Les oeufs brouillés des poules

– Est-ce qu’il  va entrer dans le coffre? 

– Oui, en lui cassant les jambes… 

Extraits d’un dialogue de film américain. 

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Les Amharas d’Éthiopie chauffent maintenant leur maison avec les racines des arbres. La population est trop nombreuse et les surfaces cultivables ne fournissent plus. Ils font des kilomètres pour aller chercher de l’eau. Et leur nourriture de base est l’orge. En bas, c’est l’or… En bas, c’est dans le frétillement de l’orgie de la médiatisation des faits divers, les GRANDS faits. On est terrorisés par le terrorisme.

Il n’y a pas de policier chez les Amharas… Ils sont tellement occupés à survivre qu’ils n’ont pas le temps de s’entre-tuer. Pays d’un ennui mortel.

Pas de nourriture, ou à peine, pas de McDo, i ls devront donc un jour abandonner leur mode de vie et aller vers les villes, s’instruire, et parler à des machines.

***

Nous en sommes rendus là. Avec tout le  »  bric-à-brac  » à venir, les sociétés de plus en plus démunies avec des banques de mieux en mieux munies, nous devront déménager sur Mars.

Il y a quelques jours je marchais dans le bois, en raquettes et voyait les pistes de chevreuils et de lièvres. Mais il y a de moins en moins de lièvres. Il y a 15 ans, les lièvres couraient partout. Il y en avait à  ne pouvoir les compter. Un jour, un type eut l’idée de raser une partie de la forêt. La moitié, en fait… Les lièvres sont partis… en ville?  Tous les gens sont partis en villes, mais il mangent ce que produisent les paysans de la campagne.  Mais là, dans les bois, quand on attend un peu, il y a comme une chandelle qui s’éteint au bout de la neige. C’est merveilleux. Les arbres disparaissent et deviennent tous noirs. On n’y voit rien, mais il laissent des ombres qui s’étirent sur la neige comme s’ils dormaient et qu’ils allaient se relever le matin en levant les branches en baillant.

C’est les complots…

« Macbeth: [La vie] est un récit conté par un idiot, plein de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien. »

On devrait démarrer un concours pour trouver lequel ou lesquels trouvent les complots les plus étranges pour « expliquer » les événements de ce monde. C’est bizarre toutes ces explications qui barbouillent la toile. Le sensationnalisme a dépassé tout ce qu’on pouvait imaginer. Des gens qui n’avaient jamais lu Charlie Hebdo au Québec se levaient à six heures le matin pour aller chercher leur « exemplaire ». À se demander si avant les meurtres des auteurs ils connaissaient la « revue ».

Mais au grand concours, on devrait donner à Allain Jules  le rôle de Shakespeare de la toile. À chaque jour son complot.  Les avions font finir par tomber vers la lune. Et les papillons tournent alentour de l’ampoule « allumée »….  On a nos icônes et nos Icare pour presque rien. CliC! Clic! Clic!

L’internet, c’est comme le bois: on dirait qu’il ne reste plus que les racines pour se chauffer tellement on ne prend pas le temps de laisser pousser les arbres.

Les Amharas, eux, n’ont pas le loisir de s’évaporer sur un clavier pendant des heures à sonder le machiavélisme du monde. Non. Il vivent. Dire que deux ou trois aidants pourraient leur expliquer qu’il fait planter des arbres et … attendre.  Mais ils se chauffent également aux excréments séchés des animaux. Sauf qu’il leur faut les ramasser mous pour les mettre en tas.

Tas saisi?

 

Et pas un occidental bouffeur de caca de supermarchés ne voudrait ramasser les crottes pour chauffer. Ça lui soulève le cœur. Mais quel délice que de se nourrir des intellectuels de passage qui se chauffent à la merde du monde jamais rassasié.

Mais bon!  Houellebecq a été Prix Goncourt…

« Olga cependant, une fille de toute façon pas très protéines, préférait la confiture de fraises de bois »

Et c’est Gallimard qui le cautionne.

La mode est à « l’énervisme » et à la confiture intellectuelle sucrée-salée. Quand il n’y a pas de vie dans les livres, c’est comme les œufs brouillés: Un intellectuel cuisinier n’arrive pas à trouver la poule.

La vie est compliquée parce qu’on nous l’a compliquée. La vie est dure parce qu’on nous l’a rendue plus dure malgré le « progrès ».  La vie est horrible parce qu’on l’a vendue à des marchands. Et qu’on est, au départ, la marchandise…

 

Gaëtan Pelletier

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