Archives quotidiennes : 18-septembre-2018

Le Dépotoirium, Chapitre 17

Chapitre 17

Le lièvre et la torture

Quand au bout du monde – et le bout du monde est ici- ( et le bout du monde est là, ailleurs, quand il n’est pas ici)  un banquier, un petit affairiste fourni en venins et en sang,  fait en sorte de sport en inculquant à tout le monde l’idée que l’on peut devenir riche, alors les pauvres se mettent à courir, travaillant de plus en plus pour atteindre un certain standing social. Ils travaillent davantage pour se payer un frigo, une auto, une maison. Et l’affairiste, pour en ajouter à la torture, sabote ses produits à la consommation en réduisant la vie du « produit ». En réduisant la vie du « produit », il réduit encore l’avoir du pauvre travailleur qui devient le petit imitateur. Sa vie est une course effrénée. Si l’aristocratie de jadis chassait le lapin par plaisir, c’est aussi par plaisir que cette race oligarchique chasse les avoirs du pauvre. Le meilleur pauvre à chasser, encore un peu gras, peut s’engraisser encore par le crédit.

Les États étant devenues des administrateurs de ces secte oligarchiques, petits prêtres des de villages appelés pays se fabriquent une descendance de kapos pieux, accomplissant des tâches aux titres pompeux et aux salaires de 20 à 100 fois plus élevés que le petit travailleur qui trime. Le lièvre vient d’embarquer dans un système tordu et vicieux. Mais il votera. On nommera cet acte : devoir.

Jason

Bien mis

( Une série courte de Netflic)

L’homme de la pègre se baladait nonchalamment, bien mis, portant un costume de milliers de dollars, une montre en or et en art, des souliers italiens à 1000 dollars, souriant devant le cercueil de son ennemi Elogio.  

Le tueur à gage l’avait dans la mire. Il tira.

L’homme tiré à quatre épingles, chuta, un trou rougeoyant au front.

L’heure est à 24.59.56 HMS

Ainsi, le genre humain de par le point de départ  de la création,  a jusqu’à maintenant vécu 4 secondes dans cet univers .Rien de glorieux pour les bretelles des traders de Wall-Street.

Carl

**************

Maggie et moi mettions nos œufs dans le même panier. On concoctait, comme des poules, un meilleur à venir. On cachait nos avoirs dans la paille.

On allait se chercher des livres à la bibliothèque publique, voire ludique, car on y trouve là  que des amusements et quelques trésors perdus dans les rayons poussiéreux.  Alors, on s’est mis à pirater des livres électroniques. Notre ordinateur en avale un en trois ou quatre secondes. Et le pauvre petit écrivain a pris trois ou quatre ans pour faire enquête, ou bien   créer un scénario,  vient de se faire sucer ses sueurs. ( Tiens, on dirait  Corneille avec son serpent qui siffle.)

Il reste à bouffer. On mange peu. On mange en mouches à fruit. Alors, on puisait ici et là du manger.  Maggie ramenait du restaurant dans ce que jetaient les propriétaires, pour ne pas se faire braquer leurs restants de table.  On a dû cesser, parce qu’on était en train de s’habituer à manger  en gentillâtre.

Au resto, c’est  Maggie qui avait pour tâche de jeter la  bouffe « passée bouche » ou passée date. Un jour, alors qu’elle poubellisait, elle remarqua un voleur de croustance, caché derrière le réservoir à déchets. Il était accompagné d’une chienne nommée Perle. La chienne  grogna et le SDF la calma. Ils eurent une relation alimentaire qui dura quelques mois : du pain et des yeux. Elle lui tendit des paquets de nourriture et il lui donna quelques poèmes en retour.

Ma rivière était une eau qui marchait
En courants qui courait vers les fleuves et les mers
Et ma terre me fut arrachée par des gens de pierres

Gens de guerres, militaires de bureaux, fiers
De tracer des rues, planter bancs et lampadaires
Je suis riche, je dors à la lumière même en hiver

Wabo

— Vous avez des fonds de bouteilles de vin?

Elle acquiesça.

— Vous n’êtes pas comme les autres, vous. Les autres me donnent de l’argent à condition que j’achète de la nourriture. Ils ne savent pas que je vole ce qu’ils ne mangent pas. Ils me font la morale après avoir volé mes  terres.

