Le Dépotoirium, Chapitre 1

 

1

 

INTRO

Après avoir écrit son texte Carl c’était assis devant son écran d’ordinateur pour visionner une émission américaine : La vie sous zéro, un documentaire relatant les aventures de ces gens venus s’installer aux  fins fonds de l’Alaska.

Pendant une scène durant laquelle un chasseur abattit un caribou, une fois la bête abattue, le chasseur se pencha sur la bête, au corps encore chaud, et la remercia :

« Merci de donner ta vie pour que continue la mienne ».

Et Carl prit son sandwiche au jambon, en retira la fine lamelle de viande, l’étala près du clavier et la remercia :

« Merci, beau porc, d’avoir donné ta vie pour me nourrir ». Le jambon était effiloché, mais Carl l’éfaufila davantage pour en tirer une bouillie informe.

« Dire que ça a déjà couru ».

Il se dirigea vers le frigidaire et en retira une tranche de fromage jaune.

« Dire que c’est sorti du pi d’une vache. Je suis béat devant la nourriture commerciale. »

Il décida d’aller chercher ses écouteurs. Mais pendant qu’il marchait, son esprit, dit-on en formule consacrée, vagabondait.

« Les grands prédateurs économiques, maintenant maîtres des pays, font la même chose avec les citoyens : ils ne voient pas le vivant, celui qui marche, aime, coure, ils ne voient que le résultat d’une bête de somme qui leur permet d’amasser des sommes astronomiques d’avoirs réels. » À ces mots, il s’arrêta net. La porte du frigo resta longtemps ouverte, la tête de Carle enfouie dans l’appareil. Il entendait ronronner. Cela lui rappela une phrase de Nietzsche

« État ? Qu’est-ce, cela ? Allons ! Ouvrez les oreilles, je vais vous parler de la mort des peuples »

Il se dit qu’il était temps d’aller au lit, dormir. Cette idée lui reviendrait plus tard.

Mais elle ne revint jamais.

Carl dormit comme un loir.

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     C’Est quand il  fait noir qu’on écrit. Quand il fait bleu, on reste dehors à flâner, à mélanger la bière et le soleil, la bile et l’émerveille.  On écrit la nuit, non pas parce qu’elle porte conseil, mais parce que ceux qui le font dorment. On se fait maquis de la guerre économique. La guerre économique c’est le Peuple VS les politiciens, VS les multinationales, ces guerriers anonymes aux multiples acronymes.  Nous sommes des révoltés, des ados attardés, des lions en peluche. Plus de la moitié de la planète se promène avec un chiwawa qu’ils ont élu, soutenus par des cannes blanches.  On aimerait les désaveugler, les redresser, arracher   leurs yeux de moutons  tondus et retondus, les dessiller, parce qu’ils sont embrouillés  de par la télévision et les fringants Goebbels, eux aussi élus.

    Il y a en ce moment un cosmonaute dans l’espace qui dit que la Terre est belle. C’est comme une belle madone bleutée  avec une robe ronde. Il a dit que c’est si beau que c’est de là qu’on se rend compte qu’il faut en prendre soin. On se demande pourquoi il n’est pas allé cueillir les petites fraises des champs ou simplement regarder  les papillons : on dirait des peintures qui ne trouvent pas de musées.  Pour bien voir, il faut avoir les yeux sur terre. Alors, Carl et moi, quand nous étions enfants, on ramassait des cailloux, des cerises sauvages, et on faisait l’élevage des lombrics.

    Il faudrait des millions  de guillotines pour nettoyer cette planète de la chiure inhumaine qui cache des parcelles de terres et de vies dans des paradis fiscaux ou autres dépouillés d’âmes, serviteurs inconscients :  des têtes de P.D.G, des Premiers Ministres, des Présidents, des acteurs de second cerveau, des à-plat-ventristes qui rêvent de devenir des Crésus. Il y en a tellement à abattre que nous manquons de mots.  Mais nous n’avons que les mots. Le froissement des mots au lieu des tranchants d’épée. La toute petite magie de l’internet, cette manche de magiciens en train de tout avaler.

Tous anti-américains que nous sommes. Tous contre cette secte au centre du monde, aplanissant  toutes les couleurs des hommes.  La planète sèche, rapetisse, craque, emportant avec elle des millions d’empoisonnés, de brisés par ces petites âmes qui nous regardent de haut.

