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Les grottes à 220,000$

« The second thing I’am gonna do is starting  investing in America’s infrastructures… We must rebuilt our roads an bridges . So, American people will have a place to live on…

Steve Bridges, parodie d’Obama

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Peu importe la façon d’analyser ces données, un fait demeure: les propriétaires de maisons n’ont jamais nagé dans un tel océan de dettes. «La récente folie dépensière a laissé les consommateurs plus endettés et épuisés que jamais», a fait valoir Diana Petramala, économiste à la Banque TD, dans un rapport publié hier.

Les taux d’intérêt historiquement bas ont enflammé la demande pour les habitations depuis le début de l’année, ce qui a propulsé les prix à des records. La valeur moyenne d’une maison s’est établie à 344 968$ en avril au pays, un niveau 23% plus élevé que le creux de janvier 2009.

Cyberpresse, Maxime Bergeron

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«On a vécu comme des chiens qui pouvaient manger autant qu’ils le voulaient. Un chien va manger tout ce qui est devant lui, même si ça le rend malade. On a fait exactement la même chose.» Stephen Jarislowsky . Cyberpresse

Ça m’étonne qu’on n’enseigne pas la nature humaine dans les écoles, dit-il. Si elle ne change pas, ça serait pourtant facile!» Cyberpresse

De la grotte au château

Vous êtes nu, vous courez sous la pluie, un éclair frappe un arbre à vos côtés… Qu’est-ce que vous cherchez? Un abri…

C’était il y a 10,000 ans. On n’était pas encore à l’heure de l’hyper sexualisation, mais on se couvrait tout de même d’un cache sexe : car, voyez vous, quand on s’est fait poursuivre par un ancêtre du porc, et qu’il a faut  passer par une roseraie, on comprend que la douleur a besoin d’être un peu soulagée à certains endroits où la sensibilité est à fleur de pot.

Il pleut, il neige, il fait froid… Soulager! Ce n’est pas un concept abstrait, c’est une nécessité vitale.

Pour vraiment comprendre une chose il faut obligatoirement en chercher la nécessité et non le luxe.

Deux anecdotes

1. Mon beau-frère, qui a un gros « moi » , voulait faire réparer le petit toit d’une maisonnette de 8X12 pieds. 700$. Quelques pieds de bardeaux d’asphalte et deux ouvriers…

2. Un type de notre région, qui avait acheté une vieille maison il y a 20 ans, au prix d’environ 45,000$ l’a revendue à 225,000$.

Il avait trouvé un amateur de « bucolique », amoureux du Fleuve Saint-Laurent… Le luxe de se  « croquer  » un duo paysage-Bagel, pendant que les mouettes lui feraient des « waves » dans le ciel bleu…

La mélopée des « investisseurs »…

Il y a quelques mois, le maire Labeaume se félicitait du marché immobilier à Québec.

Selon les données compilées par Le Soleil, un acheteur devait étaler en moyenne 205 000 $ à Québec au dernier trimestre pour acheter une maison unifamiliale, soit le double du prix moyen payé en 2002 (102 000 $). (…)

Le résidant de Québec  s’est donc « enrichi ». Une bonne nouvelle pour le vendeur, mais une mauvaise pour l’acheteur…

En effet, depuis des décennies, on a cessé de claironner que les maisons étaient un investissement sûr. Au point ou les joueurs ont investis dans leurs avoirs futurs. Avec des conseillers  fiévreux,   vendeurs-harponneurs,  on a vu la crise immobilière aux États-Unis.

L’annonce faite à la mairie…

Stephen Jarislowsky : «Si vous regardez les prix de l’immobilier depuis les 30 dernières années, vous allez vous apercevoir que les valeurs ont grimpé de près de 428%. Ils auraient du monter de seulement 332% si on tient compte de l’inflation et de la productivité du pays. Seuls ces deux éléments doivent faire monter les prix de l’immobilier. Si les prix à long terme montent plus vite que ça après 100 ans plus personne ne pourra vivre dans une maison.» Canoe

Peuf! Il n’y a pas de danger… Il n’y a jamais de danger avec les vendeurs qui ont des visions à court terme… celle de « leur » vie. Si vous parcourez les pages  des agents en immobilier, vous allez constater que leur  optimisme pourrait  faire s’élever  une montgolfière en béton.  Et pourtant, voyez le tableau du passé :

Pour Benjamin Tal, économiste pour les Marchés mondiaux CIBC, même si l’activité sur le marché de l’habitation fluctuera au cours des 20 prochaines années, le prix réel moyen des maisons reflétera le rendement des deux dernières décennies.
Dans l’hypothèse d’un taux d’inflation annuel de 2%, il affirme que le prix des maisons au Canada devrait doubler d’ici 2026.
Maison Web

Il veut vous signifier que vous allez vous enrichir encore plus. Mais il n’indique pas que vous allez payer  – étalé sur 35 ans – le double  du prix de la maison. À 5%, c’est plus que le double.

Calculez : doublé en 10 ans et doublé en 15 ans.

Ajoutez les taxes foncières doublées, l’entretien – car au bout de 20 ans, votre hutte est ravagée par l’air salin ou autres imprévus… La majoration des coûts des matériaux…

Les nuances : les requins au Botox

Quand grand-maman B – une résidente de notre coin –  s’est vu offrir 345,000$ pour sa maison, elle n’a pas souri, elle est demeurée figée. Puis elle a décidé de rester dans SA maison… Une maison ancestrale,  bâtie à coups d’amour…

Mais d’où viennent donc tous ces acheteurs?

Vous allez penser que ce sont les baby-boomers à gros salaires? Il en est… Mais ils ne représentent pas la majorité. En fait, ces acheteurs  proviennent d’une période de floraison des petits et moyens entrepreneurs qui pouvaient créer une entreprise- ou poursuivre la familiale–   dans un monde qui le permettait.

Avant que n’arrive la caravane des requins aux Botox, qui ont entrepris d’avaler les petits entrepreneurs.

Ils étaient plusieurs milliers au Québec et ailleurs à s’enrichir honnêtement dans un labeur difficile mais qui rapportait suffisamment pour leur permettre un capital assurant une retraite dite dorée.

La création du concept du Wal-Mart,   des concentrations,  de la mondialisation,  a hélas!, anéanti cette « race » de petits et moyens entrepreneurs. Il en existe de moins en moins.

Et ce sont ceux-là qui ont eu les moyens de barguigner et d’acquérir leur liberté 55.

Si vous n’avez pas compris, je vais vous expliquer : ce n’est pas la richesse totale qui a permis à ces gens de profiter de la vie, c’est la richesse étalée et non concentrée.

La concentration de la richesse n’est pas un enrichissement social, c’est une pauvreté étalée.

