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La douleur de la valse

Now in Vienna there’s ten pretty women
There’s a shoulder where Death comes to cry
There’s a lobby with nine hundred windows
There’s a tree where the doves go to die
There’s a piece that was torn from the morning
And it hangs in the Gallery of Frost
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
Take this waltz with the clamp on it’s jaws
Oh I want you, I want you, I want you
On a chair with a dead magazine
In the cave at the tip of the lily
In some hallways where love’s never been
On a bed where the moon has been sweating
In a cry filled with footsteps and sand
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
Take it’s broken waist in your hand
This waltz, this waltz, this waltz, this waltz
With it’s very own breath of brandy and Death
Dragging it’s tail in the sea
There’s a concert hall in Vienna
Where your mouth had a thousand reviews
There’s a bar where the boys have stopped talking
They’ve been sentenced to death by the blues
Ah, but who is it climbs to your picture
With a garland of freshly cut tears?
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
Take this waltz it’s been dying for years
There’s an attic where children are playing
Where I’ve got to lie down with you soon
In a dream of Hungarian lanterns
In the mist of some sweet afternoon
And I’ll see what you’ve chained to your sorrow
All your sheep and your lilies of snow
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
With it’s « I’ll never forget you, you know! »
This waltz, this waltz, this waltz, this waltz …
And I’ll dance with you in Vienna
I’ll be wearing a river’s disguise
The hyacinth wild on my shoulder,
My mouth on the dew of your thighs
And I’ll bury my soul in a scrapbook,
With the photographs there, and the moss
And I’ll yield to the flood of your beauty
My cheap violin and my cross
And you’ll carry me down on your dancing
To the pools that you lift on your wrist
Oh my love, Oh my love
Take this waltz, take this waltz
It’s yours now. It’s all that there is

Take this  Waltz. Le film

SYNOPSIS

Un jour, par hasard, Margot rencontre Daniel. Elle en tombe immédiatement amoureuse. À leur retour à Toronto, ils réalisent que Daniel vit en face de chez Margot et de son mari Lou, qui écrit présentement un livre de cuisine sur la cuisson du poulet. Fascinée par son voisin, un artiste modeste, Margot se refuse à lui. Mais elle ne peut s’empêcher de l’observer et de tenter de le revoir. Évidemment, son mari n’en saura rien. Ils passent quelques journées ensemble. Au cours de cet été, la vie de Margot sera bouleversée à jamais.

Bizarrement, le film est aussi subtil que la chanson du génie qu’est Léonard Cohen.

Le film est d’une finesse que peu sauront saisir: rien n’est figé dans la vie, surtout pas les amours. Le coeur, l’âme, valsent entre les amours, car l’un ou l’autre portent la beauté et la tendresse des moments, des gestes infimes, les coquineries, et les passions…

Toute l’intelligence porte sur le vide en nous que nous voudrions combler par différents angles d’amour. Le vide que nous évitons, le vide inévitable, et l’incommensurable besoin d’amour. L’inévitable et l’aveuglement des amours que l’on cherche à résoudre en une équation: 1 + 1 = 1. Or, l’âme humaine, dans sa recherche inconsciente, dans sa richesse se déchire à cette tentative de combler toutes les nuances visibles et invisibles de la vie et de la Vie. Car, au fond, dorment – même dans le déni- le spectre de la grandeur et la fixtitude (sic) recherchée pour figer ici-bas toutes les nuances et les déchirures.

C’est l’âme humaine aux prises avec ce choix.. Le corps réclame un choix, une certitude, une « prise ». Or, cette « prise » n’existe pas…

La douleur de la valse, c’est de tergiverser, d’être malheureux et se sentir coupable de cette tergiversation.

Elle est normale.

