Archives d’Auteur: Gaëtan Pelletier

De l’art de traire les poules

compétence

 

 

“Méfiez-vous d’une personne trop compétente, elle risque de manquer d’humanité.” ( Anonyme) 

Dans la nouvelle « fonderie » des cerveaux qui barbouillent les systèmes d’éducation, le mot compétence n’est jamais apparu aussi souvent, n’a été  autant martelé, avec une délectation qui chatouille la race des pédagogues issue  des livres et qui construisent des livres en citant des livres, des auteurs, etc. Si vous tapez dans Google le mot compétence et cliquez sur images, vous vous retrouvez devant une toile de Dali. Faudrait demander à nos compétents de politiciens combien a coûté à travers tous les pays qui ont voulu faire une « réforme pédagogique » cette aquarelle architecturée avec de l’eau et un peu de contenu coloré. À se demander la pédagogie moderne n’est pas une industrie de Nicolas Flamel, cet alchimiste qui voulait transformer les métaux en or.  On attribua sa fortune à cette possibilité de réussite alors qu’il avait tout simplement ( et ce au  14 ième siècle) devenu riche par des spéculations immobilières.  Tout comme Trump…

Il est de nombreux vœux pieux chez les « acheteurs » d’idées pour faire une nouvelle révolution, bref, moderniser le « monde ».  Et c’est raté…

La liste des passants 

Entre 1994 et 2016 au Québec il est passé 13 ministres de l’éducation.

1994 – 1996 Jean Garon
1996 – 1998 Pauline Marois
1998 – 2002 François Legault
2002 – 2003 Sylvain Simard
2003 – 2005 Pierre Reid
2005 – 2007 Jean-Marc Fournier
2007 – 2010 Michelle Courchesne
2010 – 2012 Line Beauchamp
2012 – 2012 Michelle Courchesne
2012 – 2014 Marie Malavoy
2014 – 2015 Yves Bolduc
2015 – 2016 François Blais
2016 – Sébastien Proulx

Il faut bien le dire: tous des incompétents en la matière.

Le cuisinier 

Un chef, pour connaître le talent de ses futurs cuisiniers leur faisait simplement passer un test: cuire un œuf. C’est un art qui fait appel à des connaissances et à de l’intuition. On pourrait écrire un livre sur les étapes et les embûches de la bonne manière de réussir un œuf au miroir.  Il faut des compétences à  nourrir Google pour ce faire.  Mais la compétence n’est qu’une route vers la réussite. On a tracé des cartes, mais on a oublié que la vie est toujours  l’école  la plus extraordinaire et la plus efficace pour mener à la compétence. Mais laquelle?

Tout le système pédagogique a été mené vers la compétence à faire. Mais la vie étant débordante de l’art de blouser pour réussir que l’école – ou « éducation » – n’ont plus guère d’effet sur l’art d’être.

Être compétent c’est savoir abuser de tous pour enfin devenir UN. 

Le nouveau culte…

Comment faire cuire une Terre 

Nous nous dirigeons vers un échec total de simplement « gérer une planète ». Mais cette planète n’est qu’une maison dans laquelle habitent maintenant environ 7 milliards d’humains. Avec les chapelets de guerres « nécessaires », la force des multinationales, la robotisation, les pénuries d’emplois, la richesse centralisée, qu’ont réussi nos monumentales organisations planétaires, nos politiciens, nos « créateurs de richesses »?

En fait, ils n’ont pas réussi… À l’école de milliers d’années d’histoire les réussites temporaires intérimaires n’ont été qu’un leurre, un déni total qui a pour racine  une déshumanisation radicale dans une Shoah planétaire dont on commence à voir le bout. Mais surtout à comprendre…

Notre singe à cravate est un raté qui a réussi à faire avorter  la chose la plus importante de ce petit monde: la vie. Dans les années 60 on craignait mourir sous les bombes atomiques.   On peut maintenant sourire crispé avec étonnement: c’est un tout petit comptable ignare qui aura détruit le monde. Et ce avec des compétences qu’il n’a sûrement pas puisées dans les écoles. Sa totale absence de savoir être aura charcuté la race humaine dans une fiole bancaire.

Gaëtan Pelletier

Phénoménal

FORT MCMURRAY, LE TROU DU CUL DU MONDE.

Je m’excuse à l’avance, il est possible que la poussière ne soit pas encore retombée.

Avant de lire ces quelques lignes, il faut mettre de coté la sensibilité et la compassion pour les gens qui ont perdu leur maison. Sans coeur, aussi immonde que ça puisse paraître, il faut faire abstraction de ces vies chamboulées. Il y a parfois des événements ironiques dans la vie. Des situations qui nous permettent de penser autrement, en perspective, à quelque chose de plus grand.

