Le dépotoirium, Chapitre 6

Chapitre 6

 

Lundi,  soir de réunion.

La « réunionite » est une affection des organisations, infimes, petites ou grandes. Nous en sommes atteints. On ne fait pas de réunion sans bouteilles d’eau. Comme les grands de ce monde. Il nous manque les cheveux blancs, mais pour l’eau ont on en a : 48 bouteilles en réserve dans des bagages plastifiés. Combinaison : eau, plastique sur plastique. À boire trop d’eau on se plaindra des continents nouveaux des océans, tout en buvant.

C’est bête, mais l’investisseur, le meilleur, investit dans l’investissement. Et l’humain est le dernier des investissements. Qui saccage une Terre, commence par saccager un humain, puisqu’il lui faut ( pour le moment, des bras, un cerveau, un mouton mou) pour son œuvre.

Nous sommes dans la démence, la frustration et la débâcle. Rien ne va plus. Faites vos vieux. La vie passe son temps à faire des vieux.

On avait peur de l’eau du robinet  comme du dernier film américain. Alors, on buvait de l’eau en bouteille. Beaucoup. De quoi se déboucher le colon le matin, selon les conseils d’Edgar Cayce. Maggie, elle, en plus,  s’envoyait deux cuillères à soupe d’huile d’olive avant de siroter son café noir pour  de désencrasser son foie.

Les deux paquetages de 24 bouteilles –surtout pas de la Nestlé-  traînent dans l’appartement, quelque part, enfouis sous des piles d’objets non contondants. Pour ce qui est de la propreté, on fait relâche que trop souvent.   Quand on ferme la porte trop brusquement, on dirait entendre la poussière tomber sur le plancher. Mais qui donc veut nettoyer? Chacun d’entre nous connaît ce qu’est la toile. Mais dans les vadrouilles, les brosses, les meilleurs désinfectants au monde, nous sommes  aussi efficaces qu’un politicien dans une mondialisation de financiers-lièvres et ces grotesques  tortues   prises dans la mélasse que sont les organisations d’état.   On aime tellement notre paresse qu’on la marierait pour le reste de nos jours. La paresse est devenue un péché social. On joue tous du claviérisme, un instrument à « la mode », mais  ne nous demandez pas de passer une vadrouille sur le plancher. Le plancher, c’est vraiment bas. On veut être plafond ou patron.

***

— L’eau du robinet pue le chlore…

— Ils disent que c’est bon pour les dents.

— C’est peut-être aussi mauvais que de se faire mitrailler de vaccins. Nous sommes chanceux de n’avoir aucun autiste dans le groupe, fait remarquer  Maude. Elle est vêtue comme les lys des champs et nous demande si on ne pourrait pas faire une chronique de mode. « J’ai une copine qui fait des bijoux. Si on en vendait sur Ebay, elle nous offre 35% de profits. C’est alléchant. »

Maggie, c’est le silence.  Elle barbouille dans un calepin de petits poèmes. Elle dit que ça lui dégorge l’âme, que ça la purifie et qu’après elle se sent mieux.

— Je vous annonce que l’argent ne rentre plus. Hier, rien. Avant-hier, rien.

— Mais avant, nous allons passer au problème de l’eau. Carl  a trouvé un appareil que l’on accroche  au robinet et qui épure l’eau à 99%.  Le coût est de 149$.  Faut-il voter?

— Non, on l’achète, s’écrie Maude.

— O.K.  Carl, tu t’en occupes?

Go sur internet et payé crédit comptant.

***

Septembre.

Dehors  ça pétarade. La pluie vient de commencer. Et puis, soudainement, un vent d’air frais se glisse dans l’appartement. Il serpente sur le plancher et refroidit les pieds de Maude qui, comme cendrillon, a perdu un de ses souliers. Elle brame comme un animal torturé.

