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Paul Desmarais: Quand Anonymous décolore la bourgeoisie caméléon

Une soirée. Douze millions de dollars, l’équivalent de 480 ans de travail pour unE salarié gagnant annuellement 25 000 $. Tant de moyens pour si peu de goût. Source: Le Couac  

« Quand tu entres dans la propriété, on t’ouvre un premier portail. Ensuite, tu dois faire des kilomètres et des kilomètres avant d’arriver au château », racontait Nicolas Sarkozy à propos du fief de son ami Desmarais.» Sarko et ses hémorroïdes  

Tous les artisans de cette soirée, qui a nécessité la construction d’un imposant pavillon temporaire, ont été logés à proximité du domaine.

Les proportions du domaine où ont été accueilli tout ce monde sont calquées sur les grandes constructions d’avant la Révolution de 1789, habitée par la royauté française. Le domaine de Sagard compte plusieurs milliers d’hectares où on trouve notamment un terrain de golf privé. La fortune de la famille Desmarais est évaluée à plus de 4 milliards, selon le magazine Forbes.Le Devoir   

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Open up your eyes (ouvrez grands vos yeux), comme disait John Lennon,  et faites clinquer vos bijoux.  « On ne leur demande pas d’être pauvre et de tout donner, mais d’en partager un peu… », comme le souligne l’ami Allard.

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30 août 2011. Madame Desmarais fête ses 80 ans. On retrouvera sur Youtube  une vidéo lancée par ANONYMOUS QC,  2H09 minutes.

Mais il semble que Sarko n’y était pas… Pourtant, « la filière françaises » du monde  des affaires a bien dressé le pantin, fasciné par la richesse…et la gloire.

Et la France dans tout ça?

C’est aussi l’homme qui s’était dit, en parlant de Nicolas Sarkozy : « c’est quelqu’un qui serait bien pour la France » , comme le rapporte le quotidien La Presse. Le principal intéressé a évoqué ce soutien lors de la cérémonie de vendredi :

« Si je suis aujourd’hui président, je le dois en partie aux conseils, à l’amitié et à la fidélité de Paul Desmarais. »

Les deux hommes se connaissent depuis 1995. A l’époque, Sarkozy était au fond du trou, écarté de la Chiraquie après l’échec de la candidature d’Edouard Balladur aux présidentielles.

« Un homme m’a invité au Québec dans sa famille. Nous marchions de longues heures en forêt, et il me disait : il faut que tu t’accroches, tu vas y arriver, il faut que nous bâtissions une stratégie pour toi. »

Il a depuis séjourné plusieurs fois au domaine de Sagard, 75 km2 au coeur du Québec, propriété de la famille Desmarais. Le terrain, qui compte 32 lacs, doit son nom à un missionnaire français du XVIIème. Desmarais comptait aussi parmi les invités de la soirée au Fouquet’s sur les Champs-Elysées au soir de l’élection du président, le 6 mai 2007.

Au Canada, les Desmarais ont soutenu plusieurs premiers ministres : Pierre Elliott Trudeau, Brian Mulroney, puis Jean Chrétien (dont la fille, France, est mariée avec le cadet, André Desmarais) et Paul Martin. Ce dernier a d’ailleurs été vice-président de Power Corporation avant de se lancer en politique. Rue 89  

Rue 89

Le party pour Jackie

Depuis quelques jours, l’organisation de la fête allait bon train. À travers des jardins français sans fin, dans une tente, une salle de concert extravagante et riche a déjà accueilli son très quétaine faux penseur de Rodin, une partie des 400 000 $ de fleurs, principalement des orchidées de partout à travers le monde, achetées spécialement pour l’occasion ainsi que la répétition de l’Orchestre Métropolitain à laquelle Papa Bush aurait assisté. Étonnant. Au départ, les Desmarais désiraient retenir les services de l’OSM mais, voyez vous, il semblerait que la convention collective de cet orchestre, plus généreuse que les conditions de la Guilde des musiciens, ait modifié les plans de la soirée.(…)

Avant que le spectacle ne commence, l’Orchestre métropolitain sera parqué dans le garage, près de la tente, en attendant sagement son tour. Chacun à sa place. Lors de leur performance, malgré la présence d’une technique de sonorisation plus que complète, le son pourri rendra à peine la qualité des pièces qui seront jouées. Point culminant du spectacle, un cadeau de fête de Monsieur, une chanson écrite spécialement pour Madame. Il est vrai qu’on ne peut pas offrir grand-chose à des maîtres qui possèdent déjà tout. Émue et terriblement reconnaissante, elle déclarera : « On m’a dit que je n’avais pas le temps de faire un discours, mais je suis émue et je veux remercier… ». Il est bien vrai qu’ils possèdent tout. Mais pas le temps, semblerait-il.

