Les autocrates affamés

 

Comme deux oiseaux d’or perchés sur

L’arbre du Soi-Même, comme deux

Amis intimes, l’Ego et le Soi se répondent

Dans le même corps. Le premier

Mange les fruits doux et amers de

L’arbre de la vie, le second l’observe

Dans le détachement

Mundaka Upanisha

Les autocrates affamés

La plupart de ton énergie te sert à conforter ta propre importance… Si nous étions capables de perdre un peu de cette importance, deux choses extraordinaires nous arriveraient. Tout d’abord, nous libérerions cette énergie de la tâche de maintenir l’idée illusoire de notre grandeur; et deuxièmement, nous pourrions l’utiliser pour jeter un coup d’œil sur la magnificence de l’univers Carlos Castaneda


 

Toute pensée négative est une prière avortée. Prier ne signifie pas enfiler des paroles, mais endormir les pensées agitées de  l’Égo. Tout effort têtu est abandon d’ouverture.

Dans un monde où tout est biaisé, transformé, ou tous sont éduqués par le miroir  de l’avoir, le mal consiste à nous séparer du vivant pour nous faire fondre à la  machine.

Dès lors, tout notre vivant devient dénaturé, plastifié, avalé.

Nous devenons une carcasse pétrifiée de peur.

L’erreur des grands projets de l’humanité  la volonté de  transformer le monde, alors que vivre n’est pas transformer jusqu’à la limite de l’empoisonnement pour l’âme et pour les sociétés : il est intégration.

Le seul changement est celui de l’âme et  du cœur humain.

De là toute cette culture de la mort qui fait que la plupart des humains meurent en cours de route sans s’en rendre compte. Ils cultivent ces dieux qui labourent   les grands sillages de la magie prétentieuse des cerveaux.

Le premier apprentissage de la vie consiste à séparer les vivants des morts. C’est alors que les yeux ouvrent tous les yeux, les vrais. Ceux qui ont la capacité d’apercevoir  un peu de cet invisible subtil, le  fil menant au TOUT.

L’enfant a tout le potentiel de la sagesse et de l’art de vivre. C’est lui qu’on tue, avant tout, dans des éducations fausses et de surface. Écraser le noyau, c’est écraser tous les fruits qui mènent aux arbres.

Le fruit n’est pas différent de l’arbre.

Et le seul qui nourrit ne peut venir d’un arbre malsain.

Nous en sommes à construire des êtres mécaniques, des fruits mécaniques, des sociétés mécaniques.

Les aveugles sont toujours surpris à l’approche de la mort. Toute vie est une chenille qui a pour seule mission de se faire des ailes.

Celui qui croit se passer de tout, se passe de lui-même. Car le tout, n’est nullement séparé de l’un.

Il reste alors à cueillir et à se nourrir de la vie de ceux qui sont encore habités d’un peu de lumière.  Même, s’ils sont morts depuis des siècles. Celui qui laisse le dessin d’une fleur fait don à tous de la beauté de la fleur. Celui qui laisse une musique inspirée vous a livré toutes les beautés et les nourritures des vibrations. Celui qui laisse le tracé de sa poésie, laisse la poésie trace un peu la voie de âmes.

Celui qui laisse un sourire vous apprend votre sourire. C’est le murmure du bonheur qui vous parle un peu.

Tout ceux qui cultivent la Vie, cultivent le tout.

Il y a plus de vie en eux que dans cet amoncellement d’ego agités qui s’affairent  et nous dirigent parfois à coups de fouets et de hurlements.

Ne vous laissez pas mourir à travers les autocrates orphelins.

Se croire vivant est parfois le pire leurre du Soi mal nourri.

L’abondance des mots est la tumeur de ce monde.

Comme une musique sans silences.

© Gaëtan Pelletier, 2011

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