Archives d’Auteur: Gaëtan Pelletier

Le jour où le cerveau des inventeurs s’attisèrent

Les années 30.  Jouer du polo sur l’eau, avec un moteur, un cheval de bois… Pourtant, le MELS ( Ministère de l’Éducation, des LOisirs, et des Sports), n’existait pas encore…

C’était mieux hier…Le nostalgique cultive ses souvenirs et les remâche toute sa vie. Comme une hyper vache : trois estomacs, je crois. Le cerveau de l’Homme a une multitude de tiroirs dans lesquels il passe son temps à fouiller.  

Il y avait des reflux gastriques, nous voilà avec des reflux cervicaux.

C’est comme Proust, mais en boucles… Ça n’arrête pas.

« Caressez un cercle et il devient vicieux » ( oublié le nom de l’auteur).

La « science » d’hier nous fait frissonner le long de la  colonne vertébrale… Si les inventeurs étaient aussi carrément stupides, ceux d’aujourd’hui sont-ils plus « intelligent »? On verra sans doute la somme de leurs bêtises … demain.

Une machine à mesurer les dents, ajusteurs de dentiers… Pour un confort assuré. Le « Gnatograph ».

Certains hôtels n’acceptant pas les chiens, ni les métros. Avec un harnachement spécial qui relaxe le chien, elle se l’entoure autour du cou et il devient une …fourrure.Elle passe même aux douanes.

Aujourd’hui, on éventrerai le chien pour savoir s’il n’y a pas de drogue à l’intérieur…

Machine à balayer les rues. Ça existe encore aujourd’hui… Après, il faut nettoyer les vitres de la maison. Notez que le conducteur porte une cravate… Et une chemise blanche.  ET IL EST BLANC…

C’est vraiment un beau scooter…

Gaëtan Pelletier

Image

Les deux nourritures

kvetchlandia:</p>
<p>Édouard Boubat     Mithila, India      1973

La petite île dans le téléphone

bateau-de-bangka-21621395

« Les mines d’étain ont détérioré plus de 65 % des forêts et plus de 70 % des récifs coralliens de Bangka. Quinze rivières sont aujourd’hui contaminées par les déchets miniers et l’accès à l’eau potable est devenu un problème pour plus de la moitié de la population de Bangka » affirme le directeur de campagne des Amis de la Terre Indonésie. . Source 

La miniaturisation exige des matériaux rares (coltan, lithium, étain…) dont l’exploitation entraîne déforestation, destruction, massacre d’animaux et pollution durable d’écosystèmes.

***

Je possède, ou plutôt loué, un petit téléphone cellulaire que je nomme mon téléphone de secours. Je vais souvent en forêt et si je suis attaqué par un ours, je peux appeler ma femme ou la police. Alors, en cas de « drame » possible, j’appellerais la police pour satisfaire l’appétit de l’ours…

Il doit bien y avoir un peu d’étain dans mon téléphone? On utilise la poudre d’étain en provenance de Bangka dans le tiers des téléphone… Apple ou Samsung, peu importe… L’île étant jadis paradisiaque a été transformée en un vaste chantier où chacun peut y cueillir la poudre de dioxyde d’étain. Tout y passe. Et l’on s’en va maintenant vers la mer en détruisant les fonds marins…

C’est là le microcosme de ce cher développement « affilié » au « progrès »: détruire les sources potables d’eau en l’utilisant pour extirper la poudre ( comme c’est le cas pour le gaz de schiste, ou les sables bitumineux de l’Alberta).

Vous avez là un photo de ce qu’il advient de la planète Terre. En détruisant ce qui fait vivre, les cultures et l’eau, l’habitant détruit son propre système.  Il détruit sa nourriture…  Ce Klondike nouvelle ère se répand dans le monde comme la nouvelle peste électronique créant des montagnes de déchets. Cette « richesse » engendre alors une plus grande pauvreté. Les compagnies et les artisans du « progrès à tout prix » n’ont aucun souci de l’environnement ou de l’humain. Ils peuvent téléphoner à n’importe qui dans le monde, mais ne peuvent faire le lien entre le milieu naturel et la créature terrestre.

