La tomate Zen


À force de « creuser » le Web, pour tenter de comprendre le « monde », pour tenter de comprendre les rapports humains, on se fait pixeler dans un montage tout croche et alambiqué.

On ne sait plus si c’est « Dieu » qui nous a créés ou si c’est la Toile qui est en train de faire de nous une araignée imbibée de LSD.

Comme disait mon grand-père, paresseux, avec son chapeau tout croche et son habit du dimanche défraîchi comme un costume de Charlie Chaplin :  « Il ne faut pas se faire des idées sur ses idées ».

Le site internet communautaire Facebook évalue à 83 millions, soit 8,6% de ses utilisateurs, le nombre d’internautes inscrits plus ou moins douteux, qu’il s’agisse de comptes dupliqués, de pages ouvertes au nom d’animaux de compagnie, ou d’émetteurs de pourriels. Source

 

Si le citoyen blasonne sur la charcuterie mondialiste, les chefs d’États, les fonctionnaires, il peut inscrire son chien aux élections ou en faire une page sur Facebook. Tout est possible. Le tricheur qui blâme les tricheurs a tous les outils pour la triche.

Sniper social.

Le monde est ce que nous sommes

Krishnamurti avait bien raison. On est là à analyser nos sociétés, nos individus, nos structures sociales, nos guerres, nos misères, etc. Mais au fond, la joie de tricher (sic) est dans nos âmes.

Et c’est pas facile de s’en délivrer.

L’humain a tendance à se chercher des dieux, ou UN.

Le monde est ce que nous sommes. Le monde n’est autre que vous et moi. Ce petit monde de nos problèmes, une fois élargi, devient le monde avec ses problèmes.

Nous désespérons de comprendre les vastes problèmes du monde. Nous ne voyons pas qu’il ne s’agit pas d’un problème de masse, mais d’un problème d’éveil de l’individu au monde dans lequel il vit, et de la résolution des problèmes de son univers, aussi limité soit-il. La masse est une abstraction qu’exploitent les hommes politiques, ceux qui ont une idéologie. En vérité, la masse c’est vous, c’est moi, c’est l’autre. Lorsque vous et moi et l’autre sommes hypnotisés par une idéologie, nous devenons la masse, qui demeure une abstraction, car le mot est une abstraction. L’action de masse est une illusion. Cette action est en réalité l’idée que nous nous faisons de l’action de quelques-uns, et que nous acceptons dans notre confusion et notre désespoir. C’est à partir de notre confusion, de notre désespoir, que nous choisissons nos guides, qu’ils soient politiques ou religieux. Ils seront inévitablement, par suite de notre choix, la proie à la confusion et du désespoir. Ils peuvent paraître sûrs d’eux et omniscients, mais en vérité, comme ce sont des guides de ceux qui sont désorientés, ils doivent l’être tout autant, sous peine de ne plus être leurs guides. Dans le monde où dirigeants et dirigés sont désorientés, on ne fait, en suivant un modèle ou une idéologie, consciemment ou inconsciemment que faire naître d’autres conflits et d’autres détresses.

Voilà!

Tout édit.

Tout est dit.

 

La sniperiserie, ou la guerre avatar

Je voulais écrire un billet sur l’art de la guerre, cette nouvelle guerre, celle hypocrite où les combattants sont une sorte de d’amalgame entre le poilu néanderthalien et le rivé sur son écran d’ordi.

Oui, la guerre – les guerres, devrais-je dire- ne sont plus les mêmes. La propagande est   en mots, mais aussi en soldes de chaîne de Ponzi de propagandistes.

On a trouvé la recette parfaite.

Personne n’est mouillé.

Il y a juste des gouttelettes de sang, un tas de paperasse, et une foultitude de petits dieux qui ont une diablesse queue dépassant leur beau costume.

Quant à la « parlure », elle est si belle!

Oui. Tout est sniperisé et hypocrite. C’est la raison pour laquelle nous avons peine à comprendre cet alliage d’acier et d’humains, d’armes et de volonté de guerre, de paix, de paix tant recherchée.

Il n’y a plus de pays. Il n’y a que des avatars.

Comme sur la Toile.

Comme sur Facebook.

 

Les tomates

Heureusement, il y a les tomates. Celle qui a poussée et rougie dans mon jardin. La petite tomate cerise.

Glou!

C’était ce matin. Je l’ai avalée comme on avale avec grand bonheur les premières années de sa vie.

Après, je suis allé rouler à vélo pendant 30 minutes. 30 minutes, 30 degrés Celsius.

Au retour, accoté à la clôture, le voisin et moi avons discuté politique, mondialisation, emploi, argent, retraite.

Il venait tout juste de ramasser les pommes qui avaient chutées de son pommier.

Un tamia rayé est passé, tranquille, le long de la clôture, sans gêne, sans permission, puis il s’est mis à gober les pommes.

Savez-vous ce qu’on s’est dit, moi et mon voisin?

Que le monde va mal…

Mais ça n’a pas duré… Le tamia rayé faisait une partouze des pommes, et on a échangé à propos de nos potagers. Ses fèves achevaient, ses tomates séchaient, mais ses carottes étaient difficiles à extraire du sol.

Bref, il a répété ce qu’il avait dit quelques jours plus tôt.

C’est un ignare mon voisin : il ne connaît pas Camus, Sartre, la théorie du Big Bang!, etc, mais il est drôlement sensé dans ses analyses des problèmes réels que nous vivons.

Sa conjointe aime tellement les fleurs, qu’elle a semé le parterre au point de faire rétrécir le jardin du voisin.

Alors je me suis demandé si ce n’était pas les fleurs qui nourrissaient  davantage que les  tomates et les pommes.

Mais je m’étais gouré. La fleur donne une tomate. Au fond, c’est à regarder la Vie qu’on se nourrit mieux. Même d’un voisin qui a l’air d’un bûcheron ignare…

La bonté qu’il dégage,  et la gentillesse sincère qu’il affiche est à la fois fleur et tomate.

***

« La fleur est l’expression d’une beauté inconsciente »

Toujours Krishnamurti.

Mais il y a des fleurs partout, et la plus nourrissante est en vous.

C’est comme ça, que chaque matin, quand le temps le permet, je fais du vélo-Zen. Car tout est Zen. Il suffit de partir lentement et de faire comme les enfants : pas de but, pas de trajectoire, pas de plans.

Rouler.

Et regarder le paysage défiler.

C’est fou ce qu’on peut voir quand on éteint les lumières des malheurs que l’on nous cultive chaque jour.

P.S. : Je déteste les calculs. Sauf que je me suis dit, comme ça, en passant sur une roche,  dans mon parcours, que si on effaçait un seul de ces humains compliqués, je pense qu’il pourrait pousser et faire vivre des centaines, voire des milliers, sinon des millions de gens simples et authentiques.

Peut être que le monde serait meilleur.

Il faudrait toutefois renoncer aux avatars que nous sommes.

Gaëtan Pelletier

3 août 2012

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