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L’invasion silencieuse de l’Afrique et les mensonges de Hollywood.

John PILGER

Une invasion à grande échelle est en train de se dérouler en Afrique. Les Etats-Unis sont en train de déployer des troupes dans 35 pays africains, en commençant par la Libye, le Soudan, l’Algérie et le Niger. Signalée par l’agence de presse Associated Press le jour de Noël, cette information était absente de la plupart des médias anglo-américains.

L’invasion n’a pratiquement rien à voir avec « l’Islamisme », et presque tout à voir avec la mainmise sur les ressources, notamment les minerais, et une rivalité croissante avec la Chine. Contrairement à la Chine, les Etats-Unis et leurs alliés sont prêts à employer la violence, comme démontré en Irak, Afghanistan, Pakistan, Yémen et Palestine. Comme lors de la Guerre Froide, une certaine division du travail stipule que c’est au journalisme occidental et à la culture populaire de fournir une justification à la guerre sainte contre « l’arc de menace » islamiste, semblable en tous points à la soi-disant « menace rouge » d’une conspiration communiste mondiale.

A l’instar de la Ruée vers l’Afrique à fin du 19eme siècle, l’African Command (Africom) des Etats-Unis a créé un réseau de partenaires parmi les régimes africains compréhensifs et avides de pots-de-vin et d’armes américains. L’année dernière, Africom a organisé l’opération African Endeavor, commandée par l’armée US, avec la participation des forces armées de 34 pays africains. La doctrine « de soldat à soldat » d’Africom consiste à placer des officiers US à tous les échelons de commandement, du général au sous-officier. Il ne manque plus que les casques coloniaux.

C’est comme si le fier passé historique de libération de l’Afrique, de Patrice Lumumba à Nelson Mandela, était condamné à l’oubli par une nouvelle élite coloniale noire dont la « mission historique », avait averti Franz Fanon il y a un demi-siècle, était de servir de courroie de transmission à « un capitalisme acculé au camouflage ».

Un exemple frappant est celui du Congo occidental, une région stratégique en minerais, contrôlé par un groupe atroce connu sous le nom de M23 et qui est lui-même contrôlé par l’Ouganda et le Rwanda, tous deux à la solde de Washington.

Planifié depuis longtemps comme une « mission » pour l’OTAN, sans parler des zélés Français dont les causes perdues coloniales sont restées à travers de la gorge, la guerre en Afrique est devenue urgente en 2011 lorsque le monde arabe semblait se libérer des Moubaraks et autres serviteurs de Washington et de l’Europe. L’hystérie provoquée dans les capitales impériales ne doit pas être sous-estimée. Des bombardiers de l’OTAN furent expédiés non pas à Tunis ou au Caire mais en Libye, où Kadhafi régnait sur les plus grandes réserves de pétrole en Afrique. Une fois la ville de Sirte réduite en poussière, les commandos d’élite britanniques ont dirigé les milices « rebelles » dans une opération qui depuis a été révélée et qualifiée de « bain de sang raciste ».

Le peuple indigène du Sahara, les Touaregs, dont les combattants berbères étaient protégés par Kadhafi, se sont enfuis à travers l’Algérie vers le Mali, où les Touaregs réclament depuis les années 60 un état indépendant. Comme l’a fait remarquer Patrick Cockburn, toujours attentif, c’est ce contentieux local, et pas al-Qaeda, que l’Occident craint le plus dans cette région de l’Afrique… « bien que pauvres, les Touaregs sont souvent assis sur d’immenses réserves de pétrole, de gaz, d’uranium et d’autres minerais précieux ».

Comme conséquence de l’attaque France/US contre le Mali le 13 janvier, une attaque contre un site gazier en Algérie s’est terminée dans un bain de sang, provoquant chez (le premier ministre britannique) David Cameron des réactions aux relents de 11 Septembre. L’ancien chargé des relations publiques de la chaîne de télévision Carlton s’est emporté sur une « menace globale » qui requiert « des décennies » de violences occidentales – c’est-à-dire la mise en place du modèle économique prévu par l’Occident pour l’Afrique, ainsi que le viol d’une Syrie multi-ethnique et la conquête d’un Iran indépendant.

Cameron a envoyé des troupes britanniques au Mali, et un drone, tandis que son chef des armées, l’expansif Général Sir David Richards, adressait « un message très clair aux djihadistes du monde entier : ne venez pas nous chercher des noises. Nous riposterons avec vigueur. » – exactement ce que les djihadistes avaient envie d’entendre. La trainée sanglante laissée par les victimes (toutes musulmanes) du terrorisme de l’armée britannique, et les affaires de torture « institutionnalisée » qui sont portées devant les tribunaux, apportent la touche d’ironie qui manquait aux propos du général. J’ai eu un jour à subir la « vigueur » de Sir David lorsque je lui ai demandé s’il avait lu la description faite par la courageuse féministe afghane Malalaï Joya du comportement barbare dans son pays des occidentaux et leurs alliés. « Vous êtes un défenseur des Taliban » fut sa réponse. (Il s’en excusa plus tard)

Ces sordides personnages sortent tout droit d’un roman d’Evelyn Waugh et nous font ressentir tout le souffle de l’histoire et l’hypocrisie. Le « terrorisme islamique » qui est leur excuse pour perpétuer le vol des richesses africaines est une de leurs propres inventions. Il n’y a plus aucune excuse pour avaler les histoires débitées par BBC/CNN et ne pas connaître la vérité. Lisez le livre de Mark Curtis, Secret Affairs : Britain’s Collusion with Radical Islam (Serpent’s Tail) [affaires secrètes : la collusion de la Grande-Bretagne avec l’islam radical – NdT] ou celui de John Cooley Unholy Wars : Afghanistan, America and International Terrorism (Pluto Press) [guerres impies : afghanistan, amérique et le terrorisme international – NdT] ou The Grand Chessboard [en français « le grand échiquier », chez hachette – NdT] par Zbigniew Brzezinski (HarperCollins) qui joua le rôle de sage-femme dans la naissance du terrorisme fondamentaliste moderne. En effet, les moudjahidin d’Al-Qaeda et des Talibans ont été créés par la CIA, son équivalent Pakistanais l’ISI, et le MI6 britannique.

Brzezinski, qui fut le Conseiller à la Sécurité Nationale du Président Jimmy Carter, décrit une directive présidentielle secrète de 1979 qui devint le point de départ de ce qui est aujourd’hui présenté comme une « guerre contre le terrorisme ». Pendant 17 ans, les Etats-Unis ont délibérément formé, financé, armé et lavé le cerveau de djihadistes qui « entrainèrent toute une génération dans la violence ». Le nom de code de l’opération était Operation Cyclone, et faisait partie du « grand jeu » destiné à faire tomber l’Union Soviétique mais qui a fait tomber les tours jumelles.

Depuis, l’information que des gens intelligents et éduqués ingurgitent et régurgitent est devenue une sorte de journalisme de parc d’attraction, épaulée comme jamais par Hollywood et son permis de mentir, et de mentir encore. Il y a le film en préparation sur Wikileaks de Dreamworks, un tissu de mensonges inspiré par le livre perfide de deux journalistes du Guardian devenus riches ; et il y a le film Zero Dark Thirty, qui promeut la torture et l’assassinat, dirigé par l’Oscarisée Kathryn Bigelow, la Leni Riefenstahl des temps modernes, qui diffuse la voix de son maître comme le faisait jadis le metteur en scène chéri du Führer. Tel est le miroir sans tain qui donne à peine un aperçu de tout ce que le pouvoir commet en notre nom.

John Pilger

johnpilger.com

traduction « à découvert » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles

legrandsoir.info

Mali : comment s’enrichir grâce à la guerre

Ramzy Baroud

La firme britannique de sécurité G4S va engranger d’énormes profits grâce aux crises au Mali, en Libye et en Algérie. Reconnue comme l’entreprise de sécurité la plus importante au monde, le groupe s’était dévalorisé lors des Jeux Olympiques de Londres l’an dernier, en raison de son incapacité à satisfaire aux conditions d’un contrat gouvernemental. Mais avec l’instabilité croissante en Afrique du nord et de l’ouest, on s’attend à un prompt rétablissement de la firme.

Non seulement l’armée française ramène dans ses fourgons l’armée malienne pour que celle-ci réoccupe le nord irrédentiste, mais elle a aussi pour mission d’ouvrir la voie aux multinationales avides de profits juteux, aisés et rapides

La crise des otages du 16 janvier dernier dans l’usine de production de gaz d’Ain Amenas en Algérie, où 38 otages ont été tués, a marqué le retour d’Al-Qaïda, non pas comme de simples extrémistes en mal d’action, mais comme des militants bien entraînés ayant la capacité de frapper profondément dans les territoires ennemis et de provoquer de graves dommages.

