Voyage au bout de la Vie

gajana:</p><br /><br /><br /><br /><br /><br />
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« Nous crevons d’être sans légende, sans mystère, sans grandeur. »
Louis-Ferdinand Céline 
*** 
 
LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.DÉLIVRE…
 

Il fut un temps où j’achetais des livres … à la livre. Je passais des heures à chercher un sens à la vie à travers ceux qui avaient trouvé toutes les éraflures des éraflures des âmes. Mais avant, il fallait passer par le grand tumulte du « littéraire », des essais, des arts, des analyses, pour saisir une certaine mécanique enfin arrêtée. Mais tout bougeait.

Cette période de la vie où toutes ces légendes mystérieuses, grandioses, encensées nous livraient une partie du savoir de l’humanité. Une partie des autres est toujours une partie de soi. On nomme cela une quête. Et avec raison. On quête dans le cerveau des autres ce qu’on n’ose pas trouver dans le sien, pensant qu’il faut s’engueniller de tous les mécaniciens des connaissances pour saisir l’essence de ce monde.

Après, il fallait distiller. Pour la délicieuse quintessence… Il en est qui sont des « passer au suivant ». Avec toute l’honnêteté qu’ils ont. Avec toute la franchise et la douleur accumulées. Ils vous donnent leur vie en quelques poèmes.

La boue du monde 

La Vie, la vraie, c’est comme une sculpture: il faut s’engraisser de toute la boue du monde pour ensuite se sculpter. Il faut même qu’elle sèche un peu pour que l’on puisse la tailler. Sinon, après, nous serions mous et fragiles. La sécheresse a bien des vertus en autant que l’on puisse l’utiliser. Quand ont songe que les hommes sont composés de 70% d’eau, une fois en statues érigés, il restent secs comme des veaux d’or dont parle la bible.

Pivot

Chose surprenante, la « vérité » n’est que le montage intellectuel de ce que l’on croit après avoir fait son propre assemblage avec les matériaux intellectuels cueillies au bord des lignes de livres, de pensées, de personnages grandioses qui pourtant sont si peu…

C’est simple: la vérité et la certitude font davantage de victimes que l’ignorance. Ils sont en fait responsables des 3/4 des malaises du monde.  Ce n’est pas le savoir qui a gangrené notre monde, mais la manipulation des « faux savoirs ». Alors, tout est baigné dans le liquide sirupeux et trompeur de la propagande politique et économique. De la propagandes des gens abonnés au cervelet.

Il faut un certain savoir pour bâtir une maison. C’est pratico-pratique. Mais l’autre, celui de ceux qui les achètent et les vendent, ceux qui jouent aux fins finauds, qui s’électrisent aux petites réussites est, au bout du voyage, aussi inutile que d’amener une pépite d’or dans cet autre monde après le déluge du corps.

C’est là le pivot: une fois qu’on a fait le tour de toutes les magouilles, même celles des vies ultérieures, on se calme un peu, avec un sourire en coin et on regarde alentour de soi. Il en est qui se plaignent du de la douleur et des misères des premiers hommes habitant l’ère glaciaire… Ce que l’on vit aujourd’hui est le résultat de mailles méchantes et bien tressées de l’homocumulatus.  Drôle de créature!

L’Homme araignée.  Le fabricant de toiles pour vous capturer… en fait, tout capturer. Il a appris à piéger, à bâtir des pièges économiques. Alors, pourquoi se plaindre et geindre sur les anciens chasseurs qui broyaient les jambes des bêtes pour manger? Et par besoin…

J’ai souvenir de lièvres gelés en hiver, morts lentement par étranglement de fils de laitons placés sur leurs petits sentiers.

Les petits sentiers… Ne sont-ce pas ceux que nous suivons?

Dessillement 

Tout bouge, tout se meut, tout est vie.

… et depuis longtemps, je suis plutôt étonné des manigances des fourmis, des lueurs invisibles des plantes, de tout ce qui pousse avec un peu d’eau, un peu d’air, un peu de terre…et ce qui meurt en hiver, disparaissant sous le gel , comme dans un beau et grand repos-inspir, pour ensuite respirer sa vie qui est la nôtre. Souffler!. Cette vie en vert, si surprenante de générosité en désaccord avec nos propres cupidités « apprises »…  On dirait que lorsque les yeux – ces yeux de chair – voient un peu embrouillé, les yeux de l’âme s’éveillent et prennent le « relais ».   Les matins, les petits matins frileux, quand le corps a fait des noeuds au point de se lever un peu plus douloureusement, il y a les êtres à découvrir encore, comme si on ne les avait jamais vus. 

Si nous pouvions voir tout le pouvoir de la tendresse, de la simplicité en début de vie, jamais nous de donnerions d’argent à ceux qui achètent des armes et tracent des frontières. Jamais nous ne permettrions d’user de nos sueurs pour tuer ceux qui usent de leurs sueurs pour bâtir un monde meilleur. Le monde « meilleur » est celui qui est, existe, et sera toujours. Le pire des mondes provient de celui qui cachent les humains au profit des superstructures. Et de par celles-ci. Les aveugleurs… 

planthomme 

Ce matin, je me suis levé tôt… J’ai fait le tour du jardin. C’était horrible! Les framboisiers avaient envahis les rangées de fèves, le compost refusait de composter, la mauvaise herbes s’approchaient des plans de patates, et les carottes s’étaient unis en trois rangs pour pousser… De la rhubarbe, des fleurs, des abeilles, trois pruniers, 30 plants de tomates, des poireaux.

Je me disais que j’allais perdre quelque « chose »… Mais, étant donné qu’ils n’avait pas plu depuis longtemps, tout le parterre du voisin était jauni par la sécheresse. C’est là que j’ai compris que la diversité était une force, mais que nous passons notre temps à cultiver ladite « monoculture sociale ».  Et c’était là la grande faiblesse de cette humanité à travers laquelle je serai passé.

Si une plante multicolore, orgueilleuse, haute écrivait ses mémoires… Ce serait comme ici.

Mais les plantes ne savent pas écrire. Même si l’infime brin d’herbe ne sait  pas lire, la pauvre plante orgueilleuse la regarderait de haut, sûre qu’elle a « créé » la plante, sans savoir qu’en mourant , l’herbe a   engraissé la terre dans laquelle  a pu s’épanouir la belle au moi dormant… Mais la pauvre ne saurait même pas que le brin d’herbe est totalement ignorant de la « grandeur » étalée de cette « merveille ».

Les odeurs n’ont jamais nourri personne…

Gaëtan Pelletier

Juillet 2014

 
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