Archives mensuelles : novembre 2016

Sylvain Cossette ( Si Dieu existe )

La Terre: une usine en feu

 

Image illustrative de l'article Sedna IV

«Au commencement, on croyait qu’on allait changer le monde, qu’on pourrait apporter certaines solutions. Mais les désillusions ont commencé à s’infiltrer.»Et avec elles, la peur. Notamment, celle que la machine climatique s’emballe avec la disparition des miroirs refroidisseurs que sont l’Arctique et l’Antarctique. «En 2002, nous avons fait une traversée épique du passage du Nord-Ouest entre les glaces de l’Arctique. Nous sommes retournés au même endroit, à la même période, 13 ans plus tard. Il n’y avait plus de glaces, plus de banquise, plus rien.» Autre sujet d’inquiétude pour le biologiste: le blanchiment des coraux et la santé générale des océans. « Un milliard d’humains dépendent du poisson pour survivre», rappelle-t-il.( Jean Lemire)  Cyberpresse 

Nous avons reçu un paradis et nous en avons fait un dépotoir.
GP

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Le constat de Jean Lemire est sans équivoque: nous avons atteint un point de non-retour. La régulation du système climatique de la planète pourrait s’emballer et avancer l’heure du réchauffement. Dans cette ère de marchandisages à outrance, les prédateurs sophistiqués dépassent largement les capacités des politiciens figés dans leur lenteur extrême à réagir. Leur pouvoir réel est mince et leur ouverture d’esprit…filigrane ( finement ajouré).

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Nous avons laissé, abandonné nos destins à des machines à produire de la richesse. Point. Le soi-disant intérêt humaniste n’existe plus dans le libre-échange . Déjà, il y a des millénaires, les marchands avaient contrôle sur la vie politique et les décisions. Aujourd’hui, cette marchandisation poussée à l’extrême, énergivore, a déséquilibré la vie. Ce n’est pas la fin du monde, mais la fin d’un monde et l’arrivée d’un autre étrange: le désert. Désert d’eau, désert de nourriture, désert d’emplois, et comportement erratique d’un climat affolé. Désert d’âmes…

Le nazisme planétaire

Nous voilà victime d’un nazisme planétaire. Victimes d’un banditisme systémique qui aura tout chamboulé  jusqu’à la fin, stupide au point de n’avoir pas prévu  sa propre fin. L’humain est depuis longtemps la matière première des troupeaux de carnivores économiques. Pour ce faire, il faut manipuler l’esprit humain:  la première opération est de monter la trousse du parfait occidental,- nouvelle religion matérialliste-,  de créer une descendance de carnivores vorace et efficace pour le bien du 1%.

 Dans une lutte absurde et suicidaire de cette guerre économique qui prévaut depuis quelques décennies, la nouvelle race de cerveaux a déchiqueté le tissus social du monolithisme des pays. Cerveaux  de dirigeants d’entreprises et cerveaux étourdis de participer aux grands projets du virage numérique en plus.   On aura pris soin de robotiser au préalable l’humain fasciné par la machine. On aura sculpté une linotte pour le besoin de la « cause ». La marchandise avant l’homme… L’être humain et le soldat d’un projet mondialiste. En fait, il n’en est que l’esclave, peu importe son rang.

Personne, on dirait, n’a remarqué le beau copier-coller du règne nazi  « de l’autre siècle » et celui présent d’un système fourmillant de fripouilles à tous les étages de l’immeuble Terre.  Et pourtant, il est flagrant. Le projet d’un Hitler n’était pas celui de son peuple. Le projet de la mondialisation n’est pas celui des peuples… Il est celui d’une race de mégalomanes appliqués dans une discipline et un art architectural de la tromperie. Il fallait ouvrir les frontières…  Nos politiciens les ont ouvertes. Pour notre bien… Et ils l’on eu…

L’arrogance du politicien et sa dégoût du   populisme 

A s’en tenir à l’étymologie, le populisme consisterait en une tendance politique tendant à favoriser indûment les opinions du peuple au détriment des élites. Etre populiste, dans le sens où ceux qui l’emploient cherchent à le faire comprendre, c’est user de démagogie: flatter les opinions et préjugés populaires en les suscitant et/ou les exacerbant pour mieux manipuler la foule. Faire croire au peuple qu’il a raison et est un recours. Le Figaro

On peut faire simple: le peuple s’oppose à certains développements ou directions des élus. ( Projets pour la plupart élaborés par les acteurs économiques).   Alors, la classe politique accuse en quelque sorte le peuple d’incompréhension. Il n’y a pas loin de l’autoritarisme, le petit cousin du facisme.   Faut-il jouer avec les mots? Le peuple est devenu stupide ?   C’est sans doute un précédent dans l’histoire de la politique dite démocratique que de traiter son peuple de crétin en un mot dévié: populisme. C’est discordant, arrogant et  et haineux.  D’un profond irrespect. Trouvez les mots…

L’échec total 

Ceux qui rêvent d’un redressement en quelques décennies, peuvent continuer de rêver. Outre la masse de mauvaises nouvelles et de l’enclenchement inéluctable du phénomène du réchauffement, il ne suffit pas de taxer les pollueurs, action d’un simplisme déconcertant et incompréhensible en terme d’efficacité. Il faudrait non seulement ralentir la locomotive emballé du supposé progrès mais remplacer les formes de production d’énergie qui sont là pour satisfaire à la demande croissante d’une surpopulation rêvant d’accéder à une richesse et un train de vie à la mode étasunienne. La robotisation est en train d’anéantir ce rêve  en détruisant le monde du travail par amputation du travailleur. On sabre, pour les besoins. Et les besoins, c’est le profit.

