Confession d’un oiseau

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Par-delà les frontières
Les prairies et la mer
Dans les grandes noirceurs
Sous le feu des chasseurs
Dans les mains de la mort
Il s’envole encore

Plus haut
Plus haut
Le coeur est un oiseau

Richard Desjardins

***

Quand j’étais tout petit, je voulais être grand. Il y avait une église à 50 mètres de la maison. J’y allais chaque matin du mois de mai. C’était le « Mois de Marie », la mère de Jésus. Je me disais que je grandirais de par l’intérieur. Mais je ne le savais pas encore parce que je pensais que tous les humains voulaient grandir de l’intérieur. Comme si le seul grand projet de la Vie était de se rendre meilleur pour un monde meilleur. Dieu n’avait rien à voir dans le « projet ». Du moins pas celui des cérémonies des chrétiens qui avaient génocidé des cultures toutes belles et liées à la Nature. L’église était tellement grande pour le petit village qu’elle pouvait prendre tout le village et le faire chanter à minuit ou aux Pâques. Je ne savais pas à l’époque qu’on avait en quelque sorte soutiré des petits paysans qui élevaient des vaches, des poules et donnaient autant à la bâtisse frisonnée d’or leurs avoir pour accéder au ciel. Pas pour des vierges, pour le paradis à la fin des jours. Ou l’enfer si quelqu’un avait le malheur de trop boire ou de coucher avec la voisine. Maintenant, c’est devenu un sport de petits bourgeois: boire et sexciter.  Aujourd’hui on a le palais dans le palais… C’est notre petite église intérieure de citoyen. Pour l’heure, on va tous prier dans le charme discret de la laïcité. C’est bizarre que les laïcs s’entre tuent avec une belle foi robotisée camouflée dans l’âme des hommes.

J’allais à l’église pour découvrir ce qu’il y avait au fond de l’âme. Maintenant, les gens vont aux banques, aux institutions, aux gouvernement, et ils donnent de plus en plus pour les guerres… Sans trop le savoir… Car on donnait il y a des siècles, à L’Église,  énormément d’argent pour aller convertir les sauvages comme les américains vont dans le monde convertir les peuples à leur fausse démocratie.

À force de vouloir convertir, on tue. On tue tellement qu’on tue les oiseaux, les belettes, les lièvres, les tigres, et la mouche domestique. En fin de compte, toute la Terre…

L’homme est une arme assisse qui tient une arme. Pour tuer quelqu’un, il faut ouvrir l’œil  et tirer. Pour faire vivre quelqu’un, il faut fermer l’œil et prier. Et pour en tuer plusieurs, il faut croire…

C’est comme ça que j’ai compris que la plus belle ambition du monde était de devenir comme l’oiseau: voler, habiter un arbre, et chanter…

Gaëtan Pelletier

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