Toute vie est une valse et une fouille. Le « choix final » n’existe pas. L’intériorité et la richesse de l’humain ne  peu se contenter de fixer en un moment, en quelqu’un, en quelque chose,  l’éternité qui l’habite. C’est elle qui nous crache au visage le grand vide de la vie terrestre et de l’autre. Oui, l’autre… Celle que nous ne voyons plus, tellement attachés à nos fixations terrestres.

La douleur de la valse, c’est la danse arrêtée… Sans mouvements. Un mouvement que nous choisissons, que nous fixons, que nous arrêtons.

Même dans les amours d’âmes, dans la volonté d’aimer des couples, il y a cette valse intérieure, une brisure presque quotidienne qui rend douloureux notre désir de coagulation.

Pour échapper au vide…

Un vide ne peut remplacer qu’un autre vide… Jusqu’au moment où on a compris que le seul amour est probablement celui de notre être et de notre âme fusionnés  dans …une autre valse.

Gaëtan Pelletier

28 septembre 2012

Bienvenue! « Nulle part »

Il est ainsi possible de trouver le bonheur dans le conformisme, puisque celui-ci évite la punition sociale et crée les besoins acquis qu’il saura justement satisfaire. Des sociétés qui ont établi leurs échelles hiérarchiques de dominance, donc de bonheur, sur la production de marchandises, apprennent aux individus qui les composent à n’être motivés que par leur promotion sociale dans un système de production de marchandises. Cette promotion sociale décidera du nombre de marchandises auquel vous avez droit, et de l’idée complaisante que l’individu se fera de lui-même par rapport aux autres. Elle satisfera son narcissisme. Éloge de la fuite  

  Bienvenue parmi nous

Il y a des jours comme ça où il n’y a pas de grandes idées… Juste de petites choses bien niaises en apparence, mais qui sont sans doute nos racines d’émotions.

Malgré sa renommée, Taillandier, la soixantaine, a brusquement cessé de peindre. En pleine déprime, il décide de partir de chez lui, sans but précis et sans donner d’explication à ses proches. Au cours de son périple, il fait l’étrange rencontre d’une adolescente égarée, Marylou, que sa mère a rejetée. La gamine perdue et l’homme au bout du rouleau feront un bout de chemin ensemble. Finalement, vivant tels un père et sa fille, dans la quiétude d’une maison de location, ils se feront « la courte échelle » et retrouveront un nouveau sens à leur vie.( Résumé)

J’ai eu envie de parler d’éducation :

Schizophrènes, autistes, dyslexiques ou hyperactifs, le nombre d’élèves en difficulté explose dans les cégeps.

Les cas de troubles d’apprentissage, de déficits de l’attention ou de problèmes de santé mentale ont bondi de 1150%. On recensait 183 cégépiens en 2005, il y en avait 2143 en 2009. . Cyberpresse , Pascale Breton

Les sociétés dites « développées » ont un gros problème. Mais on va mettre plus d’argent…

Vous vous êtes écorché le pouce en tapant du marteau?

On va y mettre plus d’argent…

Ou plus des « mêmes idées »…

Du + et du +

Plus « intelligent »

Plus riche

Plus « cultivé »

Bon ou bonne brasseur de + de la même idée

Etc,

 

Les bourgeois étaient pompeux du vêtement. Corsetés, raides, et un peu débiles… De quoi rire des bizarres Gothiques qui hantent les rues de toutes les grandes villes du monde. Ou les tatoués à l’extrême qui meurent avec une œuvre et l’emporte avec eux.

Les idées d’aujourd’hui sont comme les costumes d’hier.

Le tableau, c’est moi.

D’un côté, il y a les snipers businessmen fondus dans leurs costumes à cravate. Ils se démarquent en l’enlevant et en ouvrant leur collet de chemise pour faire « peuple ».

On ne fait plus d’enfants, mais des organigrammes…

Le chemin est si long entre le dessin du fonctionnaire jusqu’au simple citoyen, que tout est devenu une tour de Babel.

Bienvenue au « babellisme » mondialisé. Là où il n’y a pas de résultats dans la réalité des jours, mais des résultats dans le papier du jour.

