La lumière est dans le détail

 

Elle était belle comme un respir après un long étouffement.

Vous savez, ces jours las, là où la vie vous fait manquer d’air, de beauté, et d’absolu. La beauté, c’est quand une femme parle et que son âme finit par dépasser son corps. Elle parle comme une route vers le ciel… Une communion. Une hostie qu’on avale pour nourrir  tous les corps de ce qui nous sont  déficients.

Elle.

Comme si elle avait le même dieu qui dort en nous.

On s’avalerait les uns les autres.

Il n’y a malheureusement pas de mots pour la beauté. Ce n’est ni une forme, ni un portrait ou un tracé.

C’est!

C’est un poème qui vous frissonne et vous attendrit dans un bain d’amour qui n’a rien à voir avec la chair.

L’amour est vraiment aveugle… On se voit trop. C’est pas les bons yeux qui sont ouverts…

La  femme est une musique qu’on devrait écouter les yeux fermés.

Il faut peu de temps pour aimer. Il faut l’éternité. C’est-à-dire, un de ces moment arrêté, transitoire, éphémère… Mais comme un éclair de toucher.

Et quand elle me touche d’une main délicate et lente, comme par hasard, on dirait qu’elle me pique comme une guêpe lumineuse.

Il y a tout le miel, après. Celui des souvenirs. La mémoire est une belle ruche…

Elle était belle comme un parfum…

Car elle a passé, comme passe l’arôme d’éternité.

Les seuls mains qui restent sont ceux des souvenirs. On les ouvre de temps en temps, comme on déploie une toile pour voir le portrait de celle qui a passé.

Il faut seulement être attentif aux lucioles. Quand j’étais enfants, elles cachaient les étoiles dans le ciel.

La capacité de retrouver tout l’océan d’amour se fait de goutte à goutte. Comme pour récupérer un peu de ce monde d’où nous venons.

C’est sans doute pour cette raison qu’elle était si belle : c’est un frisson qui devient un peu le miel.

La beauté n’est ni une femme, ni un œuvre d’art, ni un choix. C’est ce qui demeure après toutes les ombres de la Vie.

Parfois c’est une femme, parfois c’est un papillon dans la lumière qui danse comme je danse : mal et en culbutant, malhabile, dans l’air.

Curieusement, c’est cette malhabileté qui nous surprend.

La beauté est un papillon qu’on ne comprend pas.

L’humain ne grandit vraiment jamais. Il a la petitesse qu’il cultive.

***

Je l’ai regardée pendant 15 ou 20 minutes. Je l’ai placée dans la ruche de mes souvenirs. Les gens gardent des objets, les accumulent.

Je ne garde rien réellement. J’ai. Mais ça me lourde…

Ce qui m’allège et m’élève, comme nous tous d’ailleurs, c’est de ne garder que le friselis en apparence peu important.

Un sourire avec un aura qui fait des nœuds au nôtre…

Il en est qui ont déterré et arraché des montagnes pour trouver de l’or.

Je pioche sur ce que je pourrais apporter ailleurs.

Et tous les murmures rencontrés pourraient faire un jour une chanson…

Je note tout…

 

 

Gaëtan Pelletier

16  septembre 2012

 

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