Plusieurs diront que la dépense totale pour cette soirée oscillerait entre 12 et 14 millions $. Une soirée. Douze millions de dollars, l’équivalent de 480 ans de travail pour unE salarié gagnant annuellement 25 000 $. Tant de moyens pour si peu de goût. Source: Le Couac  

Toutes ces bonnes âmes de la politique et de la finance, y compris le souverainiste Lucien Bouchard, vendeur de gaz de schiste de pote à pote, et le chanteur « souverainiste » Robert Charlebois, sont du « party ».

La bourgeoisie caméléon

Tous les pays « démocratiques » sont endettés. On s’étonnera du virement des richesses des peuples vers une élite bourgeoise qui a réussi à traverser les siècles en changeant de visage. Masquée. Le pompage  systémique des dirigeants par le biais des jeux de Monopoly mondialisé,  et des politiciens à « flirt de peau » avec ces joueurs compulsifs, est en train d’aplanir toutes les diversités, aspirer les richesses, appauvrir les peuples pour le… jeu. Elle n’a pas de couleurs, la bourgeoisie. Elle se fond, en prédateur, dans les modes et les mouvements sociaux et politiques. Et ils veulent tout. À commencer par le contrôle qui permet… de  TOUT avoir.

Ils adorent ça. Tout avoir. Tout posséder. Sans aucun atome d’humanisme.

À Montréal, on fait sonner les chaudrons pour manifester chaque soir. Jadis, on demandait au peuple de les donner pour les fondre et en faire des balles pour les « bonnes guerres ».

Le citoyen a les balles, mais n’a pas les armes…

La galerie de photos, prises d’écran

Un paon sur une table… Faite la queue…


Papa Bush ( M. Desmarais, à gauche… Mais de droite)

Jean Charest et son épouse

Le plafond. On se croirait au Vatican… À première vue…

La nourriture: je ne sais ce que c’est, mais ça doit se manger… en couleurs.

Dans le spectacle, outre les performances des musiques classiques, on retrouvera Al Jolson , ce blanc déguisé en noir.

Comme la bourgeoisie, mais à l’envers.

Car, au fond, nous sommes tous les nègres de cette race de serpents kaléidoscopique.

Ouvrez grands vos yeux, les petits noirs. Les « nègres » de ce monde habitent maintenant tous les pays, toutes les civilisations, toutes les races, toutes les couleurs. Et ce, grâce à la mondialisation. Ça vous javellise tout: les plantes, les fleurs, les petits princes, les gens simples, les terres des paysans, le gaz en dessous de vos pieds, tout, tout, tout. Les vampires à sueurs n’ont pas de limites.

Et quand vous leur donnez de vos impôts, trop souvent, vous leurs donnez de l’engrais pour faire pousser leurs dents canines.

Sans rapport, aux chiens, bien sûr…

Gaëtan Pelletier

Un soir de mai…

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Correction: Si vous visitez le site You Tube, on vous dira qu’à la 14.55 minute, il y a Liza Frula, ancienne Ministre du Patrimoine canadien. Erreur.

Il s’agit de Mila Mulroney, épouse l’ancien Premier ministre, Bryan Mulroney.

Charlebois, un George Smiley au Québec…

George Smiley représente l’archétype de l’anti-James Bond. Doté d’une redoutable intelligence, d’autant plus redoutable qu’elle ne se devine pas à le voir, doté d’une mémoire « sur laquelle il vit » depuis plus de trente ans, doté d’une intuition suraiguë tournant à la paranoïa, doté de complexes d’infériorité car il est petit et rondouillard, doté d’un complexe de supériorité car il se sait plus intelligent que ses adversaires (que Karla en particulier, son homologue soviétique), et même que ses collègues, George Smiley est un espion aussi redoutable qu’atypique. George Smiley

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En 1969, j’étais musicien dans un  groupe « rock ». Nous cherchions alors du matériel nouveau. C’est  Claude Gagnon , neveu d’André Gagnon, soliste de notre groupe, qui eut l’idée d’aller à Montréal voir ce qui se passait.

Nous sommes arrivés à l’appartement d’André Gagnon vers 10h00 le matin. André réfléchit un moment et nous suggéra l’Ostidcho présenté à la Salle Wilfrid-Laurier.

Ce fut un choc. Nous sommes demeurés rivés à notre siège pendant tout le spectacle.

