Amenez-en des guns, des prisons, et de l’huile…

J’ai trouvé cette petite lettre dans Le Devoir. Personne n’y portera grandement attention : un « jeune » qui se plaint. Toutefois, on voit rarement un résumé aussi éloquent de la situation actuelle des sociétés. Pendant que notre asphyxié  national, M. de Harper, se plaint de la « désinformation » concernant les sables bitumineux- avec une argumentation qui aurait besoin d’une canne à cerveau pour « marcher avec une certaine signifiance »,- il reste à craindre que la génération qui va suivre pourrait poursuivre le même cheminement. Encore survivront quelques éclairés.

Mais il y a de l’espoir. On verra par la suite…

Selon lui, de la «désinformation» circule sur l’impact environnemental des sables bitumineux, mais la réalité est que les émissions de ce type d’exploitation sont comparables à celles des autres pétroles lourds, a-t-il dit.

Cette déclaration survient après qu’une importante entreprise alimentaire américaine eut promis d’éviter d’utiliser du carburant provenant des sables bitumineux albertains. ( S.Harper).

Quand les libéraux ont la rougeole

On trouvera un autre non-sens dans une colonne de la presse écrite, par des personnages bien en vue, qui trouveront que le salaire minimum au Québec sera trop élevé à 9.90$ (au 3 mai) l’heure. Source .  Dans ce « débat », on citera  le génie de Pierre Fortin, qualifié d’économiste. Je dirais plutôt que M. Fortin est un comptable à l’hélium. Sa règle du 45% du salaire moyen y est étayée avec soin. La profondeur de ces analyses est toujours faite de calculs à savoir où se trouve le portefeuille de l’épluché : la poche gauche ou la poche droite.

En fait, la plupart des économistes sont placés dans l’étroit compartiment  de la queue du rat, cherchant à  anatomiser la gueule du rongeur. Une dent à la fois… Par le squelette de la queue.

A)    Nuire à la compétitivité de l’entreprise

B)    Inciter les jeunes à quitter l’école

C)     Une hausse du salaire minimum fait augmenter les coûts pour les employeurs.

D)    « Nous devons soutenir davantage nos entrepreneurs, ceux qui assurent et créent véritablement les emplois au Québec. Nous devons leur donner les outils nécessaires pour prendre de l’expansion, ainsi, ces mêmes entrepreneurs seront en mesure de payer convenablement leurs employés! Chose certaine, ce n’est pas avec un salaire de 9,90 $ l’heure que nous pourrons bâtir une économie solide! »

Si on veut trouver des raisons du ralentissement économique, il n’en manque pas : il ne se passe pas un jour sans qu’une taxe soit relevée, ou autre moyen de « patcher » les grands trous des compagnies qui sortent du pays avec sa pillerie sous le bras.

Jadis, on chassait le castor pour la peau, maintenant on arrache la peau du travailleur par  et on le démolit  psychologiquement.

C’est la course aux « psys » comme ça l’est présentement dans le cas de la fermeture de l’usine d’Électrolux.

Si  pour les compagnies, les raisons évoquées sont évidemment les coûts de main-d’œuvre, dans certains cas il peut s’agir d’une manière camouflée d’augmenter les profits sans regard aux dommages faits à la classe ouvrière, ni aux « pays.

C’est mon opinion…  

Dans la série américaine, The good wife , les avocats doivent à chaque fois s’adapter aux caprices caractériels des juges. L’impartialité en prend un coup.

Une juge a ce leitmotiv qui revient sans cesse : il faut que l’avocat, à chaque argumentation, ajoute « C’est mon opinion ».

Une fois que les avocats eurent passé une fois  devant le juge, ils se fondent à ce tic et ajoutent : « C’est mon opinion ».

Il faut  se mouler au  pouvoir…

La couleuvre dans la vase. Mais je préfère l’anguille qui y dort, en eaux retirées, pour se lancer à la mer plus tard.

On est sournoisement passé à l’expression, « Il y a anguille sous roche» à « Il y a anguille sous vase ».

Le siècle des couleuvrés…

Mais il en est qui détectent rapidement le jeu de la couleuvre.

Le non-sens consacré

J’ai 20 ans et j’ai récemment pris la décision de lire activement la presse écrite. Je suis convaincu que, si un homme averti en vaut deux, eh bien, un homme informé en vaut six. Alors, je me suis mis à l’acte… et j’ai peut-être fait une erreur.

Entre le gouvernement provincial qui s’efforce de faire du Québec la nouvelle Sicile (donner carte blanche au privé pour Turcot! Qu’avez-vous mal compris, M. le ministre Moreau?) et les conservateurs qui nous imposent leur idéologie d’un autre siècle en défiant la logique même et le bon sens (C-10, C-33, Durban, name it!), j’ai sincèrement l’impression que nos dirigeants crachent au visage de ma génération en répétant systématiquement les erreurs du passé. À tous les niveaux gouvernementaux, on hypothèque l’avenir de la jeunesse pour permettre à nos bons amis de se remplir encore plus les poches ou pour plaire à un électorat arriéré qui a bien hâte de pouvoir recommencer à jouer aux cow-boys (amenez-en, des guns, des prisons et de l’huile!).

Je comprends maintenant les autres jeunes de s’intéresser davantage à ce qui s’est passé la veille à Occupation double qu’à l’actualité. Il suffit de lire le journal pendant une semaine pour avoir le goût de pleurer ou de tout faire péter.

Seule lueur d’espoir: l’utilisation des médias sociaux que font certains peuples pour combattre la répression, la tricherie et le despotisme. C’est à croire que Marc Zuckerber, par l’entremise de son site Internet fondamentalement superficiel et probablement malgré lui, a jeté les bases de ce qui pourrait bien devenir une démocratie 2.0.

***

Louis-Robert Beaulieu-Guay – Témiscouata-sur-le-Lac, le 14 décembre 2011

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2 réponses à “Amenez-en des guns, des prisons, et de l’huile…

  1. Bonjour Gaëtan. Idem en France. Il suffit de remplacer les noms de intervenants et il y a des situations identiques. On nous demandra bientôt de payer pour travailler. Les actionnaires seront ravis et on nous prêtera de l’argent à des taux négatifs…C’est pas beau?

    • Bonjour Hervé! Le québécois travaille 6 mois pour le « gouvernement » et 6 mois pour lui. Même si on travaillait 8 mois pour le gouvernement, je pense qu’il trouverait le moyen de trouver la situation normale.
      Aplanis par la bêtise de la mondialisation on dirait… Même dans les théories fumeuses de l’éducation…
      Bonne journée!

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