Après, j’ai demandé un cinq minutes de silence. Les yeux clos. Comme une prière : « Donne -nous une idée Seigneur, afin de nous rendre riches et libres.  Donne-nous le génie de Bush Family, buissons ardents, et de la Family Trapp, ces gens heureux  et vocalisateurs, tel  l’Aigle botté d’Autriche et d’autres riches.  Notre baguette quotidienne, et le beurre pour acheter le fabriquant de beurre. Et de bonnes vaches. Des Holstein.   Amen. »

Tout ça pour chercher des articles, ou une idée d’article qui ferait sensation. Carl  a gardé les yeux ouverts. Ça le répugne ce genre d’exercice.  D’ailleurs, il nous apprend tout de go qu’il vient de s’inscrire à l’école pour faire de la menuiserie. Il veut toucher de la matière noble, être utile. Les mots, les concepts, les idées, si elles ne sont pas mis en pratique ne valent rien. « C’est de la moisissure d’histoire. Tout le monde a de grands mots, de grandes idées, et pourtant c’est l’économie qui avale les pays. »

— Quand on dit aux gens qu’ils n’ont plus de pays, ils ne nous croient pas. Ils pensent qu’on délire. Ils ne voient que des frontières et cette délimitation leur suffit pour croire en ce qu’ils possèdent. Mais, en fait, ils ne possèdent plus vraiment quelque chose de tangible. Tout le monde peut venir dans votre pays et vous acheter comme esclave. On a ouvert la porte à tous les requins du monde qui se liment les dents pour déchiqueter tout ce qui existe. Personne ne le sait, mais le loup du petit Chaperon rouge est  un banquier de Wall-Street. Il lime ses grosses dents avec la sueur des peuples.  Ces grosses dents, ils    les liment avec la sueur des peuples. Au pays des aveugles, les lunettes sont de petits rois ronds.   Comment peut-on « croire » qu’on est libres? On ne peut pas être libres et avoir peur. Peur de perdre son emploi. Peur de ses dettes. Peur de l’avenir.

— Mais on peut faire ce qu’on veut, dit Maude.

Il la regarda comme on regarde un bibelot rose et vide,  et haussa les épaules.

— Tu veux les combattre par ce qu’ils font : vendre. Acheter et vendre. On est ici à vouloir changer le monde ou à jouer les enseignants, les divins petits connaisseurs. On a de la culture. Ah! Mais à quoi ça sert? Au fond, on aime bien être assis, se plaindre de l’eau et utiliser l’outil le moins dangereux possible : l’ordinateur. On l’a emprunté cet outil. Et dieu sait pourquoi il nous a été donné.

Sa voix avait monté d’un ton. Il faut dire que la bouteille de Téquila avait baissé de quelques millimètres.

— C’est le seul moyen que nous avons, rétorqua Théo.

— Alors, je refuse d’endosser une usine à produire des articles et des articles. La génération qui nous précède a eu encore plus de culture que nous. Ils parlent de Platon, de Socrate, et les Suédois lisent Bob Dylan dans le texte. Mais pas Yvon Deschamps.  Ils  citent tout ce qu’ils trouvent, même leurs confrères.  Ils se parlent entre eux comme s’ils faisaient partie d’une élite, se prennent pour des intellectuels messianiques.  Ils s’aiment de leurs rôles.  Ça les fait bander du cerveau. On crève parce que rien de ce qu’ils disent, ni même les sociologues, ont un effet sur nos vies. Alors, on change quoi si on n’a pas le pouvoir de changer un tout petit peu quelque chose en ce bas, vraiment bas monde ?

— Change de bouteille.

— T’en veut? Théo… Peut-être que ça t’aiderait à voir à travers ce charabia.

— Tranquille, tranquille… On va se contenter de trouver une phrase ou deux pour demain. On dira que c’est une pensée profonde en inventant un écrivain qui n’existe pas encore.

« Il est radin au point de ne jeter que son dévolu ».

— Quelqu’un a trouvé ça sur son Iphone?

— Non, je l’ai mis sur un bout de papier, répondit Carl. J’ai jeté mon Iphone à la poubelle. Terminé. Over! Je veux du tangible. Mangez-le votre téléphone intelligent. Croquez dedans. La pomme et Adam et Ève, ça ne vous dit rien?   Faites-vous en un buffet! On a donné des miroirs aux amérindiens. Maintenant, c’est notre tour : Selfie! JE ME photographie JE. And so on…

10 septembre

Ce soir-là, Carl écrivit  un article. On  retrouva notre Che de ville endormi et ronflant après avoir hurlé son dévolu sur le site.  Il se leva ou plutôt se remit de bout avec un mal de bloc qui courait l’aspirine du laboratoire Bailleur.

