Pierre-Esprit Radisson, blanc ou indien?

 

 

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Extrait:

Est-ce pour lui reprocher son manque de dureté ? Radisson est arraché à sa “famille” éplorée. Il rejoint le quartier des suppliciés : “J’observai un groupe de ces misérables, battus de coups, couverts de sang, et brûlés. Un pauvre Français, respirant encore, après avoir été anéanti par les coups de bâton, passa entre les mains de cette foule enragée, laquelle, voyant qu’il n’en pouvait plus, lui coupa la tête et la jeta dans le feu.”
Dans son récit, recueilli bien des années plus tard, en présence d’un auditoire européen avide de détails, Radisson s’attarde avec complaisance sur la description des tortures : chairs rôties avec des haches chauffées à blanc, ongles arrachés, doigts écrasés, tranches de chair mises à griller, testicules coupés (“les femmes jouent avec comme avec des balles”), scalps… “Quand ils voient que le misérable se meurt, ils l’ouvrent et lui arrachent le cœur ; ils boivent de son sang et lavent la tête des enfants avec le reste pour les rendre vaillants.” Son tour arrive. On lie Radisson à un échafaudage, on le crible de fléchettes, on lui arrache encore quelques ongles. Sous peine de l’achever, on le somme de chanter. Puis il est conduit dans l’une des “longues maisons” du village. Là, attaché à un poteau, il connaît un moment de répit, mais a le malheur d’attirer l’attention d’une mère de famille pleine de bonnes intentions pédagogiques : “Une femme vint avec son fils, l’incita à me couper un doigt avec une pierre à fusil. Le gamin n’avait pas quatre ans. Il prit mon doigt et se mit au travail, mais en vain, parce qu’il n’avait pas la force de me casser les doigts. Ainsi mon pauvre doigt en réchappa, n’ayant aucun autre mal de fait que de la chair coupée. Sa mère lui fit sucer le sang qui coulait de mon doigt.”
Le lendemain, c’est un groupe de vieillards qui prend le relais : “L’un d’eux s’assit à côté de moi, une pipe d’étain allumée à la bouche, prit mon pouce, le mit dans le tabac brûlant, et ainsi fuma trois pipes l’une après l’autre, ce qui fit que mon pouce enfla, et l’ongle et la chair devinrent comme du charbon.”
Plus loin d’autres tortionnaires s’affairent : “Ils brûlèrent une Française ; ils lui arrachèrent les seins et sortirent un enfant de son ventre, le firent cuire et le donnèrent à manger à la mère.”  Marie-Hélène Fraïssé,   Radisson, Indienn blanc, agent double

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7 réponses à “Pierre-Esprit Radisson, blanc ou indien?

  1. Je m’en veux d’être allée au bout de ma lecture, poussée par une fascination morbide et malsaine…

    • Les Iroquois étaient sans pitié et annulent le mythe du « bon sauvage ». Scalper était une pratique usuelle. Les Hurons était un peuple plus pacifique… Dans l’ensemble, toutefois, le livre est remarquable.
      Bonne journée!

      • michèle PETITJEAN

        Désolée pour ma réaction, je suppose bien que le livre ne décrit pas que des tortures: lesquelles d’ailleurs n’ont pas grand chose à « envier » à celles de l’inquisition et à tant d’autres … mais je trouve terrifiant que ce soit inculqué à tout un peuple, dès le plus jeune âge…

  2. Je dois admettre avoir été frappé par autant de cruauté. Scalper était déjà suffisant pour moi… Et c’est ce que nous connaissions tous des amérindiens.
    Les tortures des nazis pour …faire parler ou certaines cruautés encore « vivantes » en Afrique et ailleurs dans le monde font en sorte que nous oublions jusqu’à quel point persévère cette barbarie et sous toutes les formes. Tuer des enfants à coups de drones, bien vêtu, cravaté, est soi-disant « propre ».
    Mais il n’y a pas que du mauvais en ce monde… Tant mieux. C’est presque se demander qui l’emporte.

  3. Le « troisième acte » débute au cours de la nuit : les assassinats de chefs protestants se transforment en massacre généralisé de tous les protestants, sans considération d’âge, de sexe ou de rang social. Alertés par le bruit et l’agitation de l’opération militaire, les Parisiens les plus exaltés se laissent emporter par la peur et la violence. Ils attribuent à tort le trouble nocturne aux protestants et se mettent à les poursuivre, pensant agir pour la défense de leur ville. Ce serait pour cette raison que le tocsin aurait sonné à la cloche de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, proche du Louvre, tocsin rapidement repris par d’autres clochers de la ville7.

    La tuerie dure plusieurs jours, malgré les tentatives du roi pour la faire arrêter. Enfermés dans une ville quadrillée par la milice bourgeoise, les protestants ont peu de chance de s’en sortir. Leurs maisons sont pillées et leurs cadavres dénudés et jetés dans la Seine. Certains parviennent à se réfugier chez des proches mais les maisons des catholiques tenus en suspicion sont également fouillées8. Ceux qui manifestent leur hostilité au massacre prennent le risque de se faire assassiner. Le massacre touche également les étrangers, notamment les Italiens9.

    La floraison inopinée d’une aubépine dans le cimetière des Innocents au matin du 24 août perçue comme un signe divin renforce la conviction du peuple du bien-fondé de l’épuration. Le cadavre de Coligny, retrouvé par la foule, est émasculé, plongé dans la Seine, où il pourrit trois jours avant d’être pendu au gibet de Montfaucon10.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_la_Saint-Barth%C3%A9lemy

  4. Voilà de quoi me rasséréner 😉

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