, la caissière ajoute : Ce sont des gens comme vous qui ont ruiné toutes les ressources à nos dépens. C’est vrai, vous ne considériez absolument pas la protection de l’environnement dans votre temps !

Alors, un peu énervée, la vieille dame fait observer qu’à l’époque on retournait les bouteilles de verre consignées au magasin. Le magasin les renvoyait à l’usine pour être lavées, stérilisées et remplies à nouveau : Les bouteilles étaient recyclées, mais on ne connaissait pas le mouvement écologique. Elle ajoute :

– De mon temps, on montait l’escalier à pied: on n’avait pas d’escaliers roulants et peu d’ascenseurs.

– On ne prenait pas sa voiture à chaque fois qu’il fallait se déplacer de deux rues : On marchait jusqu’à l’épicerie du coin. Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.

-On ne connaissait pas les couches jetables : On lavait les couches des bébés.

– On faisait sécher les vêtements dehors sur une corde à linge, pas dans une machine de 3 000 watts.

– On utilisait l’énergie éolienne et solaire pour sécher les vêtements.

– On ravaudait systématiquement les vêtements qui passaient d’un frère ou d’une sœur à l’autre. Mais, vous avez raison, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.

– On n’avait qu’une TV (quand on en avait…) ou une radio dans la maison ; pas une dans chaque chambre. Et la télévision avait un petit écran de la taille d’une boîte de pizza, pas un écran de la taille de l’État du Texas.

-On avait un réveil qu’on remontait le soir.

– Dans la cuisine, on s’activait pour préparer les repas ; on ne disposait pas de tous ces gadgets électriques spécialisés pour tout préparer sans efforts et qui bouffent des watts autant qu’EDF en produit.

– Quand on emballait des éléments fragiles à envoyer par la poste, on utilisait comme rembourrage du papier journal ou de la ouate, dans des boîtes ayant déjà servi, pas des bulles en mousse de polystyrène ou en plastique.

– On n’avait pas de tondeuses à essence autopropulsées ou autoportées : On utilisait l’huile de coude pour tondre le gazon.

– On travaillait physiquement; on n’avait pas besoin d’aller dans un club de gym pour courir sur des tapis roulants qui fonctionnent à l’électricité. Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.

– On buvait de l’eau à la fontaine quand on avait soif. On n’utilisait pas de tasses ou de bouteilles en plastique à jeter.

– On remplissait les stylos dans une bouteille d’encre au lieu d’acheter un nouveau stylo.

– On remplaçait les lames de rasoir au lieu de jeter le rasoir entier après quelques utilisations. Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.

– Les gens prenaient le bus, le métro, le train et les enfants se rendaient à l’école à vélo ou à pied au lieu d’utiliser la voiture familiale et maman comme un service de taxi 24 heures sur 24.

– Les enfants gardaient le même cartable durant plusieurs années, les cahiers continuaient d’une année sur l’autre, les crayons de couleurs, gommes, taille-crayon et autres accessoires duraient tant qu’ils pouvaient, pas un cartable tous les ans et des cahiers jetés fin juin, de nouveaux crayons et gommes avec un nouveau slogan à chaque rentrée. Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.

– On n’avait qu’une prise de courant par pièce, et pas de bande multiprises pour alimenter toute la panoplie des accessoires électriques indispensables aux jeunes d’aujourd’hui.

ALORS VIENS PAS ME FAIRE “CHIER ” AVEC TON MOUVEMENT ÉCOLOGISTE

http://joemauricee.wordpress.com/2013/10/22/dans-la-serie-nous-les-vieux-2/

L’écologie et la pathologie du capitalisme (Dissident Voice)

Charles SULLIVAN

Contrairement à ce qu’on nous a toujours dit, il n’y a pas d’Etats Unis d’Amérique. Les Etats-Unis sont un territoire occupé qu’il serait plus approprié d’appeler les Etats des Entreprises d’Amérique. Si les états sont unis sur le plan géopolitique, les habitants ne le sont pas. Nous sommes une nation divisée en classes idéologiques, sociales et économiques. Les Etats-Unis ne sont pas une démocratie et ne l’ont jamais été. La structure du pouvoir ne permet pas aux travailleurs de se faire entendre ni d’influencer collectivement le cours des événements.