Comprenons que si nous passons 35 ans à se payer une grotte, les dix ans de surplus est une perte au bout de la vie. Et en qualité… Tant sur le plan de la santé personnelle que celui de ladite santé financière… Même celle de l’État… Un « vieux » dépendant de l’État, coûte plus cher à l’ensemble des « fournisseurs »…

Les conseillers financiers et leur monde virtuel

Les voilà qui entrent dans vos téléphones, vos courriers électroniques, et à la télé… Un lignage  agacé de constater  que le Québécois n’investit pas suffisamment pour sa retraite. Même l’expression « bas de laine » a disparu… Ils geignent, se plaignent, se tordent, s’inquiètent! Je ne connais pas l’épaisseur des verres de leurs lunettes, mais pour la « réalité », ils auraient besoin d’un optométriste.

Les travailleurs commencent à travailler à un âge tardif, souvent endettés par les études, ou font un doctorat en cégep … Le système d’éducation leur permettant…

Bref, la période dite active se rétrécit de plus en plus… Avec un salaire moyen de 40,000$, ils survivent.  Et comment vivront-t-ils dans 20 ans?

Le conseiller financier a le neurone d’un gris qui rappelle les champignons qui ont séjourné trop longtemps dans le frigo : ils présentent des bulles éparses de pourritures molles et peu alléchantes.

C’est un schizophrène de salon de thé qui encourage l’épargne – au point de faire ses griffes sur vos dossiers après sa pause-café – dans un monde ou « la totale » est l’encouragement au crédit.

L’avenir : le citronnier séché

Faites le calcul de ce que nous léguons, avec un pareil système à nos enfants… En incluant tous les facteurs entourant les autres coûts annuels d’une maison, son entretien, les salaires à venir, les imprévus, etc. Je me demande qui pourra avoir un toit. Non seulement en visant le côté propriétaire mais celui également de locataire.

Certains dépensent  jusqu’à 40% de leur salaire brut pour l’achat d’une maison ou la location d’un appartement.

Si les conseillers  se demandent pourquoi les québécois investissent peu pour leur retraite, c’est qu’ils n’ont pas les moyens de se payer un « futur »…
La raison est simple : l’art de la finance, présentement, est de faire du jus de citron, même avec la pelure…

Souricide

trappe Lucifer

Un message du département de la défense de votre pays.

Conseils d’emploi :

1.     Appâter la tapette avec un morceau de denrée appétissante solidement fixée au déclencheur : fromage, pain blanc, saucisson, cerneau de noix…

2.     Disposer le Piège à Souris Lucifer perpendiculairement aux bas des murs, endroits où circulent habituellement les souris.

3.     Armer le piège

4.     Ébouillanter les Piège à Souris Lucifer après usage pour en débarrasser l’odeur. 

Piège à souris Lucifer 

La révolte d’un cyclope abruti 

Quand on songe à tout l’argent et sueurs que nous avons donné pour boucher le trou de toutes les formes de mégalomanies des dirigeants, des dictateurs, et du reste de la clique, nous avons un sérieux problème.

On pourra dire que l’histoire de l’humanité , à force de « donner aux dieux » odieux, a été elle-même, en fin de compte, l’offrande finale. On n’a rien vu venir, adoratifs, d’un œil franc et de l’autre voilé par la piraterie mondiale.

Les peuples sont maintenant comme des estomacs qui se mangent et se digèrent pour n’avoir plus rien à manger.

Krishnamurti disait que le savoir n’achète pas la sagesse. Or, les sociétés « évoluées » n’achètent maintenant rien que le « savoir ». La sagesse ne développe pas d’armes, la sagesse n’est pas en bourse. Étonnamment, on nous demandera d’être « équilibré ». Or, nous vivons dans un monde qui cultive le déséquilibre laissant aux citoyens « l’art de s’équilibrer » dans un monde qui valse et qui valse sur l’air d’une cacophonie arythmique.  Et l’éducation est devenue la fabrication d’un outil-chair infusé aux formules vides, marchant au pas de « lois » par une propagande hypocritement bienfaisante. Il n’existe plus que l’abrutissement continu.

L’État, c’est la religion des athées. Cette naissance d’une religion pompeuse des affaires ne fait plus aucune place à la spiritualité. Ni à la liberté tant criée.

Le NDM

Le Nouveau Désordre Mondial. Et pour la petite histoire de ce travail qui nous rend libre:

L’expression vient du titre d’un roman de l’allemandphilologueLorenz Diefenbach(en), Arbeit macht frei : Erzählung von Lorenz Diefenbach (1873), dans lequel les joueurs et les fraudeurs trouvent le chemin de la vertu par le travail.(…)  La citation est adoptée en 1928 par le gouvernement de Weimar comme un slogan vantant les effets de leur politique souhaitée de grande échelle de travaux publics programmés pour mettre fin au chômage. Arbeit macht frei

Pour mettre fin  au chômage… Quelqu’un connaît-il une formule plus « contemporaine » de la condition des travailleurs du 21ème siècle? Ils sont poussés pas un terme nouveau: la précarité, un slogan « moderne ». Voilà notre cyclope  devenu pirate ( chômeur) par le voile du nouveau langage du fléau libéral-mondialiste. La création d’un vendeur de slogans , aveugle, mais riche. Bien machiné aux marchés et aux chiffres.

« Les armes vous protègent ».  Etc, . Ainsi vivons nous des guerres à répétition pour « équilibrer » les forces de cette infime planète. Le Nouveau Désordre Mondial est tout simplement payant. Il n’a rien d’humain. Le moyen d’être libre est de travailler encore plus pour votre « qualité de vie ». Les travailleurs sont-ils actifs pour des paradis fiscaux ou pour eux?

On ne sait plus vraiment pour qui on travaille, quand on travaillera, combien de temps durera notre contrat. Et de par la mondialisation, le ressort est bâti au Mexique, le mécanisme aux États-Unis ou en France, et de par la sous traitance, le bois viendra de l’Afrique, etc. Et le travailleur de …partout.  La machine à tuer, ainsi divisée, en pièces, est « invisibilisée ». On ne sait pas pourquoi, mais on a faim. On pense savoir pour qui, mais au fond on ne le sait pas. On nous apprend comment, parce que c’est utile… Mais pas pour qui, mais pour QUI…

En résumé, l’histoire de l’humanité  est celle de la souris qui – sans le savoir –  bâtit le piège par  lequel elle sera éradiquée.

Appâter

Disposer ( diviser et étaler les pièces)

Armer

Ébouillanter

P.S.: Ébouillanter, c’est comme rendre ignorants les nouveaux venus dans le système.  On nomme cela  propagande   information.