Puis au dernier jour de Wabo, dont on retrouva l’enveloppe charnelle,  il se mit à pleuvoir comme dans les romans de Simenon.  Et ce fut le chien qui revint piteux, habitué à tirer pitance du réservoir.  Le chien ne demanda pas de vin. Il était venu pour l’amour. Et Maggie le caressa. C’était une femelle, et elle ne put jamais s’en départir. Elle la nomma Wabonne.

C’est ainsi que Wabonne arriva à l’appartement et s’en alla nicher comme si elle savait déjà où était sa demeure.

***

Il y a des jours durant lesquels on dégrise. On a la fois pois chiche. On sait tous que  la foi soulève  des montagnes, mais les naïfs qui se refusent à baisser les bras, qui  font de la fièvre en politique,  ignorent ce qu’ils font. Pardonnez-leur, Seigneur! Pardonnez-leur! Car ils ne savent ce qu’ils défont. La Terre est un chant de bataille. Et ça fausse  en  chœur de batifoleurs menteurs à rabais.. Ce n’est pas le chœur de l’armée rouge, ni Celine, c’est le son de craquements qui annonce la crevaison d’un beau bateau vert : il vient de faire fondre l’Iceberg.

La cuisine du politiciens est en phase krach 29, à deux couverts :

– La croissance

– La croissance de la croissance

Nous espérons, les doigts pieux, que le monde changera, que les paradis fiscaux disparaîtront, qu’il y aura accalmie, que le thermo-maître sonnera l’alarme en rafraîchissant un peu les ardeurs du toutvouloirisme qui les affectent.   Mais, Ö que tant de mais,  le  chinois le plus riche de la planète n’a rien à cirer de cinq  petits intellos aux jeans déchirés aux genoux : c’est lui qui nous les vend. Ni le plumé jaunasse étasunien qui a un oiseau comme gros micro. Mais c’est le chinois le  gros maillon au portefeuille débridé  qui pratique le sport le plus dangereux au monde : le commerce international.   On sait ça et ça se sait. Ça se sait dans les minuscules sphères qui trempent leurs cerveaux dans tous les écrits d’une presse de gauche agitée, dont les membres battent de la plume en écrivant comme des dieux. Ce ne sont pas des Proust qui nous mènent, mais des prout qui sont aussi à la recherche du temps perdu en traitant de paresseux ceux qui sont incapables de « produire » du travail, donc enrichir des gens que l’on ne connaît pas. Sauf si on regarde par la fenêtre de Windows.

Mais le diable tient les commandes du monde. « Vous avez le droit de vous exprimer », a dit le premier ministre, tout fier, hier, avant le G7. Alors?  Lui, avec ses chemises brunes modernes, a le droit de les utiliser pour écraser des pancartes. Pancarter est un sport à la mode dans les démocraties. Si on vous laisse faire, c’est que ça ne sert à rien. Toute l’étourderie sociale fait croire à une fête qui ne se terminera jamais, à la remise en forme d’un libéralisme soutenu par des hyperactifs toxiques.  La partouze planétaire n’aura duré un siècle et demi. Tout ça en 4 secondes d’univers.

On brûle dans notre petit enfer. Mais ce n’est rien à côté de ce qui se passe à l’autre bout de la planète, comme si la planète avait un bout.

— Ça va me faire un bel article…

— Pardon?

La voix de Maggie me semble lointaine.

— Je pensais tout haut.

Je tenais mon soulier de course  dans une main et je le scrutais à la loupe. Quelque part, quelqu’un payait un athlète 5 millions de dollars par année pour en faire la promotion. Et Maude qui se payait des crèmes pour raviver son minois, faisait vivre une starlette grimée électroniquement. La vedette avait tellement de crème sur la peau, qu’une fois morte – par un hasard inattendu (sic), aurait pu embarquer en un claquement de doigt – si elle en avait été capable- dans un cercueil. Il y des mensonges qui couvrent bien des joues…

***

« Travailler c’est se réaliser ».

« Travailler c’est se réaliser ». Le slogan est national et multinational, intra et extra national,  faisant partie de ces mini perles de philosophie que l’on injecte dans la tête des enfants. La propagande, c’est  la panoplie de vaccins sonores et visuels implantés dans les cerveau. On se pâme  devant cette dose de philosophie en éprouvette: « Le travail n’a jamais tué personne ». Le voilà en  train de tuer tout le monde.