En dépit du discours sur la liberté et la démocratie, les droits des entreprises ont continuellement supplanté les droits souverains de l’individu et de la communauté. L’histoire des classes laborieuses et la multiplication des catastrophes environnementales en sont la preuve. Par exemple, les agences gouvernementales « ostensiblement créées pour protéger la santé publique » autorisent partout l’exploitation du gaz de schiste par fracture hydraulique même lorsque cela empoisonne l’eau potable de la commune et cause des dégâts incalculables à l’environnement.

Toutes nos forêts sont des produits commerciaux et sont mesurées en stères à débiter et à expédier à des prix défiant toute concurrence, comme pour une liquidation. L’admirable biodiversité mondiale cède la place à la désertification et à la monoculture. L’argent change de main. Une toute petite minorité s’enrichit aux dépens de la multitude. La planète et ses habitants sont traités comme des produits à exploiter. On nous dit qu’il n’y a rien de sacré sauf le dollar et les marchés.

Pourtant c’est un fait avéré qu’aucun être humain, pas même les PDG et les membres du Congrès, ne peuvent vivre sans eau potable et sans air pur. Nous sommes littéralement en train de sacrifier ce qui garantit la vie sur la planète et d’hypothéquer l’avenir pour assouvir les désirs insatiables de quelques individus ridiculement riches. Les Américains, endoctrinés depuis leur naissance, sont convaincus que la cupidité égoïste est une bonne chose.

Les riches et les puissants ont décrété que les profits des entreprises, « le Saint Graal du capitalisme étasunien », sont plus précieux que la vie elle-même. Les cyniques qui sont au pouvoir n’ont pas de conscience. L’histoire montre que les sociopathes n’hésitent pas à employer n’importe quels moyens pour tirer parti de leurs victimes sans méfiance.

Mais enfin, même les adeptes de Friedman doivent bien penser que certaines choses ne peuvent ni être transformées en marchandises, ni être achetées ou vendues. Tout être vivant a le droit de respirer de l’air pur et de boire de l’eau potable, par exemple. Ce sont des biens nécessaires à tous ; ils ne peuvent moralement appartenir à des personnes privées. Pourtant, le capitalisme moderne est basé sur deux choses : la propriété privée et la transformation en marchandises des travailleurs et de la nature.

Le capitalisme et le culte des marchés qui va avec, ont fait disparaître la biodiversité de la planète pour lui substituer un univers de marchandises. Ce que nous voyons et pensons savoir n’est pas la réalité. C’est ce que les responsables du marketing et de la perception des consommateurs nous font voir — c’est un hologramme.

Le conflit entre le capitalisme et l’écologie dans laquelle s’origine la vie sur la planète s’intensifie. On assiste à une lutte féroce entre le capital et la démocratie. La botte du capitalisme écrase la démocratie. Nous vivons dans un monde moribond et nous avons hérité de libertés moribondes. L’avidité des multinationales et la surpopulation en sont responsables. La contestation se répand partout.

Pratiquement tous les soulèvements, les inégalités et les problèmes environnementaux d’aujourd’hui proviennent du capitalisme y compris la surpopulation et les agressions armées. Le capitalisme nécessite une expansion économique ininterrompue et un marché en plein essor pour les consommateurs. Ce n’est tout simplement pas possible sur une planète limitée.

Ces tensions sont on ne peut plus manifestes dans la ceinture de charbon et les montagnes de la Virginie occidentale, où j’habite. Ici les montagnes sont dépouillées de leurs forêts avant qu’on les fasse exploser pour extraire à bas coût du charbon pour enrichir la multinationale Massey Energy Corporation. Le procédé, qu’on appelle « écimer les montagnes » a empoisonné des rivières, modifié leur trajet et changé le relief et l’hydrologie du territoire. Il a détruit des communautés humaines et biologiques tout en remplissant les coffres des industriels du bois et du charbon.

L’extraction minière traditionnelle a coûté la vie a des milliers de mineurs qui essayaient de vivre modestement de leur travail. Parfois cela a conduit à des conflits armés entre les mineurs et les agents de sécurité de Pinkerton engagés par les compagnies minières dans des endroits comme Matewan et Blair Mountain.