Retour en haut, et en bas, puis à lire de côté

Si nos enfants sont malades, la somme des facteurs, et sa  mouvance est d’une telle complexité que pas un gouvernement ne pourra régler le problème.

Pollution

Nourriture industrialisée

Médication « douteuse », en bas âge

Culture de l’égo et des luttes individualistes  (pendant qu’on prône le contraire)

Pauvreté

Éducation centrée sur  la réussite personnelle

Etc,

Je vais en passer 2000 ou 100,000…

Bienvenue parmi nous, car chacun de nous n’est qu’une goutte dans l’océan social alors qu’on demande à chaque citoyen de devenir l’océan.

Réussir.

Ah!

Réussir « quoi » est la réponse.

Réussir « qui » est ce qu’on évite de parler. Ou alors on s’adresse à une organisation de par le biais d’une organisation, de sorte qu’il n’y a plus de rapports directs, ni réels entre les humains. Ni entre l’honnêteté et la prétendue justice.

Alors, oui, encore alors, sur le plan social, « guérir la société » pourrait nous guérir chacun d’entre nous. En fait, si c’était le contraire? Il faudrait alors reculer vers le petit sentier au lieu de courir sur l’autoroute de la « grandiosité ».

L’échec de l’éducation n’est que la représentation de l’échec des sociétés.

En quoi donc ce malheur, ces brisures, ces brûlures, ces grands brûlés de la vie seraient-ils différents de « notre monde »?

C’est sans doute la plus étonnante illusion de l’esprit humain.

Ce n’est pas « leur » échec, c’est notre échec…

Bienvenue parmi nous…

Fuir en avant, en arrière, et par devant, et partout

Quand il ne peut plus lutter contre le vent et la mer pour poursuivre sa route, il y a deux allures que peut encore prendre un voilier : la cape (le foc bordé à contre et la barre dessous) le soumet à la dérive du vent et de la mer, et la fuite devant la tempête en épaulant la lame sur l’arrière avec un minimum de toile. La fuite reste souvent, loin des côtes, la seule façon de sauver le bateau et son équipage. Elle permet aussi de découvrir des rivages inconnus qui surgiront à l’horizon des calmes retrouvés. Rivages inconnus qu’ignoreront toujours ceux qui ont la chance apparente de pouvoir suivre la route des cargos et des tankers, la route sans imprévu imposée par les compagnies de transport maritime.

Vous connaissez sans doute un voilier nommé « Désir ». . Éloge de la fuite  

Pour échapper à l’océan pollué, pas étonnant que le schizophrénique individu choisisse la fuite. On peut se battre jusqu’au sang, mais on ne peut se battre jusqu’à l’âme.

Soit on s’inscrit dans la liste des « intelligents » qui pensent et qui pensent, ou alors on s’écarte pour s’individualiser davantage.

Sans réel choix…

Sauf celui de saisir le conformisme, ou y être abonné inconsciemment, et vendre sa salade de spécialiste.

Nous en sommes au point de se suicider à petite dose avec la potion sociale et mondialiste.

***

Bienvenue parmi nous   est un tout petit film qui nous rappelle que deux malheurs qui se comprennent finissent par se guérir. Pas de psy… Rien que de l’amour de l’autre. Qui finit par aboutir à l’amour de soi. Car, au fond, cette lutte fratricide entre humains, cette « religion » du savoir ne mène nulle part.

Au suicide, comme Taillandier…

***

J’étais dans les bois. Le ciel était couvert de nuages noirs. Je me suis agenouillé vers le tapis de feuilles.

Silence.

Je buvais du café, me demandant comment j’allais faire pour ajuster  une poutre et trouver la bonne pierre qui soutiendrait la poutre.

Comme disait la dame, la pierre a une résonnance musicale et un rôle. Il faut taper dessus pour saisir ses vibrations.

Comme Taillandier, je n’avais ni faim, ni soif, j’avais tout accompli.