Efficace, écologie, économique.   On croirait entendre un politicien ou un banquier…

Gaëtan Pelletier, monocle d’Amérique

La Grèce start-up

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«Emma Coats, ancienne scénariste du studio, a décrypté le code de Pixar, créant du même coup un modèle de pitch ‘irrésistible’. Selon elle, tous les films de Pixar partagent le même ADN narratif, une structure qui fait intervenir les 6 phrases suivantes:

Il était une fois_____. Chaque jour_____. Puis un jour_____. À cause de ça_____. C’est pourquoi_____. Jusqu’à ce qu’enfin_____.   Le truc génial de Steve Jobs pour convaincre n’importe qui

Il y a quelques décennies, on vendait des recettes pour être heureux. Maintenant, on vend des recettes pour devenir riche. Ou devenir Steve Jobs… Il est décédé d’un cancer du pancréas en 2011 soulevant une vague d’émotion à travers le monde. Une vague d’émotion? Oui, une vague d’émotion. Car il avait inventé un ordinateur. Oui, un ordinateur. Et pas le moindre:

Il était une fois un poisson veuf appelé Marin, qui se faisait beaucoup de soucis pour son fils unique Nemo. Chaque jour, Marin rappelle à Nemo que l’océan est plein de dangers et l’implore de ne pas nager au loin. Puis un jour, par défi, Nemo ignore les mises en garde de son père et nage jusqu’à la pleine mer. À cause de ça, il est capturé par un plongeur et se retrouve poisson d’aquarium chez un dentiste de Sydney. C’est pourquoi Marin part en voyage pour retrouver Nemo, appelant à l’aide au passage les autres créatures de la mer.Jusqu’à ce qu’enfin Marin et Nemo se retrouvent, repartent ensemble et découvrent que l’amour repose sur la confiance.

Cette « recette » de mots est familière aux gens qui écrivent et qui veulent garder leur lecteur en haleine. Répéter! Faire de la formule une sorte d’hameçon pour le petit poisson qui devrait pousser dans le grand océan de la réussite sociale.  Steve Jobs en était champion. Oui, champion! Étonnant! Il parlait à ses employés en mode binaire:

1. C’est génial!

0. C’est de la merde!

Rien de spécial jusqu’ici. Mais là ou le bât blesse, on remarquera qu’en politique les formules les plus creuses passent et repassent chaque jour. Et que dans les campagnes de publicités, mangez frais, est au menu de toutes les campagnes publicitaires des chaînes de fast-food. Manière de dire, soyez en santé de par nos produits. Alors que le plus souvent ils viennent de franchir 3000 km ou bien ont été congelés. Mais bien arrosés… Comme l’arrosée du matin, quand on se lève, vers la fin d’août, et qu’il y a un léger frimas sur les tomates.

Pour Steve Jobs, les gens étaient des « demeurés ». Chaque jour, il cherchait une formule courte et concise. Puis un jour, il trouva les gens-formules pour réaliser ses rêves. À cause de ça, Steve Jobs – qui s’était déjà habillé en disciple de Krishna,  comprit la nature humaine et la machine. C’est pourquoi, de par son concept révolutionnaire de la souris qui pouvait rouler sur ses jeans, il parvint à ses fins. Jusqu’à ce qu’enfin, il put acheter tout ce qu’il voulut acheter. Ce qui créa une vague d’émotion! Oui, une vague d’émotion.  Une énorme vague d’émotion. Un génie était apparut et avait disparu dans une énorme bouteille incompréhensible: la Vie.

Steve Jobs a tellement acheté qu’il a presque tout acheté. À cause de ça,  il  souleva une vague d’émotion.   Puis un jour, tous étudièrent la méthode Steve Jobs. On avait enfin saisi le concept. Et dans l’océan de la vie, tous devinrent de petits poissons qui aspirèrent au rang de baleine.

Ben voilà! Maintenant, on a tous un ADN narratif ou de vie trafiqué. Les gouvernements et les banques en ont tellement pour prêter que la Grèce, avec son nouveau contrat, n’est en fin de compte qu’un démarrage d’entreprise. La Grèce est maintenant une nouvelle entreprise endettée, mais soutenue par les pays prêteurs.

Jusqu’à ce qu’enfin, L’UE et Némo  la Grèce découvrent que l’amour repose sur la confiance.

Snif!

Gaëtan Pelletier

P.S. Ma femme me devait 100$. Je lui ai en ai prêté 120$ pour qu’elle puisse me rembourser au taux non divulgué.

La ville de Détroit en faillite : les retraités s’affolent

En France, les libéraux dans l’opposition, les socio-libéraux au pouvoir et la CFDT, qui est toujours au pouvoir quelle que soit l’opposition, ne rêvent que d’une chose à propos des retraites : les privatiser par le biais de la capitalisation, des fonds de pension, des compagnies d’assurance et des banques. Il en va de même pour la santé, mais ceci est une autre histoire (en fait, la même).

 

Grâce aux Solfériniens (ohé, Filoche !) le régime des retraites français va être le plus dur d’Europe, celui des Grecs excepté. Les Espagnols partent en retraite à 65 ans, avec 37 annuités de cotisation, les Grands-Bretons prennent la retraite à 65 ans également. Tout comme les Allemands, pour qui il est prévu 67 ans en 2030. Les Solfériniens ont également prévu que, dans un proche avenir, les modalités des retraites françaises seront déterminés par un collègue d’« experts », tous plus « sages » les uns que les autres, tous clones d’Alain Minc, j’en mettrais ma main de retraité au feu.

Pour être bien conscient de ce qui nous attend peut-être, il n’est qu’à tourner notre regard vers la ville de Détroit (l’angliciste que je suis ne peut s’empêcher le mauvais jeu de mots : « Detroit is destroyed »). Ce grand bastion de l’industrie étasunienne a été mis en faillite en juillet dernier. 400 000 emplois avaient été perdus dès 2008. dans certains quartiers, le taux de chômage atteint 50%. Quiddes 20 000 retraités du service public dont les pensions étaient gagées par une ville endettée à hauteur de 19 milliards de dollars ?

 

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Je reprends ici un article du Washington Post. Ces retraités sont des employés municipaux, des policiers et des pompiers pour qui l’avenir immédiat a l’apparence d’un « cauchemar ». L’expert (encore un !) mandaté pour traiter ce dossier a promis aux retraités six mois de répit. Le problème est que près de la moitié de l’énorme dette est due à des fonds de retraite et des organismes de santé. L’autre moitié est composée d’obligations municipales.

Détroit, berceau de l’industrie automobile américaine, a accumulé une dette vertigineuse de 18,5 milliards de dollars (14 milliards d’euros). Près de la moitié de cette somme est due à des fonds de retraite et des organismes de santé, le reste étant composé d’obligations municipales. Mais la ville ne peut plus faire face.

L’expert a suggéré à la ville de Détroit de vendre son aéroport international et des œuvres d’art en sa possession. Il a également recommandé à la ville de ne plus payer les cotisations des employés municipaux et de confier le système au privé.

Il est désormais loin le temps où les retraites suivaient gentiment le taux de l’inflation dans le pays. D’autant que le prix de l’essence et du gazole (dans une ville où les hivers sont très rigoureux) est l’un des plus élevés des États-Unis.