FortMcMurray

Un court séjour chez Maurice

J’ai déménagé à Fort McMurray en 2009. Comme plusieurs autres canadiens, je cherchais un moyen facile de faire de l’argent. Un salaire de 100,000$ par année, c’était attrayant pour un jeune de 19 ans tout juste gradué du Cégep. « Je vais placer de l’argent de coté, payer mes dettes d’études, et je reviendrai au Québec avec un gros char ». C’est la même pensée qui traverse l’esprit de milliers de jeunes canadiens à chaque année. Il n’en fallait pas plus pour nous attirer! Mon ami et moi étions déjà en route pour le trou du cul du monde: Fort McMurray.

Jamais auparavant j’avais vu autant de pick-ups! Que ce soit dans les rues, les entrées de maisons ou le stationnement du Walmart, il y en avait partout. À Fort McMurray, il y a plus de concessionnaires que d’organismes communautaires, de bibliothèques et d’écoles mis ensemble.

On se le répétait, bientôt, nous allions être riche! Quelques nuits difficiles à dormir dans notre vieille caravan, le temps de trouver un emploi… et le tour est joué!

Quelques jours plus tard, nous avions trouvé une chambre à louer chez une famille de Québécois. Le visage de Fort McMurray, c’était cette famille de la Beauce. Ils avaient déclarés faillite, ils étaient sans ressources et sans moyens. Pour eux, avec leurs deux adolescents, « Le Mac » c’était leur dernier espoir.

Ces Beaucerons n’avaient aucune éducation, toute la famille était obèse, à chaque soir ils commandaient du poulet frit ou de la pizza. Les caisses de Coca-Cola et de Molson Canadian faisaient partie intégrante de la décoration. Bref, une famille colonisée, des truckers de Fort. Mc.

Maurice nous demandait 1000$ pour une petite chambre avec deux lits simples. 1 pied séparait les deux lits, on s’entendaient péter. Ça allait faire la job! Une maison fièrement acheté 500,000$ par les propriétaires, payé par les chambreurs, nous étions 8! Maurice nous l’avait bien dit: « Le Québec c’est de la marde, jamais j’aurais pu m’acheter une grosse cabane là-bas ».

Même après une faillite, c’est très facile de trouver un prêteur dans le Mac, surtout avec un revenu de 100,000$ pour chauffer un camion ou ramasser les ordures.

Maurice allait faire fortune, il était entrain de construire 4 nouvelles petites chambres au sous-sol pour les prochains arrivants, il planifiait s’acheter une deuxième maison. Maurice avait des rêves.

Ça ne faisait même pas un mois que nous étions là qu’il augmenta notre loyer à 1,200$ par mois. Si l’on refusait, nous devions quitter le lendemain matin. C’est ce qu’on a fait, salut mon cher Maurice!

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Une grosse Mustang flambette

À Fort McMurray, il fait toujours gris, les gens boivent beaucoup d’alcool. Cette ville connaît un grave problème de prostitution, de jeu et de drogue. Pour la plupart, des gens peu éduqués qui veulent s’enrichir rapidement, c’est un mélange toxique pour n’importe quelle société. En investissant dans cette ville éloignée, le Canada participe au génocide intellectuel d’une nation.

Comme au Far West, les hommes se promènent en pick up neuf, le menton bien haut, c’est ça la vie. Il y a souvent des bagarres, les gens consomment beaucoup de drogue pour oublier l’ennui, beaucoup de drogue.

Lorsque j’ai commencé à travailler comme agent de sécurité sur une mine, tout le monde avait un seul but: faire fortune sans études en se renseignant le moins possible sur le monde autour. La sélection naturelle renversée.

Fort McMurray, c’est le paradis de l’individualisme et de la bêtise. Jean Chrétien nous l’a dit, c’est ça le plus meilleur pays au monde.

Je me sentais comme dans un livre de Orwell, une société sans culture, sans personnalité, un objectif commun: dépenser son argent dans les bars, les voitures et sur les tables de Blackjack du Boomtown.

C’est là-bas que j’ai rencontré Ashley, une trentenaire de l’Ontario venue habiter à Fort McMurray pour payer ses dettes exubérantes. Elle était là depuis seulement 4 mois, sa première décision fut d’emprunter 50,000$ pour s’acheter une Mustang de l’année. Flambette! Comment vas-tu payer tes dettes Ashley? « Pas grave, avec mon gros salaire, je vais finir par tout payer ».

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Le trou du cul du monde

Ces rencontres et constatations furent des événements catalyseurs pour moi. Quant à ma perception de l’économie et de la société canadienne. Je ne me suis jamais senti autant différent, autant Québécois.