J’ai alors entrepris une fuite vers les choses simples rien que pour remettre en question le singe qui écrit le soir et l’être qui vit le jour.

Trop de papier et pas assez de feuilles…

Tout est question d’équilibre.

Même si j’y mettais plus d’argents, plus de spécialistes, plus d’intervenants…

Je paierais plus cher pour un service que me rend un petit carré de forêt, sorte de méditation fournie par la Vie.

Il n’y a pas de mathématiques en amour. On ne sait pas combien il faut de « moi » pour faire un « nous ».

Ça dépend de la qualité de la pierre, ces os de la Terre, pour solidifier une structure.

Deux « moi » peuvent bien faire un « nous »…

Alors, bienvenue parmi nous…

C’est la seule façon d’aller ailleurs que nulle part.

Gaëtan Pelletier

12 novembre 2012

Film « promised Land » : « Le gaz de schiste est vendu comme on vendrait un ordinateur »

Promised Land (2012) Poster

À travers ses films, Gus Van Sant a souvent tenu un discours militant. Le réalisateur de My Own Private Idaho, Harvey Milk ou Paranoïd Park traite dansPromised Land de l’exploitation financière de certaines communautés rurales par les grands groupes énergétiques.

Le film qui sort mercredi 17 avril en France, dénonce les méthodes exploitation du gaz de schiste – enfermé sous d’épaisses couches de roche, son extraction par fracturation hydraulique nécessite un forage et la pulvérisation d’un mélange suspecté d’être hautement polluant pour les nappes phréatiques.

Accusé d’avoir fait un film de propagande par certains, le cinéaste américain confie au HuffPost avoir été appelé à la rescousse par Matt Damon (scénariste et acteur) et explique son point de vue:

Qu’est-ce qui vous attirait dans le projet?

L’aspect du film que j’ai trouvé intéressant c’est le personnage de vendeur incarné par Matt Damon. Sa façon de démarcher les fermiers m’a rappelé certaines attitudes dans ma famille – mon père et mes deux oncles étaient vendeurs eux aussi. C’est un métier qui demande, selon les besoins, de pouvoir vendre aussi bien des assurances que des voitures. Ceux qui l’exercent sont pratiquement interchangeables. Cette culture de la vente aux États-Unis s’est propagée en politique où les représentants parviennent à vendre des problèmes, des lois ou des programmes. Dans Promised Land, on vend du gaz de schiste comme on vendrait un ordinateur.

Pourquoi montrer des écologistes qui utilisent ces mêmes techniques de vente?

Je voulais que les deux camps partagent leurs recettes parce que, malgré les enjeux, tout est devenu une question de relations publiques. Promised Land est pessimiste dans le sens où vous ne pouvez avoir confiance en personne, mais je reste persuadé que les environnementalistes représentent en réalité un espoir. C’est un mouvement qui possède plusieurs factions, parfois de gauche, parfois de droite. Il y a probablement aussi des individus qui ont infiltré des groupes écologistes dans le seul but de les faire échouer, utilisant la même forme de désinformation qu’on trouve lors des campagnes politiques.

En Europe, l’exploitation du gaz de schiste continue de faire débat…

Comme aux États-Unis. Le gaz de schiste risque d’être discuté encore longtemps et le film est une manière de rendre le sujet plus visible pour les spectateurs. La communauté agricole subit de fortes pressions économiques. Beaucoup doivent lutter pour conserver leur ferme alors que les taxes et les dettes les mènent vers la faillite. La corporatisation du secteur est un fléau qui a tué beaucoup d’exploitations. Il est aujourd’hui impossible de concurrencer certains produits issus des grands conglomérats industriels. Mes parents habitaient une petite ville du Kentucky, à la Frank Capra, et je m’en suis beaucoup inspiré.

Êtes-vous d’accord pour dire que votre film parle d’identité américaine?