On ne veut pas appartenir à ce clan. Ni prendre notre retraite avec une montre en or Made In China.  On ne veut pas se faire macérer  le cerveau d’encre débile, ineffaçable.

***

Maggie et moi on est d’accord : si nous devenions  riches un jour, nous achèterions des millions d’arbres  rien que pour les garder debout, en vie. . Les hommes fauchent trop d’arbres. Et les animaux fuient parce que leur maison a des feuilles, des troncs, des racines. Qu’avons-nous,-nous? Nous espérons en priant Sainte-Thérése d’Avila et John Lennon,  tout l’arsenal assis à la droite du Père qu’il reste encore de ces arbres. Ils ne peuvent pas tout avaler, n’est-ce pas? Il doit bien y avoir des recoins dans le Nord, là où le pied de l’homme n’a jamais mis la tête.

On veut planter des tomates, récolter des carottes, ménager la chèvre et les foux, ( la liberté d’ortografe, un régal …)  séduire les oiseaux comme Richard Prohenneke. On veut aller embrasser des syriens, des musulmans, des témoins de Jéhovah, pourvu qu’ils aient une âme. Pourvu que leur âme bablotte  avec leur corps pour en finir avec le grand abîme de nos dissemblances. Nous sommes pareils, c’est un fait. Il n’y a que cette race de frivoles qui se pensent différents.

Il faut cesser de nous accoutumer aux ritournelles qui reviennent à chaque élection.  Il faut rendre malade les phrases creuses des politiciens. Ce sont des bêtes de somme. La somme de nos avoirs. Ils sont trop indécomposables pour nous. Ce sont des duvets d’âmes. Des riens. Des poils sur la langue. Des peaux de fucks. On jure après eux, mais ils s’en branlent. On leur crache dessus avec des textes savants et bien concoctés, mais ce sont  des duvets de canards de coin coin de pays.

J’ai léché le recoin de l’œil de Maggie.  C’était salin comme une vaguelette de mer. Une grande étendue… Les émotions sont souvent vagues.

— Il faut que j’aille travailler…

Elle s’est déguisée en quelqu’un d’autre.

— Téléphone pour dire que tu es malade…

***

Quand on s’étend et qu’on fait l’amour, le reste du monde est couché les yeux fermés, ou bien  a  déserté quelque part. En tout cas, nos draps sont de vraies paupières. On se soustrait aux regards des 7 milliards, et on s’additionne à deux . Sous la couette, son corps se colle au mien. Mais au bout d’un moment, il n’y a plus de corps. Nos doigts partent en voyage. Cuba.   Toutes les horloges du monde sont défectueuses. Je me suis demandé pourquoi  ces voyages étaient si bons. Je me le suis demandé… Après le grand souffle, après le grand voyage, c’est le dormir qui vient nous chercher. On perd conscience.  On sombre dans l’entonnoir de cette fausse nuit.  Bien qu’il nous arrive de tenter de nous lever et de  nous habiller, nos corps continuent d’aller se recueillir dans la canicule secrète. Ses doigts sont un chapelet à dix grains : et je la prie en Je vous salue Maggie, puis fait un notre paire après le trajet. Elle ne s’en rend pas compte, mais je l’égrène avec une respiration d’escargot. C’est lent lent et bonbon.  Quand on sera vieux, on se fera une tente avec les draps contour. Comme les enfants. On s’apportera un lunch pour y passer plus de temps sans avoir faim. On fera du camping. Du camping pour rire et se dérider. Quand on sera trop vieux pour aller loin, on ira proche.

***

Le froid a des dents, le froid nous mord quand on sort. Le sort en est jeté. On sort. L’appartement est une véritable porcherie : il faut tout enlever de la table avant de se frayer un petit coin avec nos coudes en forme de charrue  pour retrouver le dessus crasseux, quasi visqueux de cette vieille table des années cinquante. C’est Carl qui l’a trouvée sur le trottoir.  Il l’a presque noyée  à l’eau de javel avant de la monter dans l’appartement. Les chaises sont restées là,  tristes, comme si elles se séparaient de leur mère. Une table sans pattes c’est comme une chatte cul-de-chatte.

