De ceux que l’on dit du « petit peuple…

L’homme est le travailleur du printemps,
de la vie, de la graine semée
et du sillon creusé
et non le créancier livide du passé.
.
Victor Hugo
« Les quatre vents de l’esprit »
***

Elle est étrange l’Histoire… Parsemée de bûches… Des branches du petit peuple… Ceux qui ont travaillé en esclave pour bâtir, par un nombre infini de noms invisibles tout ce qui s’est fait sur cette petite planète. 

Toute la Terre, ses « réussites », portent les empreintes de ceux qui sont six pieds sous terre… De la brindille à surchauffer les « grands entrepreneurs « … Des pyramides de Gizeh jusqu’aux armes les plus sophistiquées en passant par les cathédrales. Le « petit peuple »  est le cordage des mégalomanes délirants qui tressent leur gloire et estampillent leur nom dans l’Histoire.  

Dans les sociétés occidentales, on ne parle pas des abeilles, à peine de la ruche. Non. On parle du propriétaire de la ruche et des autres ruches à venir dans un développement sans fin jusqu’à la limite de l’empoisonnement de l’être humain-outil. Il y a autant d’océans dans les sueurs,  durant les millénaires,  qui ont mené le catégorisé béotien que les larmes salines des plages des océans tout réunis. 

Les gens du « petit peuple »  sont tous morts en adulant de faux prophètes.  Réduits en cendre. De l’Histoire véritable, on ne garde toujours que le squelette : quelques hommes, les bons, les mauvais, les monstres, les déracinés de la lumière.  

Un grand échiquier de milliers, voire de milliards d’années, le besogneux, parfois les yeux vitrés, voit des dieux lui faire de grands « projets » de société. 

Chaque humain est une flèche pour les fabricants d’armes.

Le petit peuple se fait violer son jardin de par les guerres. Déchirer de bombes  la terre nourricière. Pour vivre, certains s’en vont boulonner de l’attirail  guerrier et finir par se faire tuer par celui-ci. 

La vie continue. Le paysan refait la terre sachant  qu’elle est la suite d’une oeuvre d’une énergie innommable, tapie en un TOUT indéchiffrable. On doit mettre un nom sur ce qui dépasse la comprenette qui sculpte des monuments. Il faut un nom… À tout prix… Et de ce nom, on le dit compréhension. Alors que le « nommé » est né de cette intelligence naine et bornée. Car il est figé, glacé… Mort. 

L’être d’une seule lettre: X 

Le « petit peuple » a droit à un x.  Juste un x… De temps en temps… Un x aberrant, sans force. Chaque humain a toujours été la goutte d’un alambic monstrueux qui a toujours mené le monde au « progrès ». Le progrès en est rendu à la culture des banques. Faire pousser de l’invisible avoirs…  Emmagasiner de l’inutile.  Lequel? Celui d’un montage matérialiste. Le « petit peuple » est vampirisé de multiples manières. Exsangue et plumé comme une oie sans voix.  

X= mc2. Moi par célérité au carré. Tout doit aller vite… 

On ne n’efface  pas l’esclavage en inventant le vote démocratique. On donne une rallonge à la corde du rameur de cette immense et frauduleuse galère. 

Souvenirs d’un « petit peuple » à venir

Le tyran économique boomerang les 1 (un) qui fera son « tout ». Le « petit peuple » est une masse de « un (s) » et il organise la société de par un développement d’une croissance économique illimitée par le nombre illimité des êtres qui passent sur cette infime boule ronde dans l’espace.  Il agrandit son pays pour avoir davantage d’esclaves. C’est là sa vision des choses… Il ne sait ni stabiliser ni équilibrer, ni même concevoir l’équilibre de son cher concept de « croissance ». En fait, la croissance est celle de sa cécité. 

Souvenir du grand peuple 

On a le souvenir que de ceux que nous avons côtoyés dans nos vies, aimés, détestés, ou des visages tristes qui passent, ou celui des des gens heureux.  De temps en temps c’est le voisin, en d’autres temps c’est un souvenir brouillé collé au fond de notre mémoire. Tout cela s’emmagasine. Tout cela nous touche. Ce qui nous touche, ce qui nous élève ce sont nos rapports entre humains. Ce qui nous tue ce sont les rapports entre les grosses locomotives des sociétés : ils ont la force de nous tuer, mais souvent celle de ne pas se faire vivre vraiment.

Bref, ils n’ont souvent pas l’intelligence de l’amour, ni d’une compréhension profonde de la Vie. Ils sont rivés au concept de l’arc et la flèche… 

Je ne voudrais pas partir en laissant le nom d’une autoroute… Car je suis « un » de ce grand peuple. Un cultivant, ou tentant de cultiver les « un(s) ».  

On ne peut pas être fabricant de bonheurs et de désastres à la fois. Il n’existe pas de bonheur sans respect. Il n’existe pas de respect sans voir en cet « un » la grandeur de tout ce qui a été créé. Mais l’énormité de ce qui a été détruit ne l’a jamais été par le « petit peuple ». Le « petit peuple » rapièce tous les bas troués de l’Histoire depuis le début de celle-ci. 

***

Pour les hautains de la Vie, les aveugles, ceux qui n’ont pas de chiens pour les guider puisqu’ils  sont souvent les chiens qui se guident eux-mêmes, l’être humain n’est qu’une pauvre silhouette.

Et toutes les silhouettes s’en vont sous terre quand fait, le soleil, sa ritournelle de 24 heures de lumière.

On n’est pas trop « voyant » de l’autre côté de la Terre, ni de la rondeur – cet infini caché de la Vie. Quand tout un « savoir » est dans l’art d’organiser, c’est pauvre comme « vision ». C’est celle de l’ombre… Comme un beau dormir qui finit par tuer.  

Le « petit peuple » martèle ses clous, coupe le bois, sert aux tables, paie ses impôts, transpire, pour que la maison s’élève et reste debout pour des siècles. Il élève des enfants et est à genoux entre deux religions : celle de la Vie et celle de la société.

À servir des « dieux », il meurt un peu confus.

Le « petit peuple » c’est le compost des sociétés. Il s’écrase dans la terre noire…  Ou le béton. Mais il réussit à dépasser tous les échecs qui, malheureusement, lui sauront toujours octroyés. 

La grandeur, c’est ce qu’on cultive en soi. Ceux qui ont besoin d’un château pour vivre placent tout leur avoir dans un matérialisme navrant.

Ils n’en ont pas assez…

Ils n’en auront jamais assez.

Au pire, ils ajouteront  des cases à l’échiquier. Comme si tricher était inventer ou créer. 

Gaëtan Pelletier

 

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