Fabriquer un poisson goutte à goutte

Poisson clown

saccadé : 9 synonymes. Synonymes brusque, convulsif, discontinu, entrecoupé, haché, haletant, intermittent, irrégulier,trépidant.

C’est en regardant la télévision que j’ai…allumé. Une vieille émission des années 80, qui traînait encore le vieux monde des gens tranquilles, tous calmes, avec des problèmes qu’ils réglaient lentement.

Lentement.

La vitesse tue dit le Ministère des transports. La quelle?

Celle que nous vivons. On a les neurones enflammés mais le coeur gelé. La patience est depuis longtemps partie.

Et la patience, c’est la prière de ceux qui ne prient pas. Quelle différence y-a-t-il entre égrener un chapelet, faire des incantations, des OM et se laisser bercer par un pique-nique au bord d’une rivière? L’illusion que c’est différent.

La vie a ses propres prières en nous. Mais nous les avons tuées puisque nous ne savons plus vivre selon l’harmonie et liens qui sont ceux de la Vie qui nous a donné naissance. Notre mode de vie est une grosse pilule électronique. Notre façon d’élever nos enfants est un totalitarisme déguisé en un système qui devrait les conduire au bonheur. Car, au fond, c’est ce à quoi aspirent les parents.

Ils se fient au « système ».

Tresser des tapis 

Ma mère tressait des tapis. Tapis qu’elle vendait pour quelques dollars. Le soir, tard, avec son crochet. C’était répétitif.

Ah! Mais nos êtres sont-ils faits de tout ce que l’on vend pour être excités à longueur de journée, bombardés par des publicités, étranglés par des calmants, abreuvés aux seins des compagnies pharmaceutiques, des transformations plastiques, des Tweeters et des téléphones cellulaires?

Nous voilà dans un monde qui fabrique des tapis à la machine. C’est bien… Mais ce monde fabrique aussi des humains à la machine. Comme on programme un billet sur un site…

Et il y a 100 méthodes – pour lesquelles il faut débourser – pour se calmer un peu : le yoga, le Pilate, la méditation, les calmants, les tisanes, la gérance du stress, et faites votre propre liste. Même le futur est vendu pour vous calmer.

Les voitures roulent avec douceur, les jobs sont votre vie, et la paresse est une tare, une flétrissure.

Les citoyens sont des roues dentelées dans une machine qu’ils ne comprennent pas. Quand ils la comprennent, ils en sont fiers, parce qu’on leur dit qu’ils peuvent la comprendre. Et comprendre est une recette vendue par les vendeurs de compréhension.

On vous fabrique des modèles à tous les jours. Et selon vos espoirs amaigris. On va vous engraisser en formules.

Homme convulsif 

Regardez les ados, on les sexualise à 13 ans, on en fait des stars à 14, et des pseudos adultes à 16. Ils ne deviennent pas des adultes au sens « adulte », ils deviennent des adultes au sens de la consommation.

L’école a ses buts trafiqués, avec ses prêcheurs qui sont des gens biens, descendants de gens biens, qui ne font que reproduire le système qui fabrique des gens biens.

Au fond, quelqu’un a-t-il remarqué que pour faire un adulte au sens cosmique et vivant, il faut de plus en plus de temps?

C’est que la culture de la recette et l’apprentissage de vendre le produit qu’il est pour un job est un apprentissage qui prend énormément de temps.

Rien n’est centré sur sa personnalité. Non. Mais sur la réussite sociale qui est en fin de compte une réussite du monde des affaires.

Ils sont là tremblotants, fébriles, agités, bien habillés, entourés d’ondes dont on ne sait pas encore les effets néfastes, ils boivent, mangent, se nourrissent de tous ces artéfacts qui les transforment au profit des vendeurs.

L’éternité n’existe plus : c’est le temps qui compte.

Le poisson

Bien beau nier, se lancer dans analyses « profondes », à long terme, le produit est le produit sculpté et vivant selon la qualité de l’eau dans laquelle il baigne. Et la qualité de l’eau dépend de ceux que nous avons élus pour « garder » nos valeurs.

Nous n’en avons plus.

Alors, pas de problème.

Inutile de s’inquiéter du réchauffement de la planète, le monde est devenu un bloc de glace volontairement et élégamment électrocuté.

Je pense qu’il a même réussi à vous scinder et à vous faire suer entre vous…

Comme ça, le pêcheur, celui qui a tressé le filet, se réjouit de prendre plusieurs poissons à la fois.

Ma mère, elle, avec ses tapis, ne pensait pas aux poissons.

Son tapis, c’était un chapelet. Elle dessinait ses propres plans, achetait de vieux tissus et passait des soirées à faire un tapis.

Mais il y en a peu qui comprennent c’est qu’il y a une différence entre faire un tapis qui vous grandit et fabriquer une usine à tapis qui vous écrase.

P.S. : Les poissons avalent l’eau goutte à goutte. C’est ainsi qu’ils restent vivant et vivaces.

Le progrès est d’avoir vu la rivière et de vouloir l’avaler d’un coup.

Et de croire aux grandes gueules qui l’ont apparemment réussi, de vous vendre la recette de leur réussite.

Ne reste qu’à les noyer avant qu’on le soit…

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