Dernièrement, j’ai entendu des politiciens dire à quel point nous devrions être fier de Fort McMurray. Non, il y a aucune raison d’être fier de Fort McMurray. Il m’est arrivé souvent de penser que cet endroit allait exploser, être abandonné ou même bruler avec tout ce pétrole qui lui sortait par les oreilles.

Non seulement, c’est une tragédie environnementale, mais c’est aussi un poison pour le progrès humain. Lorsqu’on investit dans le pétrole, on détruit des milliers d’âmes créatives. Au lieu d’étudier et participer au progrès, des milliers de jeunes vont mourir là-bas; pour quelques dollars additionnels. Le coût de renonciation pour le Canada est énorme. Ça prend de l’imagination et du cran pour faire autrement.

Nous l’aurions peut-être notre grande innovation, notre grand succès commercial, notre voiture électrique, si ce n’était pas du pétrole. Nous l’aurions peut-être notre indépendance énergétique, notre belle utopie scandinave.

Lorsqu’on fait le choix facile du pétrole, au nom de la productivité, au nom du développement économique, on enterre des futurs scientifiques, on intensifie notre déclin. L’ère des hydrocarbures est révolue au moment où nous devrions investir dans l’économie du 21ième siècle.

Après ce feu, pourquoi reconstruire? Pourquoi réinvestir des milliards de dollars à Fort McMurray. Selon plusieurs études dont celle du National Energy Board, les ressources pétrolières seront totalement épuisés en 2050 et le baril de pétrole restera sous la barre de 100$ jusqu’en 2040. C’est un pari trop risqué.

Fort McMurray n’amène aucune innovation, aucun progrès social, aucune matière grise. Fort McMurray enrichie les concessionnaires et les compagnies de construction, tout cet argent est jeté à la poubelle.

Ce feu remet les choses en perspectives. Je vais vous le dire franchement, Fort McMurray, c’est le trou du cul du monde.

Reconstruire, pourquoi?

Aussi cru que ça puisse paraître, je ne reconstruirais rien, je laisserais le courant naturel des choses faire son oeuvre, le feu de Fort McMurray, c’est l’opportunité de nous sortir des hydrocarbures. Pourquoi dépenser plusieurs milliards, encore, dans une industrie destinée à mourir? Pour stimuler la productivité et le PIB par la dette? Pour créer des emplois dans la construction? Pour épuiser une ressource de moins en moins rentable dans un endroit qui n’existera plus dans 40 ans?

Dans un monde idéal ce serait le moment de recommencer sur de nouvelles bases, dans un monde meilleur il serait temps de relocaliser et former ces gens dans l’économie du 21ième siècle. Ce feu est une grande ironie.

Monsieur Trudeau, vous avez tout un défi devant vous. Faire le choix facile de l’économie du pétrole et perpétuer cette tradition toxique. Ou alors faire le choix du progrès humain. La balle est dans votre camp.

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Crédit photo: courtoisie d’un ami qui a perdu sa maison dans les flammes.

Mis à jour Dimanche 8 Mai 19:05. Ne méprenez pas mes propos, je suis triste pour les gens éprouvés dans cette tragédie, mais je suis de ceux qui croit que ce malheur en cache un autre bien plus important.

 

 

JF HOTTE 

Voir également:

http://reporterre.net/En-Alberta-l-avenement-d-une-humanite-inhumaine 

Après la luge

La Vidure prendra un temps de repos d’une durée indéterminée. Le printemps me donne goût d’aller voir ce qui se passe dehors après un long hiver « Made in Québec »:-)

gp

L’arrivée de Monsieur Mieux

 

marchés aux puces

 

“Quand la merde vaudra de l’or, le cul des pauvres ne leur appartiendra plus.” Henry Miller 

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Nous sommes champions dans la culture de la complexité et de  nos réussites techniques qualifiées de « progrès ». Ça nous rassure sur notre prétendue supériorité sur l’existence du singe et des blattes. Les pompeux dirigent le monde. Au delà du champ infini planétaire. En fait, nous ne sommes des tricoteurs d’idoles.   Nous sommes quelqu’un si notre voisin et les pauvres, les malheureux, les déshérités de l’esprit sont considérés comme inutiles. C’est ce que disent les arrogants.   En cela, nous ne sommes pas mieux que le parti Nazi voulant éradiquer les malades mentaux ou toute forme autre d’existence blafarde que le prétendu racé aryen supérieur.  Ne nous étonnons pas de voir les usines-écoles tenter d’intégrer les « différents ». Ce n’est pas toujours pour des raisons humanitaires, mais selon les normes du FMI dans leurs analyses  de la « valeur d’un pays ».   Puisque la « réussite » de nos sociétés passe  par une forme de capital le plus souvent déviée, la VALEUR d’un humain  est calculé selon son rendement,  mais un rendement qui se plie aux normes des  Monsieur Mieux.

