Archives quotidiennes : 7-juillet-2014

La croisière de chair

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Je passe mes doigts sur ma peau d’eau

Entre la lumière et la chair

Comme si je n’étais pas d’ici

Comme si je n’étais pas d’ici

Je mets le feu à mes yeux pour mieux voir. Mes yeux d’amour, mes yeux de Lazare.  Mes regards ressuscités. Mes yeux, mes vrais qu’on ne pourra jamais voir, car ils étaient là avant que je fusse né.

Ici, la vie comme une pauvre maquette de la Vie.

Ici,  la division des tueurs en série. Les pans d’ombres, vitriolés d’orgueil. Les encagés du cerveau. La noyade totale dans cette aventure d’ignorance et de visions étriquées.

Noyés. Noyés. Noyés.

***

Maintenant, plus rien n’est pareil. Maintenant tout est avant de tout ce qu’il y avait avant. Dans des mouvances inexplicables, comme si l’herbe parlait au vent quand le vent lui souffle sa vie.

Et la lumière qui s’y mêlent, et la danse des reflets sur les perles volantes d’un oiseau jaune posé sur un brin d’herbes…

Tout cela est un.

Il n’y a que nous qui sommes divisés.

Et par les soirs d’étés, quand la chaleur s’enferme en la maison, en nos corps, que la lumière reste muette dans les fleurs en dormance pour revenir au matin. Comme nous reviendrons tous un matin… Comme nous reviendrons quand nous aurons quitté le petit navire d’eau de cette croisière de chair.

 

Gaëtan Pelletier 2014

 

 

L’échevelure

La vie s’attarde
Mon verre aussi
À la fenêtre
Des étangs de vie

Le lampadaire a soif d’histoire
De son œil de travers, jauni

C’est comme ça le soir, quand la nuit s’est perdue dans le temps et qu’elle m’a perdu aussi. Il me reste des doigts pris dans des chevelures de femmes, des airs de guitare, et une pluie de souvenirs, tout en tic tac d’eau. On dirait une horloge qui revient me voir. Les souvenirs effacent le dérisoire. Comme un enfermoir…

La vie s’étend
Mon verre se vide
La toile se ferme
L’œil en lampadaire

Gaëtan Pelletier
03 févr.-07