« L’homocueillus », une brève histoire des enfournés

Satan

Der Teufel steckt im Detail  (Friedrich Nietzsche) 

Cette expression nous viendrait, dans la seconde moitié du XIXe siècle, de Friedrich Nietzsche qui, probablement parce qu’il ne parlait pas couramment le swahili, l’a exprimée en allemand « Der Teufel steckt im Detail » ( Le diable est dans les détails)

Même si le diable y est cité, point n’est besoin de discuter de l’éventuelle dimension religieuse ou philosophique de cette expression, car une chose est sûre et constamment vérifiée : il suffit parfois du moindre détail mal géré dans un vaste projet pour risquer de le faire complètement échouer.

L’homo politicus 

« Le tyran allèche ses esclaves pour endormir les sujets dans la servitude. Il accorde des largesses à son peuple sans que celui-ci se rende compte que c’est avec l’argent même soutiré à ses sujets que ces divertissements sont financés. Ils font parfois, avant de commettre leurs crimes, de beaux discours sur le bien général et la nécessité de l’ordre public. D’autres utilisent l’artifice de la religion pour susciter la crainte du sacrilège, utilisant la tendance de l’ignorant à la superstition. La Boétie, dans un siècle pourtant marqué par les guerres de religion, distingue Dieu du pouvoir. Le pouvoir n’est pas d’origine divine, mais vient bien de la servitude des hommes. »  Wikipedia, Discours de la servitude volontaire, Étienne de la Boétie. 

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Une tribu quelque part…

Quelque part en Indonésie, une tribu à pour nourriture principale l’intérieur d’un arbre. À chaque fois qu’elle en abat un, elle en plante un autre. Ici, en Occident, dans une forme de viol continu,  on abat tous les arbres et on en plante quelques uns pour faire plaisir au peuple. Le reste est business…Et le reste de la business est allié à la politique. Et l’asservissement continue… (sic, avec un e…). Puis s’accentue. 

Là, dans la tribu,  on distribue la nourriture en parts égales sans égard  à un ordre social ou à un pouvoir quelconque. Là, il n’y a pas d’intermédiaire entre l’humain et l’humain. Le  contact est direct . Pas de paperasse, ni de machine administrative complexe. Et, surtout, pas de ces immenses organisations pour pomper la sueur des travailleurs.  À se demander si notre perte de plus en plus marquée d’autorité n’est pas liée aux monstres des organisations innombrables  et multiformes.  À se demander si nous ne  sommes pas « sculptés  » en Narcisse magico-technique hypnotisé par les titanesques chantiers qui finissent par être les murs nous séparent. Nous appartenons à des hyper-structures techno-chiffrières.  Nous étions, maintenant, pour être, nous avons ou devons avoir… Mais nos avoirs appartiennent à ceux qui font de nous des « creuseurs » de puits pour enfourner les avoirs dans des banques.

Dans le ventre des blandices (1) 

nazis en marche

Toute forme de pouvoir est possible de par nos faiblesses et notre absence de résistance ainsi que dans l’oubli de l’Histoire qui se répète. La servilité se construit également en séparant les êtres: fascination, envoûtement et … don de pouvoir pour créer une classe de soi-disant privilégiés     Ce « don » de pouvoir est une forme de « cadeau-poison » offert aux participants dans la forme d’un « devoir » à accomplir.  Toute forme de pouvoir se fabricote  par une chaîne dont nous sommes les mailles qui aspirent  à s’emparer de la chaîne. Le Tout.   C’est une forme de socioconstructivisme (2) masqué et viral de la personnalité. On distinguera aujourd’hui le nazisme du peuple allemand. On a oublié l’engouement aveugle, l’épidémie  d’admirateurs lors des premiers mois de la guerre 39-45. La puissance des armées était devenue contagieuse et appartenait désormais à la puissance du peuple et de chacun. C’était une forme de manipulation qui persiste encore aujourd’hui mais dont les buts sont différents: l’avoir, cette chasse aux biens des peuples, est devenu le sport mondial le plus estimé.