Le monde à venir

Il n’existe qu’une seule chance de réussite: c’est l’échec et l’autodestruction du monstre économique qui pourrait se mutiler par ses propres politiques et pratiques d’une économie qui relègue l’humain au rang du simple boulon. Car le monde des travailleurs , délivrés de la terre et de la sueur, assujettis à des structures devenues incompréhensibles et incontrôlables, sans alternatives, est en train de refaire en format planétaire la crise de 1929. Dans le roman Les raisins de la colère  de Steinbeck, le résumé de l’histoire est une version compressé de ce qui s’en vient.

L’intrigue se déroule pendant la Grande Dépression (crise de 1929) et le lecteur suit les aventures d’une famille pauvre de métayers, les Joad, qui est contrainte de quitter l’Oklahoma à cause de la sécheresse, des difficultés économiques et des bouleversements dans le monde agricole. Alors que la situation est quasiment désespérée, les Joad font route vers la Californie avec des milliers d’autres Okies (habitants de l’Oklahoma), à la recherche d’une terre, de travail et de dignité. Les raisins de la colère 

 À la recherche d’une terre, de travail et de dignité… On attendra dix ans pour la reprise économique: la guerre… On fera fondre les chaudrons qui nourrissent pour en faire des balles, des obus, dans le but d’anéantir le projet ( encore un terme à la mode)  d’un mégalomane entourés de fripouilles   Dans le contexte actuel d’un vieux mode de structure du monde du travail, ( le grand rêve du fordisme à salaire garanti)  de reprise économique, l’illusion est parfaite,  car on a au moins gardé une certaine surface glacée et miroitante pour subjuguer les peuples par le biais des politiciens.

En 2030, bonne nouvelle: pas un Titanic ne pourra couler à cause d’un Iceberg descendant du Nord. Mauvaise nouvelle: le réchauffement climatique arrimé au libre-échangisme sera chaud au point de faire fondre le « gagne-pain » des humains et par ricochet, les humains.  Ce qui donne – on peut bien rigoler – un nouveau verbe amalgamé:

Je fonds,
Tu fonds
Ils font

Il existe une expression pour signifier la folie de l’Homme: perdre le nord.  Eh! ben, on est en train de le perdre pour de vrai.

Gaëtan Pelletier

L’odyssée des illusions, de Jean Lemire. Éditions La Presse. 215 pages. 39,95 $.

 «L’environnement, ce n’est pas juste un titre qu’on ajoute à une fonction ministérielle. Il faut des gestes. C’est bien beau d’être populaire, de prendre des selfies et de déclarer que le Canada est de retour, mais quand on voit que le gouvernement Trudeau s’apprête à approuver le projet de pipeline, je m’interroge. On en est encore là? Les petites mesures, les petits gestes ne suffisent plus. Est-ce qu’on va finir par faire ce qu’il faut pour empêcher le pire de se produire ? Parfois, j’ai peur que non.» Jean Lemire

Investir dans les violons

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Et si on investissait dans les violons au lieu de nous apprendre à jouer du  canon?

Gaëtan Pelletier

Paul McCartney – Beautiful Night

Les ogres de barbarie

L’orgue de Barbarie est un instrument de musique mécanique à vent classé dans les orgues. Il fait partie des « automatophones », terme qui englobe tous les instruments destinés à produire de la musique par des procédés mécaniques.

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L’autre jour est apparu à la télé un grand type remplie de connaissances comme un stylo à billes l’est d’encre. Et pas une bavure. Il nous a annoncé le futur, dite 4e révolution industrielle. Une nouvelle génération nourrie aux microprocesseurs. Ils ne parlent pas comme nous, les humains. En fait, ils sont comme robotisés déjà. Amputés du cou aux pieds. Le cerveau écrasé et fondu dans le numérisme (sic). Je pense avoir vu la nouvelle génération, la Z…. Après ça plus rien.  On ne sait pas à quoi servira le petit simplet des mortels après  ÇA.

Une véritable orgue de barbarie. Il nous en chante avec du vent des les doigts. On le dirait si fier de son cerveau que ses cellules se tapent dans les mains. Ce doit être le Thomas Edison du 21ième  siècle. Mais il y a des hic dans cette supposée révolution:

« Le poids de la perte d’emplois, comme conséquence de l’automatisation et la désintermédiation de la quatrième révolution industrielle aura un impact relativement équitable entre les hommes et les femmes, 52% des 5,1 millions d’emplois perdus d’ici 5 ans concernant les hommes et 48%  les femmes », met en avant ce rapport alarmiste. La 4ième révolution numérique synonyme de chômage. 

