La douleur du ciseau

Je n’ai eu qu’un seul neveu : le fils de mon frère, décédé à 52 ans. Ce fut la première personne que j’ai vue mourir devant mes yeux, dans une chambre d’hôpital. Nous étions, en apparence, complètement différents. Rien ne semblait nous lier, sinon la révolte intérieure  que chacun exprimait à sa manière. Mais nous nous aimions…

L’une des lois de la vie que l’on doit appliquer est la suivante : ne jamais juger. Juger c’est un acte fasciste. Car la compréhension de cette existence ne passe pas par la  si chère compréhension intellectuelle de notre ère, elle nous perce l’âme, nous la cloue.  Qui connaît réellement le « fonctionnement » de cette vie? Nous qui croyons « comprendre », que comprenons-nous?

La douleur, elle, nous apprend à comprendre. Et parfois, certains en ont toute leur vie.

Je me souviens qu’à dix ans, mes parents avaient une vie difficile. Autant matérielle que dans la dimension explosive des relations humaines où chacun est différent ou parfois semblable, mais exprimant à sa manière la similitude cachée.

Vivre est un acte héroïque. Chaque douleur nous sculpte, chaque attention aux détails de cette existence nous aide à comprendre un peu, dans un dessin embué le sens de cette vie.

Nous sommes tous pris avec le développement de nos âmes, les autres, mais tout cela à travers le prisme des sociétés qui parfois marquent au fer rouge le « citoyen ». Je déteste ce mot, car un citoyen n’est pas un humain, c’est une manière de compter un animal, une bête de somme.

L’intellect sépare. L’amour unit. Mais l’amour n’est pas qu’une émotion. Il est un effort d’abandon de soi et de sa perception de la Vie.

***

Ceux qui partant, ceux que l’on a aimé, nous ne savons pas où ils vont.

C’est la grande roue de la vie. Cette vie qui réussit par miracle à nous faire croire que nous sommes une éternité dans un petit véhicule de chair.

Il est des moments pour rire, d’autres pour pleurer. L’eau et le volcan. La tranquillité et l’assurance des matins tranquilles, des jours heureux.

Mais il y aussi cet inévitable « fin de vie ». Le plus étrange est cette illusion et cette possibilité de passer à travers tous les gens qui partent.

Rester n’est qu’un banc provisoire pris pour l’éternité.

C’est là un grand mystère de la Vie.

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Dominic a perdu sa mère. À travers cet écrit ( je l’ai laissé tel quel), ce petit messages sur Facebook, le dessin d’une âme comme devraient être toutes les âmes. Comme le sont les gens simples, et sans doute de grandes âmes cachées.

La douleur est un ciseau qui nous sculpte….

Dominicus Hrodbergan

« chaque jour quand je me lève, a chaque fois j’espère que cette journée est la bonne, la journée ou enfin j’accepte ta mort . mais ce n’est jamais le cas, le noir n’est jamais plus pale que la veille. ce qui me rend le plus triste, c’est tout le mal que la vie et moi t’avons fait . toi qui n’as jamais connu la paix, qui as souffert du jour de ta naissance jusqu’au jour ou faible, triste et seul tu as mis fin a ta vie de misère. toute ta vie tu as eter cette femme malade a qui la vie refusait le bonheur et pourtant tu tes battu durant toute ces années pour des miettes de bonheur. et moi qui croyais que tu étais égocentrique, toi qui même a travers ta souffrance tes donner le mal d’élever un enfant . je m’en veut a moi et au reste de ta famille, je nous en veut de ne t’avoir jamais compris et de ne t’avoir jamais donner l’amour que tu méritais et avais tant besoin …. j’en veut a ceux dans notre famille qui t’accusaient d’être en train de faire mourir ta mère, j’en veut a tout ceux qui ton laisser tomber, moi y compris…. ont as beau ce croire fort mais nous ne sommes rien si nous ne pouvons pas aider les moins chanceux qui nous entourent ….. toute ta vie tu cherchais l’amour, un peu de fierté et de reconnaissance a travers la honte et la souffrance de tes maladie. et maintenant tu n’est plus, je n’ais plus de mère . la dernière fois qu’ont c’est parler , avant de raccrocher le téléphone, tu me criais que tu m’aimais et que tu aimais mes fils et moi je te répondais froidement …. je vais devoir apprendre a me pardonner, ce que je vais tranquillement commencer a faire . maintenant que tes funérailles sont passer et que les hypocrite de ma famille ont terminer leurs petits show ridicule. le deuil c’est comme ca que ca s’appelle je crois la période ou nous réapprenons a vivre sans une personne qui nous étais essentiel . tu vivras maintenant dans les souvenirs des gens qui ton aimer même si présentement tout les beau souvenirs que j’ai de toi sont obscurci par la douleur de ta mort, je ne t’oublie pas et ne t’oublierez jamais, toi qui m’as donner la vie et m’as aimer de mon premier souffle jusqu’à ton dernier . je t’aime ma mère, aurevoir. »