Je pense comme Matt Damon et John Krasinski (ndlr: les deux scénaristes dePromised Land) que la fracturation hydraulique est un problème. Pour l’identité américaine, je devrais leur demander s’ils parlaient de cette grande tradition de vendeurs et de créateurs d’entreprises qu’on trouve dans le pays. Je crois qu’il existe des américains qui sont prêts à se séparer de leur terre pour de l’argent, d’autres non. Je vis aujourd’hui près de Portland dans l’Oregon, dans une communauté de fermiers. Le film a donc un écho particulier pour moi aussi.

 

Source: Huffpost

wikistrike.com

ARGO, le film qui fait chier…

It sucks…

Une tension dramatique rajoutée
Alors que le dernier acte du film est très tendu et très stressant, il est surtout très exagéré. En effet, s’il y a bien eu un délai d’attente pour l’approbation du Président, il n’était en aucun cas question d’annuler la mission. Ainsi, le vrai Mendez précise que le délai prenait place avant son départ en Iran et non le jour précédant leur évasion.

Et cette attente n’aurait d’ailleurs pas été si stressante que ça pour l’agent de la CIA : « J’ai reçu un autre message venant de Washington, qui me demandait de retarder mon départ parce que le Président voulait donner son approbation final et qu’il était actuellement en plein débriefing. Et 30 minutes je recevais le ‘OK’ Présidentiel dans un autre message. »

A noter que contrairement au film, Mendez et tout le monde n’étaient pas si stressés au moment de prendre l’avion puisqu’ils ont aperçu un « signe » qui les a rassuré : « Le nom de notre compagnie aérienne était… Argau, une région en Suisse. »  Source 

Après la rupture des relations diplomatiques avec l’Iran, le président Carter avait autorisé une intervention aéroportée qui tournera au cauchemar. Trois hélicoptères sur huit arrivés à destination sont immédiatement hors service, un quatrième percute un gros porteur C-130 Hercules et s’écrase, faisant huit morts. Source 

Golden Globe

Ben Affleck, meilleur cinéaste, meilleure réalisation. Les États-Unis récupèrent et transforment à leur manière l’Histoire. Si le scénario est basé sur un scénario navet de Hollywood, il a été pris en charge par la politique américaine.

On le verra sans doute dérouter les Oscars. Avec Cathryn  Bigelow et son Zero Dark Thirty , le cinéma américain est devenu la meilleure pub d’un pays au bord de la faillite, armé comme un requin mondialiste, menteur jusqu’aux banques, mais dans un « tout va bien » remanié.

La propagande sur vos écrans…

Viva la démolition!  Je parle espagnol comme un américain parle « humanisme ».

Falsificateurs, goureurs, menteurs, tortillant la réalité comme un lacet de magicien.

Oui, vous serez rivé à votre siège.

Eux, sont rivés à leur machinerie de guerre, leurs médailles, et tous les chiens de guerre camouflés.

Mais ils vont à l’église… Et ne trompent pas leurs femmes. À moins qu’ils soient découverts… Blanchis à la chaux.

Et ils disent vouloir poursuivre, étendre le modèle américain… Ah! Dans 20 ans, on aura tous nos drones et on tuera des enfants.

Démocratie?

Aidé par la CIA et le MI6 britannique au cours de l’opération Ajax, le chah remonte rapidement sur le trône. L’ancien Premier ministre Mossadegh est condamné à 3 ans d’emprisonnement.

Pour le pétrole…

Gaëtan Pelletier

Encomienda : le vol de la pluie

« La théorie, c’est quand on sait on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. Ici, nous avons réuni théorie et pratique : rien ne fonctionne… et personne ne sait pourquoi ! »

Albert Einstein

L’encomienda était un système appliqué par les Espagnols dans tout l’empire colonial espagnol lors de la conquête du Nouveau Monde à des fins économiques et d’évangélisation. C’était le regroupement sur un territoire de centaines d’indigènes que l’on obligeait à travailler sans rétribution dans des mines et des champs : il s’agissait d’un « pseudo-servage »1, d’une « forme rajeunie de régime seigneurial »2. Ils étaient « confiés » (« encomendados »), c’est-à-dire placés sous les ordres d’un « Encomendero », colon espagnol ainsi récompensé de ses services envers la monarchie espagnole3 ; dans la pratique, celui-ci disposait librement des terres des indigènes, bien qu’elles appartinssent toujours à la Couronne4.