   Quand mon père est né, il y avait de l’avenir. Maintenant il semble que l’avenir soit passé. On aimerait vivre de notre clavier comme les écrivains vivent de leur plume.  C’est un rêve. Car on risque de finir empalés au lieu d’emballés. Il ’y a plus d’amour, seulement de la haine. Pis encore, de l’indifférence.  Il n’y a plus de place pour les poètes, pour les philosophes, et le seul drapeau qui reste est celui du dollar.  Il y a de la place pour l’entrepreneuriat et autres insignifiances pour garnir le vide des âmes. Les nouveaux Christophe Colomb n’ont plus de bateau pour naviguer dans les mers salées, mais ils  ont, en fait tout l’appareillage allié à l’État, comme le furent les robes noires qui vinrent convertir les sauvages. L’éreintant conformiste mène le monde. Que reste-t-il de l’humain?   Quand le dernier travailleur aura bâti le robot qui pourra fabriquer des  robots, ce sera le dernier job de la planète. La baleine bleue est en train de disparaître et nous avons noté que depuis une dizaines d’années  la mouche domestique est absente. On s’ennuie de la mouche bleue qui tourne autour du pot de miel et des milliers de jurons pour la faire fuir. On s’ennuie de la tuer et de la voir s’écraser, plate et écœurante, s’éviscérer de son ventre jaunâtres, purulent  à nous lever le cœur.  Maintenant, on tape sur des politiciens à coups de pages numériques.

— On devrait mettre en vente notre tapette à mouches rose sur Ebay. Elle est désormais bonne pour la destruction créatrice. Ou bien la pendouiller au mur, comme une arme inutile.

***

   Aujourd’hui, Théo est allé chercher une baguette de pain et est revenu bredouille. La boulangerie est fermée depuis  une semaine. On ne pourra plus parler à Rémi de la pluie et du beau temps, des nouvelles du jour. Rémi le boulanger est sans travail.  Une grande surface a pris la place des trois boulangeries. Demain, une autre prendra la place de cent boulangeries. Il n’y a plus de travaux pour les belles mains de Sabine qu’on regardait pétrir le pain au point d’être jaloux de la pâte.  Sabine se cherche un emploi. La fille de Rémi avait de beaux yeux verts qui s’en iront ailleurs. Loin. Et loin ça n’a pas de distance. Loin, c’est loin des yeux, loin des mains, loin du chœur. Enfant, je me disais : j’aimerais ça être un oiseau pour voir le monde d’en haut, les arbres, les maisons, les piscines rondes et bleues. Maintenant, on doit dire : j’aimerais ça être un drone.

Autre temps, autre meurtre.

***

     Il faut vivre ses petites brûlures. Il faut être intelligent. De l’intelligence qu’a besoin nos sociétés. Il faut démonter toute la mécanique des arnaques. Nous sommes légions, tels les moustiques des forêts de l’Abitibi.  Alors, nous sommes rivés à nos écrans d’ordinateurs pour créer un journal dans  le but  de changer le monde. Nous nous grattons le crâne comme si nous avions des poux. Mais les poux sont devenus aussi rares que les baleines bleues dans le fleuve Saint-Laurent. À force de gratter on est devenus des  « hirsutes », la mèche tout de travers et les ongles qui râlent comme si on tentait de déchirer un tableau noir. Les humains sont las, fatigués, dévidés.

***

     C’est jeudi. Nous  sommes rivés à nos écrans pour trouver des idées. Du vin et des jeux. Divins et des Zeus. Avec ça, la vie est belle. C’est ce que nous avons trouvé de mieux pour nous occuper.   Même qu’on vote : on ixe à tous vents. Rien ne sert, rien ne se crée.  Ils disent que c’est de la politique. Nous, on dit que ce sont des vendeurs du temple, des comptables de multinationales. Des représentants du peuple, mon ail! Ils puent de la bouche, même à travers l’écran de télévision.  On aimerait être naïfs, on se donne le qualificatif, mais, en fait, on souffre d’être des brûlés. On a nos pansements à fleur de cerveau.  On respire à petits souffles comme des femmes en train de mettre au monde un nouveau né. Comme si,  par le vote, nous étions, chacun d’entre nous,   un spermatozoïde capable de construire un monde nouveau. On irait bien faire tout le trajet le long du Saint-Laurent pour ramasser le plastique, les sacs de sandwiches, les verres de carton, les serviettes hygiéniques, mais on est trop paresseux. On aime rester assis et le crier sur notre nouveau site web,  vomir sur la toile. On est des artistes après tout et avant tous.  Alors, notre journal sera baptisé : Le Dépotoirium . Il faudra des citations et des citations pour convaincre Monsieur Lambda. Tous les vieux se font un plaisir de citer Nietzche et la race de génies passés en ce monde.  Ecce aux mots! S’écria Théo.

