LES CORPS SOUS LES FLEURS

Quand on est simples
Quand on a le cœur au bord des yeux
Quand on a l’âme qui sort de partout
Tout peut arriver…

Quand on est un temple
Quand de lumière on est fabriqués
Quand la tendresse nous fait frissonner
Tout peut arriver…

Alors, ils arrivent alors de partout
Les rois couronnés des zéros
Armés de chiffres, alliés des fous
Allant aux guerres pour décimer
L’enfant, la femme, le vieillard

La paix qu’on tue ne revient jamais
Et quand elle revient, elle a des airs
De guerre, de guerre et de guerre
Qui saigne le tendre et la lumière
Alors, ils reviennent de partout
Les âmes noires qui cherchent des nègres
Pour déchiffrer les terres de leur orgueil
Ils vendraient leur mère et leur Terre
Œil pour œil et chars de fer

Quand on est doux, sans valeur marchande
Ceux-là vous envahissent et vous hantent
Dans cette église bleue, ronde, pour un territoire
On tue tout ce qui vit pour un or noir

Quand on est simples
Quand on a le coeur au bord des yeux
Quand on a l’âme qui sort de partout
Dans un jardin plus petit que la faim
Tout peut arriver…

Alors, les voilà partout, labourant
Sans semer, sinon que la mort
Dans des tombes béantes
Enfouissant les corps et les fleurs

Gaëtan Pelletier
Kamouraska
28 décembre 2000

 

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10 réponses à “LES CORPS SOUS LES FLEURS

  1. Gaëtan

    Je suis un peu époustouflé. D’abord cette photo. Bon dieu qu’elle est belle, cette photo. La tendresse qui s’en dégage est à ce point profonde qu’il faut la regarder avant de la commenter. Les mots pourraient débaucher un geste si simple que ce rapprochement affectueux de deux enfants. Je soupçonne derrière un cadre moins poétique.

    Les mots maintenant. Je sens une petite révolte. Un rejet d’une société qu’il nous est impossible de changer.

    Les rois couronnés des zéros
    Armés de chiffres, alliés des fous
    Allant aux guerres pour décimer
    L’enfant, la femme, le vieillard

    Ce monde de la domination qu’il nous reste, contre notre gré, à partager tant bien que mal. Voire même à subir sans coup férir. Et cette vision noire mais réaliste : La paix qu’on tue ne revient jamais !

    Le contraste entre les mots et la photographie sont saisissants. Cette dernière fait glisser sur une douceur qui calme la colère des mots qui remuent.

    Merci

    Pierre R.

  2. Petite erreur Gaëtan : Le contraste entre les mots et la photographie est saisissant.

    Désolé. Merci. Tout cela venait trop rapidement du cœur au point que la raison a un peu été dépassée 🙂

    Pierre R.

  3. Pierre,
    Je ne voulais pas en remettre avec une photographie de sang, de blessure…
    Je me suis dit que cette photo-là montrait une âme «en devenir». Sorte de fleur humaine. La beauté de la vie dans ces enfants qui eux, subissent les guerres des adultes.
    Pour ce qui est de la révolte… Eh! Oui. Ça me révolte carrément. La Palestine, est-ce si loin?
    C’est là le danger. Rien n’est jamais loin quand on parle d’humains.

  4. Votre poème est très émouvant et malheureusement tellement d’actualité. La photo est magnifique.

  5. Era,
    Bonjour Era
    En effet, d’actualité. Le problème est que l’actualité est souvent la même. On pourrait retourner à la guerre du Vietnam ou encore à celle de 39-45. On s’habitue, on dirait, à tuer des enfants… Les dommages collatéraux.

  6. Magnifique Gaétan (je pense que je vais le reprendre sur mon blog ;))…je ne comprendrais jamais comment l’homme en arrive à tuer des enfants…et à tuer tout court…j’ai honte.

  7. Bonjour Saby!
    Tu peux le reprendre si tu veux…
    Honteux, en effet!

  8. Très beau ce poème…Le contraste entre ceux qui ont une âme sensible et ceux qui n’ont pas d’âme du tout est malheureusement bien réel.
    Amitiés Gaëtan

    • Bonjour Hervé! Merci!
      Je suis à la recherche d’auteurs pour CentPapiers.
      J’y ai travaillé pendant plusieurs années après avoir écrit sur un site, Les 7 du Québec. Cent Papiers est un site français racheté plus tard par un québécois. Mais le lectorat est à 99% en provenance de France.
      Analyses, arts, poèmes, Elyan qui dirige maintenant le site est ouverte à toutes formes d’expression. C’est la raison pour laquelle nous tentons de faire quelque chose d’un peu différent.
      Le site est encore en construction, ayant été – du moins nous le croyons- saboté il y a deux ans. Il y avait près de 7000 inscriptions. En ce moment, il y a près de 23,000 articles qui seront bientôt disponibles quand le site sera terminé.
      Si l’aventure vous tente…
      Vous pouvez écrire à Elyan à la section contact. On ne peut pas présentement s’inscrire, je crois. Il faut passer par la rédaction, le site n’étant pas complété dans les détails. Mais tout roule bien.

      Bonne journée!

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