Mining for mobiles

On peut ne pas s’en soucier. Mais c’est peut-être votre petit jardin potager de demain qui est en train de crouler. On peut toujours demander de l’aide avec son « téléphone de secours ». Même en ce moment, plus personne ne répond. Car c’est depuis des années que l’on parle de Bangka.

Avec notre mode de vie destructeur de fraternité, développeur de nombrilisme, ce cher dicton qui dit que « Personne n’est une île »est en train d’être ratifié des citations réalistes. 

Nous sommes tous  en train de devenir une île…

Gaëtan Pelletier

Le pipigraphe

L’entreprise les Viandes du Breton à Rivière-du-Loup confirme qu’elle met en place une nouvelle politique de gestion des temps de pause qui limite le droit de ses employés d’aller à la toilette

Un travailleur pourra désormais demander de s’absenter aux toilettes pour un maximum de 10 minutes, et ce, trois fois par semaine. ( Source

***

Je me suis demandé où pissaient les esclaves qui ont fabriqué les Pyramides de Gizeh.   Mais peu importe… Pourvu que l’on fasse pipi quand l’envie vous en vient. L’entreprise en question s’appelle Viande du Breton. Les employés passent leur journée à découper des carcasses de porcs. Au froid, c’est certain … Ça doit donner envie d’aller au petit coin. Mais selon certains employés, quelques uns exagèrent: 30 minutes.

Mais dans un monde de rendement max pour les actionnaires, ça compte. Si un employé y passe 30 ans. 365X30minutes par 30 ans – attendez je vais prendre mon cerveau d’une main et mon crayon de l’autre…  Ça fait 82 heures par an pour un employé.  Pendant 30 ans 2460 heures. Et si 10 employés vont au pipi trop souvent on se retrouve avec 6000 semaines de pertes au bout de 30 ans. Et 13 ans de travail … sans travail.

 Ça vous démolit un administrateur…

Mais l’administrateur pense à tout. Il calcule. Alors, il se dit: « Réglons le problème une fois pour toute ». Il fait percer des trous dans le plancher et achète des milliers de mètres de tuyaux  raccordés au employés.  Là où ils doivent être raccordés. Pour un administrateur, c’est une question de plomberie rose…

Alors, il reprend son cerveau et calcule. Au bout de 30 ans, il aura économisé des centaines de milliers de dollars. Mais -Ô surprise -, pendant une réunion, au bout de 8 heures, ( payées à 90$ l’heure), les administrateurs  se rendent compte qu’il y a 43 femmes dans l’usine. Ils font appel à une firme spécialisée pour construire un appareil pouvant s’adapter au… confort féminin. Mais avant, une étude de faisabilité au coût de 4, 233.34$ .  Le fabricant se situe en Lituanie. Les gestionnaires font alors faire une étude pour évaluer les coûts de transport inclus.  Au final, après calculs sans crayon, ils jubilent: on aura épargné 32,234 $ sur une période de 30 ans.

Le jovial directeur est tout souriant au jour de la réception de l’appareil pour dame. Il ouvre la boîte et prend dans ses mains une sorte de pénis en caoutchouc avec sac de réception ajusté à la taille des dames.

Deux employés au nom de famille étrange, reçoivent la boîte à pipi lors du premier jour.  Ils l’ouvrent et constatent qu’il y a erreur. Mais ils s’amusent avec le modèle…

Le lendemain des centaines d’employés se retrouvent sur la chaîne de découpage. Au moment où tout le monde se met à travailler, l’un d’entre eux exhibe « l’organe plastique » féminin à ses confrères.

Ils se mettent tous  à rire à en pisser dans le tuyau…

Pendant 30   minutes…

gp

Dis-moi petite

tea3 - CP

Lorsque j’étais petite je regardais le monde comme un ensemble: une bulle qui aurait dû être parfaite.

Je me promenais souvent seule, examinant tout: la faune, les plantes, l’eau, les gens, les odeurs, les formes, les couleurs, les bruits et les silences aussi.