A glagla pour les vieux os.

 

Retraitées étasuniennes au travail (pas chez le coiffeur)

BERNARD GENSANE 

Le blogue de Bernard Gensane

Monique Pinçon-Charlot : « La violence des riches atteint les gens au plus profond de leur esprit et de leur corps »

PAR AGNÈS ROUSSEAUX 5 NOVEMBRE 2013

Qui sont les riches aujourd’hui ? Quel impact ont-ils sur la société française ? Pour la sociologue Monique Pinçon-Charlot, les riches font subir au reste de la société une violence inouïe. Une violence banalisée grâce à un renversement du langage : les riches seraient des victimes, menacées par l’avidité du peuple. Elle dénonce un processus de déshumanisation, une logique de prédation, une caste qui casse le reste de la société. Et invite à organiser une « vigilance oligarchique » : montrer aux puissants que leur pouvoir n’est pas éternel.

Basta ! : Qu’est-ce qu’un riche, en France, aujourd’hui ?

Monique Pinçon-Charlot [1] : Près de 10 millions de Français vivent aujourd’hui en-dessous du seuil de pauvreté. Celui-ci est défini très précisément. Mais il n’existe pas de « seuil de richesse ». C’est très relatif, chacun peut trouver que son voisin est riche. Et pour être dans les 10 % les plus riches en France, il suffit que dans un couple chacun gagne 3000 euros.

Nous nous sommes intéressés aux plus riches parmi les riches. Sociologiquement, le terme « riche » est un amalgame. Il mélange des milieux très différents, et regroupe ceux qui sont au top de tous les univers économiques et sociaux : grands patrons, financiers, hommes politiques, propriétaires de journaux, gens de lettres… Mais nous utilisons délibérément ce terme. Car malgré son hétérogénéité, ces « riches » sont une « classe », mobilisée pour la défense de ses intérêts. Et nous voulons aujourd’hui contribuer à créer une contre-offensive dans cette guerre des classes que mènent les riches et qu’ils veulent gagner.

Pourquoi est-il si difficile de définir cette classe ?

La richesse est multidimensionnelle. Bourdieu parlait très justement de capital – capital économique, culturel, symbolique –, c’est ce qui donne du pouvoir sur les autres. A côté de la richesse économique, il y a la richesse culturelle : c’est le monde des musées, des ventes aux enchères, des collectionneurs, des premières d’opéra… Jean-Jacques Aillagon, président du comité des Arts décoratifs, vient d’être remplacé par un associé-gérant de la banque Lazard. Dans l’association des amis de l’Opéra, on retrouve Maryvonne Pinault (épouse de François Pinault, 6ème fortune de France), Ernest-Antoine Seillière (ancien président du Medef, 37ème fortune de France avec sa famille) [2]…

A cela s’ajoute la richesse sociale, le « portefeuille » de relations sociales que l’on peut mobiliser. C’est ce qui se passe dans les cercles, les clubs, les rallyes pour les jeunes. Cette sociabilité mondaine est une sociabilité de tous les instants : déjeuners, cocktails, vernissages, premières d’opéra. C’est un véritable travail social, qui explique la solidarité de classe. La quatrième forme est la richesse symbolique, qui vient symboliser toutes les autres. Cela peut être le patronyme familial : si vous vous appelez Rothschild, vous n’avez pas besoin d’en dire davantage… Cela peut être aussi votre château classé monument historique, ou votre élégance de classe.

Il existe aussi une grande disparité entre les très riches…

Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH, est en tête du palmarès des grandes fortunes professionnelles de France, publié chaque année par la revueChallenges. Il possède 370 fois la fortune du 500ème de ce classement. Et le 501ème est encore très riche ! Comparez : le Smic à 1120 euros, le revenu médian à 1600 euros, les bons salaires autour de 3000 euros, et même si on inclut les salaires allant jusque 10 000 euros, on est toujours dans un rapport de 1 à 10 entre ces bas et hauts salaires. Par comparaison, la fortune des plus riches est un puits sans fond, un iceberg dont on ne peut pas imaginer l’étendue.

Malgré l’hétérogénéité de cette classe sociale, les « riches » forment, selon vous, un cercle très restreint.

On trouve partout les mêmes personnes dans une consanguinité tout à fait extraordinaire. Le CAC 40 est plus qu’un indice boursier, c’est un espace social. Seules 445 personnes font partie des conseils d’administration des entreprises du CAC 40. Et 98 d’entre eux détiennent au total 43 % des droits de vote [3] ! Dans le conseil d’administration de GDF Suez, dont l’État français possède 36 % du capital, il y a des représentants des salariés. Ceux-ci peuvent être présents dans divers comités ou commissions, sauf dans le comité des rémunérations. Cela leur est interdit. Qui décide des rémunérations de Gérard Mestrallet, le PDG ? Jean-Louis Beffa, président de Saint-Gobain, notamment. C’est l’entre-soi oligarchique.

Cela semble si éloigné qu’on peut avoir l’impression de riches vivant dans un monde parallèle, sans impact sur notre vie quotidienne. Vous parlez à propos des riches de « vrais casseurs ». Quel impact ont-ils sur nos vies ?

Avec la financiarisation de l’économie, les entreprises sont devenues des marchandises qui peuvent se vendre, s’acheter, avec des actionnaires qui exigent toujours plus de dividendes. Selon l’Insee, les entreprises industrielles (non financières) ont versé 196 milliards d’euros de dividendes en 2007 contre 40 milliards en 1993. Vous imaginez à quel niveau nous devons être sept ans plus tard ! Notre livre s’ouvre sur une région particulièrement fracassée des Ardennes, avec l’histoire d’une entreprise de métallurgie, qui était le numéro un mondial des pôles d’alternateur pour automobiles (les usines Thomé-Génot). Une petite entreprise familiale avec 400 salariés, à qui les banques ont arrêté de prêter de l’argent, du jour au lendemain, et demandé des remboursements, parce que cette PME refusait de s’ouvrir à des fonds d’investissement. L’entreprise a été placée en redressement judiciaire. Un fonds de pension l’a récupéré pour un euro symbolique, et, en deux ans, a pillé tous les savoir-faire, tous les actifs immobiliers, puis fermé le site. 400 ouvriers se sont retrouvés au chômage. C’est un exemple parmi tant d’autres ! Si vous vous promenez dans les Ardennes aujourd’hui, c’est un décor de mort. Il n’y a que des friches industrielles, qui disent chaque jour aux ouvriers : « Vous êtes hors-jeu, vous n’êtes plus rien. On ne va même pas prendre la peine de démolir vos usines, pour faire des parcs de loisirs pour vos enfants, ou pour planter des arbres, pour que vous ayez une fin de vie heureuse. Vous allez crever. »

Comment s’exerce aujourd’hui ce que vous nommez « la violence des riches » ?