Les charrues passent dans le ciel , California, Lindberg, etc. Yvon Deschamps, Louise Forestier et Mouffe, la compagne d’alors de Charlebois.

Une révolution dans la musique québécoise. On connaît la suite de la carrière de Charlebois, dont maints textes de chanson ont été alimentés par Réjean Ducharme.

Là où tout croule, c’est que le « personnages » de Charlebois se divise en deux : « l’artiste » talentueux, écrivant des chansons pour accéder à une gloire qu’il aura sans doute désiré toute sa vie. Le timide Charlebois, « chansonnier », après  avoir écrit  Marie-Noël, passe désormais à un monde psychédélique, et remue la musique française en la faisant « bouger ».

De là, naît le mythe Charlebois : un révolté social qui dérange, affichant ses couleurs de québécois « nationaliste », défendant la cause, hurlant dans le langage du peuple une rébellion. Charlebois était la poule qui couvait l’œuf de l’indépendance du Québec par son art…

Comprendre Charlebois quand il ne se comprend pas lui-même…

Ambitieux, hautain, prétentieux, « l’artiste » utilise son art pour gonfler son narcissisme.

Il n’y a pas de pureté chez Charlebois : c’est une sorte de métal issue de la science de la fabrique de chansons et d’un amalgame qui nous fait sourciller. Au point de se demander : « Qui est donc Charlebois? »

Un égo bidimensionnel…

La gloire pour la gloire.

Il y a là une fausseté qui écorche l’oreille : la beauté de ses chansons, son « génie », mais également sa discordance sociale.

L’avalé des avalés… Comme la révolte de Ducharme dans son roman.

« Tout m’avale. Quand j’ai les yeux fermés, c’est par mon ventre que je suis avalée, c’est dans mon ventre que j’étouffe. Quand j’ai les yeux ouverts, c’est par ce que je vois que je suis avalée, c’est dans le ventre de ce que je vois que je suffoque. Je suis avalée par le fleuve trop grand, par le ciel trop haut, par les fleurs trop fragiles, par les papillons trop craintifs, par le visage trop beau de ma mère. Le visage de ma mère est beau pour rien. S’il était laid, il serait laid pour rien. Les visages, beaux ou laids, ne servent à rien. On regarde un visage, un papillon, une fleur, et ça nous travaille, puis ça nous irrite. Si on se laisse faire, ça nous désespère. Il ne devrait pas y avoir de visages, de papillons, de fleurs. Que j’aie les yeux ouverts ou fermés, je suis englobée: il n’y a plus assez d’air tout à coup, mon cœur se serre, la peur me saisit. » L’avalée des avalés ( Réjean Ducharme).

Papillons et fleurs… C’est ce que Charlebois a sur son chapeau.

Me voilà dans le mode universitaire d’analyse. Au fond, Charlebois ne voulait que la réussite, la grandeur. Comme ces peintres vendeurs de toiles au bout d’un quai… D’un long et large quai qui engloberait toute la mer…

De la bière…

En octobre 1992, appréciant beaucoup le goût de ces bières, le chanteur Robert Charlebois fait une proposition aux propriétaires. En échange de publicité faite lors de ses spectacles, les propriétaires lui cèdent 20 % des actions de l’entreprise. Selon les dires de Serge Racine, ce sera une entente profitable pour les deux parties. Unibroue

Conscient de sa valeur marchande, Charlebois passe à la valeur monétaire.

Jouer au golf avec ceux qu’il admire : entre autres, la famille Desmarais qui « aurait » des influences sur les politiques québécoises et même françaises.

Le hippie passe des fleurs au manteau à queue de pie comme dans le jeu de Monopoly. Un JP Morgan québécois…

Sans doute que le cerveau lui a coulé dans le nombril.  C’est ne rien comprendre de la politique, ou ne pas vouloir s’y attarder que de se présenter en oiseau migrateur quand au fond toute son œuvre n’est qu’une mise en scène qui ne mènera qu’à une seule œuvre : lui.

Tant mieux s’il est riche et heureux.

N’a-t-il pas – et ne continue-t-il pas- de berner tous les québécois en se présentant avec le chandail d’une équipe de hockey les soirs du 24 juin,  trémulant  la fibre indépendantiste?

Pour aller plus tard au domaine Sagard, « kisser » Jackie…

Bien étrange, notre représentant fougueux national patriotique.

On se croirait dans un vieux roman de John Le Carré où les vieux espions, pris dans leur guerre froide avec l’URSS, passent leur temps à chercher des taupes…

 Tout écartillé..

Gaëtan Pelletier

Juin 2012