Archives quotidiennes : 30-juin-2015

Je suis la Grèce

SDF mondial

On pourrait se faire un collier avec tous les articles concernant les difficultés  financières (SIC) de la Grèce. J’en ai plein le cou… De quoi nous étrangler tous. Car, au fond, la Grèce, c’est nous. Nous qui travaillons, floués journellement  par notre petit mode de vie. Philosophie : La Grèce pour les nuls. On est tous en train de se faire rouler dans l’huile d’Olive Lagarde, tenancière du FMI. FMI , comme dans Famine Mon OeIl. Je sais, ce n’est pas évident… Je viens de passer chez l’optométriste…

Hélas! C’est dans le cerveau que l’on voit vraiment. Surtout dans l’âme… On ne peut pas être comptable planétaire et avoir une âme. Il y a du filou qui filoute pour enterrer les pays et l’Europe est en train de se faire varloper par la haute finance.

Un pays ce n’est pas un guichet. C’est un ensemble d’humains… À savoir  si à l’avenir il ne faudra pas cacher ses avoirs dans des chaudrons de fer. Avec 1% de rendement sur les économies du « petit peuple », on a intérêt à garder ses avoirs dans une marmite.

JE SUIS LA GRÈCE est plus fort et étendu que je suis Charlie. L’État Islamique fait des ravages, mais L’É.B. ( l’État Banquaire) encore plus. Chacun est une cible. Et tout petit avoir est à faire baver les chiens de guerre économique. Il n’y a pas que les berges des océans qui sont rongées par le sel… Il y a chacun d’entre nous, visés dans le futur – en format dommages collatéraux – par la meute planétaire.

À se demander si avant de retirer notre argent des banques il ne faudrait pas retirer le citoyen du pays… Le petit dicton dit: « L’avenir est entre vos mains ». Maintenant, il est entre les nains que nous avons élus, fantoches des faucheurs de pays.

Un jour, on sera tous amaigris comme la Grèce…

Gaëtan Pelletier

POIREAUX

Un jour j’ai jeté ma montre par la fenêtre…Et ma montre m’est revenue…

Un jour j’ai jeté mon chat 9 fois par la fenêtre pour qu’il ne revienne pas. J’en ai conclu que le temps n’était pas une chat.

Un jour j’ai ouvert le frigo pour savoir ce qu’il y avait dedans. Quelques tranches de vache morte assaisonnée…Un tombeau debout! J’ai paniqué…J’y ai mis mon cadran pour arrêter le temps .Le cadran s’est arrêté, mais le frigo ronronnait comme un chat . Ça m’a pris du temps à comprendre…

Un jour j’ai bêché la terre, pour y planter des poireaux .C’est si petit un poireau, on se demande comment on fera une soupe avec ça. C’est comme piquer une aiguille dans le sol au lieu d’un bras…

Ils ont pris un temps fou à venir…Les pluies se jetèrent sur eux, la sécheresse rida la terre, mais les poireaux étaient encore là …

Ils avaient pris un temps fou à venir.

Mais l’avenir on s’en fout…

Les poireaux sont-ils des chats?

Un jour, à l’automne, je n’ai pas eu le temps de les récolter

Je faisais mon Doc Jivago, je grattouillais le frimas des fenêtres, pensif et pensant, j’écrivais l’aura,poireautant vers les poireaux, las, je les laissai s’endormir.

Puisen mars, quand la neige, ce pop-corn d’eau,fut soufflée du soleild’un timide air d’été,les poireaux surgirent, la tête un peu flasque, en prière pliés,une couette verte, une couette blanche comme s’ils étaient allés se faire coiffer au salon d’un gay lonla , legay Desrosiers…

Curieux comme gazettier à potins j’ai décidé d’attendre, rien que pour voir ce que je pouvais apprendre des ans, de la neige et de la terre :les poireaux revinrent, plus forts encore et encore, un de mes sourcils se fronça…L’autre louchait…Mes deux yeux ne s’entendirent pas.

Les saisons firent des tours et des tours. Et moi, curieux, je fixais la tige sans jamais oser farfouiller les racines.Et je mourus au bord d’une fenêtre, les poireaux me regardant ni fiers, ni arrogants. Ils ne se questionnaient pas sur moi..

Je compris,un peu tard, le teint blanc,que j’entrais dans mon hiver…

Gaëtan Pelletier

Circa 1998