C’est une violence inouïe. Qui brise des vies, qui atteint les gens au plus profond de leur corps, de leur estime, de leur fierté du travail. Être premier dans les pôles d’alternateur pour automobiles, c’est faire un travail de précision, c’est participer à la construction des TGV, à l’une des fiertés françaises. Casser cela est une violence objective, qui n’est ni sournoise ni cachée, mais qui n’est pas relayée comme telle par les politiques, par les médias, par ces chiens de garde qui instillent le néolibéralisme dans les cerveaux des Français. Pour que ceux-ci acceptent que les intérêts spécifiques des oligarques, des dominants, des riches, deviennent l’intérêt général.

Comment cette violence objective se transforme-t-elle en assujettissement ?

C’est une forme d’esclavage dans la liberté. Chacun est persuadé qu’il est libre d’organiser son destin, d’acheter tel téléphone portable, d’emprunter à la banque pendant 30 ans pour s’acheter un petit appartement, de regarder n’importe quelle émission stupide à la télévision. Nous essayons de montrer à quel système totalitaire cette violence aboutit. Un système totalitaire qui n’apparaît pas comme tel, qui se renouvelle chaque jour sous le masque de la démocratie et des droits de l’homme. Il est extraordinaire que cette classe, notamment les spéculateurs, ait réussi à faire passer la crise financière de 2008 – une crise financière à l’état pur – pour une crise globale. Leur crise, est devenue la crise. Ce n’est pas une crise, mais une phase de la guerre des classes sans merci qui est menée actuellement par les riches. Et ils demandent au peuple français, par l’intermédiaire de la gauche libérale, de payer. Et quand on dit aux gens : « Ce n’est quand même pas à nous de payer ! », ils répondent : « Ah, mais c’est la crise »

Pourquoi et comment les classes populaires ont-elles intégré cette domination ?

C’est une domination dans les têtes : les gens sont travaillés en profondeur dans leurs représentations du monde. Cela rend le changement difficile, parce qu’on se construit en intériorisant le social. Ce que vous êtes, ce que je suis, est le résultat de multiples intériorisations, qui fait que je sais que j’occupe cette place-là dans la société. Cette intériorisation entraîne une servitude involontaire, aggravée par la phase que nous vivons. Avec le néolibéralisme, une manipulation des esprits, des cerveaux, se met en place via la publicité, via les médias, dont les plus importants appartiennent tous à des patrons du CAC 40.

Sommes-nous prêts à tout accepter ? Jusqu’où peut aller cette domination ?

Dans une chocolaterie qu’il possède en Italie, le groupe Nestlé a proposé aux salariés de plus de cinquante ans de diminuer leur temps de travail [4], en échange de l’embauche d’un de leurs enfants dans cette même entreprise. C’est une position perverse, cruelle. Une incarnation de ce management néolibéral, qui est basé sur le harcèlement, la culpabilisation, la destruction. Notre livre est un cri d’alerte face à ce processus de déshumanisation. On imagine souvent que l’humanité est intemporelle, éternelle. Mais on ne pense pas à la manipulation des cerveaux, à la corruption du langage qui peut corrompre profondément la pensée. Le gouvernement français pratique la novlangue : « flexi-sécurité » pour ne pas parler de précarisation, « partenaires sociaux » au lieu de syndicats ouvriers et patronat, « solidarité conflictuelle ». Le pouvoir socialiste pratique systématiquement une pensée de type oxymorique, qui empêche de penser. Qui nous bloque.

Les riches entretiennent une fiction de « surhommes » sans qui il n’y aurait pas travail en France, estimez-vous. Menacer les riches signifie-t-il menacer l’emploi ?

Cette menace est complètement fallacieuse. Dans la guerre des classes, il y a une guerre psychologique, dont fait partie ce chantage. Mais que les riches s’en aillent ! Ils ne partiront pas avec les bâtiments, les entreprises, les autoroutes, les aéroports… Quand ils disent que l’argent partira avec eux, c’est pareil. L’argent est déjà parti : il est dans les paradis fiscaux ! Cette fiction des surhommes fonctionne à cause de cet assujettissement, totalitaire. Quand on voit le niveau des journaux télévisés, comme celui de David Pujadas, il n’y a pas de réflexion possible. En 10 ans, les faits divers dans les JT ont augmenté de 73 % !

Certains se plaignent d’une stigmatisation des « élites productives ». Les riches ont-ils eux aussi intériorisé ce discours, cette représentation ?

Notre livre s’ouvre sur une citation extraordinaire de Paul Nizan [5] : « Travaillant pour elle seule, exploitant pour elle seule, massacrant pour elle seule, il est nécessaire [à la bourgeoisie] de faire croire qu’elle travaille, qu’elle exploite, qu’elle massacre pour le bien final de l’humanité. Elle doit faire croire qu’elle est juste. Et elle-même doit le croire. M. Michelin doit faire croire qu’il ne fabrique des pneus que pour donner du travail à des ouvriers qui mourraient sans lui ». C’est pour cela que cette classe est tout le temps mobilisée : les riches ont sans cesse besoin de légitimer leur fortune, l’arbitraire de leurs richesses et de leur pouvoir. Ce n’est pas de tout repos ! Ils sont obligés de se construire en martyrs. Un pervers narcissique, un manipulateur, passe en permanence du statut de bourreau à celui de victime, et y croit lui-même. C’est ce que fait l’oligarchie aujourd’hui, par un renversement du discours économique : les riches seraient menacées par l’avidité d’un peuple dont les coûts (salaires, cotisations…) deviennent insupportables. On stigmatise le peuple, alors que les déficits et la dette sont liés à la baisse des impôts et à l’optimisation fiscale.

Depuis que le parti socialiste est au pouvoir, qu’est-ce qui a changé ? Y a-t-il eu des améliorations concernant cette violence des riches que vous dénoncez ?

On ne peut pas parler d’amélioration : nous sommes toujours dans un système oligarchique. Nos dirigeants sont tous formés dans les mêmes écoles. Quelle différence entre Dominique Strauss-Kahn et Nicolas Sarkozy ? Je ne suis pas capable de vous le dire. L’histoire bégaye. Un exemple : le secrétaire général adjoint de l’Élysée est actuellement Emmanuel Macron, qui arrive directement de la banque d’affaires Rothschild. Sous Nicolas Sarkozy, ce poste était occupé par François Pérol, qui venait aussi de chez Rothschild. Les banques Lazard et Rothschild sont comme des ministères bis [6] et conseillent en permanence le ministre de l’Économie et des Finances. La mission de constituer la Banque publique d’investissement (BPI) a été confiée par le gouvernement à la banque Lazard… Et la publicité sur le crédit d’impôt lancé par le gouvernement a été confiée à l’agence Publicis. Qui après avoir conseillé Nicolas Sarkozy conseille maintenant Jean-Marc Ayrault. On se moque de nous !

