Archives quotidiennes : 18-juin-2022

La mort de la Terre ( 1910)

La mort de la Terre

La mort de la Terre

Extrait

Depuis cinq cents siècles, les hommes n’occupaient plus, sur la planète que des îlots dérisoires. L’ombre de la déchéance avait de loin précédé les catastrophes. À des époques fort anciennes, aux premiers siècles de l’ère radio-active, on signale déjà la décroissance des eaux : maints savants prédisent que l’Humanité périra par la sécheresse. Mais quel effet ces prédictions pouvaient-elles produire sur des peuples qui voyaient des glaciers couvrir leurs montagnes, des rivières sans nombre arroser leurs sites, d’immenses mers battre leurs continents ? Pourtant, l’eau décroissait lentement, sûrement, absorbée par la terre et volatilisée dans le firmament{1} Puis, vinrent les fortes catastrophes. On vit d’extraordinaires remaniements du sol ; parfois, des tremblements de terre, en un seul jour détruisaient dix ou vingt villes et des centaines de villages : de nouvelles chaînes de montagnes se formèrent, deux fois plus hautes que les antiques massifs des Alpes, des Andes ou de l’Himalaya ; l’eau tarissait de siècle en siècle. Ces énormes phénomènes s’aggravèrent encore. À la surface du soleil, des métamorphoses se décelaient qui, d’après des lois mal élucidées, retentirent sur notre pauvre globe. Il y eut un lamentable enchaînement de catastrophes : d’une part, elles haussèrent les hautes montagnes jusqu’à vingt-cinq et trente mille mètres ; d’autre part, elles firent disparaître d’immenses quantités d’eau.