Dans la Virginie occidentale, le Roi Charbon et l’industrie du gaz et du pétrole font la loi. Le gouvernement est entièrement soumis aux lobbys industriels. Il est donc inutile de recourir aux tribunaux ni d’en appeler au sens moral des gouvernements pour obtenir réparation. Si nous nous limitons aux moyens mis à notre disposition par nos oppresseurs, toute la région sera sacrifiée. Les travailleurs et les pauvres font les sacrifices ; les milliardaires et l’industrie récoltent les profits. Et c’est nous qui devrons assumer les conséquences.

L’illusion de la démocratie « y compris voter en l’absence d’un choix réel » est loin de valoir l’action directe et l’anarchie. La démocratie ne peut pas prospérer sur le sol stérile que le capitalisme laisse derrière lui. Soit nous avons la démocratie, soit nous avons le capitalisme, soit nous créons quelque chose d’entièrement différent. On ne peut pas concilier des concepts aussi radicalement opposées.

Les hommes modernes habitent un monde absurde et contradictoire fabriqué par les hommes. En dépit de ce qu’affirme la Cour Suprême, les multinationales ne sont pas des personnes et l’argent n’est pas la parole. Tout le monde le sait bien. Mais la loi en a décidé autrement. Nous devons refuser de concéder cette victoire à l’état marchand en refusant de capituler.

La lutte pour les droits de la communauté, l’égalité, et la justice sociale, économique et environnementale doit se faire à l’extérieur du système qui crée les inégalités et engendre la destruction gratuite des biens communs. Des quantités d’espèces de plantes et d’animaux d’une inestimable valeur écologique sont éliminées pour permettre la construction de centres commerciaux, de blocs d’appartements sécurisés, de casinos et de terrains de golf. Une catastrophe écologique et économique se profile. Nous sommes menacés par une famine mondiale dans un monde anthropocentrique surchauffé.

Dans le monde entier, de riches multinationales pillent les ressources biologiques et minérales communes. Quoi de plus absurde et de plus immoral ?

Il est facile de démontrer que le capitalisme, l’invention d’Adam Smith qui a remplacé le féodalisme pendant la révolution française, est fondé sur beaucoup de principes erronés dont on ne pouvait pas connaître la fausseté à l’époque de Smith. Malgré cela, les économistes qui ont reçu une formation classique affirment que le capitalisme est une force naturelle alors que c’est une construction humaine défectueuse. Le capitalisme moderne présente des symptômes pathologiques et témoigne d’une approche contraire à la vie et à la liberté. Il détruit la planète et hypothèque l’évolution.

De fait, même si on met de côté les considérations éthiques et que l’on se place d’un point de vue strictement biologique, le capitalisme moderne est sans nul doute un cancer virulent qui dévore son hôte. Mais la plupart d’entre nous se refusent à le voir. On demande aux gens comme moi de ne pas prononcer de mots qui fâchent en public. Cela pourrait offenser les bons croyants. Quand cela m’arrive, je pense à Thoreau qui disait : « N’importe quelle vérité est meilleure que les faux-semblants. » Nous avons l’obligation morale de dire ce que nous savons clairement et nettement.

Tout le monde sait qu’une idéologie d’expansion constante sur une planète limitée est en contradiction avec les impératifs écologiques comme la capacité de la planète, le dépassement écologique et l’épuisement des ressources. Mais les économistes classiques se comportent comme si ces impératifs n’existaient pas ou comme si ils allaient mystérieusement disparaître sous l’irrationnelle exubérance du capitalisme.

En réalité, toute l’économie politique est basée sur l’écologie et sur des systèmes biologiques vivants et évolutifs. L’écologie est la seule économie qui importe.

Même sans être très versé en écologie, on peut prédire certaines choses avec une certitude mathématique. Par exemple, la poursuite du capitalisme comme économie politique principale conduira nécessairement soit à la destruction de la biosphère, ce qui signifie la mort des organismes qui y vivent, soit à l’abolition du système capitaliste.

A quoi ressemblerait une ère post-capitaliste et comment fonctionnerait-elle ?

Le capitalisme mondial qui dépend des énergies fossiles et des produits pétrochimiques bon marchés pour produire de la nourriture doit céder le pas à l’agriculture organique et aux économies locales à échelle humaine. La nourriture doit être cultivée localement ainsi que les autres produits de première nécessité dans toute la mesure du possible. L’ère des énergies fossiles bon marchés arrive à son terme. L’homme industrialisé doit affronter courageusement ses addictions et embrasser la sobriété ou il s’autodétruira.