Pierre Moscovici et François Hollande avait promis une loi pour plafonner les salaires de grands patrons [7]. Ils y ont renoncé. Pierre Moscovici a annoncé, sans rire, qu’il préférait « l’autorégulation exigeante ». Des exemples de renoncement, nous en avons à la pelle ! Le taux de rémunération du livret A est passé de 1,75 % à 1,25 %, le 1er août. Le même jour, Henri Emmanuelli, président de la commission qui gère les livrets A [8], a cédé au lobby bancaire, en donnant accès aux banques à 30 milliards d’euros supplémentaires sur ces dépôts. Alors qu’elles ont déjà reçu des centaines de milliards avec Nicolas Sarkozy ! Elles peuvent prêter à la Grèce, au Portugal, avec un taux d’intérêt de 8 ou 10 %… Avec le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), entré en vigueur le 1er janvier 2013, c’est encore 20 milliards d’euros de recettes fiscales en moins chaque année, offerts aux entreprises, et qui plombent le déficit public de façon absolument considérable.

Le Front national a un discours virulent contre les « élites » françaises. N’avez-vous pas peur que votre analyse soit récupérée par l’extrême-droite ?

Nous ne disons pas que les politiques sont « tous pourris », comme le fait le FN. Nous proposons une analyse en terme de classes, pour donner à voir des mécanismes sociaux. Nous cherchons à dévoiler le fonctionnement de cette caste qui casse le reste de la société, dans une logique de prédation qui va se poursuivre dans une spirale infernale. Le Front National désigne comme bouc émissaire l’immigré ou le Rom, donnant en pâture ce qui est visible. Le Rom est d’ailleurs devenu un bouc émissaire transversal à l’échiquier politique, depuis la gauche libérale avec Manuel Valls jusqu’au Front National. Si on doit pointer précisément un responsable à la situation actuelle, c’est plutôt une classe sociale – les riches – et un système économique, le néolibéralisme. Puisqu’il faut des formules fortes : le banquier plutôt que l’immigré !

Vous parlez dans votre ouvrage d’une guerre des classes qui n’est pas sans visage. N’y a-t-il pas un enjeu justement à « donner des visages » à cette classe, comme vous le faites ?

C’est une nécessité absolue. Il faut s’imposer d’acheter chaque année ce bijou sociologique qu’est le palmarès du magazine Challenges. Et s’efforcer d’incarner, de mettre des visages sur cette oligarchie… C’est une curiosité nécessaire, les gens doivent être à l’affût de cette consanguinité, de cette opacité, de la délinquance financière. Nos lecteurs doivent se servir de notre travail pour organiser une « vigilance oligarchique » : montrer aux puissants que leur pouvoir n’est pas éternel, empêcher ce sentiment d’impunité qu’ils ont aujourd’hui, car ils savent que personne n’ira mettre son nez dans leurs opérations financières totalement opaques.

Nous avons aussi expérimenté des visites ethnographiques dans les quartiers riches, pour vaincre nos « timidités sociales ». Se promener dans les beaux quartiers, leurs cinémas, leurs magasins, leurs cafés, est un voyage dans un espace social. Il faut avoir de l’humilité pour accepter d’être remis à sa place, ne pas se sentir à l’aise, se sentir pauvre car vous ne pouvez pas vous payer une bière à six euros. Mais c’est une expérience émotionnelle, existentielle, qui permet des prises de conscience. Une forme de dévoilement de cette violence de classe.

Propos recueillis par Agnès Rousseaux

(@AgnesRousseaux)

Photo de une : complexe de Paraisópolis, à proximité d’une favela, au sud de São Paulo (Brésil) / Tuca Vieira

A lire : Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, La violence des riches, Chronique d’une immense casse sociale, Éditions Zones / La découverte, 2013, 256 pages, 17 euros.

Notes

[1] Monique Pinçon-Charlot est sociologue, ancienne directrice de recherche au CNRS. Elle a notamment publié avec Michel Pinçon Les Ghettos du Gotha. Comment la bourgeoisie défend ses espaces (Le Seuil, 2007), et Le Président des riches. Enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy (Zones/La Découverte, Paris, 2010).

[2] Pour plus d’information sur ce sujet, voir la liste des personnalités qui siègent dans les conseils d’administration des grands musées.

[3] Chiffres établis par le mensuel Alternatives économiques.

[4] De quarante à trente heures par semaine avec simultanément une baisse de salaire de 25 % à 30 %.

[5] Paul Nizan, Les Chiens de garde, 1932

[6] Voir Ces messieurs de Lazard, par Martine Orange, éd. Albin Michel, 2006

[7] Comme cela a été fait pour les grands patrons du secteur public qui ne peuvent plus être payés plus que 20 fois la moyenne des salaires de l’entreprise.

[8] Commission de surveillance de la Caisse des dépôts et consignations

http://www.bastamag.net/article3432.html

Paul Desmarais: Quand Anonymous décolore la bourgeoisie caméléon

Une soirée. Douze millions de dollars, l’équivalent de 480 ans de travail pour unE salarié gagnant annuellement 25 000 $. Tant de moyens pour si peu de goût. Source: Le Couac  

« Quand tu entres dans la propriété, on t’ouvre un premier portail. Ensuite, tu dois faire des kilomètres et des kilomètres avant d’arriver au château », racontait Nicolas Sarkozy à propos du fief de son ami Desmarais.» Sarko et ses hémorroïdes  

Tous les artisans de cette soirée, qui a nécessité la construction d’un imposant pavillon temporaire, ont été logés à proximité du domaine.

Les proportions du domaine où ont été accueilli tout ce monde sont calquées sur les grandes constructions d’avant la Révolution de 1789, habitée par la royauté française. Le domaine de Sagard compte plusieurs milliers d’hectares où on trouve notamment un terrain de golf privé. La fortune de la famille Desmarais est évaluée à plus de 4 milliards, selon le magazine Forbes.Le Devoir   

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Open up your eyes (ouvrez grands vos yeux), comme disait John Lennon,  et faites clinquer vos bijoux.  « On ne leur demande pas d’être pauvre et de tout donner, mais d’en partager un peu… », comme le souligne l’ami Allard.

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30 août 2011. Madame Desmarais fête ses 80 ans. On retrouvera sur Youtube  une vidéo lancée par ANONYMOUS QC,  2H09 minutes.

Mais il semble que Sarko n’y était pas… Pourtant, « la filière françaises » du monde  des affaires a bien dressé le pantin, fasciné par la richesse…et la gloire.

Et la France dans tout ça?