J’ai fait cuire deux œufs pour Maggie et deux pour moi. Le pain, dont l’enveloppe est restée ouverte, est sec, trop sec.  C’est une biscote en devenir. Il s’effrite et craque sous nos doigts. Maggie,  qui aimait le thé, s’est convertie au café libanais, sorte de sirop de café. Quand je lui ai demandé pourquoi, elle m’a répondu : « Parce que ça prend moins de temps à faire ».  C’est une maladie que de n’avoir pas de temps.

À notre tour de pondre un article. Alors on s’enfonce dans les quartiers de la ville où dorment les SDF. Il est deux heures de l’après-midi. Près de l’entrée du  métro, un chien jappe. Un gros chien jaune, à poil long, maigrichon.  C’est à cet endroit qu’on a rencontré Gildo et Nooda , deux SDF en amour. Elle ne parlait pas français et lui baragouinait l’anglais. Ils tendaient une tasse en sautillant pour se réchauffer. Les voitures s’en allaient lentement, très lentement, quasiment arrêtées par les crocs-en-jambe des autres voitures.  Quand on regarde dans les yeux de quelqu’un, on voit quelque chose qu’on ne voit pas avec seulement les yeux. C’est la plus grande porte qui mène quelque part où nous sommes tous liés. Un lieu sans lieu. Ici-bas, nous sommes tous racistes. La couleur des âmes ne se voit pasé Le mascara n’est pas pour les auras.  Nooda n’en porte pas. Elle transporte son auréole de beauté recroquevillée comme pour la camoufler .  Mais il y a des beautés qui ne se cachent  pas.   Nous accordons tellement d’importance aux rangs sociaux que chacun vaut la valeur de son manteau. Elle est syrienne  et lui est italien.  Chacun a fui son pays pour le paradis canadien.  Nooda est toute douce, avec des reflets d’arc-en-ciel dans les yeux. Elle est heureuse, on dirait. Heureuse de ne plus entendre les bombes, heureuse de ne plus voir des corps déchiquetés par les fragments de bombes. Du plus de sang que d’eau.

Maggie leur offre un café dans un endroit chaud. Il suffit d’entrer dans le petit café d’en face. Reçus comme des chiens galleux avec le beau labrador et les deux guenillés qui sentent le savon des bouches dégoûts, là où il fait bon se faire lécher par une belle tiédeur.  Il faudrait les envoyer se chauffer dans une cabane au fond des bois, se chauffer  au bouleau et à l’érable avec le poêle qui crépite en envoyant des odeurs. La forêt est une église et ses encens vous voyagent  d’odeurs.   Nous sommes des utopistes sans pitié, des rêveurs de fond de tonneau. Ils ne boivent ni ne moissonnent, et pourtant des oiseaux de ce monde meurent de froid de la glaciale finance.

Je lis dans les pensées de Maggie. Et Maggie me relance mon non par la pensée.

Au bout du monde, si près à la fois, si loin de nos préoccupations, nos propres préoccupations, nos sales préoccupations…

Pas question. L’appartement est exigu, bondé de bardas encombrant. Il vaut mieux garder pour soi ce cube calorifique. Il vaut mieux avaler sous silence cette cuvette thermogène. Nous vivons dans un État igloo. Nous sommes des esquimaux. Nous mangeons la chair des autres.  Nous parlons la langue de l’amour, mais seulement de la langue. Pour le partage, la situation nous rend frileux. On ne sait plus sur quel pied danser sur la bouche dégoûts. D’ailleurs je me   dégoûte. Quel gâchis! Quel gâchis de ne pouvoir aider deux personnes sur 7 milliards. Que faut-il faire? Aller braquer une banque? Elles n’existent que par des pixels. Mettre le feu au centre ville? Appeler les pompiers ou leur donner un calendrier de pompiers? On n’a plus de main, ni de lendemain. C’est tout coincé dans la région du cœur, tout grippé, sans soupape pour évacuer notre peine.