Pour les entreprises de sécurité du type G4S, cela se traduit par une demande croissante. « Le groupe britannique (..), voit une augmentation de ses tâches allant de la surveillance électronique à la protection des voyageurs », a déclaré à l’agence Reuters le président de la compagnie pour l’Afrique. « La demande a été très forte dans toute l’Afrique », a confirmé Andy Baker. « La nature de nos activités fait que dans des environnements à haut risque, la demande de nos services augmente. »

Si les affrontements mortels entre l’Algérie et Al-Qaïda étaient suffisants pour que les pays d’Afrique du nord fassent appel à des sociétés de sécurité privées, la Libye doit être pour celles-ci un véritable paradis… Suite au renversement par l’OTAN du régime du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi suivi de son assassinat brutal à Syrte le 20 octobre 2011, de nombreuses milices ont vu le jour à travers toute la Libye, certaines étant équipées d’armes lourdes grâce aux pays occidentaux. Au départ, ces scènes plutôt dérangeantes de milices armées installant des points de contrôle à chaque coin de rue étaient considérées comme une conséquence inévitable d’une réalité post-révolutionnaire. Mais lorsque les Occidentaux eux-mêmes sont devenus des cibles, la « sécurité » en Libye est alors devenue une priorité…

Beaucoup de sociétés de sécurité privées opèrent déjà en Libye, et certaines étaient même présentes dans le pays avant que l’ancien gouvernement libyen ne soit renversé. Certaines de ces entreprises étaient pratiquement inconnues avant la guerre, comme c’est le cas d’une petite entreprise britannique privée, la Blue Mountain Group. Cette dernière était responsable de la garde de la mission diplomatique américaine à Benghazi, qui a été incendiée le 11 septembre dernier. Il est apparu plus tard que l’attaque contre l’ambassade, qui entraîna la mort de quatre Américains, dont l’ambassadeur Christopher J. Stevens, avait été planifiée et bien coordonnée. On ne sait pas pourquoi le Département d’État a choisi d’embaucher cette petite société britannique, au lieu d’une entreprise de sécurité plus importante comme c’est habituellement le cas pour les autres ambassades occidentales et les grandes entreprises qui se disputent la reconstruction d’un pays que leurs gouvernements respectifs se sont acharnés à détruire.

L’activité lucrative de détruire, puis de reconstruire et de sécuriser a été constatée dans d’autres guerres et conflits provoqués par des ‘interventions occidentales. Les entreprises privées de sécurité sont les intermédiaires dont le rôle est d’empêcher les natifs considérés trop turbulents de se mettre en travers de la « diplomatie » et des géants du businessd’après-guerre.

Quand un pays finit par s’effondrer sous la pression des bombes anti-bunker et autres armes de pointe, les entreprises de sécurité se mettent en branle pour venir sécuriser les lieux tandis que des diplomates occidentaux commencent, avec leurs nouveaux relais locaux, leurs négociations sur l’avenir des richesses du pays. En Libye, ceux qui ont le plus contribué à la guerre sont ceux qui ont gagné les plus gros contrats. Bien évidemment, tout le pays est détruit et mis en coupe réglée, et c’est la population locale qui subit les conséquences de la présence de brutes étrangères et armées qui fliquent leurs quartiers au nom de la sécurité.

Il faut dire que le nouveau gouvernement libyen a expressément refusé la présence de sociétés armées du style de Blackwater – alors qu’elles ont déjà une certaine présence sur le terrain – craignant des provocations semblables à celles qui se sont produites dans les meurtres du Square Nisour à Bagdad et de même à travers tout l’Afghanistan. L’objectif en Libye est de permettre des transactions commerciales sans problèmes, sans protestations impromptues provoquées par des étrangers à la gâchette trop facile. Mais compte tenu de la détérioration de la sécurité en Libye, provoquée par la destruction systématique du gouvernement central et de son appareil militaire, trouver une solution à l’absence de sécurité demeure l’objet d’intenses discussions.

Les sociétés de sécurité privées sont essentiellement composées de mercenaires qui offrent leurs services afin d’épargner aux gouvernements occidentaux un coût politique trop élevé au cas où il y ait trop de victimes militaires. Même si leurs sièges sociaux sont souvent basés dans des villes occidentales, nombre de leurs employés viennent de pays dits du Tiers-Monde. Pour tous les intéressés, procéder ainsi est beaucoup plus sûr, car lorsque des employés de sécurité asiatiques, africains ou arabes sont blessés ou tués en service, ce sera mentionné, si jamais c’est le cas, comme une simple dépêche d’agence avec très peu de conséquences politiques dans les audiences du Sénat ou les enquêtes du gouvernement.

Le Mali, ce pays d’Afrique occidentale qui souffre de multiples crises – un coup d’État militaires, la guerre civile, la famine et enfin une invasion guerrière dirigée par les Français – est la prochaine victime probable ou opportunité pour cette combinaison infernale : des gouvernements occidentaux, des grandes entreprises et bien sûr, des entreprises de sécurité privées.

En effet, le Mali est le terrain idéal pour ces cliques d’opportunistes qui ne ménagent aucun effort pour exploiter ses énormes ressources potentielles et sa position stratégique. Depuis des années, ce pays ouest-africain est tombé sous l’influence politique et militaire occidentale. L’année 2012 a vu l’application d’un parfait scénario qui a finalement et de façon prévisible conduit à une intervention militaire extérieure, laquelle a eu lieu le 11 janvier lorsque la France a lancé une opération militaire visant, officiellement, à évincer des extrémistes islamistes armés. Les opérations militaires dureront « aussi longtemps que nécessaire », a déclaré Hollande, le président français, singeant littéralement George Bush quand celui-ci déclara sa « guerre contre le terrorisme ».

Mais pour autant que l’on puisse en juger, la situation parait autant complexe qu’imprévisible. Aucune chronologie simple ne peut réellement rendre compte du déroulement de la crise. Mais tous les indicateurs pointent vers d’importantes caches d’armes qui ont fait leur chemin à partir de la Libye jusqu’au Mali après la guerre de l’OTAN. Un nouvel équilibre des pouvoirs s’est alors installé, renforçant la position des Touaregs toujours opprimés et inondant la partie désertique du pays de militants endurcis appartenant à divers groupes islamiques. Deux lignes symétriques de bouleversements se sont développées en même temps au nord et au sud du pays. D’un côté, le Mouvement National Touareg pour la libération de l’Azawad (MNLA) a déclaré son indépendance dans le nord et a rapidement été rejoint par Ansar Dine, Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) et le Mouvement pour l’Unité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MOJWA). De l’autre côté, Amadou Haya Sanogo, capitaine de l’armée malienne et formé aux États-Unis, procéda à un coup d’État en mars dernier dans la partie sud du pays, renversant le président Amadou Toumani Touré.

L’histoire récente du Mali évolue donc rapidement, donnant l’impression qu’il n’y avait pas d’autre possibilité qu’une confrontation imminente entre le sud et le nord. La France, ancien maître colonial du Mali, n’a pas tardé à brandir la carte militaire et s’est activée avec diligence pour impliquer les pays d’Afrique de l’ouest dans ses projets guerriers. Il était souhaité que l’intervention apparaisse comme s’il s’agissait d’une initiative purement africaine, bénéficiant juste d’un appui logistique et politique des supposés bienfaiteurs occidentaux. En effet, le 21 décembre, le Conseil de sécurité a approuvé l’envoi d’une force dirigée par des Africains (de 3000 soldats) et venue de la Communauté économique des États d’Afrique occidentale (CEDEAO), afin de lancer la chasse aux militants du nord dans le vaste désert malien.

Cette guerre était prévue pour septembre 2013, afin de laisser un peu de temps à la France pour former un front uni occidental et remettre sur pied des forces maliennes pour l’instant en lambeaux. Mais la capture par les militants islamiques de la ville de Konna, sur la route de la capitale Bamako, aurait obligé la France à intervenir plus tôt sans le consentement des Nations Unies. La guerre qui a été menée, soit-disant au nom des droits de l’homme et de l’intégrité territoriale du Mali, a déjà suscité des protestations d’importantes organisations des droits de l’homme, contre les crimes commis par les forces étrangères et leurs partenaires de l’armée malienne. Toutefois, ce qui pour l’instant a des allures de conquête française facile, fait que d’autres puissances occidentales se lèchent déjà les babines sur les richesses potentielles du Mali, lequel ne risque pas d’avoir de sitôt un véritable gouvernement central.

