Pas Charlie, mais un peu Chaplin…

Caricature: Gaëtan Pelletier

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«Il y a un mouvement djihadiste international qui a déclaré la guerre contre n’importe quelle personne qui est différente d’eux. La réalité pendant les années à venir est que nous devons faire face à cela. C’est la raison pour laquelle nous sommes avec nos alliés en Irak.»

Le premier ministre canadien Stephen Harper, s’exprimant au lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo.

Tout le monde, il est Charlie…

Tout le monde est devenu « Charlie », pour la liberté d’expression. À en croire les médias, Obama – et sans doute Bush – connaissent Charlie-Hebdo et l’apprécient. Tout le net est « charliesé » par un « post-it » ou papillon adhésif ( en français). C’est un tsunami de « liberté d’expression ». Mais qui donc connait vraiment l’histoire de la revue, de son contenu, de son humour non pas simplement sarcastique ou caustique, mais vulgaire à souhait?  Et qui sait ce qu’est la liberté d’expression?

Liberté d’expression?  

Dans le bel exutoire des médias dits sociaux, la liberté d’expression existe. Les « trolls » en raffolent… C’est comme si une entreprise privée et payante vous avait offert un sceau pour gerber votre mécontentement. Mais le contenu du sceau se perd dans le cyberespace… Nous avons donc droit à une liberté d’expression dans laquelle nous nous caricaturons nous-mêmes sans le savoir. Facebook et Twitter: vous gerbez en « clics ». So easy!

Horrible! Barbare! Infâmes! Pour le reste, vous pouvez consulter le dictionnaire des synonymes de l’Université de Caen….  Et ainsi être au moins quasi original dans vos propos. Voilà la naissance des révolutionnaires par le copier-coller!

La récupération des chefs d’États 

Quand on tue pour tuer, surtout en criant « Allah Akbar » ou Allahou Akbar », vous avez votre sceau « terroriste ». Même chez les loups solitaires…  Alors, on vous annoncera que le terrorisme est vraiment dangereux pour les civilisations occidentales et l’on augmentera les effectifs de combattants – format état-policier- pour « lutter » contre le terrorisme.  Mais qui pourrait servir en cas de « conflit intérieur », « État VS citoyens ». C’est selon … la main invisible.

Ce pauvre chef d’État a également sa liberté d’expression et sa vision dite « éclairée » de par les agences de renseignements et conseillers. Et la télévision… Et un appareillage sophistiqué qui n’est guère plus clair que le clic d’une souris quand on connaît le pouvoir sournois et souterrain du monde de la finance. Les pantins s’égosillent. Les coqs chantent le matin et les politiciens le soir…

De sorte que les politiciens sont devenus le Facebook des financiers…

Qui donc finance le terrorisme? 

Ce sont les armes abandonnées ou prises en Syrie ou fournies par des « hommes d’affaires ». La Syrie, ça peut aller. Mais bon, quand on hérite d’une tranche de pain, elle finit par être bouffée. Il faut bien qu’une boulangerie soit derrière les « fournitures » du terrorisme organisé. Terrorisme organisé qui ignore parfois que certains disjonctés ont adhéré à leur cause.

Les flatteurs des puissants 

Mais l’eau sale de la servitude n’arrose jamais que le fumier qui la reçoit; et, bien souvent, le paysage s’éclaire à la lumière de la bassesse, bien souvent la lucidité s’éveille dans la suffocation des consciences, tellement l’infamie est aussi une sentinelle en alerte. C’est dans la pestilence de son abaissement que le Vieux Continent a commencé d’observer ses chaînes et ses garrots. On se demande maintenant pourquoi le bâillonneur est devenu si puissant, alors que le prisonnier à ligoter demeure tellement faible et misérable qu’il ne mérite pas, semble-t-il, des barreaux de cette taille. On commence de s’apercevoir que l’Europe est tombée dans les mains du plus puissant empire que le monde ait jamais vu régner. Manuel de Diéguez , philosophe

De Diéguez  ne cesse de se lamenter sur la vassalité de l’Europe. Et il vise les États-Unis. Mais qui donc écoute les philosophes? Nous ne sommes plus au temps de Camus et de Sartre, mais au temps du nazisme rose mondialisé et des « machines intelligentes ».

Alors?

Alors, cette chère liberté d’expression est bien au chaud et en surchauffe! Élégante, à bout de doigts, guère dérangeante… Et pas trop éreintante.  Le fourmillement mondialiste – ou l’art de s’enrichir en vous faisant croire que l’on ouvre une porte pour laisser sortir « quelque chose » qui ne laisse pas entrer « quelque chose » – est probablement le terrorisme le plus cruel ayant été inventé: celui d’ouvrir les frontières aux barbares affairistes. Considérés comme nécessaires aux développements économiques et à la perception du bonheur. Encore une idée tressée par les états serviles depuis des décennies, mais découverte en 2008.

Nous voilà devant des Hitler virtuels.  Un  ou des ennemis invisibles. Aussi invisibles que le F-35. Chaplin  peut bien faire voler son globe terrestre, comme un ballon, se moquant de la dictature à venir ou présente en 39.

Nous, nous sommes abonnés aux papillons adhésifs. Scotchés aux murs. Nous sommes sous le règne de l’austérité.

Si la guerre 14-18 a refait la carte du monde pour le mieux, la guerre « États VS citoyens », elle, efface les frontières en arrachant toutes les terres… Mais on se garde le droit d’en faire le tracé. Les guerres  défibrent  – comme toujours – les cultures  pour les aplanir. Mono.

Et quand viendra , en 2016, le « changement » de régime états-unien, on verra la poursuite de l’achat du plus imbécile pantin poursuivre sa caricature du monde. Car le « monde » est un ensemble d’humains, pas un nombre.

L’U.S.A est le plus grand caricaturiste du monde: il fait de chacun de ses citoyens des êtres serviles mais croyants, et du reste de la planète un revenu potentiel à venir…

Bref, nous sommes caricaturés par des êtres vulgaires, sans cultures, sans partages, barbares faussement délicats et qui parlent à voix basse pendant que hurlent les armes et la culture des armes.

Ne vous demandez pas qui finance le terrorisme. Demandez-vous qui un jour aura le courage et les connaissances pour ne pas faire de l’humain un esclave éternel dans un monde fini. Et qui un jour cessera de faire de nous des caricatures souffrantes…

Gaëtan Pelletier

Janvier 2015

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