Le chapelet du ciel

Aujourd’hui c’était triste. Comme si la Vie avait des larmes… Comme nous. Le ciel avait les yeux plissés, noirs, comme de gros sourcils sur le soleil. Comme nous, quand nous sommes fermés des yeux.

Après la pluie, j’ai fait la cueillette des framboises. Humides, avec des gouttelettes qui pendaient. Trop d’eau, un peu de pourritures sur les fruits. Comme nous, dans nos âmes, quand on cultive le noir et que l’humidité des yeux descend en vous.

Les gouttes?

Il faut être attentif. J’ai eu l’impression que c’était de minuscules soleils accrochés aux branchettes.

Quand les nuages sont là, qu’il cesse de pleuvoir, on a l’impression d’avoir les yeux fermés.

L’eau est une prière qui descend du ciel.

Et ces gouttelettes, des milliers de grains de chapelet.

Ce n’est pas de la tristesse… C’est le besoin de clore un peu cette exubérance des jours trop chauds qui assèchent le sol.

Pareil à nos corps…

Je l’ai pris comme un moment de replis. Un agenouillement de la lumière. Elle qui a tendance à darder, à brûler, à exciter.

Le temps est parfois un lit d’eau.

Un tout petit dormir. Une sieste dans la fureur de la luminosité éclatée.

***

On a les pieds mouillés, la tête mouillée, l’esprit flottant.

C’est la pluie.

C’est le temps de vous arroser un peu des étourderies et de la sécheresse.

En quoi sommes-nous différents de la terre?

En quoi sommes-nous différents du ciel?

Blâmer une goutte d’eau…

On a des universités dans l’âme, mais on ne sait plus étudier.

***

Oui, les framboises étaient bonnes… Et de temps en temps j’aime bien l’herbe mouillée et tout ces fluides éclatés sur le garage, les objets, la maison, les outils.

On dirait des micas mouvants…

Les yeux, c’est bien. Mais ceux de l’âme c’est encore mieux.

Celui ou celle qui choisit la beauté ne comprend pas trop la réelle et la nécessaire.

Comme l’eau et le sable.

L’homme et la femme.

L’air et la terre.

La pierre et le vent.

Il ne faut pas comprendre, il faut se laisser enseigner.

Le corps est un apprenant abruti.

Ouais!

Apprendre, ce serait « chercher »…

Faire l’amour à la Vie, c’est aussi se laisser trouver. Personne ne trouve. La révélation et dans le lien et l’écoute.

On ne fait pas l’amour à un…

© Gaëtan Pelletier

4 août 2011

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4 réponses à “Le chapelet du ciel

  1. oh comme c’est bien dit et écrit, tout ce que je ressens quand je vois la pluie et ces gouttelettes par millier sur les branches de mes pins qui ressemblent à des sapins de noel , et ne pas savoir l’écrire . Très bon dimanche amitié

  2. L’eau est une prière qui descend du ciel….

    d’un ami : Jean Bériau
    … Le silence se déposa de tout son poids sur la fragilité de mon être et j’entendis ma tristesse vouloir occuper tout l’espace de mon incompréhension
    Suis-je si différent que les autres ne savent plus me caser dans leur scénario ?

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