C’est aussi l’homme qui s’était dit, en parlant de Nicolas Sarkozy : « c’est quelqu’un qui serait bien pour la France » , comme le rapporte le quotidien La Presse. Le principal intéressé a évoqué ce soutien lors de la cérémonie de vendredi :

« Si je suis aujourd’hui président, je le dois en partie aux conseils, à l’amitié et à la fidélité de Paul Desmarais. »

Les deux hommes se connaissent depuis 1995. A l’époque, Sarkozy était au fond du trou, écarté de la Chiraquie après l’échec de la candidature d’Edouard Balladur aux présidentielles.

« Un homme m’a invité au Québec dans sa famille. Nous marchions de longues heures en forêt, et il me disait : il faut que tu t’accroches, tu vas y arriver, il faut que nous bâtissions une stratégie pour toi. »

Il a depuis séjourné plusieurs fois au domaine de Sagard, 75 km2 au coeur du Québec, propriété de la famille Desmarais. Le terrain, qui compte 32 lacs, doit son nom à un missionnaire français du XVIIème. Desmarais comptait aussi parmi les invités de la soirée au Fouquet’s sur les Champs-Elysées au soir de l’élection du président, le 6 mai 2007.

Au Canada, les Desmarais ont soutenu plusieurs premiers ministres : Pierre Elliott Trudeau, Brian Mulroney, puis Jean Chrétien (dont la fille, France, est mariée avec le cadet, André Desmarais) et Paul Martin. Ce dernier a d’ailleurs été vice-président de Power Corporation avant de se lancer en politique. Rue 89  

Rue 89

Le party pour Jackie

Depuis quelques jours, l’organisation de la fête allait bon train. À travers des jardins français sans fin, dans une tente, une salle de concert extravagante et riche a déjà accueilli son très quétaine faux penseur de Rodin, une partie des 400 000 $ de fleurs, principalement des orchidées de partout à travers le monde, achetées spécialement pour l’occasion ainsi que la répétition de l’Orchestre Métropolitain à laquelle Papa Bush aurait assisté. Étonnant. Au départ, les Desmarais désiraient retenir les services de l’OSM mais, voyez vous, il semblerait que la convention collective de cet orchestre, plus généreuse que les conditions de la Guilde des musiciens, ait modifié les plans de la soirée.(…)

Avant que le spectacle ne commence, l’Orchestre métropolitain sera parqué dans le garage, près de la tente, en attendant sagement son tour. Chacun à sa place. Lors de leur performance, malgré la présence d’une technique de sonorisation plus que complète, le son pourri rendra à peine la qualité des pièces qui seront jouées. Point culminant du spectacle, un cadeau de fête de Monsieur, une chanson écrite spécialement pour Madame. Il est vrai qu’on ne peut pas offrir grand-chose à des maîtres qui possèdent déjà tout. Émue et terriblement reconnaissante, elle déclarera : « On m’a dit que je n’avais pas le temps de faire un discours, mais je suis émue et je veux remercier… ». Il est bien vrai qu’ils possèdent tout. Mais pas le temps, semblerait-il.

Plusieurs diront que la dépense totale pour cette soirée oscillerait entre 12 et 14 millions $. Une soirée. Douze millions de dollars, l’équivalent de 480 ans de travail pour unE salarié gagnant annuellement 25 000 $. Tant de moyens pour si peu de goût. Source: Le Couac  

Toutes ces bonnes âmes de la politique et de la finance, y compris le souverainiste Lucien Bouchard, vendeur de gaz de schiste de pote à pote, et le chanteur « souverainiste » Robert Charlebois, sont du « party ».

La bourgeoisie caméléon

Tous les pays « démocratiques » sont endettés. On s’étonnera du virement des richesses des peuples vers une élite bourgeoise qui a réussi à traverser les siècles en changeant de visage. Masquée. Le pompage  systémique des dirigeants par le biais des jeux de Monopoly mondialisé,  et des politiciens à « flirt de peau » avec ces joueurs compulsifs, est en train d’aplanir toutes les diversités, aspirer les richesses, appauvrir les peuples pour le… jeu. Elle n’a pas de couleurs, la bourgeoisie. Elle se fond, en prédateur, dans les modes et les mouvements sociaux et politiques. Et ils veulent tout. À commencer par le contrôle qui permet… de  TOUT avoir.

Ils adorent ça. Tout avoir. Tout posséder. Sans aucun atome d’humanisme.

À Montréal, on fait sonner les chaudrons pour manifester chaque soir. Jadis, on demandait au peuple de les donner pour les fondre et en faire des balles pour les « bonnes guerres ».

Le citoyen a les balles, mais n’a pas les armes…

La galerie de photos, prises d’écran

Un paon sur une table… Faite la queue…


Papa Bush ( M. Desmarais, à gauche… Mais de droite)

Jean Charest et son épouse

Le plafond. On se croirait au Vatican… À première vue…

La nourriture: je ne sais ce que c’est, mais ça doit se manger… en couleurs.

Dans le spectacle, outre les performances des musiques classiques, on retrouvera Al Jolson , ce blanc déguisé en noir.

Comme la bourgeoisie, mais à l’envers.

Car, au fond, nous sommes tous les nègres de cette race de serpents kaléidoscopique.

Ouvrez grands vos yeux, les petits noirs. Les « nègres » de ce monde habitent maintenant tous les pays, toutes les civilisations, toutes les races, toutes les couleurs. Et ce, grâce à la mondialisation. Ça vous javellise tout: les plantes, les fleurs, les petits princes, les gens simples, les terres des paysans, le gaz en dessous de vos pieds, tout, tout, tout. Les vampires à sueurs n’ont pas de limites.

Et quand vous leur donnez de vos impôts, trop souvent, vous leurs donnez de l’engrais pour faire pousser leurs dents canines.

Sans rapport, aux chiens, bien sûr…

Gaëtan Pelletier

Un soir de mai…

***

Correction: Si vous visitez le site You Tube, on vous dira qu’à la 14.55 minute, il y a Liza Frula, ancienne Ministre du Patrimoine canadien. Erreur.

Il s’agit de Mila Mulroney, épouse l’ancien Premier ministre, Bryan Mulroney.

États-unis [donc le reste] : bouclez votre ceinture et préparez-vous à l’effondrement économique

 

Si l’économie s’améliore, alors pourquoi bon nombre des plus grandes chaînes de vente au détail d’Amérique ferment des centaines de magasins ? (…) Même Wal-Mart se heurte à des problèmes. Une récente note interne de Wal-Mart, divulguée sur Bloomberg, annonce que les ventes de février sont un désastre total.

Qu’arrive-t-il ? Pourquoi toutes ces grandes chaînes de vente au détail, partout en Amérique, s’effondrent ? Est-ce l’« apocalypse des détaillants » ? La vérité est que c’est un signe supplémentaire de l’effondrement de l’économie américaine, en direct sous nos yeux. Les revenus s’effondrent, les taxes s’envolent, la dépendance des populations au gouvernement a atteint un niveau record, et selon le Bureau of Labor Statistics, le pourcentage de la population active américaine employée est en baisse constante depuis 2006.