Nous sommes maintenant dans un vaste marché aux puces planétaires, prisonnier d’un bric-à-brac informe ou difforme, arachnéen, bavard, échevelé,  un bazar d’idées usagées pour un monde qui se prétend nouveau. Nous cherchons que trop à expliquer en délaissant la Vie. Les « spéciallistes » – et quel culte! – sont les représentants certifiés et estampillés fournisseurs de marchandise intellectuelle. Ce qui est complexe est bon et efficace. Ce qui est simple doit être rendu complexe pour pouvoir contrôler les gens simples et délicats.

Nous cherchons des solutions à la vie, alors que la solution EST dans la VIE. Nous nous entêtons à chercher « autre chose », têtus, dans une techno-religion ou une difformité de celles existantes,  malheureusement interprétées de manière à ce qu’elle soit moulue aux desseins de ceux qui en font LEUR projet. C’est en voulant devenir « religieusement » des leurs que nous avons fabriqué notre grande défaite sociale.

Gaëtan Pelletier

Le trio brun

Si on bouffe les discours des politiciens, les théories des banquiers, la « nourriture » de l’industrie pharmaceutique, que croyez-vous de ce qui  en sort  au « bout »?

Il en sort ce que nous sommes…  Mais à se plaindre aussi poliment, il n’est pas certain que l’on retrouve son petit jardin rond… Et pur…

gp

Les sous-marins et les marins saouls

sous marin français

La France  est « fière de l’excellence technologique » dont ses entreprises ont fait preuve pendant cette sélection, précise l’Elysée. « Ce nouveau succès sera créateur d’emplois et de développement en France comme en Australie. » ( Le monde)  

34, 3 milliards d’euro. Et le sous-marin sera effectif en 2030.  Au Canada également nous avons notre industrie de l’armement qui vend des véhicules blindés armés à l’Arabie Saoudite: 3000 emplois en Ontario. ET ON NE TOUCHE PAS À CETTE RÉUSSITE DE CRÉATION D’EMPLOIS!  Même les libéraux n’y touchent pas.

On est menés par des « capitaines » qui dérapent du cerveau: trop d’eau. Des capitaines Haddock en série et l’éponge cervicale bouffie au whisky. Il se passe que pour « réussir » en économie, ou survivre, il ne reste qu’à produire des armes sophistiquées. On ne produit plus pour vivre, mais pour tuer. Et l’Australie, c’est le pays des boomerang.

Comme disait la vieille dans le film Je vous trouve très beau, la vieille répète toujours : « C’est qui qui est mort ».

Nous tous…

On a mis nos yeux dans le même panier…  Mais les dirigeants ont du champagne dans le regard: ça pétille. Pendant que le citoyen se demande: « C’est qui qui va mourir de faim avant 2030? ».

On ne fait pas mieux dans les formules cuites des annonces de « ventes historiques ». Tout est historique! Si c’était vrai, on serait déjà à nager dans le champagne au lieu du chômage. Au moins dans l’eau… Car de plus en plus, elle est pollutionnée . La bouteille est rassurante. On a vendu la bouteille et non l’eau…

Quand ma tant Yvonne fabriquait du pain et des gâteaux dans la petite boulangerie de mon village d’enfance, on vivait. Quand mon oncle, son mari, fabriquait des escaliers, du fer forgé, des armoires, on vivait. Mon père, qui était cuisiner en faisait vivre plusieurs. Et le dimanche, comme dirait Ferrat, on s’asseyait au bout de la table pour jouer aux cartes. Ces gens-là, les pauvres, se parlaient sans wi-fi.

Pour vivre aujourd’hui, il ne faut pas fabriquer des gâteaux et du pain, mais des armes. Il faut aller « en ville », dans de grandes usines qui ont une espérance de vie de 5 ans. On meure vieux, mais démembrés, tenus debout par une panoplie de médicaments.  Mais il reste encore beaucoup de ce genre de progrès à « faire ».

En 2030, les mannequins n’existerons plus. On les achètera en format robotique, Made in Japan.

Le bras sera construit au États-Unis.

La tête en Chine

Les muscles synthétiques en Russie.

Et le modèle sera en formats divers dessiné par un fabricant de meubles célèbre.

Ils vendront de la bière, des produits cosmétiques, des autos, et peut-être des tomates.

Mais il y aura au moins 2, 344 avocats qui s’occuperont des répartir les soumissions selon un ordre international en accord avec les accords. Si Goebbels  était encore de ce monde, il aurait vite saisi que la phrase la plus creuse est la plus efficace. Comme les sous-marins…

Gaëtan Pelletier