Archives quotidiennes : 17-octobre-2014

Je cire tes souliers et tu me fais marcher…

L’histoire de l’humanité est simple: le singe est devenu cireur de souliers. Encore que c’était beau de travailler dans les rues et cirer des souliers. On était libre… Mais là, nous sommes tous à la recherche d’un bureau, d’un papier, d’un pouvoir, bref, nous sommes kapos dans l’âme, un kapo blanc-jaune-noir, rafistolé et carburant au « bienfait de ton pays ».

C’est de la merde!

Le pays, c’est une compagnie, un conglomérat, une machine à imprimer de l’avoir. Il faudrait se pencher sérieusement sur ce nouvel humain astiqué au diplôme, beau parleur, et surtout « spécialiste ». C’est le mot à vogue que veux-tu! Spécialiste. C’est bien ce dont l’humanité a le moins besoin. Plus la division des tâches est  « divisée », moins les zindividualistes s’entendent sur la recette qui va de l’abstrait au concret.

Le mal du siècle est que les abstraits ( la gente abstraite) est devenue spécialiste de … et ignorante de tout.

Le vrai cireur de souliers, c’est l’éleveur de vaches, le boulanger, le maraîcher. Bref, il y a trop d’intellectuels sur le net qui se prennent pour des génies de 15 minutes, format allongé.  Pendant que les vachers, les petites gens travaillent, le nombre de fonctionnaires explose.  On rêve de ne pas travailler vraiment… On préfère travailler trop, poussé par l’État, par les actionnaires. La berlue parfaite.

On ne cire plus les souliers… On les jette! On les fabrique jetables. Ils ne marchent plus.  Le soulier est jetable. Le citoyen-travailleur également. Comme un sac de plastique utilisable une fois. Ou deux…

C’est de cette manière qu’autant de travailleurs rêvent de devenir pantouflards…

Gaëtan Pelletier

 

 

Le voyage d’une luciole

Je suis venu faire un tour
Tâter des mains le sable
Tâter des yeux les étoiles
Et l’amour!
Et l’amour!
Et la beauté dormante
Sous les cils des paupières

 
Comme un voyage
Un court voyage
Un billet sans retour
Un bien petit bagage
Sinon qu’un détour
Une ombre boitillante
Sous un illusoire toujours

 
 
Je partirai comme on vient
Rien dans les mains, non rien
Comme une alchimie d’âme
Le frisson de ce qui pâme
Laissera des traces
Quelque part
Quelqu’un  part
 
 
Gaëtan Pelletier