On dit que la nature a le dernier mot. Les hommes ont intérêt à s’inspirer des systèmes naturels qui se sont adaptés sur des périodes infinies.

Une économie sans argent, basée sur le besoin doit remplacer le système actuel d’exploitation pour le profit. De la même manière, les biens et les services doivent s’échanger sans être soumis aux marchés. Ces échanges seraient de valeur égale et donc intrinsèquement justes.

Le modèle classiques d’entreprises sera remplacé par des coopératives possédées et gérées par les travailleurs. De la sorte, les travailleurs -et non le conseil d’administration- prendront toutes les décisions. Ils partageront les risques et les profits et distribueront les excédents de production tout en réduisant le temps de travail quotidien et hebdomadaire. Une part des excédents sera alloué à la communauté et à la protection des biens communs.

Les nouveaux modèles économiques doivent être soumis aux lois écologiques ou ils échoueront. Les alternatives au capitalisme existantes, comme la coopérative espagnole de Mondragon doivent être analysées et évaluées pour en faire des modèles qui pourraient être adaptés ailleurs.

Il n’y a pas de meilleur maître que l’évolution et la sélection naturelle. L’histoire confirme que les idées les plus révolutionnaires sont parfois les plus anciennes. Par exemple, des études anthropologiques montrent que l’Homo sapiens à ses débuts a évolué en instituant des principes égalitaires à l’intérieur des clans tribaux. Les peuples et les cultures qu’ils créent doivent s’adapter ou périr.

Les sociétés égalitaires du futur seront très différentes de la société capitaliste d’aujourd’hui. Les campagnes politiques et les élections finiront aux oubliettes de l’histoire. Des sociétés évoluées n’ont pas besoin de leaders et d’officiels élus.

Tous les membres d’une communauté égalitaires sont des leaders. Le pouvoir circule d’une manière circulaire et non sous la forme linéaire d’une hiérarchie du haut vers le bas. Il n’y aura pas de classes sociales ou économiques. Personne n’aura des privilèges ou des droits qui sont déniées aux autres. Tous les membres de la communauté auront des pouvoirs égaux et auront la même valeur. Tous auront les mêmes accès aux opportunités. La santé et l’éducation supérieure, comme l’air pur et l’eau claire seront considérés comme un droit de naissance et seront gratuits.

L’action directe remplacera les élections politiques. Au lieu d’accepter d’être gouverné, le peuple souverain peut créer le monde qu’il veut habiter. Quand les membres d’une communauté partagent le pouvoir et jouissent de l’égalité des chances, ils sont désireux de participer. Tout le monde apporte quelque chose à la table. Tout le monde contribue et toute la société en bénéficie.

Les communautés deviendront aussi interconnectées et interdépendantes que des systèmes écologiques. Mais chacune restera autonome dans la vaste matrice de la nature. Les états et les nations tels que nous les connaissons finiront sans doute aussi aux oubliettes de l’histoire.

Au lieu de l’exploitation et de la compétition cynique du capitalisme, ce sont des principes de coopération et de besoins sociaux qui régiront ces communautés. Dans un écosystème sain, le bien-être des individus dépend du bien-être de la communauté et vice versa. Personne ne sera abandonné. Nous avancerons tous ensemble.

Tous les organisme vivants ont une origine commune et une destinée commune. L’écologie et l’économie doivent se fondre en un système naturel intégré qui favorise la survie sur le long terme dans un monde déjà dévasté par l’homme industrialisé. La guérison écologique et sociale doit faire partie du processus de construction de communautés soutenables.

La transition du capitalisme à la coopération ne sera ni facile ni douce. Il y aura de nombreux faux départs. Au début il y aura une résistance féroce au changement révolutionnaire. Nous avons tendance à nous accrocher à ce qui nous est familier et confortable, à ce que nous connaissons, même quand le paradigme dominant et la culture populaire nous nuisent.

Les premiers pas sur une nouvelle route sont souvent les plus difficiles. Le chemin n’est pas tracé. Il y aura des angoisses et des incertitudes. Mais il faut se lancer. L’alternative est l’oubli. Si nous engageons dans cette nouvelle odyssée, cela assurera la survie de l’espèce et nous verrons l’avènement d’un nouvel âge des lumières.

Charles Sullivan

Charles Sullivan a une maîtrise en sciences de la nature ; c’est un militant communautaire et un auteur indépendant qui habite dans the Ridge et Valley Province de la Virginie Occidentale.

Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2012/01/ecology-and-the-pathology-…

Traduction : Dominique Muselet

Petroleum! Petroleum! Deepwater et la prophétie de Meyrink

« Si le gulf stream charie le pétrole jusqu’en Europe, c’est la CATA puissance 10, si au contraire il s’interrompt c’est la MEGA GIGA CATA planétaire, puisque les européens finiront congélés sous une calotte glaciaire. EST CE QUE VOUS COMMENCEZ A CAPTER L’AMPLEUR DU DESASTRE ? » Nouvel Ordre Mondial, forum

Avant-propos

C’est à partir d’une vidéo envoyée par un commentateur des 7 ( Marc, dans l’article de François Marginean : Deepwater Horizon – Le geyser de pétrole se poursuit ) que je suis parti à la poursuite de Meyrink le « prophète ».  La vidéo de Kindra Arnesen que vous pouvez retrouver ici en français : Vidéo.

Kindra Arnesen – femme au foyer sans instruction, selon ses propres mots – est l’épouse d’un pêcheur de Venise, en Louisianne, qui, comme de nombreux marins, a été embauché par BP pour empêcher que des tonnes de brut ne se déversent sur les côtes.

Le 29 avril dernier l’époux de Kindra a été hospitalisé suite à une grave intoxication liée aux dispersants utilisés par BP pour dissoudre les nappes de pétrole dans le golfe du Mexique.

L’Agence américaine de l’environnement avait indiqué que ces produits n’étaient pas toxiques, mais une récente enquête du magazine New Scientists démontre que les données prélevées pour ces test étaient bidons.

Pour Kindra Arnesen, BP ne cherche qu’à faire des économies en mettant en scène un plan de sauvetage qui n’est en réalité qu’un simulacre destinés aux médias.

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Gustav Meyrink

Dans une nouvelle parue ou écrite en 1903, Gustav Meyrink avait prédit le désastre du Golfe du Mexique. Rien de moins… On en parle grandement sur le web. La coïncidence est en effet troublante.

Il n’existe pas – à ma connaissance – de version française de sa nouvelle. Je l’ai donc traduite avec un non-plaisir évident… Je déteste traduire…

La version anglaise étant déjà  une traduction de la version allemande, les coquilles sont  nombreuses au départ, et l’écriture de Meyrink ( du moins en anglais)  est un peu … à l’image de l’homme. Et à l’image de la littérature d’alors.

Je  qualifierais ce texte de  Science-fiction plutôt que de prophétie. Il   n’en reste pas moins que plus d’un siècle plus tard, cette histoire de savant fou aurait pu avoir pour « héros » Bristol Pétrovite… (sic).

Il vaut la peine de s’y attarder pour constater la grande évolution de l’Humanité en certains points. (sic).

Mais pour remettre les pendules à l’heure et à ceux qui ne peuvent lire en anglais, voilà l’occasion de vous faire une opinion sur le « prophète »… Et réfléchir à l’avenir d’une planète laissée aux mains de commerçants sans  envergure et de  politiciens  dont les liens sont trop nombreux avec les marchants de « mort ».

Petroleum, Petroleum: A Prophecy

Pour vous assurer que je suis reconnu comme étant le premier qui ait eu cette prophétie, je note que l’histoire qui suit a été écrite en 1903.
Gustav Meyrink

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C’était un vendredi  midi – que le Dr Kunibald Jessegrim versa  lentement la strychnine dans le courant d’eau.  Un poisson apparut à la surface – mort – avec le ventre en l’air.

« C’est comme ça que tu serais mort», se dit  Jessegrim et il s’étira – content d’avoir rejeté les pensées de suicide avec le poison.

Trois fois dans sa vie, il avait déjà vu la mort dans les yeux de cette façon, et chaque fois  il a été freiné  par le sentiment qu’il allait encore être appelé à faire de grandes choses – une grande vengeance  – qui l’enchaînait à la vie.

La première fois qu’il voulut mettre fin à sa vie, fut  au moment où  ils ont volé son invention, et  dix ans plus tard, quand ils l’ont chassé de son emploi parce qu’il n’a pas cessé  de poursuivre et d’identifier  le voleur de son invention, – et maintenant, parce que,  parce que…

Kunibald Jessegrim gémit quand  la pensée de son grand chagrin se raviva.