Le 25 janvier, la page de l’Agence de presse africaine [APA] sur le Mali était remplie d’articles de presse sur une implication occidentale désireuse de manifester sa solidarité avec l’initiative de guerre français. Cela allait de « l’Italie va envoyer des avions pour aider les transports de troupes au Mali » à « l’Allemagne s’engage à aider l’intervention au Mali. » Tous les appels pour un dialogue politique, d’autant plus que les conflits ethniques sont susceptibles de dévaster le pays pour les années à venir, semblent tomber dans l’oreille d’un sourd. De plus, selon l’APA, le Royaume-Uni propose d’aider le Mali à trouver une « feuille de route politique » visant à garantir « l’avenir politique de ce pays ouest-africain. »

Alors que la France, les États-Unis et les pays de l’Union Européenne décident de l’avenir du Mali via des actions militaires et des feuilles de route politiques, le pays lui-même est trop affaibli et politiquement déstabilisé pour imaginer n’importe quelle possibilité de s’opposer à ces interventions extérieures. Pour les entreprises de sécurité G4S et autres, le Mali est aujourd’hui en tête de la liste dans le marché émergent de la sécurité en Afrique. Le Nigeria et au Kenya suivent de près, avec des possibilités qui apparaissent encore ailleurs.

De la Libye au Mali, une histoire typique est en train de se dérouler sous nos yeux, avec de juteux contrats et d’énormes possibilités de toutes sortes. Lorsque les entreprises de sécurité privées parlent d’un marché émergent en Afrique, on est amené à supposer que ce continent va une fois de plus tomber sous la coupe d’interventions militaires et de pratiques commerciales déloyales. Alors que G4S est susceptible de refaire briller son blason un peu ternie, des centaines de milliers de réfugiés africains (800 000 pour le seul Mali) continueront leur voyage sans fin vers des frontières inconnues à travers d’impitoyables déserts. Leur sécurité n’intéresse personne, et les entreprises privées de sécurité n’ont que faire de réfugiés sans le sou.

Ramzy Baroud (ramzybaroud) est un journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Mon père était un combattant de la liberté : L’histoire vraie de Gaza (Pluto Press, London), peut être acheté sur Amazon.com. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible sur Fnac.com

Du même auteur :

Le factionnalisme et les Palestiniens oubliés – 27 janvier 2013
L’Intifada des prisonniers palestiniens 22 janvier 2013
La Palestine : un récit qui doit encore s’imposer… – 19 janvier 2013
Obama s’invente une nouvelle « guerre froide » en Amérique latine – 11 janvier 2013
La tragédie des Palestiniens en Syrie, et la centralité du Droit au retour – 4 janvier 2013
La stabilité de l’Afrique de l’ouest mise à l’épreuve – 23 décembre 2012
Mieux comprendre le mouvement Hamas – 15 décembre 2012
Fausses victoires et vraie défaites – 12 décembre 2012
Le jeu risqué de Netanyahou à Gaza : même moment, même endroit – 3 décembre 2012
Palestine occupée : donations et pressions politiques – 14 novembre 2012
Égypte : la question non résolue de l’économie – 10 novembre 2012
Les différentes faces de la « résistance populaire » en Palestine – 30 octobre 2012
Rhétorique électorale : les États-Unis et le Moyen-Orient – 26 octobre 2012
Turquie : du « zéro-problème » au maximum d’ennuis – 15 octobre 2012
L’Empire pris au piège – 7 octobre 2012
Le boycott d’Israël commence à faire son chemin au niveau des gouvernements – 27 septembre 2012
Soumission politique, économie de charité : pourquoi il faut en finir avec Oslo ! – 21 septembre 2012
La petite fille au blouson vert… – 16 septembre 2012

info-palestine.net

Des drones Us au Niger pour les guerres d’Afrique

Antonio Mazzeo
Translated by Fausto Giudice

L’Afrique sera le nouveau terrain de chasse des avions sans pilote de l’armée US. Le gouvernement du Niger a autorisé le déploiement de drones du ministère de la Défense et de la CIA pour les opérations de surveillance et de renseignement contre les diverses milices pro-Al Qaïda actives dans la région nord-ouest du continent. La demande de création d’une base d’opérations au Niger a été officialisé il ya une dizaine de jours par l’ambassadeur US Bisa Williams lors d’une rencontre avec le président Mahamadou Issoufou.

Comme l’ont révélé les principaux quotidiens US, les drones ne seront pas armés, mais on n’exclut pas la possibilité que, dans l’avenir, ils puissent être utilisés pour effectuer des frappes de missiles « contre la menace croissante du terrorisme. » Les missions d’espionnage et destrike (frappe) pourront être coordonnées avec les forces armées françaises qui opèrent depuis le 11 janvier 2013 dans le conflit au Mali et seront dirigées par l’US Africom, le commandement US des opérations militaires en Afrique basé à Stuttgart (Allemagne). Les avions sans pilote seront probablement stationnés sur une base aérienne de la région désertique d’Agadez, près de la frontière avec le Mali et l’Algérie.

Des négociations en vue de développer le partenariat Niger-USA et de définir le statut juridique et les fonctions des militaires US appelés à intervenir dans ce pays d’Afrique ont été engagées l’an dernier. Il y a quelques mois, le commandant de l’US AFRICOM, le général Carter Ham, avait visité le Niger et rencontré les plus hautes autorités civiles et militaires. Après le début des combats dans le nord du Mali et de l’intervention française contre les milices islamiques radicales d’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique), les autorités gouvernementales nigériennes ont décidé de mettre noir sur blanc le texte d’accord bilatéral proposé par Washington.

«Ils ont exprimé le désir de nouer des relations plus solides avec nous et nous avons été heureux de les nouer avec eux», a déclaré le porte-parole du Pentagone George Little. En plus de déployer des drones, l’armée US pourra utiliser les principaux aérodromes pour stationner les avions-espions pilotés et quelques unités spéciales d’intervention d’urgence qui appuieront les forces armées nigériennes pour le contrôle des frontières et la formation à l' »anti-terrorisme ». Le Pentagone n’a pas révélé le nombre de soldats US autorisés à résider au Niger; jusqu’à présent, ils ont été environ cinquante, mais ils pourraient bientôt atteindre 300 hommes. Rien que pour garder en orbite une batterie de drones (quatre avions en vol pendant 24 heures consécutives), sont en effet nécessaires pas moins de 170 militaires en appui au sol.

Hillary Clinton avec l’un des drones US utilisés par l’armée ougandaise en Somalie

Le Niger est l’un des pays les plus pauvres du continent africain : l’espérance de vie est de 54,7 ans, le taux de mortalité infantile de 160,3 ‰, tandis que seulement 28,7% des adultes sont alphabétisés. Néanmoins, le gouvernement consacre une grande partie des ressources financières à l’achat de moyens de guerre et aider l’allié politico-militaire US dans la «lutte contre le terrorisme mondial» déclenchée après le 11 septembre 2001. Plusieurs officiers du Niger ont été invités aux USA pour suivre des cours sur « la lutte contre le terrorisme », la logistique et les télécommunications. En collaboration avec les forces armées du Mali, du Tchad et de la Mauritanie, sous le commandement de l’ US Africom, l’armée nigérienne a pris part à des exercices dans le désert, avec l’utilisation de nouvelles méthodes de guerre. Avec l’aide de «conseillers» du Pentagone, en décembre 2004, les forces armées ont également lancé un raid sur une grande échelle dans la région du Sahel – à plus de 600 km de la capitale Niamey – contre un groupe de miliciens islamistes radicaux avec basé en Algérie. Comme l’a déclaré le commandant adjoint des forces US en Europe, le général Charles F. Wald, plus de 750 officiers du Niger, du Mali, du Tchad et de la Mauritanie ont déjà été formés et spécialisés, pour un coût de 7,75 millions de dollars.

Salle de télécommande de drones sans pilote

En 2009, le Corps d’ingénierie de l’US Army a lancé un programme d’intervention dans les communautés les plus pauvres et les plus isolées de l’ouest du Sahara par le biais d’un fonds d’ «aide humanitaire» géré par le commandement Africom à Stuttgart. Localisé dans les zones frontalières entre le Mali et le Niger, le programme vise à réaliser des «puits d’eau, des écoles, des points de santé et des banques de céréales» pour un coût total de 1,7 millions de dollars. Évidemment l’«humanitaire» vise à accroître le consensus local au plan de pénétration militaire et économique US dans la région. « Notre espoir est de soutenir les objectifs de sécurité de l’Africom et d’acquérir de l’expérience sur le continent et d’être plus efficaces à l’avenir », a admis Diana Putman, responsable du plan d ‘«aide humanitaire» du Commandement stratégique des troupes sur le continent africain.

En 2010, un coup d’État fomenté par l’armée pour empêcher la réélection de l’ancien président Mamadou Tandja a refroidi les relations entre le Niger et les USA. La décision de la junte militaire d’organiser une élection présidentielle en mars 2011 pour restituer le pouvoir aux civils, a cependant convaincu Washington de pousser l’accélérateur pour obtenir la permission de déployer ses fameux avions sans pilote au Niger.