On est déjà en train de se faire chômager et à se faire carrément chier. En Suède, le système est déjà« parfait», – manière de parler -, car dans ce monde de plein emploi il faut devenir l’esclave de la grande machine à faire vibrer les banques. J’en conclus qu’une banque ça doit jouir. Même si le mot n’est pas approprié. Les soldats, du marcheur jusqu’au démarcheur, de l’adjuvant au général semblent tous des adhérents à ce système suicidaire. « Vous ne manquerez de rien,  (sauf votre liberté». 

Les ogres affairistes sont en train de nous bouffer l’âme par la transhumance  de la créature magique humaine vers un champ gris, numérisé. Oubliez vos chakras. Oubliez même vos bras, vos doigts et vos mains. Vous allez virer numérique. Et vous allez crissez des souliers. Comme dans les films de Jason Bourne.

Le placement dans un seul portefeuille: le cerveau. Une manière de voir la nature humaine dans une ignorance de couloir. C’est la charcuterie annoncée. Même s’il pleut des artistes comme des chats de gouttière ou des sitologues aguerris, on n’y peut rien. Hurlez, criez, chantez , pancartez, et jouez les savants en barattant des écrits distingués, c’est useless. Bref, inutile. Vous écrivez sur un piège de bois avec une mine sculptée par le faux pouvoir du combat.

On dirait bien que le monde du travail est un charnier rose. Le défilé des vendeurs de systèmes à massacrer les humains ne fait que commencer. On vous dira que le reste est avenir… La berceuse planétaire est en marche. Les ogres ne savent pas qu’ils se bouffent eux-mêmes. Ils ignorent ce qu’est « un autre »….

Gaëtan Pelletier ,
sushi chantant…

Qui l’eût cru…

P.S. : Je m’en vais jouer du roman dont voici un court extrait:

Le soldat fonde une famille, puis le lendemain retourne au « travail » tuer… des enfants

Cohen

cohen

 

source inconnue: Facebook

La « cuillèrée » de poésie

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Hector de Saint Denys Garneau

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À 16 ans, je me suis mis à écrire de la poésie. J’avais lu Rimbaud et Baudelaire et oups! Frappé par la foudre! En dessous de ces poèmes ce cachaient des âmes qui « savaient ». Ils savaient que la beauté de la Vie réside en les amours, les échecs, les amitiés, et la dureté de la vie. la poésie comme le raccourci du savoir, le plus beau qui passe plus de temps dans un monde autre que celui-ci.

Comme s’ils étaient nés avec la cendre encore chaude d’une mort ancienne, d’une autre vie…

SAULES

Les grands saules chantent
Mêlés au ciel
Et leurs feuillages sont des eaux vives
Dans le ciel
Le vent
Tourne leurs feuilles
D’argent
Dans la lumière
Et c’est rutilant
Et mobile
Et cela flue
Comme des ondes.
On dirait que les saules coulent
Dans le vent
Et c’est le vent
Qui coule en eux.
C’est des remous dans le ciel bleu
Autour des branches et des troncs
La brise chavire les feuilles
Et la lumière saute autour
Une féerie
Avec mille reflets
Comme des trilles d’oiseaux-mouches
Comme elle danse sur les ruisseaux
Mobile
Avec tous ses diamants et tous ses sourires.
Hector de Saint Denys Garneau

 

C’était en 1937.

La poésie? Je ne sais ce que c’est vraiment. Du moins de ces échanges et analyses des universités qui se passent le savoir et la « culture ».

J’avais 16 ans. Le  yeux grands comme accrochés aux étoiles. Et le cerveau pas encore souillé par le vent fougueux du matérialisme et de l’esclavagisme de l’esprit.

C’est assez pour une vie.

En attendant la Vie.

Écrire, c’est  comme guérir son âme de toutes les infamies du « monde ».

En Occident, on a le luxe d’écrire. Souvent, ailleurs, on a le luxe de manger à sa faim. Toute vie est unique. Et on ne sait ce qu’on apportera de ce 13 grammes dont on parle. Peu importe.

Je sais seulement qu’on n’a pas su faire de toute la poésie de l’Univers et de la petite planète un long récital philosophique, analyste, pour finalement n’attendre que la fin du monde.

 

On vit maintenant sur un cactus, comme des tout petits cactus. Peut-être que c’est ça faire vivre un désert de par quelques serpents qui pourriront un jour. En attendant, la plus grande école du monde, on la détruit pendant que j’écris.

Mais tranquillement, la résistance est là sous toutes ses formes.

Le maquis des cultivateurs contre Monsanto.

Oui, le monde crie et écrit tel  un chœur.

C’est la force des voix rassemblées, bien mieux que le x trompeur…

 

Gaëtan Pelletier