Même la pluie…

Le film oublie son propos en chemin : c’est, aujourd’hui comme hier, l’indifférence qui prévaut. Les indiens doivent encore se battre pour avoir le droit à l’eau courante. Et les occidentaux, même les intellectuels, même les artistes, sont d’accord pour dénoncer tout ce qu’il faut tant qu’ils ont, eux, l’eau courante, tant qu’ils rentrent chez eux le soir prendre un bon repas en famille. Le spectateur, après avoir vu Même la pluie, sera lui aussi d’accord pour tout dénoncer, tant qu’il retrouve son petit confort ensuite. Le film est tombé dans son propre piège et perd de vue l’essentiel au moment où l’intrigue historique et l’intrigue contemporaine se dissocient. Dans notre monde libéral, l’hypocrisie est partout. Et chacun se bat simplement pour soi. Source

 

Note du film : 5/10 

On ne sait pas lire, on ne sait pas voir, on ne sait pas creuser entre les lignes, ni déterminer les finesses en même temps que le massacre actuel des sauvages que nous sommes ,  attachés aux pays qui doivent donner un peu de leur or pour gonfler les coffres, non plus d’un pays, mais de rois souterrains, camouflés.

On ne peut guérir une société si on ne comprend pas la trame historique et sa répétition maquillée.

Le monde « moderne » est à la merci des milliers de Christophe Colomb qui n’ont d’autre but que de d’engranger la richesse par les ignorants, les petits, les agenouillés, les croyants au  développement durable , cette notion vendue par le néolibéralisme pour satisfaire la soif de justice du citoyen.

Le film n’est pas une histoire… C’est l’Histoire qui se répète et un film dans un film qui dénote un film raté. Qui serait celui d’une société ratée, soumise à la barbarie nouvelle du développement économique.

Voler la pluie…

Vendre l’eau à l’entreprise privée… Sous un nom  espagnol mais en vérité sous le couvert de Bechtel Corporation. Une autre saleté à la Monsanto…

Vendre ce qui tombe du ciel.

Vendre ce que l’on a sous terre.

Vendre les terres.

Vendre son âme à des acheteurs d’esclaves.

Telle est la vérité du monde actuel.

Il n’a pas changé d’un iota. Il est déguisé. De la puissance de dieu et de la foi chrétienne – évangélisation-vérité,  servant d’outil aux pillages et aux massacres, la foi actuelle est la peur. On craint l’enfer de la pauvreté et de la misère dans un univers riche, une planète abondante en ressources, mais si pauvre en ressources humanistes.

Encore…

On a créé l’enfer ailleurs ( après la mort), alors que la Vie a créé le paradis ici.

Les hurlements de la toile

Depuis quelques années, les dénonciations se multiplient concernant notre « état d’esclave et de paupérisme ».

Au-delà de toutes ces manifestations finaudes, définissant bien les causes, trouvant les recettes de réussites de bonheur, il n’en reste pas moins que le pouvoir est l’œuvre des petites pépites d’or que nous fournissons chaque jour pour entretenir des systèmes à paillettes.  Et des armées de défenseurs de la « vérité » du système néolibéral mondialiste.

En réalité, nous n’avons pas de pouvoir. Car, hurler n’est pas un pouvoir. Malheureusement…

La plus grande invention et naïveté du monde moderne est d’avoir créé le mot « civilisé ».

« On va en discuter ».