Plus l’eau du bain est sale, plus les derniers « baigneurs » sont souillés. Rappelons qu’au moyen-âge, chacun prenait son bain et le bébé étant le dernier, on jetait le bébé avec l’eau du bain. D’où l’expression…

La « mondialite » 

Il y a des causes incalculables et impossibles à tracer ou à cerner dans l’actuelle mondialisation sur l’effet de la personnalité humaine. De fait, plus personne ne contrôle réellement ni le destin des peuples,  ni la manière et les intentions de ces usines à fabriquer « du bonheur ». Nous ne savons plus de quoi notre  personnalité est construite, ni par « qui », ni comment. La masse pyramidales des causes invisibles est insaisissable. Nous sommes émiettés, brisés, dans cet énorme réseau bizarroïde, baroque et aliénant. Il n’y a plus de vision d’ensemble permettant une analyse et une conclusion tant les « intervenants » sont eux-mêmes ignorants des effets sur l’être humain. Mais qui donc s’en soucie? Notre pseudo partage de richesses est totalement ruiné par par la séquence pompeuse des intérêts des compagnies à numéros et des conglomérats tant sophistiqués et mouvantes qu’ils échappent aux analystes les plus futés. Le monde se bâtit  maintenant par des snipers économiques, par bribes, et toute analyse qui  néglige  les  facteurs invisibles devient cette forme de langage des vaporisateurs d’actualité que l’on retrouve dans les médias  La machine à construire vient de dépasser la capacité des penseurs et des analyses. On scrute le quotidien, mais peu souvent à travers la mémoire de l’Histoire. Dès lors, on ne fait qu’en répéter les erreurs et les horreurs.

Pour construire un monde nouveau, il faut comprendre celui dans lequel nous vivons. Or, il est depuis longtemps – et de plus en plus – crypté. Et volontairement crypté…  Personne ne peut comprendre l’arbre s’il se est aveugle des racines…

Les amis de l’anémie 

Dans ce « monde » brisé, nous assistons à deux fois la foi: le délire religieux est de plus en plus lié au délire social. Et les deux, emmêlés, forment une mixture explosive. Alimentés par un incessant mitraillage « d’informations équivoques », la vie quotidienne est un chaos permanent pour l’esprit et l’âme.   Nous cultivons des dieux à matière grise…

Notre  » richesse humaine » est en faillite. Nous somme amenés à nourrir – et de bonne foi – les conglomérats diviseurs éparpillés sur la planète. Pour les  nourrir, même le conformiste le plus agenouillé y parvient avec peine . Il ignore sa « victimisitude« .De plus, il méconnaît la  « source du mal », cet arsenic lentement distillé dans le tissus social.  C’est un intoxiqué de toute cette nourriture ballonnée.

L’anémie de l’être humain a la source dans les répétitives formules creuses et des idéologies  désuètes. Ainsi, on parlera de communisme, de gauche e ou  de droite, alors que les politiciens et les « penseurs » n’ont plus de réel pouvoir pour appliquer une idéologie dépassée.  Les grilles sont anachroniques et faussées. Comme les religions. …  Et le capitalisme interne inapplicable. Du moins dans son but hypocrite de recette de bonheur de campagne électorales successives et bavardes   Sarkozienne.

L’anémie consiste également  à persévérer à se nourrir constamment de ces dogmes obsolètes, de ces politiciens ventriloques et de ces grandissimes projets… à long terme. Il en est passé des bonheur sur les ponts des « longs termes » dans le passé… On vit tous dans ce cher « long terme » d’hier.

Guerres et plaies

On ne peut pas servir un dieu et tuer un humain. On ne peut pas servir un serviteur d’État qui se sert de dieu pour tuer des humains. Ce qui nous sépare est satanique, ce qui nous unis est dieu au sens pratique de qualité de vie, englobant la nature, sa compréhension, son respect. On ne peut pas tuer une fleur, abattre des arbres pour les transporter dans des banques sans faire une guerre à l’essence de la nature humaine. C’est toujours cet inévitable effet-papillon. On ne peut séparer la qualité du blé de la terre dans laquelle il a poussé.

On nous a amenés de gré ou de force et -la plupart du temps de force- , à un monde à être « un » sans avoir besoin des autres. Car la nomenclature des facteurs sociaux et maintenant mondiale qui  façonne  les humains est si complexe et si rapide dans ses développements noueux que nous ne pouvons en saisir l’ampleur. Alors, nous sommes rivés sur un ou deux aspects à la fois. Pis encore: cette mouvance de facteur échappe à l’œil et à l’esprit. Aux analyses « concentrées » sur un fait. Nous sommes enracinés et figés dans un monde de mythomanes et de structures complexes – le plus souvent invisibles -, sorte de toile d’araignée attrayante.Nous sommes un citoyen, non plus un  humain. Et pour rejoindre un humain, advenant un problème, la machine bureaucratique, paperassière et électronique est si broussailleuse et évanescente, que nous ne parvenons plus à un contact direct.