Le ministère de la Défense et la CIA ont déjà stationnés des drones d’attaque espions dans plusieurs pays africains. La base principale d’opérations est certainement celle de Camp Lemonnier à Djibouti, qui abrite plus de 2.000 militaires US engagés dans des conflits qui déchirent la Corne de l’Afrique, le Yémen et le nord-est du continent. D’après le Washington Post, le centre de drones qui coordonne tout le système de renseignement en Afrique serait au Burkina Faso. Sous le couvert d’un programme top secret au nom de code Sand Creek, une douzaine de militaires et de sous-traitants US opèreraient de manière stable dans la zone militaire de l’aéroport de Ouagadougou. Les avions espions décolleraient aussi du Mali, de Mauritanie, d’Éthiopie, du Kenya, d’Ouganda et de l’archipel des Seychelles (océan Indien). Une autre base pourrait être activée prochainement au Sud-Soudan et – comme l’ont admis certains responsables US – l’Algérie serait sur le point d’autoriser les atterrissages et les décollages de drones pour combattre les milices d’AQMI en échange de sessions d’entraînement, d’équipement et de systèmes d’armement US.


Courtesy of Tlaxcala
Source: antoniomazzeoblog.blogspot.com
Publication date of original article: 01/02/2013
URL of this page: tlaxcala-int.org

tlaxcala-int.org

La Charia ou La Pax Occidentalis: quel choix pour les négro-africains?

Que répondre à celles et ceux qui, se définissant comme des REALISTES, (et pourquoi pas COURT-TERMISTES!) jugent que s’opposer à la guerre française au Mali équivaut à souhaiter que les criminels coupent les mains et les pieds aux africains qu’ils ont pris en otage?

Entre la Charia et La Paix Française – plus largement, La Pax Occidentalis -, que choisir? En laissant volontairement de côté les origines de ce qu’on doit appeler la catastrophe malienne ainsi que les tenants et les aboutissants de l’entrée en guerre de la France (Lire utilement sur ces différents aspects: Le Mali et l’Azawad: l’espace sahélo-saharien en remodelage http://lajuda.blogspot.ch/2012/06/le-mali-et-lazawad-lespace-sahelo.html, Guerre au Mali : Les dessous d’une « intervention contre le terrorisme » http://lajuda.blogspot.ch/2013/01/guerre-au-mali-les-dessous-dune.html, Et si nous n’étions pas des colonies?http://lajuda.blogspot.ch/2013/01/et-si-nous-netions-pas-des-colonies.html et pour aller plus loin sur les guerres humanitaires, 

http://www.youtube.com/watch?v=t9nwdcDgX7Q )

disons simplement qu’il n’y a pas pour notre peuple à choisir entre des Seigneurs coupeurs de bras et de pieds le Coran à la main et des Maîtres maniant le bâton, le fouet, les armes et qui exploitent, la Bible à la main, jusqu’à ce que mort s’en suive. Cette fatalité piégeuse doit être absolument rejetée. Car, aussi bien les premiers que les deuxièmes, de par l’histoire et sous nos yeux, ont démontré et démontre quotidiennement l’affection qu’ils ont pour le peuple Noir. La seule voie pour être libre est donc d’accepter de payer nous-mêmes le prix de cette liberté. Aussi insupportables, aussi durables que les atrocités des uns ou des autres puissent sembler, il n’y a pas de libération lorsqu’on quitte un Maître pour un Autre. Car, un peuple qui invite une « Civilisation Supérieure » à le libérer n’a comme libération qu’une nouvelle servitude. Les peuples qui se sont affranchis de leurs chaînes d’où qu’elles viennent sont ceux qui se sont sacrifiés pour se les ôter. Ceux, en revanche, qui ont confié cette mission, soit par ignorance, soit par désorganisation, soit même par la peur de s’assumer, à d’autres se sont érigés des Maîtres encore plus terribles étant entendu que le nouveau régime de servitude que ces libérateurs établissent se révèle encore plus terrible quoique apparemment plus doux que le précédent. Si bien qu’à terme, l’échéance retardée consistant au peuple victime à déléguer sa défense aux autres, lui revient et là c’est à lui de jouer ou jamais. Quiconque contracte donc une dette de libération se vend et vend tous ses biens pour la payer. Telle est La Loi de l’Histoire.

Les africains ne peuvent pas continuer, en dernier ressort, à se contenter de dresser la mine défaite la liste de leurs faiblesses et n’en pas tirer les conclusions nécessaires. Aujourd’hui, on se limite une fois encore à parer au plus pressant en sautillant de joie de voir la France faire le « job » pour nous. Lorsque La Paix Française installée depuis au moins 05 siècles maintenant sur les terres africaines sera sera renforcée et que la facture de cette libération sera présentée (car il faut bien payer les bombes, l’Etat français les ayant achetées auprès des industriels en armement, payer des honoraires aux soldats vivants ou morts après la libération, payer le kérosène alimentant les avions, le blanchissement et la nourriture à tout le personnel civilo-militaire ayant contribué à cette « libération humanitaire »….) on peut imaginer que les africains, à ce moment là, n’iraient pas solliciter l’aide de La Charia à son tour, étant donné que le « pour le moment africain » n’a que trop tendance à devenir « définitivement, on n’y peut rien, car on est trop faible ».

14 janvier 2013

KPOGLI Komla

Source: MOLTRA

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Compteur de mots : 579

Nigeria, voler du pétrole pour « vivre »

Vol de pétrole.

Des milliers de personnes au Nigeria on une façon
façon inhabituelle de voler le pétrole.
Ils font des trous dans le pipeline, par laquelle
les voleurs peuvent verser des centaines de milliers de litres d’huile,
jusqu’à ce que le propriétaire découvre la fuite de ses biens.
Malheureusement, cette méthode a des impacts négatifs sur l’environnement, tuant tout ce qui est vivant.

1Comme les habitants vol de pétrole au Nigeria (23 photos)

 

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Le nègre pieux avec son gros bateau chargé d’armes

Aujourd’hui marque le 60e annuelle Journée nationale de prière . Partout au pays, les élus participeront avec leurs électeurs dans un certain nombre de différentes cérémonies religieuses de différentes confessions, y compris le christianisme (protestants et catholiques), l’islam et le judaïsme. Traditionnellement, le Président a donné un message, appelle à la nation collectivement maintenir le pays et ses différentes branches et les bras, tant au pays qu’à l’étranger, dans ses pensées et nos prières. Traduction Google. Source 

P.S.: La traduction n’est pas très clair. C’est comme le monde dans lequel nous vivons…

Pauvre Obama! Un autre drôle de numéro qui passera à l’Histoire en mal prix Nobel, mêlé à tous les chancres pouvoirés.  Il y a plus de  Jésus aux États-Unis que dans l’histoire du vrai Jésus. Des saints à drones.

Je sais, c’est vraiment un bon gars, pas d’alcool, pas d’tabac. Les États-Unis prennent des douches à l’eau de javel. Du chlore pour tous. La béatitude à la portée de tous.

Les États-Unis, c’est les Sopranos…. Heureux ceux qui ont visionné les Sopranos: ils comprendront que le bien se fait en faisant un petit détour par le mal.

Mais à quoi sert tout cela?

À détruire tout en construisant. Pour le bien-être d’une élite et le mal être du reste du monde.

LE DOLLAR AMÉRICAIN SUR LE DÉCLIN

À la fin, à la toute fin, ou tout près de la fin de cette ère de cancrelats titrés, il ne nous restera plus rien. Je salue la grandeur des analystes qui écrivent en paragraphes carrés, bien sérieux, pensant que tout cela va « changer le monde ». Les pieux parlent aux pieux.

L’avenir appartient à ceux qui élèveront des poules, pas des politiciens! On fabrique des dieux comme on fabrique des voitures.  Ça fait des années qu’on se tue à nous le dire.  Quand un oeil parle à une oreille, le résultat est là. Vive le mousseux du temps des fêtes. Bulles et fabule!

Au pays des lunettés, les borgnes sont rois.

La raison ne vaut rien, puisqu’elle n’est que le spermatozoïde d’un monde infini. Descartes, c’est de la bouillie pour Facebook.

Obama est un Hell’s Angel mondialiste. Mais c’est un bon gars. J’en suis certain… Je me méfie des gens qui sont propres comme une chair de turbot. Il y a du poisson dans l’eau sociale, believe me.

C’est de l’image tout ça. Les sales s’habillent en « propre »… C’est connu.

Nous sommes dans la phase « avril » du mur de Berlin. Là où les enfant su Reinch, avec 24 heures d’entraînement se faisaient massacrer pour la belle Allemagne.

« La plupart du temps, chaque soldat recevait, par jour, une demi-miche de pain dur et un peu de ragoût ou de soupe qui n’arrivait  généralement que le soir généralement tard, froid au point de congélation » …. » Mais le principal problème était le manque d’eau potable ». De ce fait, de nombreux soldats étaient atteints de  la dysanterie et souillaient leurs tranchées.  (….) Le jour, personne ne bougeait. » Extrait, page 196.