J’en suis venue à entrevoir qu’au fur et à mesure qu’ils vieillissaient, le fait de vivre semblait provoquer chez les gens divers désordres psychologiques,

Un peu tout ce qui existait semblait disparaître pour eux et était remplacé au fil des ans par un décor. Je me souviens d’une voisine qui venait visiter ma mère, arrivait d’un pas rapide, caquetant des inepties sur la couleur de ses rideaux ou sur son besoin pressant de punir sa petite fille parce que celle-ci avait sali sa robe. Bien sûr à ce moment je n’avais aucune idée qu’ailleurs dans le monde des milliers de personnes mourraient parce qu’elles n’avaient pas mangé. Par contre, la vie elle-même me racontait que cette voisine surfait à côté de la plaque. Elle n’avait pas remarqué le soleil qui brillait à faire sourire les fleurs, ni la tristesse dans les yeux de ma mère à ce moment-là.

Sa bulle comptait des rideaux et apparemment ils étaient clos depuis longtemps.

A 18 ans, âge légal pour quitter l’enfance, j’ai pleuré. Je savais sans l’ombre d’un doute que cette vie hors de la bulle allait me happer, qu’elle tenterait de modeler mon univers et qu’elle assassinerait mes rêves si je la laissais faire.

Et les cinglés se sont faits plus nombreux. J’ai appris sans joie qu’ils détruisaient le monde, étaient source d’infâmie et si peu humains parfois qu’ils volaient à leur genre l’intégrité de leur existence.

Un jour, alors que j’étais hospitalisée, je suis sortie à l’extérieur de l’hôpital en chaise roulante. Etant à ce moment beaucoup plus près du sol que je ne le suis normalement, j’ai pu humer les parfums de mon enfance. Je m’étais donc élevée longtemps au-dessus de la vie elle-même, au-dessus de ce qu’elle avait à offrir en tout temps. J’ai ajusté mon pas. Je savais que si j’allais trop vite: ce en tout temps allait peut-être finir par m’échapper. Je risquais de ne plus voir la tristesse dans les yeux de quelqu’un ou de punir bêtement une enfant qui a sali sa robe. Il y a donc un jour ou une poignée de terre nous donne le souffle de vie. Pourtant les enfants y jouent et s’en nourrissent parfois. Mais c’est peut-être une autre histoire.

Il peut pleuvoir: j’aime la pluie qui nettoie. Il peut faire soleil: j’aime les reflets qu’il donne à tout et la vie qu’il nourrit. Il peut passer du temps, de la vie, des rires, des larmes et des souffrances, j’aime n’avoir rien appris qui soit suffisamment altéré pour qu’aucune thèse ne vienne le contredire.

Il faut pouvoir faire un mélange de tout, sans doser trop. Il faut aussi non pas seulement savoir mais se rappeler que tout existe bel et bien dans sa forme parfaite et apprendre aussi à y puiser la source de vie qui nourrit l’humain en nous. Je ne crois pas qu’on puisse réellement gagner quoi que ce soit à courir des routes de nulle part, ni qu’il soit sain de tenter de les construire. Pourtant la vie maquillée le prétend.

Parfois le soir, lorsque la ville dort, que la nuit promet d’offrir durant quelques heures un refuge parfait, je me demande si l’humain hors de la bulle croit pouvoir acheter un jour chez Walmart l’équivalent du bien-être. Ce serait triste parce que Walmart n’existe pas partout dans le monde.

Au plaisir,

Elyan

Cat Stevens- Where do the children play

http://centpapiers.com/dis-moi-petite

The Way We Live

 

L’arme et larmes

On ne sait pas qui vend les armes pour les dommages collatéraux des guerres pour savoir que mon dieu est plus grand que le tien. Ça fait une vie en noir et blanc. C’est bon pour les films de Chaplin. Dans ce mondes d’ultra parlementaires et de renseignements cadenassés, on ne sait même plus qui crée de la richesse pour vivre ni celle pour tuer. Mais celle pour tuer rapporte sans doute plus. C’est un carnaval indigne!  La femme à barbe étonnait. Maintenant, c’est le dirigeant bien coiffé qui surprend.

Curieux mélange de barbarisme et de « réussites scientifiques « , de boursouflures vantardes  et de « progrès » monstrueux. La  valse des langues menteuses se fait toujours aller. Danser à leur musique! C’est notre lot… Jusqu’au moment où passe les colonnes de drogués missionnaires.

Je ne sais qui fait l’Histoire… Ce n’est pas un humain.

C’est quelque « chose ».

On dépense plus d’argent pour orner les tombes que les amours…

Gaëtan Pelletier