Finalement, on se trouve  un MCDo. On leur offre un beau Burger garni qu’ils avalent en rotant comme des moteurs qui n’ont pas eu d’essence depuis que la lurette est belle. Rien de mieux pour l’émouvoir. Même le chien en a eu un. Il nous a léchés les mains comme si nous étions allés aux vaches ensemble. Il nous aime. On l’aime.  Mais c’est Nooda qui a été la championne du rot. Un rot si fort que tout le monde a applaudi. Comment le McDo a-t-il laissé entrer ces deux guenillés? C’est simple : Maggie leur a dessiné un beau et faux tatouage le long du cou, puis a fait un chignon à Gildo. Le chien a hérité de mon vieux gilet rouge ardent. Ça l’a rendu fier et chaleureux. Surtout avec le petit foulard au cou. Le monde  est habité de cravatés et de faux artistes. Donnez m’en l’air! Point. Point Virgile. Poincaré. La théorie du K.O. Henri son nom petit, comme disent les littéraires.

Tout fou, tout ça. N’empêche qu’au bout de la journée Nooda et Gildo se sont retrouvés dans l’appartement. Le chien a vomi son McDo. Carl, qui était en grande forme, rieur ce jour-là, a dit qu’il l’avait chié par devant. « Je vous l’avais dit que le monde est à l’envers .

Du petit village d’où je venais, près de la frontière canado-américaine, là où une des maisons est scindés en deux : la salle de main étant américaine et la cuisine canadienne, vu la vieille ligne de démarcation des deux pays, on commençait à se faire plaisir d’aller aux chiottes quand le président des États-Unis d’Amérique gaffait.

Maggie a écrit une belle lettre en anglais et en français et, quelques semaines plus tard, ils ont commencé à travailler dans une petite usine de parachutes. Nooda est enceinte, mais au chaud. Gildo, qui parle l’italien a appris à coudre de fil en l’aiguille. En attendant qu’ils trouvent un logis, Maggie leur a donné l’adresse d’un oncle qui a un camp de chasse dans un grand boisé. Quand ils sont arrivés, l’oncle était décédé. C’est sa veuve qui a pris ces deux enfants du bout du monde, séduite par la vie. Ils étaient si riches de cœur qu’ils auraient pu donne une feuille d’arbre, de merisier, de bouleaux à tous les habitants de la planète.

Un jour, Gildo est allé chanter en italien chez les vieux, les abandonnés d’un Centre pour personnes âgées. Il chantait en italien et ils sont devenus tout éblouis. Dans leur vieux cerveau dormaient toutes les vieilles chansons. Et  Gildo  les a réveillées. Gildo a compris qu’il était un raviveur d’émotions en ce petit coin du Kanada nommé Québec (passage étroit, en amérindien).  Les vieilles dames l’ont remercié, lui on serré la mai et certaines l’ont bécoté,  parce qu’en chacune des suite des notes ou vibrance, il y  avait un peu de leur mari décédé. L’amour est une vibration. On s’amoure d’une voix comme d’un piano. Et les pianos ont 88 notes. Aurore avait 44 printemps et 44 hivers.

Il n’y a pas meilleurs mains que celle des émotions qui se prennent l’une dans  l’autre.

Plus tard, Nooda et Gildo se sont acheté une maison toute  fripée, avec des rides aux murs. Mais rien n’arrêtait Gildo. Mais quand il regardait le champ immense en arrière de la maison, la rivière qui déchirait le boisé, et les oiseaux qui volaient, Gildo pleura.

Et Nooda le prit dans ses bras, but ses larmes, et ils se demandèrent pourquoi les hommes ne cultivent pas seulement les champs et blessent autant les rivières, cultivent autant d’armes pour prétendre à la paix.

© Gaëtan Pelletier

(Chapitre 17, Version provisoire)

Le Dépotoirium, Chapitre 16

Le Dépotoirium, Chapitre 15

Le Dépotoirium, Chapitre 14

Le Dépotoirium, Chapitre 13

Le Dépotoirium, Chapitre 12

Le Dépotoirium, Chapitre 11 

Le Dépotoirium, Chapitre 10

Le Dépotoirium, Chapitre 9

Le Dépotoirium, Chapitre 8

Le Dépotoirium, Chapitre 7

Le Dépotoirium, Chapitre 6

Le Dépotoirium, Chapitre 5

Le Dépotoirium, Chapitre 4

Le Dépotoirium, Chapitre 3

Le Dépotoirium, Chapitre 2

Le Dépotoirium, Chapitre 1