Les nègres blonds ont eu leur histoire…  Le 27 avril, des enfants de 16 et 17 ans défendirent un pont,  ignorant tout de la guerre, rien que par principe de chevalerie de la guerre qu’ils avaient appris de par les « idées » inculquées, marquées au fer rouge de leur âme.

Le pont Poster

La lettre est une cartouche. Les mots sont mitraillés. La guerre du citoyen contre les banksters, les élus est en cours depuis une décennie.

À se demander si toutes les analyses « subtiles » et tant convoitées ne sont pas que la même berlue des générations passées.

Allumez un lampion! Quelque part, il y en a mille dans la nouvelle église de l’avoir pour allumer un drone, vendre des avions de combat, appauvrir l’humanité et croire en ce qu’ils font.

Un nazi noir, est-ce mieux qu’un nazi blond?

L’Histoire, c’est comme les danseuses nues dans les bars: on paye dix dollar pour les voir s’enrouler autour d’un poteau.

Le « génie » de l’Amérique – y compris le Canada – c’est de la pornographie qui déshabille le citoyen.

La démocratie est un pays où chaque citoyen paye pour se faire arrêter.

L’État et sa fiabilité, c’est comme les urgences des hôpitaux: on y coure pour un rhume.

Je suis sûr qu’en priant, une armée d’anticorps va nous protéger.

La « raison » dans un monde d’émotions, d’amour, d’entraide, c’est comme essayer de se chauffer au pôle Nord avec des allumettes.

Alors! Vive la poésie, et les écrits qui ont l’air insensés.

Se tricoter des neurones pour se chauffer, ça ne fait pas trop isotherme. Ça réchauffe le petit copier-coller aligné aux convenances et qui, à genoux, essaie de faire trébucher un aguerris des convenances.

Sartre disait que « L’enfer, c’est les autres ». Probablement qu’à force d’écouter on devient sourd et aveugle.

Finalement, ça dépend pour « quoi » on prie. Priez pour vous, et non pas pour une cause.

Ou dessinez…

Ou faites l’amour…

Ou laisser votre job de noir…

Mais personne n’en a rien à cirer des mots. C’est comme tenter d’abattre un missile avec un arc et des flèches.

Le pouvoir de « croire » est la limite de son pouvoir. Dans un règne « techno », les mots perdent tout pouvoir. En fait, c’est une propagande insidieuse, pernicieuse, et armée d’un bouclier: celui du pouvoir de tout contrôler. Même les mots… Les plus savants et scalpelisés soient-ils. Ne nous illusionnons pas: nous nous vendons tous à notre  besoin de nourriture. Nourriture qui nous échappe… Nourriture falsifiée… Mais bon! Le ventre qui crie laisse passer le cerveau avant, dans l’allée qui attend la soupe populaire. Du ventre ou de l’esprit.

L’avenir est désormais une soupe populaire où les gens seront bien cultivés. Et sur le web, c’est de la soupe. Comme les prisonnier des camps de Dachau, cherchez quelques nouilles  – quelque chose de solide. C’est de l’eau aromatisée…    Bouillon de poulet… Artificiel!

Gaëtan Pelletier

5 janvier 2012.

P.S.: Merci à tous. Je vais prendre des vacances en format illimité.

Mafiafrique

Mafiafrique

 

La Françafrique, c’est comme un iceberg. Vous avez la face du dessus, la partie émergée de l’iceberg : la France meilleure amie de l’Afrique, patrie des droits de l’Homme; et puis, en fait, vous avez 90% de la relation qui est immergée : l’ensemble des mécanismes de maintien de la domination française en Afrique avec des alliés africains.
On voit ici l’application d’un monde sans lois, d’un monde sans règles, plein de détournements financiers, de criminalité politique, de polices tortionnaires ou de soutiens à des guerres civiles. Autrement dit des fonctionnements de solidarité entre un certain nombre de français et d’Africains qui se sont organisés en réseaux pour tenir ces pays politiquement (par ladictature), militairement (avec les mercenaires), et à travers un certain nombre de circuits financiers pompant l’argent des matières premières, l’argent de la dette, l’argent de l’aide publique au développement. Des réseaux faisant en sorte que ces peuples d’Afrique aient encore pire qu’un dictateur, un dictateur « légitimé démocratiquement ». En effet ces réseaux ont passé leur temps à faire « valider » par les urnes l’inverse de la volonté du peuple, quitte à dégoûter les gens de la démocratie.

Enumérons rapidement certains de ces réseaux:

Il y a ce qu’on appelle les réseaux politico-affairistes; le plus important d’entre eux, c’était le réseau Foccart, créé sous De Gaulle; disons que c’était le réseau gaulliste. Et puis il y eut les réseaux néogaullistes – principalement le réseau Pasqua -, le réseau Giscard, le réseauMitterrand, le réseau Madelin, le réseau Rocard, etc…

Ensuite, il y a quelques très grandes entreprises qui jouent un rôle dominant là où elles se trouvent. Il y a Elf, bien entendu, qui faisait la politique de la France au Gabon, au Cameroun, au Congo-Brazzaville, au Nigéria, en Angola, etc… Il y a Bouygues, qui contrôle les services publics en Côte d’Ivoire, qui a hérité d’une grande partie, des subventions d’investissements de l’aide publique au développement. Il y a Bolloré, qui a le monopole des transports et de la logistique sur la bonne partie de l’Afrique. Il y a Castel, qui contrôle les boissons, etc…

Et puis il y a les militaires. La plupart des hauts dignitaires de l’armée française ont fait leurs classes en Afrique où ils ont eu des carrières accélérées, deux ou trois fois plus rapides, avec des soldes faramineux. L’armée française tient beaucoup à l’Afrique; elle fait encore la politique de la France au Tchad ou à Djibouti. La plupart des généraux africains francophones, y compris les généraux-présidents, sont ses « frères d’armes ».

Vous avez encore les différents services secrets, qui se disputent entre eux et qui ont chacun un rôle dans la Françafrique. Vous avez la DGSE, le principal service secret vers l’étranger, qui contrôlait de près chacun des « gouverneurs à la peau noire ». Vous en avez un autre, qu’il est beaucoup plus surprenant de rencontrer en Afrique, la DST (Direction de la sécurité du territoire). En principe, elle ne devrait que s’occuper de l’intérieur de la France. Mais elle s’occupe aussi de l’extérieur pour diverses raisons; d’abord parce qu’il s’agirait de protéger la France, des dangers de l’immigration. Ensuite la DST, qui est une police politique, fait de la coopération avec l’ensemble des polices politiques de toutes les dictatures du monde. Donc, elle devient copine avec toutes les « sécurités intérieures » des pires dictatures. Et du coup, la DST se retrouve impliquée dans beaucoup de pays, comme le Gabon, le Burkina, l’Algérie, l’Angola, etc…
J’ai oublié de dire que, bien entendu, les réseaux françafricains sont devenus les mêmes auMaghreb qu’en Afrique noire, avec exatement les mêmes mécanismes en Algérie, en Tunisie et au Maroc que ceux que je vous ai décrits jusqu’à présent.
Après la DGSE et la DST, il y a la Direction du renseignement militaire, poisson-pilote de l’armée, qui fait la propagande de la France lors des conflits en Afrique, et puis l’ancienne Sécurité militaire, qu’on appelle maintenant DPSD, qui, entre autres, contrôle les mercenaires et lestrafics d’armes.

Il faut rajouter un certain nombre de réseaux d’initiés : une obédience franc-maçonnedévoyée, la Grande Loge nationale française (GLNF), fort à droite, à laquelle appartiennent tous les dictateurs franco-africains, une forte proportion des responsables des services secrets, des généraux français et africains, les dirigeants de grands médias commeTF1, une partie du lobby nucléaire et pétrolier, etc… Vous avez des sectes très présentes en Afrique et liées à la Françafrique, comme les Rose-Croix ou même le mandarom

Il y a encore le Trésor, du ministère des Finances, l’ administration française la plus puissante : elle applique à l’Afrique les politiques de la Banque mondiale.

Mais tout ça va encore plus loin… Pour comprendre prenons l’exemple de l’Angola :

Dans ce pays il y a d’énormes gisements pétroliers, et là il faut se partager le gâteau. On fait ce qu’on appelle des consortiums, c’est à dire des camemberts. Dans un gisement classique, vous avez 42,5% pour TotalElf, et 42,5% pour une firme américaine ou britannique. Là, vous vous apercevez que le discours anti américain de la Françafrique c’est vraiment du pipeau, parce que dès qu’il s’agit de choses sérieuses, on se réconcilie. Mais le plus intéressant, ce sont les 15% restants. Dans ces 15% vous avez par exemple 10% pour une firme qui s’appelle Falcon Oil. Falcon Oil, c’est monsieur Falcone. Ce vendeur d’armes, qui n’est pas plus pétrolier que vous et moi, a fondé une firme pétrolière. Où ça ? Aux Etats-Unis. Et ce proche de Pasqua, le pourfendeur des Américains, a aussi été le premier contributeur de la campagne de Bush, à égalité avec le PDG d’Enron. Donc, 10% du gisement pour un vendeur d’armes. Et 5% pour une firme de mercenaires… Vous voyez ainsi que dans l’exploitation des plus grands gisements de la planète sont inscrits, quasi génétiquement, la fourniture de 15% de biens et service de guerre: des armes et des mercenaires. Et vous vous étonnez après ça que la quasi-totalité des pays pétroliers africains soient plus ou moins constamment en guerre civile ? Il n’y a pourtant pas de quoi s’étonner : les armes et le pétrole, ça va en permanence ensemble.

