Archives quotidiennes : 10-octobre-2015

Le poète

Jardin_de_la_vallée_suisse_-_Le_Rêve_du_Poète_Alfred de Musset-CP

Monument à Alfred de Musset

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Poésie urbaine capitaliste
Regard sur l’économie de maux
Dis se sert-on de la société
Essai de tir à la cible
Recueil format empoche
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Quand il est mort le poète
On a fumé son coeur,
Distribué sa pensée
Un peu de monnaie aux infidèles
Vêtus de regrets rentables,
Qui portent aux lèvres les mots précieux
Et qui de leur langue parfumée
Lèchent sans pudeur le sang qui les a fait naître
Puis le cul du roi des poètes disparus
Qui édite heure après heure les mots abandonnés
Mea maxima profita de la langue belle de l’oubli
Et des largesses qu’elle procure
Aux jours sans péchés, privés de grâce
Meat maxima coula la seule tristesse du roi:
Les excès de liquidités
Lui servant de larmes

Quand il est mort le poète
Le roi publia ses os
@registred
Et il fit de ses mots le matin du magicien
Qu’il remplaça par l’an nuit
Vie sans vie
Mots sans maux
Mot dit nous
Par rime ou valeur
Par frime ou par ailleurs
Que rapportent les mots sans os
Vent les emporte et les sème
Au pays des mots trahis
Et des portes blindées
Dont l’accès se compte en chiffres
Que les mots ont fait naître
Pour l’intrus venu récolter
Les livres calculés
Auxquels il appose le sceau de réserve
Achetant la plume et le coeur d’une même mesure
Ainsi soit dit
Ainsi soit fait
Code barre en épilogue

Quand il est mort le poète
On a vidé ses entrailles
Volé ses secrets
Tué ses soupirs
Puisé ses phrases
Tamisé ses mots
Reconstruit son univers
Pour qu’il vive malgré tout
Et produise sur tablette
Les escomptés bénéfices de sa légende
On a joint des hommages
Qu’il ne lira pas
Car un poète disparu n’a que faire de la faim des vivants
Les lettres mortes servant d’inspiration
Aux affamés infertiles
Que la valeur des mots embrase plus que le sens

Quand il est mort le poète
Il avait distribué sa vie à coup de mots
Auxquels il donna passé, présent, futur
Conditionnels à chaque battement de coeur
Ligne après ligne
Un camé de l’âme
Il s’était payé un vol plané
Par-dessus les puantes heures
Des programmés du temps
Il emporta son pays
Sa ville, ses amis, ses amours
Distribuant aux amants éternels
La nourriture de son âme
Il donna sa chair à cultiver
Un rang de chair, un rang de culture
dépecée, autopsiée
Livrée par livre
Cent mots par écu
Sang mots pour le cul du roi
Qui flatte depuis sa signature
Telle une corne d’abondance
Qui augmente la valeur des mots

Quand il est mort le poète
Il avait violé les coeurs
Abusant des lèvres qui le murmuraient
Comme d’autres abusent des silences coupables
Son linceuil était sa vie
Exposée sur papier
Des centaines d’irrévérentes fois
Mariant pudeur et débauche aux pensées interdites
Qui traçaient la route des rêves
Sur ce papier stagnant
Où chaque mot devait sauter les pages
Pour trouver refuge ailleurs
Loin des pensée qui n’ont pas d’ailes et périssent

On ne pouvait dire au poète quand paraître
Ni quand disparaître
Des semaines et des nuits veillaient ses mots
Et le faisaient renaître au gré des étoiles
Dont il voilait l’éclat à ceux qui dormaient

Il avait bâti des maisons
Dressé des tables pour les amants
Défait leur lit
Payé l’amour sans prix
Tandis que son coeur et ses yeux voyageaient seuls
Il peignait l’espoir des invisibles nomades
traçant les routes de nulle part
Un livre à la Foi
Détaillant les splendeurs et les misères
Offrant le ciel s’il le fallait
Et l’océan si le ciel croulait
Mais lui seul quittait chaque fois le port
D’où son navire s’éloignait
Sans un regard vers la rive
Forçant les amants qu’il laissait derrière lui
A quitter le rivage
Sans bouée, sans repère,
Avec unique envie
De maîtriser le flot de ses mots
Pluie de diamants qui brillent sur de l’eau