DÉGUERREZ-VOUS! CESSEZ D’ IXER ET EXISTEZ

Je ixe
Tu ixes
Il ixe
Etc. et rats.

Vous êtes las avec votre culte du combat, comme les Vikings avec leurs dieux?Vous aimez le sang, les blessures, les sanguinolents propres et cravatés, sans âmes. Vos chefs sont des pantalons pas de culot, pas de culottes. Ils ont un long lombric qui leur sert de colonne vertébrale. Et vous les adorez? Au fond vous ne savez pas ce qu’ils sont vraiment. Qu’est-ce que vous avez pour lutter contre ces minus maléfiques, soi-disant, élus? Un X. Un pauvre petit x. C’est votre minime épée tracée au crayon gras à tous les quatre ans. Ils vous endorment de discours sucrés. Leurs lèvres bavent de sirop d’érable. Vous êtes des abeilles qui butinent de job en job.C’est votre sucre social.  Ça coule, ça déguline. On dirait une sève arbuste de chair, un bouton d’acné qui purule. Et c’est ce que vous avalez, là, de temps en temps avec vos pancartes. 

On vous donne des armes et des missions. Et vous vous prenez pour des héros. C’est vous qui payez pour le costume, les armes, et la petite école d’entraînement. Derrière eux, ils entendent les voix des planteurs d’armes. Ça mitraille les avoirs des banques, des corporations répandues, anonymes, codés, vivent de vos petites religions laïques.

Ils vous disent que c’est un devoir. Et vous, les dévoirés, vous allez tuer pour une cause qui n’a pas de nom et n’a jamais eu de nom. Tuer ne sera jamais une cause.

Vous avez un mort chez-vous? Ils vous envoient en tuer trois. Ils disent que c’est « justice ». Et parmi les trois, des enfants abîmés, massacrés, déchirés, sinon mort à jamais dans leur petit cœur, leur âme.

Si vous voulez la paix, ne la demandez pas par écrit. Ne téléphonez pas pour l’avoir, on vous dira : faites le hun pour parler à notre « représentant ». Et vous vous promènerai sur votre clavier dans un voyage de Compostelle d’arriérés marcheurs sur place.

Cessez de croire, décroyéz.  Tout ce qui est un mot mérite un « de » devant.

Vous pouvez lécher votre écran de toutes les idées transportées par les écrivailleurs de génie, léchez-la comme un cornet de crème-glacée. C’est comme ça qu’on vit : en léchant. C’est quand on cesse de lécher que l’on vit vraiment. Vous ne mangez pas vous tétez.  L’État est votre mamelon, et vous êtes les bébés.

Maturez! Maturez! Maturez!

CARL

***

Carl disait avoir le droit de ne rien faire, se transformer en paresse de divan, les bras ballant sur les accoudoirs.   Mais il bougeait sans cesse, nerveux, délicat, tristounet, toujours à pianoter des dents sur ses ongles, les noirs, les blancs. Un vrai clavier.

Tous nos parents voulaient que l’on réalise leurs rêves.  Être quelqu’un!  Tout le monde est « quelqu’un » au sens noble du terme. Mais pas ce quelqu’un quelconque. Non. De cette noblesse de milliardaires qui pouvaient s’acheter un lac avec vue sur sa maison. Plus on s’en approche, mieux on réussit selon les critères.

Pendant que les autres cherchaient cette chère perfection de l’homme d’État et de ses serviteurs empesés, nous nous débattions dans ce galimatias d’idées, comme si en écrivant des idées, les peuples allaient comprendre. Mais comprendre quoi? C’était monde crypté, volontairement  brouillé et encodé. « Derrière le masque, se cache le masque » disait Carl. Un jour, il se prenait pour Jack Kérouac, et le lendemain pour Bukowski.