 «Tout être est une île, au sens le plus réel du mot, et il ne peut construire un pont pour communiquer avec d’autres îles que s’il est prêt à être lui-même et s’il lui est permis de l’être.» (3)  Carl Rogers

De souvenir de mes études de Rogers, « L’être humain est essentiellement social ». Or une   brisure de  par les colossales et étouffantes structures ‘divisantes’ réduit cette capacité et cette efficacité d’être en relations simples et saines. Nos structures sont maintenant « constructivistes » de mythomanes athées… On cultive le délire, l’ambition, la « réussite sociale ».  La classe moyenne est une chair-outil. (4)  Un produit d’usinage aux connaissances « permises » dans un monde de connaissances effacées. Délibérément effacées… Le cascadeur-doublure se prend pour la vedette. Dans un cinéma bien plus proche que chez-vous… En vous. Nous sommes les images qui roulent dans une bobine infinie. Les mythomanes scénarisent et nous jouons. La seule religion qui reste est celle de croire au développement de l’individu dans un système qui l’écrase.

 Noirceur et feux, ou l’inverse… 

Sapiens : Une brève histoire de l'humanité par Harari

 Ils  étaient adaptés à des tâches telles que grimper dans un arbre, cueillir des pommes, chasser un lapin ou chercher des champignons dans la forêt, Ils n’étaient pas adaptés à la pénibilité qu’implique le travail des champs, le fait de labourer, de récolter, d’apporter de l’eau, d’arracher les mauvaises herbes, ou d’autres choses de ce genre. ( Babelio

Yuval Noah Harari, dans une entrevue, admit que l’ère probablement la plus heureuse de l’humanité fut celle des cueilleurs-chasseurs. Mais il y a une transformation étonnante du nouvel « homocueillus » au 20 e siècle: celui qui apprend aux autres comment cueillir et qui les embauche pour cueillir ou pour chasser en leur donnant seulement une part de leur labeur. Défense de partager!

Bizarrement, l’étonnante découverte de « comment enfourner son prochain » est  semblable à celle du feu:  pétillante et explosive. L’alchimie bizarroïde du monde de la finance allumée  et frottée et de celui de la politique éteinte  nous a menés dans une noirceur spectrale: nous sommes tous devenus les fantômes de quelqu’un. Mais la grande réussite – qui est à la fois notre échec – est que l’on ne voit plus rien venir.  Mais, Oh! My God!, c e qu’on peut se lécher le narcisse en nous à pouvoir l’expliquer quand il est passé.

Il y a quelques décennies, on disait que la machine allait délivrer l’homme du travail. C’était diablement malin: il l’aura délivré au point de n’avoir plus rien pour vivre.   Mais le génie est de le faire lentement…

Le CV de la machine 

C’est ici l’abrutissement l’aboutissement total: l’embaucheur n’aura même plus besoin de lire les CV des « candidats ». Seulement sa fiche technique… Ce qui est sensiblement la même tâche que celle de traiter de celui de humains.

Pauvre LUI!…..

Gaëtan Pelletier

Quelque part dans le temps…

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1- blandices: Littér. Caresses; flatteries pour attirer, séduire; p. ext., tout ce qui charme, séduit.

2- https://fr.wikipedia.org/wiki/Constructivisme_social . L’article de wikipedia se perd dans la complexité des définitions appartenant au vocabulaire des spécialistes. Le constructivisme social est en effet bien simple: comment se construit une personnalité de par la multiplicité des facteurs incluant la capacité en soi d’être ou de demeurer critique face à toutes les formes de servitudes modernes? L’individu devient le modèle social idéal en autant qu’il se conforme. Voir le lien suivant: https://gaetanpelletier.wordpress.com/2012/12/02/le-fatiguant-conformiste/

3- Carl Rogers . Selon Rogers, les trois attitudes fondamentales du psychothérapeute (ou de l’aidant) sont l’empathie, la congruence et le regard positif inconditionnel.

4 – Ces riches et ces groupes qui s’approprient les richesses mondiales produites par les salariés. 

Il est naïf de penser que dans un tel système où « l’avoir dévié » est un progrès  de par un régime de vernis démocratique  réel et existant. L’ensemble de la classe ouvrière, des salariés et autres petites entreprises  « locales »,  sont désormais les nouveaux esclaves de l’ère « moderne ». Leur travail est emprisonné dans les fortunes diverses et concentrées. « Invisibilisées ».

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