Pas de blessures, pas de sang, des avocats par dessus des avocats…

Mais en dessous du maquillage, le massacre des sociétés dites « civilisées » est pire que celui des agents Christophe Colomb. La misère des pays pauvres a empiré et celle des pays riches s’est camouflé sous les malheurs et les souffrances de l’âme, du cerveau, et d’une culture de « guérison » par la pharmacologie, les spécialistes de toutes disciplines, tous des patentés de LA vérité.

Les missionnaires de du 21e siècle n’ont plus de soutanes…

Ils ont de bonnes intentions : sauver des citoyens. Non plus des âmes… Et ils s’acharnent chaque jour à nous convaincre du bien fondé et de la nécessité des richesses supposément collectives.

Mais à quel prix?

Il faut alors revisiter l’Histoire et constater que chaque décennie, chaque siècle a eu ses vérités arrêtées.

Les  nouveaux missionnaires nous parlent d’évolution, de développement, de richesses « nécessaires », du bien des sables bitumineux et des réserves enfouies qu’il faut absolument violer.

Ils pensent en terme « d’argent », avec des évaluations temporelles de cent ans.

Un siècle.

Le temps d’effacer des millions de vérités défendues à coups de gueule, de discussions civilisées.

Plan d’austérité…

Ah!

Avons-nous les moyens de nous payer un enfer dans un paradis mal tressé par des évangélisateurs pseudo-savants?

La vie n’est pas un sacrifice  ni une crucifixion aux fins de nourrir des requins à canne blanche.

Le civilisé d’antan supposait que les autochtones n’avaient pas d’âme.

Nous voilà à l’envers, si nous ne sommes pas naïfs, de penser que les développeurs n’ont pas d’âme.

Il y a des milliers d’années, pas un être humain sur Terre n’aurait pu écrire sur la pierre une nouvelle de science fiction dans laquelle l’Homme vendrait la pluie tombant du ciel.

Il faut avoir persévéré dans la débilité pour penser que c’est normal.

Au fond, nous avons tous  lentement vendu notre âme à des anormaux.

Mais c’est nous qui payons la note…

Houdini, Christophe Colomb, Georges W. Bush, Obama.

On dirait les Beatles en format « économie… »

Il faut distinguer l’amour propre de l’amour sale :

Close your eyes and I’ll kiss you
Tomorrow I’ll miss you
Remember I’ll always be true

All My Loving…

( Paul McCartney)

P.S.: Comme je disais à mon chat : pour avoir du sang, il faut de l’eau, mais chez les humains, pour avoir de l’eau, il faut donner de son sang. Mais pour les maîtres, doués d’eux-mêmes, si on ne donne pas d’eau, ils ne pourront pas avoir de sang…

Le chat n’a rien compris…

Gaëtan Pelletier

16 novembre 2012

World War Z: Brad Pitt va sauver l’humanité… Les autres sont trop occupés à la détruire

Refroidir SIFCO (30 gifok)

 

Un film pour 2013. World War Z…  Toujours dans la « vague » américaine… À se demander si, inconsciemment, les zétatszunis d’Amérique ne sont pas en train de faire leur propre portrait….

***

Les Z, des Zombies qui courent, nagent et… se suicident ?

Une fois passé le choc du changement d’intrigue, il s’avère que le peu de zombies qu’on aperçoit respecte les descriptions du bouquin. Ils sont montrés en groupe, très rapides, avançant droit devant eux quitte à sombrer dans le vide (deux plans évoquent cette idée dans la vidéo). Aucune once d’intelligence, aucune organisation, mais leur surnombre les rend quasiment impossible à éviter et ils se propagent, comme un virus.

On se demande du coup si le film reprendra l’un des principes du livre : plonger les zombies dans l’océan. Il semblerait bien que oui : on entrevoit ici que l’un des réflexes des gens lors des attaque est de se réfugier en pleine mer. Notamment sur un porte-avion où le personnage de Brad et sa famille sont recueillis. Mais y seront-ils réellement en sécurité ? La scène participe à rendre ce trailer si anxiogène : les zombies semblent être capables d’attaquer partout.

