Les tueurs de beauté

Il y a tant de beauté dans ce monde qu’il faudrait des vies et des vie, voire 7 milliards de vies pour la saisir un peu. Il y en a tellement que nous vivons tous en noir et blanc. Les couleurs sont parties rigoler derrière le voile des étoiles. Pour les entrevoir, il faut la liberté…

La liberté de regarder, la liberté de voir, mais- surtout – la liberté de s’attarder. La liberté que la plupart d’entre nous ont  perdue. Pour un peu d’or, pour une panoplie de fourberies. La paralysante peur de manquer de tout quand même ont l’a ce tout.

Il y a tant d’amour que ceux qui amourent n’ont pas le temps de s’adonner à la haine. Ils ont des yeux-rires avant qu’on ne les éteignent en les moulant.

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Il est un art de la Vie qui est celui de grandir jusqu’à devenir la belle émerveillure de jadis, enfant.

Parfois je me dis qu’il y a tellement de beauté sur cette Terre, tellement d’humains-dieux, qu’à l’heure du mourir j’aimerais en emporter un peu. Une poignée… Dans une main invisible. Comme pour tricher un peu avec la Vie puisque nous n’emportons rien. Personne ne voit ce qu’il emporte, en fait.  Mais je suis certain que j’emporte  ce que personne ne voit ici…

Quand les enfants deviennent des « Hommes » – avec un(e) gros(se) H, ils pensent devenir quelqu’un. Ils sont sérieux comme des papes. Or, ils ne deviennent pas quelqu’un, ils finissent par être « quelque chose ». Et « quelque chose » n’a rien d’humain. J’ai connu plusieurs « quelque chose » qui essayaient de tout avoir. Alors, tout avoir commence par avoir ceux qui travaillent pour « l’avoir ». On ne peut pas tout avoir sans acheter – par quelque moyen que ce soit – les gens qui bâtissent des mains des cathédrales et des banques.

Je n’arrive pas à le dire parce que c’est trop grand la Vie. Je dis la Vie, pas la vie… Ça c’est court comme un hier qui passe son temps à revenir le lendemain… Non. Parfois, c’est comme si les couleurs des poissons avaient plongés dans la toile d’une peintre, trompés. Mais toutes les couleurs des poissons, tous les couchers de soleil, toutes les mains frileuses liées aux yeux qui se parlent…  Tout ce qu’on a pas vu et qu’on désire voir. Parce qu’ici, tout est désintégré… Un monde en tranches… C’est « utilitaire ». Point.

C’est un luxe que de voir ce qui est beau et QUI est beau. Un luxe de discerner. Un luxe de ne pas se laisser berner. Un luxe qu’on nous enlève chaque jour.

Il y aura toujours des enfants aux cheveux blancs pour barbouiller la création. Et ils vous diront qu’ils travaillent  » au nom de dieu ». Vous travaillerez dans des usines, fabriquant des armes, au « nom de dieu ».

Sans doute parce que le diable cache la beauté, bien simplement… Mais pas tout à fait: car il se complique la vie à vous détruire et à vous arracher tout ce que vous avez ou vous couper de tout ce que vous n’avez pas.

Un humain à genoux ne peut rien voir…

Quand quelqu’un naît, la beauté l’attend. À force de vivre parmi les tueurs de beauté – qui lui diront d’attendre « un peu » -, il se dira : au jour du mourir, je verrai la beauté.  La plupart partent sans l’avoir vue. Pourtant, la Vie en avait tellement semé que la Vie s’était dit: « Il ne peut pas ne pas la voir. Je lui ai pourtant donné des yeux du « coeur »…

Gaëtan Pelletier

27 décembre 2014

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2 réponses à “Les tueurs de beauté

  1. Subitement j’ai envie de pleurer…

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