Dominic

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Gaëtan Pelletier

24 avril 2013

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14 réponses à “La douleur du ciseau

  1. Nous ne pouvons commenter des souffrances humaines. Mais nous pouvons, et nous devons, accueullir ceux qui souffrent…les aider du mieux que nous pouvons. Oui, nous ne pouvons pas juger…

  2. « L’une des lois de la vie que l’on doit appliquer est la suivante : ne jamais juger. Juger c’est un acte fasciste »

    Juger est un acte anodin, observer une chose, en penser quelque chose, même sans le vouloir ; le danger c’est de prendre ce point de vue pour définitif ; le drame c’est de vouloir l’imposer aux autres.

    Nous pouvons juger, et nous jugeons que notre jugement est subjectif.

    « « citoyen ». Je déteste ce mot, car un citoyen n’est pas un humain, c’est une manière de compter un animal, une bête de somme. »

    Que ces mots sont rudes à ma perception ; le mot est tellement galvaudé par le contexte, se considérer chacun responsable des choix qui affecteront la vie de tous doit nous grandir, nous éloigner de l’arbitraire instinctif, de notre condition ontologique première d’animal grégaire ; un citoyen est un animal conscient de son état, un animal qui veut devenir un humain, un animal qui s’accorde la possibilité d’être humain, un humain en devenir ; enfin, ça c’est tel que ça devrait être.

    • Très beau et bon commentaire. Je pense que le mot citoyen désigne une sorte d’être sans âme… Esclave? Je ne sais… Mais ça semble ne pas avoir de lien avec la vie…
      Bonne journée!

      • Quel mot donnerais-tu pour qualifier l’être humain en devenir au sein de la structure sociale (avec pour axiome que la structure sociale ne vise pas à l’asservissement mais à contrario l’émanciper de sa condition animale) ?

      • En aurais-tu une plus facile? 🙂 En un mot, je n’en ai aucune idée. Le mot serait un nom: Jacquard. La réponse est dans ses écrits.
        Bonne journée!

      • Et tu n’avais pas de réponse plus simple ? 🙂 Je ne vais pas me taper toute l’œuvre de Jacquard pour pouvoir dialoguer avec toi…

        Bonne journée à toi.

      • La question est trop complexe pour résumer en un mot une réponse… 🙂 Si tu pense que oui, donne-moi une piste…Bref, aucune idée. Jacquard disait: « Jamais sans les autres ».

      • Tu sais le pire c’est que quand je l’ai écrite je me suis pas rendu compte, mais c’est vrai j’aurais pu rajouter « vous avez 4h » ^^

        Beh le mot qu’on utilise habituellement c’est citoyen (je te fais pas toute l’étymologie mais en gros c’est être impliqué dans la gestion du foyer, puis de la cité, puis de la nation, etc.) ; je comprends que tu puisses le voir comme tu le vois ceci dit puisque en terme d’implication concrète le citoyen cru 2015… lol…

        Mettre un mot sur la définition c’est pas le plus important, si on est d’accord sur la sémantique le vocabulaire c’est secondaire ; et ça s’accorde parfaitement avec le « Jamais sans les autres » puisque c’est donner du sens à la structure sociale et reconnaître le rôle que nous lui avons dévolu (par corollaire notre rôle dans la structure), comme l’enjeu c’est l’émancipation des êtres humains de notre condition ontologique primaire (d’animal) ça concerne forcément tous les humains.

      • Une dernière chose, faut nommer un chat un chat, pour moi ce que tu perçois (avec raison) c’est l’aliénation de la notion de citoyenneté, donc en aucun cas la citoyenneté ; voilà, c’est tout.

        « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde » Camus

  3. et quand vous parlez de mourir cette pensée me vient…

    Des fois cela ressemble plus à la douleur d’un marteau qu’à un ciseau !

    Les lettres fondent… il ne reste que plein d’images :O)

    • Merci Koyote pour les images et la pensée de C.S. Lewis… En plein dans le mil. Mais avec cette ère matérialiste, beaucoup n’ont qu’un corps… C’est l’inquiétude de certains de « disparaître »… Enfants, j’ai eu des expériences étranges qui m’ont montré le contraire.
      Bonne journée!
      Cette fois, je vois que tu as pu placer des images. 🙂

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