Il disait être « tout le monde » en même temps que quelqu’un. « Mon corps est une piscine, et moi je fais des longueurs pour essayer d’atteindre le bout de la piscine. Mais elle s’allonge et s’allonge, et je n’en vois pas le bout. Le bout est à l’autre bout de la vie. Je suis un noyé chronique. Et nous sommes tous, à notre façon des noyés endémiques. On souffle sur les grands mots, les grands concepts pour s’en faire des bouées de sauvetage. Mais au fond, personne n’échappe à cet océan de folies.  »

« La vie était une sorte de carbonisation persistante. La vie devait être simplifiée et pratique. Les mots de ne devaient pas n’être que des mots; ils devaient être incarnés en  actes. »

— Les mains servent à quelque chose. Les mots doivent servir.

À quel âge meurent les écorchés? À quel moment, à force de creuser leur tombe, tombent-ils dedans sans trop savoir? Nous vivons dans un monde dans lequel non seulement l’intellectuel est dépaysé, mais le paysan en est rendu à la bourse.

Je lorgnais Carl, un Carl déconfit,  qui dans son autodestruction, sans s’en rendre compte,  était la cible idéale de ceux  qui meurent parce qu’on ne s’occupe pas assez de la vie.

À partir de ce moment, j’ai compris qu’il fallait autre « chose » pour échapper à ce monde. Ce que ce monde de marchands divins ignoraient, c’est qu’ils créaient de la douleur, de la vraie, dans leur course folle aux profits. Personne n’avait le temps d’attendre le paradis. Le paradis de « dieu ». Il fallait le paradis ici-bas. Le paradis d’ici, au moins pouvait s’acheter.

30 septembre

La soirée était fraîche. C’est Théo, curieusement, (quoiqu’il doit bien exister des avocats comme dans le film Carlito’s way : un avocat défoncé et un Pacino qui passe pour un acteur de génie avec ses tics et ses moues creuses en jouant un voyou converti pour le reste de ses jours),  qui nous avait trouvé cette drogue directo from Mexico.  Une sorte de champignon qui, disait-il, rendait le corps « flottant », léger comme l’air. Héli-homme, mon amour! On est tellement, tellement lourds!.  Nous serons tous des avions, du moins des ballons emballés. Alors, on en a tous pris dans une petite cuillère avec de la marmelade, le goût étant trop amer. Quand on est sortis de l’appartement, on se serait cru dans un film « de hauteur » : tout était biscornu. Le parc se trouvait à une dizaine de minutes de marche. Théo et Maude se tenaient par la main. Ils disaient que c’était féerique, magique, aquatique.  Comme à l’école des sorciers.

Quand on a pris le trottoir, des gens nous croisaient. C’étaient des géants, des hideux, des misérables. Il y avait des lettres dans leur visage, des mots, des phrases, des paragraphes entiers, des livres numérisés. Une bible qui battait des pages. Boum! Boum! Boum! On sentait leur peur, leur peur, leur misère, leur somnolence de citoyens heureux ou abêtis.

Bienvenue chez les hosties. Entre-mangeons-nous! Ceci est mon cor et je crie, ceci est mon sang et je me vide.  Peu importe de garage. Nous voyageons en auto, en soi, en  ballonnés   indirigeables. Admirables amiraux  des flots de feuilles de l’automne qui nous giflent de temps en temps sur une joue, un menton, un cou vaillant. Un beau et tendre frôlement…

À un certain moment, chacun regardait ses pieds avancer sur les dalles de ciment. Les lampadaires étaient devenus des étoiles. Quand on les regardait, c’est eux qui bougeaient. Mais quand j’en fis la remarque, Carl disait que ses pieds avançaient en reculant. « C’est comme si j’étais Michael Jackson ». Théo a dit que la main de Maude était le chemin de tous les chemins. « C’est ça l’amour ». Se marier, c’est regarder à deux la même télévision.