Tout avait disparu – tout ce  à quoi il tenait – tout ce qu’il avait  gardé de  précieux et cher.  Et que les aveugles, les étroits d’esprit,  haine sans fondement, d’une foule enflammée   par des slogans, qui était contre tout ce qui le différenciait des autres.
Toutes les choses qu’il avait faites, inventé  et proposées.   Il avait à peine commencé, qu’il  dut s’arrêter. Devant  lui, une  «muraille de Chine»: l’amour des gens  et le mot : «mais »..

«Fléau de Dieu»! Oui, c’est le nom du salut.  Bon Dieu! , Tout-Puissant!  ! Permettez-moi d’être un destructeur – un Attila! La colère enflamma   le cœur de  Jessegrim.

Timur Lenk , le Gengis Khan,  traversant  l’Asie et dévastant les terres agricoles de l’Europe, avec son règne Mongol  – les dirigeants Vandal qui ne peuvent que trouver la paix sur les ruines des œuvres d’art romaines  , ils étaient tous ses semblables -, forts, frères sauvages, nés dans un nid d’aigle.

Un amour immense  pour ces créatures du Dieu Shiva se réveilla en lui..  Les fantômes de ces morts seront avec moi,  et une  entité différente investit   son corps,  en  un éclair.

Si, à ce moment, il avait pu  voir dans un miroir,  les merveilles de la transformation, ça n’aurait pu demeurer   un puzzle. .  Ainsi, les forces obscures de la chute  investissent  le sang de l’homme – profondément et rapidement.

Le Dr. Jessegrim possédait un grand savoir  – il était chimiste, et était doté dune grande vigueur.

En Amérique, ces gens-là ont du succès.  Il n’est pas étonnant qu’il eût tôt  énormément d’argent  , voire une fortune.

Il s’était installé à Tampico au Mexique, et à par le  mezcal, une nouvelle drogue,  utilisée  dans le commerce de stupéfiants et de marchandises médicales  dont il connaissait la façon de la  préparer chimiquement, il  fit des millions. Il possédait de nombreux milles carrés de terres autour de Tampico, et l’énorme quantité de puits de pétrole portaient la promesse  d’augmenter sans mesure  sa fortune.

Mais ce n’était pas ce que son cœur désirait.

Le Nouvel an arriva au pays.

«Demain sera le premier janvier 1951, et les Créoles auront encore une raison pour se saouler et danser le Fandango pendant  trois jours, se dit le Dr Jessegrim, admirant  la mer silencieuse de son balcon.

Et en Europe, ce ne  sera pas beaucoup mieux. À cette époque, déjà,  les journaux qui paraissent en Autriche sont  deux fois plus gros  et quatre fois plus bêtes  que la normale.  » La nouvelle année dépeinte  comme un nouveau-né, un  calendrier  de femmes avec des ailes et de cornes d’abondance, des curiosités statistiques: que  le mardi à 11.35.16 heures, exactement  9 milliards de  secondes se seront  écoulées, depuis que l’inventeur de la comptabilité à double entrées ferma les yeux pour un repos éternel bien mérité, et ainsi de suite… «

Le Dr. Jessegrim s’assit un long moment,   regardant la mer immobile  qui brillait d’une singulière manière  dans le ciel étoilé.

Jusqu’à ce que l’horloge sonna minuit.  Minuit!

Il  sortit  sa montre et en remonta le mécanisme  lentement, jusqu’à ce que du bout des doigts il ressentit  la résistance du remontoir. Doucement, il le pressa. Puis de  plus fortement. Il y eut un faible crépitement, et le ressort se brisa. La montre  s’arrêta.

Le Dr. Jessegrim emit un rire sarcastique. : «Comme cela, je veux  également à briser vos ressorts, vous, les précieux!

Une terrible explosion  secoua la ville.  Le bruit vint  de loin, du sud, les capitaines en supputèrent l’origine  du phénomène situé dans le voisinage de la grande péninsule – entre Tampico et Veracruz.  Personne n’avait  vu de   feu – les tours d’éclairage ne donnèrent également aucun signal.  Tonnerre? En ce moment? Maintenant?  Avec un ciel clair! Impossible!

Ce doit être un tremblement de terre.

Tout le monde se signa, – seuls les barmen  jurèrent, pendant que  tous les invités quittèrent  les  bars et  allèrent  dans les collines de la ville où ils s’échangeaient  des histoires effrayantes.