Se prit dans les flots
Toute la poésie qui n’était pas écrite
Celle que les amants découvraient
Et dont ils n’osaient pas saisir le sens
De crainte qu’elle leur échappe
Au milieu de vagues redevenues muettes
Dont ils n’entendaient plus le gémissement
Des eaux qui grondent puis se soumettent
Emportant ce qu’on y a laissé
Tourments immobiles qui coulent à pic
Passions qui jaillissent et disparaissent

Puis son navire revenait du large
Poète au vent
Se grisant de toutes ces vagues
Qui avaient porté le trésor des amants
Qui ont pour maison l’amour
Y puisant les mots gardés secrets
Qui sans lui allaient mourir

Quand il est mort le poète
Il était si grand qu’on n’a pu l’enterrer
On enterra plutôt son étoile
Dans un grand champs de blé

ELYAN

Hommages particuliers à Gilbert Bécaud, Claude Léveillée, Emile Nelligan, Jacques Brel

Les boules à mythes

Grillons

Pour attirer les grillons, mélangez de la mélasse avec de l’essence de vanille ou du jus de citron dans de l’eau. Les grillons vont s’y noyer et il sera facile de s’en débarrasser. Bouchez les trous dans la maison par où ils peuvent s’infiltrer.

Cinéma grillons

Le chant des grillons n’existe plus que dans quelques étés chauds, mais mieux encore, dans les haut-parleurs des cinémas. Pourtant, dans les doux soirs d’été, c’est comme un chant doux dans les soirées picotées d’étoiles, assis sur un banc. On dirait un calmant pour la Vie. Mais on ne l’entend plus.

Amour

Qu’est de que l’amour des autres sinon que de voir? Qu’est ce que l’amour de soi sinon que de se voir à travers les autres.

Il y a dans les « autres »  qu’on est Car chacun est l’ensemble de ce moi soudés par tous les atomes du vécu.

En ce sens, il n’y a pas de pauvres, ni de riches, ni de laideur, ni de misère qui ne nous appartiennent pas.

L’amour pour l’Humanité est vraiment aveugle. Aveugle pour ceux qui, comme ces chevaux avec des ornières, s’en vont, enfermés dans leur vision.

Et le monde actuel est une complète et toxique culture de l’ornière. Toutes les sociétés – dites dirigées vers le bonheur par l’avoir est une civilisation ou l’érudition n’est qu’une armure de cottes de mailles comme en portaient les chevaliers de jadis.

L’apparence du solide a toujours été construite par la faiblesse des pièces.

Comme les pauvres qui rampent dans les sociétés. Ils sont la nourriture des riches cravatés, sans conscience, ignorant qu’ils sont nés des autres…ces « moi » cachés.

Tout est beauté

La beauté est cet amour où le mesurable n’est plus.
Krishnamurti

Elle frappe l’œil, sans que l’on comprenne. C’est la révélation pour qui se donne la peine de comprendre un arbre. C’est la révélation pour qui sait comprendre ce qu’est une feuille, une racine, un insecte, une pierre qui brille au soleil.

Ici des arbres. Comme nous… Car les autres sont le seul et la nourriture du moi. Personne ne se construit seul.

On aime la beauté non seulement pour l’art. Car l’art n’est qu’une recherche d’exprimer la beauté de ce tout que nous sommes. Et la littérature n’est qu’une veste somptueuse, vaniteuse.

Le pape n’est pas la sainteté. Le Vatican non plus. C’est la vanité clownesque, déguisée. Artificielle. Pompeuse et rétrécissant nos vues.

Les religions ont toutes leur Halloween. Ce sont des citrouilles de l’esprit. Tant qu’on cultivera l’affecté, la religion n’aura aucun lien avec les humains. Nous sommes des dieux ignorés. Mais la science, dans son art de rhétorique de cellules grises vous fera le chant des vérités « prouvées ».

C’est un grillon électronique, virtuel. C’est comme si le singe découvrait l’Homme.  Et sa capacité à fabriquer une arme avec une pierre au bout d’un bâton.

On n’a pas évolué… On est tous des Christ crucifiés sur la croix de la raison et de l’intuition.

