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La braise des arbres

Crédit photo: Lise Bernier

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C’est l’automne et voilà que les arbres s’habillent de lueurs. Les coulis tout tendres animent les yeux des dieux enfermés en nous et en NOUS. Il y a des braisent qui dorment au bord de la route dansante. Ouvrez vos chakras, ce sont les fleurs en vous, les couleurs infinies qui dansent sans bruit.

Aux matins frisquets, le givre écrase le tapis d’herbes en prière. Sous le froid et l’effroi elles s’en iront en terre de l’hiver. Et le lièvre coure vers son manteau blanc et plus tard danser, cachottier à l’abri du renard roux.

Le dormir sera long et les jours trop courts.

L’arbre  écrit en lettres  jaunes, rouges, rousses ou de  vert persistant, et parfois de brûlures aux feuilles, gaiement, parlant d’un retour, l’œil rougi de peine mais à la fois souriant.

Ce sont cadeaux à l’iris, une peinture frétillante sous la main des vents. Le pinceau soleil, de rais délicats, trace l’énigme  saisons des âmes  par la voix des lumières feuille à feuille.

La paix dense enfermera les bois dans le grand coffret blanc de froid. Et les hommes ne comprendront que plus tard ou jamais l’énigme des toiles parlantes que nous sommes et toujours seront.

© Gaëtan Pelletier, 7 octobre 2019

 

Vivre ZigZag

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Depuis le temps que j’ai délaissé la moto, je vais à mobylette en zigzaguant dans les chemins les plus verts et perdus du coin. C’est l’automne et l’air s’est dessouflée de ses milliers de moustiques.  À la bonne heure! 10h30….

 

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Une vieille école de « rang » abandonnée. Au coin de deux routes, et en face la petite roulotte bigarrée pour la chasse qui s’ouvre bientôt. Je me suis fait enguirlander par le voisin qui m’a demandé pourquoi je photographiais la roulotte. MA roulotte, MA chasse, MON chevreuil, MON paysage.

– Parce que je la trouve belle!

Il s’est adouci, puis a poursuivi la conversation sur la température, les nuages, le travail et  » Tu peux aller sur le terrain la photographier ».

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Camouflage. Les chevreuils ne pourront pas distinguer les chasseurs des « amis ».

🙂

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Une veille maison du Québec datant du début du 19e siècle. En face, de la forêt à perte de vue. On bûchait pour vivre. Et on y entassait une dizaine de marmots. On mangeait énormément de légumes-racines. Entre autres, la pomme de terre, les navets, les fèves séchées, le lard salé ( rien à voir avec les légumes… ), le menu tenait sur un carton et le carton servait toute l’année. 041

 

Retour vers St-Bruno de Kamouraska. Alors, j’ai eu droit à une douche sur la mobylette.

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Je ne sais ce que c’est. Une fleur, oui. Mais comme la vie, je ne sais pas la nommer. Je n’oser plus rien nommer…

Et pour le futur, dans quelques mois, ça:

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Comme les politiciens, on va sortir les « rackets ».

Gaëtan Pelletier, sept 2014

P.S.: Ces photos sont des chefs-d’oeuvre, puisqu’elles ont été prises avec un téléphone intelligent. Comme diraient les américains, 250,000$ d’amende pour toute copie.   C’est MA propriété.

P.S. 2.  Je pense n’avoir aucun sens de « propriété », puisque la vie, les paysages appartiennent à tout le monde. Personne ne peut vous voler vos yeux. Il reste au moins ça …

🙂

 

La nourriture gadoue

Je marchais dans la forêt. Novembre. Là où les feuilles font leur cimetière et nous, un peu le nôtre.

Les feuilles des érables sur le sol, l’humidité, les pierres qui sourdent… Comme une tresse de tristesses…

Et pourtant!

Les saisons sont des humeurs. Mais les miennes sont influencées par les saisons. Et je me suis demandé pourquoi cette tristesse qui sourdait de ces amas,  avaient  pendant toute une vie, influencé mon esprit.

J’étais à construire un petit camp dans ce paysage où les feuilles meurent pour que vivent d’autres arbres.

En vissant chaque planche, en me déplaçant, en regardant le soleil qui se pointait de temps en temps,  j’entrevis dans ce mélange bien étrange, les gouttelettes qui perlaient aux arbres et les petits faisceaux dansant.

Me suis resté muet…

La journée de novembre avait un petit coup de chaleur… Lentement, tout en beauté… Comme pour en terminer lentement avec la nourriture que broyait la Vie : entre la lumière et les feuille, l’humidité qui me plaquait les genoux, tout cela n’était qu’un mouvement de changement.

Et la tristesse disparut.

La gadoue était belle. Comme si la Vie brassait de par sa gadoue une mixture qui allait donner vie, plus tard, à un coup de lumière : le printemps. Tout l’envers… L’autre cycle.

Chacun d’entre nous est également cette Vie, avec sa gadoue, son sable, le cafardeux pays de l’âme…

Mais nous avons nos clichés de beauté. Ces clichés sont des prises arrêtées.

Je me suis dit, alors, après un peu de café, agenouillé devant les arbrisseaux qui ne cessaient de dégouliner, que nous ne vivons pas seulement d’idées reçues, mais d’émotions reçues.

On ne choisit pas un pan de vie. On s’y intègre. Et la « compréhension » n’est pas cérébrale, mais dans le vécu d’une activité simple,  tellement oubliée…

Trop apprise.

Oui, trop apprise…

Nous vivons dans un monde de culture de métal, de bureaux, de rôles sociaux. Et de cette vie que trop souvent livresque, dénaturée, artificielle, nous nous enfermons dans un grillages d’idées.

Les idées ont un territoire bien limité.

Les émotions, elles, liées à l’intuition, n’en ont pas.

Dans un monde où il faut hurler pour être, le silence semble être devenu  un péché.

Nous avons peur du silence. Il est trop révélateur. Autant des peines que des joies, autant de notre « dermatisme », sans profondeur.

C’est alors que nous constatons que ce n’est pas l’Homme qui doit apprendre à la Vie, c’est la Vie qui doit nous apprendre.

Il faut alors avoir l’humilité de se taire suffisamment pour que le vrai langage apparaisse.

Ensuite, parler…

Mais les mots ne pourront jamais transcrire vraiment l’extase qui soudainement vous imprègne.

Et c’est la raison pour laquelle, chacun de nous doit s’abandonner un peu pour récolter et satisfaire la faim de toutes les faims.

Gaëtan Pelletier

10 novembre 2012

 Branche, Rouge, Arbre, Automne, Spiritualité Photo libre de droits