Le Dr. Jessegrim ne prit garde de ce fait. Il  alla  dans son bureau et bredouilla quelque chose comme: «Adieu,  Tyrol! Mon pays…

Il était de bonne humeur et a pris une carte dans le tiroir,  créa  un cercle avec un compas sur celle-ci ,  en le comparant avec son carnet de notes,  et fut satisfait que tout fut parfait.  : la région pétrolière étirée  jusqu’à Omaha, peut-être même plus au nord, il n’y avait plus de  doute sur le sujet. Et il savait que les champs de pétrole formaient  des lacs souterrains aussi grands que la baie d’Hudson.

Il le savait,  car  il l’avait calculé. Depuis douze ans qu’il travaillait sur le sujet.

L’ensemble du Mexique, à son avis, était campé   sur des grottes à l’intérieur de la terre, lesquelles,  pour la plupart, du moins elles  remplies  de pétrole , étaient reliés les uns aux autres.
Supprimer  les  murs qui subsistant  entre les grottes un après l’autre était devenu l’œuvre de sa vie.  Pendant des années il avait employé de grandes troupes  de travailleurs pour ce faire – et à quels coûts!

Les millions qu’il avait gagnés avec le commerce de mezcal, avaient été consacrés à ce projet.

S’il avait trouvé  un puits de pétrole,  ça aurait été terminé.   Le gouvernement aurait,  bien sûr,   mis en fourrière les explosifs. Il ne fut jamais coopératif, de toute manière.

Ce soir, les derniers murs entre les grottes s’effondreront  dans la mer,   à la péninsule ,  et les plus au nord, à San Luis Potosi.
Les dispositifs  de commande automatique s’occuperont des  explosions.

Le  Dr. Kunibald Jessegrim mit  les derniers  billets restants de mille dollars dans sa poche, et se rendit à la gare. – À quatre heures du matin, un train express irait à New York.  Qu’est-ce qui le retiendrait au Mexique?

Voilà, c’était déjà dans tous les journaux – le télégramme d’origine à partir des villes côtières du golfe du Mexique dans les abréviations de l’International Cable-Code: « Ephraïm Kalbsniere Beerenschleim », qui signifie grosso modo:  » mer entièrement recouverte de pétrole, cause inconnue, tout pue, sur la longueur et la largeur. Le gouverneur de d’État. «

Les Yankees se montrèrent très intéressés, parce que l’événement devrait,  sans aucun doute,  avoir un gros impact sur le marché boursier et les  prix du pétrole, – les transferts des richesses occupant la moitié de la vie…  Les banquiers de Wall Street, interrogés par le gouvernement à savoir si l’événement entraînerait une hausse ou une baisse des prix des actions, haussaient les épaules et a refusaient  de commenter  avant que la cause de l’événement ne soit  connue. Alors, parfait, si  on ferait  le contraire de la population qui  a investi dans le marché boursier –  ce dont la logique  commande,  on pourrait faire beaucoup d’argent.

Le message n’avait aucun grand impact sur les  gens  en Europe – tout d’abord, ils étaient  protégés par des  droits de douane et deuxièmement, de nouvelles lois étaient en élaboration, qui en présentant une limite volontaire prétendue de trois ans sur le  nombre de conscrits, combinés avec l’abolition des noms de famille d’individus masculins,  alimenterait le patriotisme et devrait faire le devoir  militaire, une tâche plus convenable.

Pendant ce temps, le pétrole coulait, exactement comme le Dr Jessegrim  l’avait calculé, sans problème,  des grottes souterraines au Mexique, dans la   mer  formant  une couche brillante,   devenant  plus grande et plus dense, entraîné par le Gulf Stream, couvrit tôt   le golfe en  entier.

Les rives devinrent arides,  et la population se retira vers  l’intérieur du pays, vers  les villes florissantes!

Aussi,  la vue du lac était  extrêmement plus belle,  un espace sans bornes, brillant et scintillant de toutes les couleurs: rouge, vert et violet, aussi profond et noir  que la fantasmagorie des étoiles.

L’huile  paraissant plus épaisse que le pétrole , elle n’afficha,   par son contact avec l’eau de mer salée,  aucun autre changement que celui d’une perte progressive d’odeur.