10% des salariés a conservé ses revenus, mais la plupart des américains sont soit fauchés, soit croulent sous les dettes. Les revenus confortables, dont les grandes chaînes de vente dépendaient dans le passé, n’existent plus. En conséquence, les chaînes de vente au détail, partout aux États-Unis, ferment leurs magasins non rentables. Cela est particulièrement vrai dans les zones à faibles revenus.

Lorsque vous prenez du recul sur la situation, le déclin rapide de certaines de nos plus grandes chaînes de distribution est vraiment incroyable. Il se produisait déjà dans certains domaines, mais bientôt la moitié des centres commerciaux seront vides et joncheront le paysages des villes à travers l’Amérique. Il suffit de consulter les chiffres des fermeture de magasins pour 2013. Ces chiffres sont tirés d’un article récent de Yahoo Finance :

• Best Buy :  Fermetures de magasins prévisions: 200 à 250

• Sears Holding Corp : Fermetures de magasins Kmart prévisions: 175 à 225, 100 à 125 Sears

• JC Penney : Fermetures de magasins prévisions: 300 à 350

• Office Depot : Fermetures de magasins prévisions: 125 à 150

• Barnes & Noble : Prévisions fermetures de magasins: 190 à 240, par la société des commentaires

• Gamestop : Fermetures de magasins prévisions: 500 à 600

• OfficeMax : Fermetures de magasins prévisions: 150 à 175

• RadioShack : Prévisions fermetures de magasins: 450 à 550

Le RadioShack d’une ville voisine vient de fermer, là où je vis. Tout cela se passe si vite qu’il est difficile d’y croire. Mais la fermeture de ces magasins n’est pas tout. Lorsque vous creusez plus profond, vous trouvez beaucoup plus de détaillants en difficulté.Par exemple, Blockbuster a récemment annoncé que cette année, ils allaient fermer environ 300 magasins et éliminer environ 3.000 emplois.

Le fabricant de jouets Hasbro a récemment annoncé qu’il réduisait ses effectif de près de 10 %.
Mais que se passe-t-il ?

Les médias grand public continuent à proclamer que nous vivons une robuste « reprise économique », mais en même temps il y a une foule d’indications concrètes que les choses s’aggravent. Même les ventes mondiales de téléphones portables ont diminué en 2012. C’était la première fois depuis la dernière récession.

Peut-être qu’il est temps de regarder la vérité. La classe moyenne disparait, les revenus chutent et il y a de moins en moins d’emplois. Mort Zuckerman l’a souligné dans un récent article du Wall Street Journal …

Le marché du travail américain, qui culminait en Novembre 2007 à 139 143 000 emplois, ne comprend plus que 132.705.000 travailleurs, soit une baisse de 6,4 millions d’emplois. Le seul travail qui ait augmenté est celui à temps partiel, c’est parce qu’il permet aux employeurs de réduire leurs coûts grâce à des prestations diminuées ou supprimées.

Commentaire :
Peut-être que si les psychopathes au pouvoir ne dépensaient pas tant de milliards à jouer à la guerre… Juste une idée, comme ça.

Comment les grands médias peuvent-ils parler de reprise alors que nous avons encore perdu 6.400.000 emplois par rapport à Novembre 2007 ? Malheureusement, les choses pourraient encore empirer, si le Congrès ne fait rien au sujet des millions de travailleurs fédéraux, qui pourraient bientôt être confrontés à des licenciements très douloureux selon CNN… Les travailleurs fédéraux pourraient commencer à faire face à des licenciements dès Avril, selon les agences fédérales, qui se préparent au pire.

A moins que le Congrès n’intervienne, quelque 85 milliards de dollars de réduction des dépenses va frapper le gouvernement fédéral, les licenciement vont frapper beaucoup des 2,1 millions de fonctionnaires fédéraux, disent les experts.

Si vous vivez toujours dans une zone du pays où les magasins et les restaurants sont en plein essor, vous êtes chanceux, parce que ce n’est plus la réalité pour la plupart du pays. J’écris souvent sur le déclin  économique des grandes villes, comme Detroit , mais il y a de grandes zones de l’Amérique rurale qui sont dans un pire état à bien des égards.

Par exemple, de nombreuses réserves indiennes partout en Amérique, ont été honteusement négligées par le gouvernement fédéral et sont devenus des foyers de criminalité, drogue et la pauvreté. Business Insider a récemment enquêté sur la réserve indienne de Wind River, dans l’ouest du Wyoming. Ce qui suit en est un bref extrait : l’article exceptionnel

Ce n’est pas un endroit facile d’accès, mais j’ai dû le voir par moi-même.Trente-cinq à cent miles carrés de prairies et de montagnes, dans l’ouest du Wyoming, la réserve abrite des  ennemis ancestraux : les Shoshones de l’est et les tribus Arapaho du nord. Même parmi les réserves, la criminalité est terrible, la consommation de drogue répandue et le déversement de déchets toxiques légal.

Vous pouvez voir quelques photos étonnantes de la réserve de Wind River Indian. Il est difficile de croire qu’il y ait encore des endroits comme ça en Amérique, mais la vérité est que cela se propage à d’autres communautés, chaque jour qui passe.

Nous sommes une nation qui est dans un état avancé de déclin. Mais tant que les marchés financiers sont ok, nos dirigeants ne semblent pas trop se préoccupé des souffrances du peuple. En fait, l’ancien président de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, résume les choses dans une récente interview accordée à CNBC. Voici un article pour résumer cette interview…

(…) le marché boursier est le principal acteur dans le jeu de la croissance économique.

Et l’administration Obama ? Ils continuent à poursuivre les mêmes politiques qui nous ont mis dans ce pétrin. Leur dernière idée de « réforme économique » est de menacer de poursuivre les entreprises qui n’embauchent pas les ex-détenus ! Maintenant que Barack Obama a été réélu, il met une énorme quantité d’efforts à « stimuler l’économie ». Par exemple, il a passé ce week-end a faire du golf en Floride , et la famille Obama a récemment passé pour environ 20 millions de dollars des contribuables de vacances à Hawaï.

Pendant ce temps, l’économie américaine se détériore de jour en jour. Si vous doutez que les conditions économiques se détériorent, lisez cet article : «  Montrer cet hôtel à quiconque croirait que « Ça va mieux » en Amérique  ».

Nos dirigeants ne font rien pour régler nos problèmes. En fait, la plupart du temps ils ne font juste qu’empirer les choses. Alors bouclez votre ceinture et préparez-vous. Nous sommes entrés dans une phase chaotique, et ce n’est que le début…

 http://etat-du-monde-etat-d-etre.net/de-la-societe/economie/etats-unis-donc-le-reste-bouclez-votre-ceinture-et-preparez-vous-a-leffondrement-economique