     Assis  devant nos écrans, le beignet à la main, le cœur qui chatouille l’estomac : on l’a notre local et notre journal citoyen. Il ne reste qu’à trouver des sponsors pour vivre à ne rien faire sinon que dénoncer.  Si on fait patate, si on crève, tant pis. Si on passe des nuits debout à digérer et à rédiger, tant pis. On aura fait dans la vie ce qu’on aura voulu faire. L’important ce n’est pas de participer, mais d’être. Maude c’est fait tatouer le bras : Meilleure avant 04, 2069. C’est tout dire sur son tempérament et son penchant les chers…

     Pour le moment nous sommes dans l’appartement de  Carl : une montagne   de saletés, de détritus multicolores, un désordre immobile. Mais on y vit tout de même à cinq,  et la femme de ménage s’est barrée. L’appartement a dû être lavé quand le déluge est passé. Il attend le prochain déluge.  On vient tout juste de sortir du local et on a une faim de loup.   Maude vient d’écrire un article qui va en dessiller  plusieurs demain matin. C’est une belle fille avec des rondeurs qu’on aurait envie de palper et elle le sait,  car elle passe son temps à se photographier, la langue plus longue qu’un bouchon de circulation sur le pont Jacques-Cartier!   Elle passe deux heures par jour avec son amoureux, un  latino,  qu’elle a rencontré dans une belle galerie d’art d’une artiste qui s’est fait mourir à coups de pinceaux. On a eu pitié d’elle. Alors tout le monde accoure pour savourer les délices de son art. Maude trouve ça ridicule. Elle se plaint des gens qui veulent devenir célèbres  Hier, elle s’est révolté contre l’épaisseur des téléphones. Alors qu’elle passe son temps sur son portable, fenêtre ouverte sur le monde. Ça tapisse son cerveau comme la chapelle Sixtine. Quand le grand Michel Ange barbouillait son chef-d’œuvre pour le pape et la grandeur d’une religion.

     Théo    s’en va vers le frigo et sort une pizza congelée à 2.99$ achetée dans un magasin  grande surface.  Sur You Tube, quand il a vu comment était fabriquée  la pizza, il constaté que  la pâte de tomate venait de Chine, en barils, comme le pétrole.   Des milliers à l’heure. Fini l’artisanat et la grosse italienne qui pâte avec amour!  Les bras de la mondialisation n’ont pas de cœur!

  Ça ne l’a pas troublé. Il ne s’est pas levé pour hurler car son estomac avait pris toute la place.  Ses cellules grises sont tombées en bas de leur chaise et sont restées  amorphes sur le plancher. Mais il n’en a rien à cirer : pas même le plancher. Alors il s’attable seul, avec sa pizza aux épinards, mince comme l’idiotorial du journaliste qui a craché sa bave contre le président des États-Unis. Il l’a bouffé en 10 minutes, avec un cola, puis il a mis le cola dans un bocal en se disant que plus tard il lui servirait à dérouiller son vieux tournevis rouillé. Il m’a confié  qu’il était amoureux de Maude.

     Pendant longtemps, on a cherché un nom pour notre journal-citoyen. C’est Maude qui l’a trouvé.  Théo a dit que c’était  génial. Mais Théo qui n’a pas la langue dans sa poche la plus souvent dans la bouche de Maude. Elle n’a pas de morale. Si elle en a une, elle l’a laissée au vestiaire, car elle se promène souvent quasiment nue.   Quand on aime, tout est intelligent. L’intelligence est aveugle. Celle du cerveau a des yeux trop maigres  pour la beauté de ce monde.   Théo  n’a rien d’un poète.  Il a étudié en droit  pour en apprendre les rouages et la rage et, comme bien des avocats, et  les utiliser à bon escient, pourvu que l’essentiel soit le soi escient.  Il ne s’est jamais vêtu d’humilité, d’aussi proche que je le connaisse. On a grandi ensemble, on a bu nos premières bières ensemble, on a parlé de nos parents ensemble. Mais son ego est une fable de Lafontaine. Il est poudré d’arrogance. Il sent l’arrogance à une des lieux à la ronde. C’est une mouffette d’arrogance. Des fois, on le nomme Théo Crapaud . Non seulement il est bouffi, mais il change de peau et se colore en minauderies pour mieux cerner et capturer son auditeur. . Il connaît toute la gamme des sourires enjôleurs. C’est le Mozart des sourires enjôleurs. Il joue de l’enjôlure, un instrument à vent de la famille des claire et nette. ( le jeu de mots est de lui)  Et ses longues dents blanches éblouissent et hypnotisent. Je l’ai connu à la maternelle. Il vieillit comme un ordi : Absolescent programmé. Il pourrait avoir une carrière de panache dans la disfonction publique.  Son père a déjà  quelques  doigts de pied dans la flaque d’un parti fédéral. Tous des boas boueux. Sa maman cultive des orties et des œuvres de charité.