Alors là, on va passer à la mondialisation. Pourquoi les armes et le pétrole sont-ils pratiquement le même commerce ? Pourquoi les principaux acteurs de l’affaire Elf – les Sirven, Marchiani, Tarallo, Lethier – sont-ils autant dans les armes que dans le pétrole ? Pourquoi l’affaire Elf a d’abord été une affaire de ventes d’armes à Taiwan ? Tout simplement parce que le pétrole et les armes sont les secteurs de la plus grande corruption, avec des pourcentages de commissions allant de 20 à 30 ou 50%, et que cette corruption, forcément, doit passer par lesparadis fiscaux. Dès lors forcément, commercer des armes et du pétrole, cela revient à maîtriser les flux financiers et les circuits bancaires dans les paradis fiscaux… »

Francois-Xavier Verschave ( extraits De la Françafrique à la mafiafrique -3 décembre 2003)

De l’Empire (partie 4 : Françafrique)

De l’Empire (partie 4 : Françafrique)

L’empire mondial semble apolitique du fait de ses prérogatives économico-financières, et géopolitiquement américano-centrée de par sa puissance militaire. Mais dans ce projet de domination, qu’en est-il de notre France, « patrie des Droits de l’Homme», de sa mission universelle et de son indépendance stratégique ?

A l’ère Sarkozy la question ne se posait pas : notre pays fut un caniche de luxe pour l’administration Obama : il faut voir comment il a mordu le molosse Kadhafi pour affirmer sa vassalité.

Auparavant, la participation à l’empire était plus complexe : suite à la Seconde Guerre Mondiale, l’Etat français a tenté d’assurer sa place au niveau international protégeant lafrancophonie sur les terres africaines pour contrer l’hégémonie grandissante de la culture anglo-saxonne dans le monde. Il crée alors une sphère d’influence en Afrique noire avec de nombreux Présidents et dictateurs d’anciennes colonies mis en place et protégés par une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaires organisée enréseaux. N’hésitez pas à lire et relire François-Xavier Verschave qui a fait table rase des réseaux Foccart,Pasqua ou Mitterrand et rétabli la vérité quant à la mise en place des régimes de Bongo au Gabon, Eyadema au Togo, Biya au Cameroun, Sassou-Nguesso au Congo, Compaoré au Burkina Faso et Deby au Tchad.

De la sorte, la France conserva sur ces terres riches, où est entretenue la misère, un accès privilégié aux matières premières généreuses. Elle détourna aussi d’autant plus facilement l’Aide Publique au Développement au profit des grands partis ou dirigeants politiques français et africains. Cette néo colonisation mafieuse a favorisé ladomination économique d’entreprises françaises comme Elf, Areva ou Bouygues par un pillageréglementaire et systématique

Quatorze pays privés de souveraineté monétaire

Et d’ailleurs c’est toujours le même «fascisme» financier qui, en pleine crise de la dette et de l’euro, n’hésite pas à maintenir l’un des principaux mécanismes institutionnels de cette Françafrique : le contrôle monétaire par le franc CFA (Franc des Colonies Françaises devenu le Franc de Coopération Financière Africaine ou de Communauté Financière Africaine selon les pays concernés). Et celui qui contrôle la monnaie, contrôle l’économie et donc détient le pouvoir.

Depuis plus de cinquante ans, les décisions de politique monétaire dépendent de l’accord de l’ancien colonisateur. Soit quatorze pays africains (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée-Bissau et équatoriale, Mali, Niger, République du Congo, République centrafricaine, Sénégal, Tchad, Togo) n’ayant aucune souveraineté monétaire.

Qui pour crier au scandale ? L’affaire est si énorme qu’elle ne semble indigner plus personne… Pas une ligne dans tous les journaux ! Et pourtant il y aurait de quoi faire  un quinzaine de révolutions !

A la base, le franc CFA fut instauré comme monnaie convertible pour faciliter les transactions dans l’ensemble des colonies de la zone franc. La parité fut fixée à partir de 1948 : 100 francs CFA équivalaient alors à 2 francs français. Le tout dans un esprit de coopération pour mieux aider les Etats nouvellement indépendants à gérer leur monnaie. C’est, en tout cas, ce qui est écrit dans les livres, car à regarder concrètement, l’histoire témoigne plutôt d’une dépendance des Etats de la zone CFA avec la France que d’une coopération.

Extorsion légitime

Avant 1973, l’intégralité des recettes – ou devises –  des ventes extérieures de tous les pays de la zone CFA était centralisée –donc déposée – dans des comptes d’opération en France, autrement dit au Trésor Public français. Après 1973, seulement 65 % de ces recettes sont confisqués par l’Etat français. Enfin, depuis 2005, 50 % de ces capitaux sont réquisitionnés.

Oui, oui, vous avez bien compris, encore aujourd’hui donc, la moitié des réserves  de changes de 14 pays africains reposent sur un compte d’opérations au Trésor Public français ! Véritable spoliation donc de la part de l’Etat français, ce qui oblige une grande partie de l’Afrique à s’endetter toujours plus à travers le monde via, par exemple, le FMI ou la Banque Mondiale ! Et bien sûr toujours au nom de la convertibilité censée faciliter les transactions…

Objectivement, l’austérité n’a pu que s’accroître sur un continent qui est le dernier à en avoir besoin. Une spoliation doublée d’une dette, rien de tel pour contraindre les Etats ciblés à réduire encore et toujours les dépenses publiques : éducation, santé, subvention des denrées de première nécessité… Quand on sait qu’aujourd’hui la principale nature de l’action politique en Afrique est d’ordre sociale, on peut percevoir l’étendue des dégâts… criminels.

Avec l’Afrique, on n’est jamais déçu, quand on cherche pire, rien de plus facile à trouver : début 1994, dans l’ère Mitterrand-Balladur, sous la pression de la communauté internationale – l’Empire donc -, le franc CFA est dévalué de 50 % (donc 100 francs CFA vaut alors 1 franc français). Soit disant pour rendre l’économie africaine encore plus compétitive et maintenir l’unité de la zone franc, histoire d’être toujours en règle avec le… FMI et la Banque Mondiale !

Mais qu’est ce qu’un ajustement monétaire pour une économie sous-développée ?

Une dévaluation de 50 % c’est la garantie d’une dette publique qui va être doublée (Déjà que, souvenez-vous, la moitié des devises vont directement dans le coffre du Trésor français). C’est aussi des importations plus chères (sachant que ces pays importaient avant tout des matériaux de construction, on comprend mieux la multiplication alors des logements précaires en bois par exemple). C’est enfin la fermeture des petites et moyennes entreprisesBref, c’est la garantie du niveau de vie de la population qui ne cesse de régresser. Mais c’est toujours pareil avec les économistes : le sacrifice du présent est nécessaire au bonheur futur… Ce sont les chiffres qui le disent !

Pour finir le dossier, il faut rappeler que depuis le début, 1948 donc, le gouvernement français contrôle la BCAO et la BCAC, les banques centrales d’Afrique de l’Ouest et Centrale, par son droit de vote déterminant et surtout son droit de véto quant aux orientations monétaires prises.

Tant que le franc CFA restera indexé sur l’euro via le Trésor français, la sujétion coloniale de l’Afrique n’est pas prête de s’achever. Autrement dit dès que la France tousse, c’est la pneumonie assurée pour l’Afrique…

Et Hollande dans tout ça ?

Il y a trois semaines notre chef de l’Etat aurait dit sa foi en l’avenir économique du continent. C’est ainsi qu’il voit se tourner la page de la Françafrique, pardi !
Mais vous l’aurez compris, notre cher président, en digne héritier de Mitterrand et Chirac, agira de manière sournoise mais très efficace. Et tout se passera sans que personne ne s’indigne… Regardez pour le Mali actuellement !
C’est que le Sarkozy nous avait habitué à autre chose, avec sa façon à l’américaine, assumée, franche : on envoie l’armée, on bombarde, on fait sauter les verrous et les résistancesCôte d’Ivoire, Libye… Vous avez déjà oublié ?

