La « cuillèrée » de poésie

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Hector de Saint Denys Garneau

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À 16 ans, je me suis mis à écrire de la poésie. J’avais lu Rimbaud et Baudelaire et oups! Frappé par la foudre! En dessous de ces poèmes ce cachaient des âmes qui « savaient ». Ils savaient que la beauté de la Vie réside en les amours, les échecs, les amitiés, et la dureté de la vie. la poésie comme le raccourci du savoir, le plus beau qui passe plus de temps dans un monde autre que celui-ci.

Comme s’ils étaient nés avec la cendre encore chaude d’une mort ancienne, d’une autre vie…

SAULES

Les grands saules chantent
Mêlés au ciel
Et leurs feuillages sont des eaux vives
Dans le ciel
Le vent
Tourne leurs feuilles
D’argent
Dans la lumière
Et c’est rutilant
Et mobile
Et cela flue
Comme des ondes.
On dirait que les saules coulent
Dans le vent
Et c’est le vent
Qui coule en eux.
C’est des remous dans le ciel bleu
Autour des branches et des troncs
La brise chavire les feuilles
Et la lumière saute autour
Une féerie
Avec mille reflets
Comme des trilles d’oiseaux-mouches
Comme elle danse sur les ruisseaux
Mobile
Avec tous ses diamants et tous ses sourires.
Hector de Saint Denys Garneau

 

C’était en 1937.

La poésie? Je ne sais ce que c’est vraiment. Du moins de ces échanges et analyses des universités qui se passent le savoir et la « culture ».

J’avais 16 ans. Le  yeux grands comme accrochés aux étoiles. Et le cerveau pas encore souillé par le vent fougueux du matérialisme et de l’esclavagisme de l’esprit.

C’est assez pour une vie.

En attendant la Vie.

Écrire, c’est  comme guérir son âme de toutes les infamies du « monde ».

En Occident, on a le luxe d’écrire. Souvent, ailleurs, on a le luxe de manger à sa faim. Toute vie est unique. Et on ne sait ce qu’on apportera de ce 13 grammes dont on parle. Peu importe.

Je sais seulement qu’on n’a pas su faire de toute la poésie de l’Univers et de la petite planète un long récital philosophique, analyste, pour finalement n’attendre que la fin du monde.

 

On vit maintenant sur un cactus, comme des tout petits cactus. Peut-être que c’est ça faire vivre un désert de par quelques serpents qui pourriront un jour. En attendant, la plus grande école du monde, on la détruit pendant que j’écris.

Mais tranquillement, la résistance est là sous toutes ses formes.

Le maquis des cultivateurs contre Monsanto.

Oui, le monde crie et écrit tel  un chœur.

C’est la force des voix rassemblées, bien mieux que le x trompeur…

 

Gaëtan Pelletier

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