 

A quoi ressembleront vraiment les zombies ?

Autre source d’étonnement : on ne voit qu’un infecté en gros plan (lors de la scène sur le toit), mais il court après Brad et apparait tellement rapidement qu’on ne distingue pas bien ce qui le différencie des humains. Pourquoi cette première vidéo ne nous montre-t-elle pas un Z de plus près ? Sans doute pour insister sur l’idée, déjà évoquée plus haut, que les zombies se déplacent en groupe ?

Ou peut-être que les effets-spéciaux ne sont pas tout à fait bouclés ? Le film sortant dans plus de sept mois, la phase de postproduction n’est sans doute pas terminée. Et puis l’équipe du film veut peut-être garder le meilleur pour la fin et ne montrer ses créatures que plus tard dans la promotion ? Ce serait une manière d’attiser la curiosité du public. Source 

Merde! Je bande…

Le bonheur supprime la vieillesse.
Kafka

Synopsis

Depuis qu’il est veuf et retraité, Émile ne s’est jamais posé beaucoup de questions. Ses journées se suivent et se ressemblent inlassablement. Son seul réconfort apparaît lors des parties de pêche en compagnie de son camarade Edmond. À la mort de ce dernier, Émile doit apprendre à exister de nouveau. Pour y arriver, il décide de se rapprocher de son fils et de tisser une relation amoureuse avec une connaissance de son défunt ami. Un désir ardent apparaît au tournant : celui de revisiter les terres de son enfance, seulement pour voir les changements qui y sont survenus.  Cinoche

Les « nouvelles-coquerelles »

C’est un film  d’un délice incommensurable, indéfinissable. Ils sont vieux, flétris, cabossés, ancrés dans leurs vieilles habitudes. Émile est mort avant d’être mort… C’est l’envers des sociétés qui bâtissent des parkings à vieux. Il n’y a pas de mondialisation, de Libye, de massacres, de nouvelles qui entrent par nos téléviseurs, coquerelles des  malheurs des cités comme Montréal, dont le béton nous tombe dessues par les impôts, par le martellement des problèmes que nos héritons.   Et ces colonnes de chiffres, ces futurs enfermés dans les banques. Rien de tout cela.

Un village.

Quelques amis qui passent et repassent.

On picole, on joue, on danse.

Émile part en voyage dans son auto qui ne passerait pas les tests de la SAAQ. Règlementations obliges. On s’ennuie de la liberté de planter un arbre où l’on veut, de conduire une bagnole dangereuse. De fumer un « pétard », de fêter avec des jeunes…

Émile lance ses pilules dans la rivière.

Du soleil, des fleurs, des femmes, de petites habitudes. Le film est comme une éternité dans la grandeur des petits gestes. Comme une éternité dans le quotidien où les montres cessent de fonctionner. Le temps est aux ruisseaux qui coulent comme ceux qui coulent dans les âmes juteuses de l’amour de la vie et de l’amour tout court.

La beauté n’est pas dans les œuvres de l’ami d’Émile qui peint comme enfant ses nues en ajoutant de la laine aux parties génitales pour… faire plus vrai.

Que les amoureux s’embrassent, ridés, froissés par la vie, peu importe : l’âme a ses coups de chaleur encore.

On dirait un roman de Simenon, sans crachin.

Le malheur est un abandon…

Le bonheur est de continuer de vivre avec passion. Il n’y a pas d’autres moyens pour être heureux. De délaisser l’apitoiement sur cet avenir… Comme si on vous avait vendu l’idée qu’il n’y a plus rien.

Quand Émile dit : «  Merde! Je bande … »

C’est simplement avouer qu’il avait renoncé… Et prendre conscience qu’il y a encore un beau grand feu, oublié.

Revisiter sa jeunesse pour se rappeler que la vie est une aventure.