 

Le glas de l’aventure coloniale des États-Unis au Moyen-Orient

Gordon Duff – Press TV

Le fait que la partition du Soudan, les opérations actuelles du Kenya en Somalie et les histoires de cellules terroristes qui poussent comme des champignons en Afrique, font la une des informations « pop culture » étasuniennes et israéliennes, indique au monde que le glas a sonné pour l’aventure coloniale étasunienne au Moyen Orient.

Août 2010 en Irak – Face à la résistance, les pertes des troupes américaines d’occupation étaient en moyenne de plusieurs dizaines de soldats chaque mois.

 

Le débat présidentiel de cette semaine sur la politique étrangère a été, au mieux, une humiliation pour les États-Unis. Je ne parle pas de détails comme le fait que Romney ne sait pas où se trouvent la Syrie et l’Iran ni que l’Iran a presque 2 000 km de côtes.

Il est facile de confondre l’Iran avec le Kazakhstan ou même l’Islande. Les Étasuniens n’ont pas la réputation d’être bons en géographie, ni en maths, ni en ingénierie, ni en langues.

J’étais anxieux de découvrir qui des deux candidats serait le premier à utiliser en la déformant la déclaration du président Ahmadinejad :

« L’histoire effacera toute trace de Sionisme des sables du temps ».

Selon Romney, dire cela équivaut à un « génocide » et il a déclaré qu’il allait porter plainte devant la Cour Criminelle Internationale de La Haye.

On a dû oublier de dire à Romney que les États-Unis se sont retirés de la Cour Criminelle Internationale il y a des années de peur que leurs propres leaders n’y soient poursuivis.

Si l’on se souvient de ce que Romney a dit de la géographie de la région on sait qu’il croit que l’Iran et la Syrie ont une frontière commune.

Ce serait bien que l’Irak soit au courant.

Et, aujourd’hui même, un ami des services secrets de l’armée m’a appelé. Les Israéliens ont remis aux Étasuniens des rapports de leurs services secrets affirmant que d’importantes cargaisons « d’armes lourdes » sont acheminées de l’Iran vers la Syrie par autoroute.

Deux itinéraires étaient mentionnés, un qui passe à travers « la Zone Verte » étasunienne de Baghdad, et, vu la quantité de tanks et de missiles supposés traverser les checkpoints jour et nuit, les gens ne doivent pas pouvoir fermer l’œil.

L’autre itinéraire traverse Mossoul où les Israéliens ont installé une base. Ils ne doivent pas pouvoir dormir non plus.

Jusqu’ici, et bien qu’en empruntant ces itinéraires on parcoure des centaines de kilomètres de routes où le trafic est intense à travers des villes importantes, personne n’a vu, ni photographié le moindre matériel militaire. Cela n’a pas empêché les services secrets étasuniens de transmettre ces « renseignements » au Congrès étasunien.

Cette information, qui n’est qu’un mensonge grossier comme les contes de fée que Wolfowitz, Chalabi et compagnie ont fourni à Bush en 2002, a pour but de justifier une « réoccupation » étasunienne, par la force si nécessaire, de l’Irak au cas où Romney serait élu.

Comme Romney détient la firme qui possède la plupart des machines à voter électroniques des États-Unis, la possibilité qu’il soit élu, même si personne ne vote pour lui, augmente chaque jour.

Le Pakistan était une question de première importance pour Romney pendant le débat. Israël, pour une raison inconnue, semble être terrifié par le Pakistan.

Ce qui lui a échappé pendant la discussion sur le Pakistan et ses « 100 armes nucléaires », c’est que ce pays détient en fait plutôt « 400 armes nucléaires » et qu’il est en train de construire des jets fantômes JA-17, un appareil chinois très performant mis au point grâce à un plan volé aux États-Unis par des espions israéliens…

Il faut savoir une chose à propos de la guerre : vivre ou mourir, gagner ou perdre, cela n’a aucune d’importance, l’important c’est de faire des profits.

Le Pakistan semble être en passe de se doter d’un vrai gouvernement civil pour la première fois. Le candidat de tête pour le poste de premier ministre est Imran Khan qui se trouve être un de mes bons amis.

Khan est soutenu par 70% de la population et il a informé poliment les États-Unis que s’il était élu, il n’accepterait plus aucune aide étasunienne ni aucune présence étasunienne au Pakistan en dehors des relations diplomatiques normales.

Le manque d’unité dans la direction du Pakistan a rendu inopérante la seule puissance nucléaire de l’Islam qui a l’armée la plus puissante de l’Islam et qui a perdu 35 000 personnes dans la guerre étasunienne contre le terrorisme tout en subissant les attaques incessantes des médias étasuniens qui l’accusaient « d’aider l’ennemi ».

Ce qui change tout c’est que Khan est respecté en occident, qu’il parle sans détours, qu’il n’a peur de rien et qu’il n’a pas d’antécédents. La dernière fois que nous nous somme rencontrés, je lui ai dit que je pourrais le faire élire président des États-Unis.

Même les Juifs voteraient pour lui.

Je ne plaisantais pas. Les étasuniens vont l’adorer. C’est une pure « rock star » et une personnalité islamique qui fera éclater les stéréotypes. Ça va être amusant.

J’ai mentionné plus haut la Syrie et les convois imaginaires qui traversent le Kurdistan ou l’Irak à moins qu’ils ne soient sous-marins, tous ces convois que les Israéliens voient mais ne peuvent pas photographier à cause de la densité de la jungle dans ces régions arides du nord de l’Irak.

Selon moi, ce sont les États-Unis qui font venir des drones ou, peut-être, qui envoient des satellites.

Si les convois traversent la Zone verte, quelqu’un pourrait aller les voir passer !

Le débat présidentiel de politique étrangère a fait l’impasse sur une paire de questions importantes, une d’entre elles est l’instabilité politique en Turquie.

Israël a poussé ses alliés, un groupe de petits pays sous son contrôle qui se sont formés en coalition après la seconde guerre mondiale, à s’impliquer en Syrie par procuration.

La force mercenaire au service d’Israël est parfois appelée OTAN et les Français ont réussi à entrer dans le jeu bien qu’ils soient sortis de l’OTAN en 1959.

La clé de la Syrie semble être de pousser la Turquie à envahir la Syrie sous couvert d’une opération humanitaire quelconque.

Mais des rapports en provenance de Turquie semblent indiquer que si cela se produisait une guerre civile éclaterait aussitôt en Turquie et Erdogan et le gouvernement militaire seraient renversés.

Cela aurait pour conséquence le retrait de la Turquie de l’OTAN et la formation d’une zone islamique d’échanges commerciaux qui irait d’Istanbul à Islamabad et provoquerait sûrement la dislocation de la coalition entre Israël, l’Arabie Saoudite et les états du Golfe Persique.

Pour la Russie et la Chine ce serait la fin de l’hégémonie étasunienne sur le monde.

L’autre manière d’en finir avec la Syrie, est de déstabiliser le Liban par des attaques terroristes et de sinistres complots : cela a déjà commencé il y a une grosse semaine, quand des troupes étasuniennes sont arrivées en Jordanie « à des fins humanitaires ».

L’opération étasunienne coïncide, par hasard bien sûr, avec la livraison de missiles Stinger de pointe étasuniens aux rebelles syriens.

Une autre question cruciale qui n’a pas été mentionnée pendant les débats c’est l’invasion étasunienne de l’Afrique. Les États-Unis ont fait profil bas dans les opérations africaines tout au long des décennies de soutien militaire et d’entraînement en coopération étroite avec les Français.

Il est prévu que la guerre pour l’Afrique commence par l’envoi d’une force de l’Union Africaine dans le nord du Mali soutenue par l’aviation française et les drones étasuniens.

Pour la justifier on a rebaptisé « al-Qaeda » les Touaregs du nord du Mali, des anciens alliés du Libyen Kadhafi.

Avec la commode « requalification » des membres de Boko Harum du nord du Nigeria et du Niger en « sous-traitants » d’al-Qaeda et l’éruption d’attentats à la bombe dont le Nigeria et le Kenya sont les principales cibles, vendre une nouvelle décennie de « guerre contre le terrorisme » en Afrique ne semble pas poser de problème.

Il est toutefois nécessaire de disposer d’un pays dont la situation stratégique est favorable à l’établissement d’une base opérationnelle et qui soit susceptible d’endurer une guerre civile à qui perd gagne sans rendre une occupation impraticable.

L’Ouganda semble être ce « point noir » du fait de sa position géographique. Des groupes y arrivent et sont en passe de construire des franchises de Kentucky Fried Chicken et de Taco Bells.

Le fait que la partition du Soudan, les opérations actuelles du Kenya en Somalie et les histoires de cellules terroristes qui poussent comme des champignons en Afrique, font la une des informations « pop culture » étasuniennes et israéliennes, indique au monde que le glas a sonné pour l’aventure coloniale étasunienne au Moyen Orient.

Les États-Unis en partiront les mains vides car leur dernière chance, le renversement de la Syrie et la déstabilisation du Liban, pourrait se révéler la plus dangereuse de toutes leurs entreprises et entraîner une « troisième guerre mondiale ».