    À minuit, on a tous regardé l’écran de l’ordinateur et les premiers  articles apparaître. À défaut de champagne, Carl a brassé sa bière. Le mur était ivre. On a rapidement oublié l’incident. Trop nerveux et excités. Des gamins dans un grand parc qui fait le tour de la Terre grâce à la magie de l’internet et des millions de serveurs qui surchauffent et polluent. Comme dirait un mélange de La Palice et Proust : « Nous l’ignorâmes  jusqu’à ce que nous le l’apprîmes. »

« Je n’ai pas eu le temps de pondre longtemps », dit Maude.

Les deux économies

Pendant, cher gens du peuple,  que vous achetez un produit, le prix du produit est maintenant pour deux causes :

  1. La compagnie qui le vend doit faire un profit pour vivre. C’est ce qu’on fait les hommes de tous les temps.
  2. La compagnie qui le vend doit engranger des surplus non plus pour vivre mais dans le but d’avaler une autre compagnie plus petite qu’elle ou plus grosse qu’elle. On pourrait la nommer : la néo-capitalisation.

Tout ce système bi-libéral est la trouvaille du milieu du 20e siècle pour une seule cause : le capital. Le bibi-capital. Alors, ne vous surprenez pas si la compagnie qui aspire votre avoir a un énorme et anesthésiant aspirateur est à deux tuyaux.

Il n’y  pas que deux « capital ». Il y a une division totale entre le monde de la finance mondialisé et les pays. La finance mondiale gruge une grande part de vos avoirs par le crédit à la consommation, par la délocalisation, par tous les moyens possibles. Bref, il y a la finance qui n’a aucun pays. Et elle est devenue si puissante qu’elle dépasse désormais pour le pouvoir et l’avoir, tous les pays. Elle est assassine.

***

      Le lendemain, on a tenté de décoder l’article. Maude, en camisole et désinvolte, buvait son café au lait sur une table aussi dégoûtante que ce monde.

     Théo se frotta le menton.

     — C’est court.

     — C’est court, mais plus personne ne lit des articles ou des livres  trop longs à part les intellectuels qui passent à la télévision avec leurs œuvres  codées : les intellectuels parlent aux intellectuels. On dirait un message pour la résistance de la seconde guerre mondiale.

     — Où as-tu pris …cette idée?

     — J’ai lu des textes, picoré des phrases et j’ai tenté de faire un résumé. C’est tout…

     Elle disait ça sans se soucier de ce que nous pensions… Copie?

     — On dirait un texte emprunté…

     — Tout est emprunté. C’est simple : votre bande de savants ne sait pas faire court. Ce sont des fervents bigoudis de connaissances. C’est pas mieux que moi qui passe chez la coiffeuse. Eux, ils passent à travers toute l’histoire et leurs grands écrits sont tout frisés.

     Elle dévorait ses crêpes congelées, sirupait son café, et ne nous regardait pas.

     — Faire court?

     — Oui. Vous ne changerez rien si vous n’écrivez pas des textes qui résument des millions de mots, des centaines d’idées, ou je ne sais quoi. Mais ne comptez pas sur moi pour vous faire des thèses sur l’internet. Sinon, j’écrirais pour Le Devoir ou Le Monde. Ça ne m’intéresse pas parce que ça ne change rien. Je veux trouver un gars riche qui me fera vivre. Point barre! Vous les gars, vous pensez que ce sont nous les compliquées. Bad News! C’est vous. Et les femmes de carrière sont devenues des hommes déguisées en femmes….

     … Je ne vais pas me faire d’amies dans le monde du féminisme. Je constate que vous me croyez légère. Soit! Je le suis. C’est un choix comme un autre. Mais ce n’est pas parce que je suis légère que je ne comprends pas. Même si vous refaite l’histoire du petit chaperon rouge en cinq volumes, vous arrivez à la même conclusion. C’est  que vous devenez ennuyants.

© Gaëtan Pelletier

Interdiction d’utiliser en partie ou en entier.

2 réponses à “Le Dépotoirium, Chapitre 1

  1. Bien écrit !

    Amitiés
    Gene

    PS : Et sur le G7, t’en penses quoi ?

    • Bonjour Gene
      Eh! Ben! J’habite à moins de 50 km de ce G7. On nous a cassé les oreilles pendant 6 mois sur cet « ÉVÉNEMENT ». Une blague de 600 millions de dollars. 50 clôtures et une dizaine de manifestants perdus avec une pancarte. « Vous avez le droit de vous exprimer ». Certes! Mais si ça n’a aucun effet, rien ne sert de pancarter.
      Il y avait des radars pas loin d’ici pour surveiller le ciel. Débile! Le petit village était bouffi de policiers, d’agents secrets et d’un attirail de fous.
      Amitiés! Gaëtan

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