Ce doit être ça le message.

La laideur

Mais tout est également la laideur et la peur dormante en nous.

On vous dira comment voir, comment ressentir, on vous vendra des recettes. Mais au fond, les recettes sont le travail du cuisinier de l’âme qui dort en nous. Quand on en a le luxe…

Cette femme a perdu ses trois fils. Elle a vécu pauvrement, elle est présentement démunie, et son petit logis est à vendre.

La beauté du monde c’est de perpétuer la Vie. La laideur, c’est de la tuer… On en tue comme ça des millions de gens chaque jour.

Elle est laide cette femme? Non. Ce n’est pas Angelina Jolie . Ou une autre… Il importe seulement que la laideur, elle aussi, a été créé par les « boules à mythes ».

La beauté est un amour qui n’a rien à voir avec les images. C’est un atome ou une somme d’atomes cachés.

Alors, on cultive l’aveuglement.

La richesse

Le gourou détruit le disciple et le disciple détruit le gourou.
Krishnamurti

Il n’y pas d’autre richesse pour les humains que celles que la nature leur a donnés. Mais, hélas, tout l’appareil des gouvernements actuels, les pantins frigorifiés, bien coiffés, ne cultivent que la pauvreté. Avec l’aide des « créateurs d’emplois »…

Il n’y a jamais eu autant d’esclaves sur Terre.

Tout ça à travers des faux développeurs de richesses qui prétendent cultiver ou essayer d’endiguer la pauvreté.

Ce sont là les papes de l’ère dite moderne. Ce sont elles, les boules à mythes… Un poison pour tuer la Vie. Car les autres sont des insectes à détruire.

Les sociétés ne cultivent plus maintenant que des carrières. Plus elles ont riches, plus elles créent un citoyen virtuel pris dans la toile de l’inconscience, les yeux vitreux, admiratifs, comme les faux prêtres de toutes les religions de la Terre.

Elles disent toutes : « Tu ne tueras point ». Mais au centre, au grand nombril, elles sont les pires armes contrefaites de l’Histoire de l’Humanité.

Elles disent : « Tu peux être un dieu ».

Alors, elles creusent l’orgueil et la vanité à travers les humains. Ce sont là des mines d’or pour ces assassins de la Vie.

L’être virtuel

C’est le tueur parfait. Il est intégré à toute la panoplie de la « science du savoir être et avoir par être et paraître ».

L’Homme actuel, dans son monde virtualisé, n’est qu’une pub gonflée. Faux. Javellisé. Décapité de ses émotions et… sans liens.

Comme un blog détaché de tous les blogs.

C’est lui, ce « savant », sous toutes couvertures, dirigeant, scientifique, exécuteur haut-gradé, survolté, affamé.

C’est le produit de tous les mythes que l’on vend sous le signe de détruire la pauvreté.

Alors que cet humain n’est qu’un bouffeur robotisé.

C’est à ça qu’on en est.

L’humanisme ne passe pas par l’argent.

Et si on vous enlève une seule grenaille de votre sol, vous êtes de plus en plus pauvre.

Et quand on vous vend du savoir de par les universités, vous devenez de plus en plus pauvres.

Plus on devient riche, plus on cultive la pauvreté.

Plus on se nourrit de cette nourriture putrescente des sociétés, plus, sans le savoir, on est bouffés comme des mites.

Mais on a soif de ce piège qu’est la boule que l’on rêve de devenir.

Être « quelqu’un » dans un monde où on ne cultive que du « rien » est probablement la pire chose qui a pu se produire dans l’Histoire.

C’est la raison pour laquelle on n’enseigne plus l’Histoire. Elle risque de vous réveiller  au fait que vous êtes nés dans un passé un peu compliqué mais bien pareil au fond.

Comme les arbres…

Le café instantané a été l’invention des années 1970.

On en a fait du progrès… Nous voilà devenus des instantanés en poudre,

Suffirai d’ajouter de l’eau pour se refaire.

Sauf que le gaz est en train de le remplacer.

On boira notre tasse d’athée, et on flambera dans l’Univers.

La grandeur de la vie n’a pas besoin des Hommes, ce sont les Hommes qui ont besoin de la Vie.

Gaëtan Pelletier