Quand Cronos dévore Chronos

Dans la mythologie grecque, Cronos ou Kronos (en grec ancien Κρόνος / Krónos), fils d’Ouranos (le Ciel) et Gaïa (la Terre), est le roi des Titans et le père de Zeus, Poséidon, Hadès, Héra, Déméter et Hestia. Il est souvent confondu avec son homophone Chronos (Χρόνος / Khrónos), divinité primordiale du temps dans les traditions orphiques. Il a été assimilé à Saturne dans la mythologie romaine.(…)  En face du sacrifice de l’ennemi, d’autres civilisations ont préféré le sacrifice des enfants, êtres innocents par excellence. Nombre de cosmogonies, telle celle de Cronos présentent le récit d’un dieu dévorant ses enfants. Wiki

Photo: great people

Quand les enfants viennent me visiter, je passe trois jours à quatre pattes… Gaby est passée. Elle a un rire fou, comme si Beethoven avait trouvé un petit refuge en elle. Et de colères cinquième symphonie. Tout en une… Ces enfants qui passent nous rappellent notre assèchement, celui de l’âge adulte. La frétillance oubliée, la passion du détail, des choses simples et, sans doute, l’abominable oubli que les « cheveux blancs » , affairés, oublient de rester enfant. C’ ‘est l’arrivée des âmes sur Terre. Ce sont les retrouvailles de ce que nous sommes réellement. Nos racines de lumières. Notre incandescente passion d’être  ICI et de dévorer la beauté de ce monde créé par nous. Appelez-le « dieu », nommez-le, faites en un totem, agenouillez-vous devant un livre que vous suivrez à la lettre, en trafiquant parfois certains passages pour en faire votre « affaire, ce faisant, vous vous trahissez. Vous vous tirez dans le pied à gros calibre.

Au moment où les livres des « spécialistes » devinrent tous des « bibles », les humains se mirent à puiser dans le bois sec, écrabouillé, feuillé blanc pour l’écriture, tout passa à la friture du frelaté. Comme dans Frel Athée! La culture nervée, vivante, passa à une structure figée, indirecte, comme cette nourriture congelée, ou aliments séchés.

Nous séchons. Les sociétés sont devenus des séchoirs d’enfants.

C’est l’ère dantesque qui est née de foi puisée dans la culture des livres, des organisations, des grands projets, ensuite  de la cruauté de faire de ces graines de lumière des êtres dits « sociaux ». En vérité, ils sont moulés aux savoirs désertiques. Éteints comme des feux… Voilés! Cachés.

Les sociétés consomment des enfants, comme tout ce qu’on consomme. Femme-objet? Disait-on? Enfant-objet: guerrier, travailleur, sexués… avant la lettre. Tout y passe.

En vieillissant, le corps humain s’affaisse: ses muscles relâchent, ses os se courbent, ses idées sont moins claires, et quand elles sont claires elles sont aussi tordues que son corps. Il retourne au singe…

L’érudition de papier et de technologies, de structures de tout acabit, se transforme en une foi invariable, arrêtée… Tout le contraire de la Vie. Rien ne se meut, et tout est livré à l’architecturale marchandisation de tout ce qui peut être transformé. 

Le cycle 

Il ne faut pas se leurrer : la Vie est un cycle qui vit, survit et se transforme par  la nourriture. Mais l’autre est toujours la nourriture de quelqu’un. L’Homme est probablement le seul prédateur pédant qui s’orgueille  de chiper sa proie en se léchant les neurones . Si les gros poissons mangent les petits poissons, les algues, tout ce qui fourmillent en une foultitude de couleurs sous les océans, l’Homme – conscient- devrait être la seule créature capable de saisir et d’arrêter ce cycle, le transformer, le rendre moins cruel.

À la guerre, tout court, à la guerre économique, peu importe. On déchiquette les nouveaux arrivants en multiples façons.

La poésie dirait d’un enfant: « T’es beau comme un frisson ». Je ne sais… Il faut savoir vibrer avec ce que nous vibrons en nous pour l’étendre dans une forme d’empathie réelle et fonctionnelle. Je dis clairement fonctionnelle, car, comme toujours, notre passant dans le temps a tendance à reporter tous les déluges.

À quoi donc servent les grands livres, les grandes organisations, les grands projets qui vous remplissent vos bourses s’ils n’ont aucun rapport direct avec la Vie? À quoi donc sert toute cette « culture » indirecte et roide? À quoi donc sert tout ce malheur rose occidental, ces connaissances mortes nichées dans les cerveaux?

Nous voilà dans un monde où l’on applique l’amour à la maison et la haine dans les organisations. Nous voilà donc devenus pis que Cronos – en ayant inventé des armes et des pensées, des concepts éloignés – savants, mais en grand amour avec sa « fraternité individualiste ». Même les chantres de la fraternité luttent entre eux pour savoir qui réussira à transmettre ses « idées » au prix d’y perdre ses amis, ses « frères d’arme ».

Voilà Cronos qui mange le temps, qui l’a découpé en quarts de travail, et qui a puisé sa foi dans des livres bien laïques, déshabillé de sa spiritualité, avec son cerveau-béquille, clamant sa figitude, totalement écarté de la Vie, mais Ô combien certain. Comme une poule qui se reforme une coquille pour se protéger. Le trésor des « arrêtés » ressemble bizarrement à celui des gens qui placent leur or en banque. Money paradisiaque de maniaques…

Cronos est en train de bouffer Chronos…

Le temps étant l’enfant de l’éternité.

Nous voilà piégé dans une formule étrange: trop d’ordre amène le désordre. La raison en est simple: l’ordre, une fois clamée vérité, est statufié. On a fait un grand silence avec la vie et les humains, les créatures en apparence peu intelligentes. Mais, de plus, on a fabriqué une cohérence d’apparence, corrompue, mêlée, et volontairement confondante, brouillée, cryptée.

De sorte que l’on ne joue plus avec les enfants pour qu’ils nous apprennent quelque chose, ou nous rappellent l’essence de la Vie. On joue avec eux pour savoir comment on pourrait les transformer en humains « utilisables ».

La crainte actuelle en ce qui concerne les enfants est la frayeur des prédateurs sexuels.

Ah!

Il faudrait passer à autre chose: les prédateurs textuels. Vous savez, ceux qui ont appris dans les livres et qui restent enfermés entre deux pages…

©Gaëtan Pelletier 

11 juillet 2013

Au moment où j’écris ce texte, il y aura des milliards d’information circulant sur la planète. Vous serez informé par déformation. C’est le but… Car on sait très bien que personne ne peut avaler 7000 pubs en passant dans une ville sans en être affecté. En plus, cette masse d’information est présenté comme « utile ». Quand 200 millimètres de pluie tombe en une journée, puis une autre, on appelle  ça un « déluge »  ou une catastrophe.

Si vous ne savez jouer avec un enfant, si vous ne savez pas que l’enfant des autres sont aussi vos enfants, que vous avez déjà été un enfant, vous souffrirez tous de cette « culture » indirecte, sans vie, fanée.

Vous seriez étonné du fast-food intellectuel qui passe dans les livres et sur la toile…

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