Les rêves de conquête de tout le territoire du bassin Caspien jusqu’à la mer, les projets d’établir des garnisons coloniales ou des dictateurs fantoches de la Méditerranée à l’Inde, de la mer jusqu’à la frontière russe, tout cela est en train de glisser des mains des « Maîtres de l’Univers ».

Il leur restera, pour solde de tout compte, 16 000 milliards de dollars de dette, des morts et des estropiés en nombre infini et la récolte de l’année d’héroïne afghane.

Ils se tourneront alors vers l’Afrique où ils déclencheront, une guerre sans fin, à coup d’armées de mercenaires, de guerres de drones à une échelle jamais vue auparavant, sous couvert d’un terrorisme imaginaire, en fabriquant de nouveaux ennemis chaque fois que leur appétit néo-colonial les y poussera.

On assiste en ce moment au troisième round, la liquidation des Touaregs du nord du Mali.

Quelqu’un leur a-t-il dit qu’ils étaient supposés perdre ?

Gordon Duff est un vétéran des Marines qui a combattu au Vietnam dans l’infanterie et un des principaux administrateurs du site Veterans Today. Il a une grande expérience du système bancaire international et il a été conseiller dans des domaines aussi différents que la contre insurrection et les technologies de défense ; il a aussi fait partie de la représentation diplomatique de l’ONU pour le développement humanitaire et économique. Il a voyagé dans plus de 80 pays. Ses articles sont publiés dans le monde entier et traduits dans de nombreuses langues.

Du même auteur :

Le renard dans le poulailler, pouvons-nous faire confiance aux sociétés de sécurité israéliennes ? – 19 juin 2010

info-palestine.net

Nigeria: le Shell est l’enfer

Marée noire au Nigeria

« On boit du pétrole, on mange du pétrole, on respire du pétrole ». Des villageois du Nigeria ont demandé jeudi à la justice néerlandaise d’ordonner à Shell de réparer les dégâts environnementaux causés par les fuites de pétrole de ses oléoducs. Source:RC

 

« Si on boit de l’eau, on boit du pétrole) brut, si on mange du poisson, on mange du brut, si on respire, on respire du [pétrole] brut », a résumé un des villageois, Eric Dooh, devant le tribunal. Source:RC

Depuis 50 ans que Shell est « installé » au Nigéria… Le Nigéria est-il plus riche? C’est l’exemple parfait du viol des multinationales dans le monde.  Les habitants doivent laver le poisson avant de le manger, et …avant de l’éviscérer. 

 

Une exploitation incontrôlée ?
Ogoniland, Nigeria
Entre 25 et 30 ans… Selon un rapport publié le 4 août par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), c’est le temps qu’il faudrait pour dépolluer les eaux du pays Ogoni, dans le delta du Niger. En cause, l’exploitation pétrolière de cette zone par la compagnie Shell qui, depuis le milieu des années 1950, dégraderait progressivement l’environnement. Au point que, selon l’équipe du PNUE, dépolluer les eaux locales pourrait être « l’exercice le plus étendu et le plus long jamais entrepris ». Aujourd’hui, 1000 km² sont exposés à cette pollution. « Dans l’une des communautés, à Nisisioken Ogale, dans l’ouest du pays Ogonides familles boivent de l’eau provenant de puits contaminés par du benzène à un niveau 900 fois supérieur à ce que préconise l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) », s’alarment les rapporteurs. La qualité de l’air est également affectée : les actions menées par l’industrie pétrolière nuiraient à près d’un million de personnes, affirme le PNUE. Sur le plan végétal, « l’impact sur les mangroves a été désastreuxDans de nombreuses criques, les racines sont recouvertes d’une couche de substance bituminée d’une épaisseur parfois supérieure à un centimètre ».
Un pays riche en pétrole
Carte d’Ogoniland
En 2010, le Nigeria a produit 115 millions de tonnes de pétrole. Loin devant l’Angola (91 millions de tonnes) et l’Algérie (78 millions de tonnes). Une production essentiellement concentrée dans le sud-est du pays. Afin de dresser le bilan des effets de cette production sur l’environnement et la population locale, c’est dans cette zone que les chercheurs ont analysé 4000 échantillons d’eau et de terre provenant de 142 puits de surveillance des nappes phréatiques et de 780 puits de forage. Les auteurs de l’étude ont également analysé le dossier médical de plusieurs milliers d’habitants. « L’industrie pétrolière est un secteur clé de l’économie nigériane depuis plus de 50 ans, note Achim Steiner, secrétaire général adjoint des Nations Unies et directeur exécutif du PNUE. Cependant, de nombreux Nigérians en ont payé le prix fort, comme le souligne cette évaluation. » Si les rapporteurs admettent que le lien entre l’exposition aux hydrocarbures et le mauvais état de santé de certains habitants ne soit pas évident, « il se pourrait que la santé humaine ait été affectée par ces expositions, notamment dans les zones ou des niveaux élevés de benzène ont pu être détectés dans l’eau potable ». Source
Pétrole au profit de l’eau. Certes, les voitures roulent et la production 2012 des voitures est semble-t-il un record de tous les temps. De la future ferraille… Et pour l’eau, les gaz de schiste et les sables bitumineux de l’Alberta ne sont pas plus   doux pour la vie. Le gouvernement canadien a entrepris une vaste opération de goebellisation par la télé pour vanter les mérites des richesses du gaz de l’Alberta. Certes, pour le moment… Mais l’avenir à l’or translucide: l’EAU.
Nous sommes constitués de 70% d’eau… Pour les avocats et certains politiciens, c’est environ la moitié. Du développement « durable », il faudrait le nommer le Con-continue…
Coquillage: fleuve du Niger Source Cyberpresse 

Bien que les mangroves soient très importantes pour l’environnement et pour les gens, elles sont la cible d’activités à grande échelle, comme l’extraction de pétrole.

Un document d’Oilwatch sur l’impact des activités pétrolières sur les mangroves [1] souligne qu’elles commencent par comporter leur déboisement pour la construction d’installations, telles que derricks, campements, puits, routes, hélistations, etc. La zone est dévastée aussi par les forages qui impliquent de draguer les canaux existants pour les élargir et les approfondir, ou d’en creuser de nouveaux. Plus le canal est large et profond, plus l’écosystème est endommagé. La construction de ces canaux modifie le régime hydrique naturel des mangroves et les rend plus vulnérables à l’érosion, en modifiant le volume d’eau douce et le volume d’eau de mer dans et autour d’elles ; ceci perturbe le système de drainage, la végétation et le sol. Ces perturbations peuvent, à leur tour, causer des modifications du pH du sol et de l’eau, susceptibles de provoquer une détérioration considérable de la qualité des mangroves.

La présence de pétrole dans les mangroves, par suite d’accidents, du nettoyage des puits ou de déversements, produit une forte pollution qui peut rester dans la région pendant beaucoup d’années.

Au Nigeria, de grandes étendues de mangrove du Delta du Niger ont été endommagées par les déversements de pétrole qui se produisent régulièrement. À ce qu’on dit, 1,5 million de tonnes de pétrole y ont été déversées au cours des 50 dernières années.

La destruction des mangroves pour l’extraction de pétrole n’a apporté aucun bénéfice aux communautés rurales nigérianes : l’espérance de vie est tombée à 40 ans en l’espace de deux générations ; la disponibilité d’eau propre est très limitée ; les terres agricoles ont été endommagées ; l’eau superficielle et potable a été polluée et les poissons ont été ravagés par le pétrole graisseux qui coule toujours de l’un ou l’autre des oléoducs qui, par centaines, traversent des zones très urbanisées et côtoient les champs et les étangs poissonneux. Ces oléoducs sont là pour satisfaire les besoins en pétrole des États-Unis : 40 % des importations de brut de ce pays proviennent du Delta du Niger.

« Nous avons perdu nos filets, nos cabanes et nos nasses », « Nous avons perdu notre forêt », a dit le chef Promise, leader villageois d’Otuegwe, à John Vidal, rédacteur environnemental de The Observer, au cours d’un voyage [2] à l’endroit où, en 2008, l’explosion d’un oléoduc avait tué une centaine de personnes. Marchant dans le marais, le journaliste a pu sentir l’odeur de pétrole et il a fini par nager dans des étangs de brut. Il rapporte les plaintes du chef Promise : « Nous avons prévenu Shell du déversement au bout de quelques jours, mais ils n’ont rien fait pendant six mois ».  Source 

 

 

Au Nigéria, l’équivalent d’un pétrolier se déverse chaque année dans le delta du fleuve Niger, depuis les années 1960. Crédit: IRIN

Shell, condamné à verser 5$ milliards de dollars… Certes. Mais il ira puiser et renflouer ses coffres, ailleurs ou bien dans le réservoir de votre auto.

Gaëtan Pelletier

14 octobre 2012