Les savants prétendirent qu’une  étude précise des causes de ce phénomène serait d’une grande valeur scientifique, et que la réputation du Dr Jessegrim dans le pays – du moins en tant que professionnel et un expert des  réserves de pétrole du Mexique – était nécessaire, ils n’oublièrent pas de lui demander son avis.

Ce fut court et affable , même si il  ne couvrit pas  le sujet de la manière  dont ils s’attendaient: «Si le pétrole continue de s’écouler  au même rythme que précédemment, d’après mes calculs,  d’ici 27 à 29 semaines, tous les océans sur Terre en  seront  couvert et, conséquemment, cessera  toutes précipitations dans le futur. L’eau ne pourra plus s’évaporer.  Dans le meilleur des scénarios, s’il pleut, il ne pleuvra que du pétrole.

Cette prophétie frivole a déclencha une tempête de désapprobation, mais elle  acquit  de plus en plus de  crédibilité le jour même. Le flux,  d’abord  quasi invisible  ne sembla  pas ralentir, au contraire, il augmenta  d’une manière assez extraordinaire :  la  panique s’empara de l’humanité.

Chaque heure, des nouvelles rapportées des observatoires  de l’Amérique et de l’Europe pouvaient être lues ,  oui,  même l’observatoire de Prague, qui jusque-là  avait seulement photographié la lune,  commença progressivement à se tourner vers l’étrange et  nouveau  phénomène.

Dans l’Ancien Monde , personne ne parlait du  nouvel  Army Bill , et le père du projet de loi, employé dans une armée européenne, le major Von Dressel Knight Glubinger ab Zinkski auf Trottelgrün,  fut  complètement oublié.

Comme toujours,  en période de confusion, lorsque des signes de menace de catastrophe apparaissent  dans le ciel, la voix des esprits sans repos se révélèrent   jamais satisfaits de ce qui existe, osant  toucher les  vénérables institutions:  » Éloignez  l’armée, qui mange, mange, mange notre argent !  Il est préférable de  construire des machines, d’inventer des moyens pour sauver l’humanité du  pétrole   » Mais nous ne pouvons pas faire cela, avertirent   les militaires. On  ne peut pas priver d’un seul coup  des millions de gens de leur moyen de subsistance.

« Pourquoi sans gagne-pain ? Les troupes doivent seulement être renvoyées – après tout, chacun d’entre eux a appris quelque chose, même si ce n’est que des travaux inférieurs, » fut la réponse.

« Eh bien, va pour  les troupes! – Mais que faisons-nous avec les nombreux  officiers?

C’est un argument de poids.

Pendant longtemps, les opinions furent échangées , sans qu’ aucune partie ne pût prendre le dessus,  jusqu’à ce qu’un  message codé parvint   de New York : « Stachelschwein pfundweise Bauchfellentzündung Amerika»,  pouvant être traduit par :  «Les puits de pétrole ne cessent gonfler , situation extrêmement dangereuse. Télégraphier  immédiatement si l’odeur,   là-bas, est  insupportable. Salutations! Amérique. «

C’était le comble!

Un orateur populaire – un fanatique sauvage – se leva, – puissant,  fascinant –  et conduisit par la puissance de son discours, le peuple vers des pensées et des actes aliénés.

«Libérer les soldats – arrêtez ce scénario.  Que les officiers se rendre utiles pour une fois!  Donnons-leur de nouveaux uniformes, ça les rendra heureux – pour ce que j’en ai

à cirer, des  grenouilles  vertes  avec des taches rouges.  Et au  bord de la mer avec eux, là, ils doivent ramasser le pétrole  avec du papier buvard, pendant  que l’humanité contemple la façon de contrôler cette  terrible calamité «

La foule  applaudit.

Les idées que ces mesures pourraient n’avoir aucun effet, que le problème  pourrait être mieux résolu par des produits chimiques, ne trouvèrent  pas  des partisans.

«Nous savons,  nous savons tout», – dirent-ils. Mais alors que faire avec les nombreux officiers inutiles, – hein?

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P.S. : C’est un peu long, ou très long, mais on annonce de la pluie. Nous sommes tellement habitués à l’écoute du temps bien tranché en quart de minutes…

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Vidéo Australienne enlevée à la demande de BP.

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Gustav Meyrink (1868 – 1932): auteur de la courte histoire du pétrole, (1903)

Kindra Arnesen, vidéo et texte: ce qui se passe dans le golfe