Ceux-là s’entendaient tels deux larrons préparant le même coup. Nous savions que ça finirait mal et qu’ils allaient un jour vivre dans une banlieue de la ville avec une maison propre comme un cent trempé 24 heures dans du cola. Mais le malaise fut rapidement assoupi et disparut dans les limbes du trafic et de ses lumières lancinantes. Puis  nous nous sommes fondus dans le parc. Et pendant des heures nous avons dansé sur des empilages de  feuilles. Craquantes comme des biscuits soda. Maggie,  qui parlait peu, a dit qu’elle écrirait son nom sur une feuille puis recollerait la feuille à l’arbre. Mais la feuille ne tenait pas. Elle a tenté de glisser la racine dans une petite trouée, mais rien ne marchait. Rien. La feuille se détachait de l’arbre. Alors, elle a dit qu’elle  scannerait la feuille et l’enverrait à l’autre bout du monde, là où il n’y a que du sable et des maisons bombardées transformées en débris qui enterrent les enfants. Puis on s’est amusés en inventant des pensées :

«  Nous sommes les  feuilles d’un dieu qui est un arbre ».

«  L’âme est une racine qu’on ne voit pas mais elle  prend  la main des autres arbres, en secret ».

«  Je suis un prince sans rire ».

Les feuilles tombaient, et parfois doutes petites. Petites  comme les enfants dans les guerres des adultes. Des œufs d’humains.Des Mozart assassinés ou des employés de Wal-Mart   Il y avait autant de feuilles mortes que les victimes de la Grande Guerre. Guerres des tranchés de la gorge. Guerres économiques laïques ou religieuses. Les hommes sont fous de la tête aux fêtes.

Les feuilles s’alanguissaient et tentaient de s’agripper à l’air pour ne pas mourir. Avec une petite gifle de vent, parfois, l’une remontait transportée d’espoir pour replonger ensuite,  piquer du nez  vers le sol. Quand les feuilles roussies s’entremêlaient aux cheveux de Maggie, elle riait, riait, riait.    Ce soir-là  je suis devenu le petit prince amoureux de la belle Maggie. Je l’ai entrevue quémander de l’aide à  la fenêtre de son château de pierres et de peurs. Help!  J’ai vu son âme à travers la lueur de ses yeux. Quand elle m’a prise par la main, je suis devenu sa feuille préférée. Des frissons ont poussé dans/et avant l’hiver dans mon cœur  de pierre ( parole de chanson). Je l’ai embrassée avec ma langue d’aspic, car je m’étais promis de ne jamais « faire union ». Libre comme le ballon  qui n’aspire qu’à respirer de l’air. Mais elle  était belle comme une auto sortant du garage, Honda, Ford, Toyota, Cadillac, j’étais fin prêt pour un long parcours.

Nous irons, s’il le faut, aux Shetlands, une île sans arbres, faire pousser de la laine de moutons.  On habitera une chaumière en pierres tressée de lierres, et nous ferons un âtre et des êtres. Un bébé à babounes dont nous prendront soin comme d’un avenir. Il sera pleurnichards, sautillant, et plantera des « non, non, non » à trois ans.

Puis on a valsé dans le froufrou des feuilles. Pas de bateau pour jouer à Jack et Rose, mais une mer de feuilles en froufroutement  sous nos pas.

Ce matin-là, après la cuite et la pizza, c’est l’œil de Maggie qui est sorti du drap. Elle était nue comme dans  les vers de Verlaine.

Elle jouait avec sa chatte
Et c’était merveille de voir
La main blanche et la blanche patte
S’ébattre dans l’ombre du soir

Quand je suis allé me raser le matin, dans le miroir était écrit un poème :

« Je t’aime »

J’ai trop ri en me rasant : je me suis coupé le rebord des lèvres, excité, un peu tremblotant.

© Gaëtan Pelletier

Le Dépotoirium, Chapitre 5

Le Dépotoirium, Chapitre 4

Le Dépotoirium, Chapitre 3

Le Dépotoirium, Chapitre 2

Le Dépotoirium, Chapitre 1

Une réponse à “Le dépotoirium, Chapitre 6

  1. Eh bien voilà. J’ai rigolé même si ce n’est pas drôle et je n’ai pas pleuré même si c’est triste. Consciente de communier par delà les frontières de l’imagination, là ou le réel se moque de lui-même, j’ai lu avec plaisir, comme si je n’avais eu qu’à faire l’effort de garder les yeux ouverts. Surtout n’abandonnez pas la route des splendeurs et des misères et merci de la décrire avec autant d’images.

    Bonne journée:)

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