La météoalgos

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algos: douleur

De tous les temps (sic), les hommes ont voulu connaître le futur. Je voulais savoir le temps qu’il fera demain quand je suis « tombé » sur un site qui veut que l’on vote pour la présentatrice météo la plus sexy...  Nul besoin de voter: elles sont toutes belles. Mais quel est le rapport entre la beauté des dames et la météo?  Ces temps-ci, c’est mauvais à consulter un psymétéologue… Du crachin, de la pluie, de l’eau à faire pousser des champignons sur le front… Et des inondations.

IL FAIT BEAU POUR L’ŒIL !!! Mais le matin, quand tu te lèves, et qu’il y a un couvert de nuages sombres  et qui se tortillent comme s’ils avaient envie de pisser, tu chausses tes bottes de marin de pelouse, et tu tentes de te fabriquer un été pas trop moche. Comme ils disent quelque part:  » C’est la volonté d’Allah! ». C’est un peu vrai: ces femmes sont toutes des bombes…

Pour en finir avec le mélange du sexisme et de la météo, j’ai deux solutions:

1. Quand le temps est beau, on envoie la belle fille. Ding! Même pas besoin de tableaux. Elle est là et on clapote des mains.

Si c’est moyen, et qu’il y a des nuages à l’horizon et une possibilité de pluie, tu places un buveur de bières avec une canne à pêche, assis sur son patio trempé, avec son petit chapeau, les genoux croisés, silencieux.

On a tout compris…

Quand le temps est incertain, tu places une dame guindée qui récite un poème de Baudelaire. Une dame un peu ridée, mais avec une certaine classe…

Si le temps est affreux, tu places deux vieux d’un  foyer d’hébergement, coiffés d’un parapluie, qui rigolent en amoureux :

 » On n’a pas seulement le parapluie, on  a l’arthrite qui vous le dit ». Mais nous on ne sort jamais d’ici, beau temps, mauvais temps. Mon mari, lui, regarde la météo avec Pascale sur notre météo régionale. »

 

Pascale Robitaille

 

Pascale Robitaille, CIMT

2. Tu fais comme il y a 300 ans. Tu lèves la tête le matin, vers le ciel, et tu prends le temps qu’il y a. Point.

Imaginez un amérindien, en 1638, voir entrer dans son tepee  une beauté qui t’annonces que demain est incertain, qu’il va pleuvoir, mais que dans trois jours, on verra le soleil.

Tant pee pour vous…

Ou bien il faut continuer d’employer le langage de Nostradamus pour prévoir la météo à venir:

«Qui legent hosce versus nature censunto ;
Prophanum vulgus et inscium ne attrectato ;
Omnesque Astrologi, Blenni, Barbari procul sunto.
Qui aliter faxit, is, rite sacer esto.» Source 
 

Le temps de déchiffrer Nostradamus, on passe à une autre météo.

En ville, quand les printemps sont moches, ils ne peuvent monter les terrasses pour recevoir les terrassés. Il n’y a personne avec des lunettes teintées pour manger des carottes, des pâtes venues d’ailleurs, là où « il fait beau ». Leur commerce est une dépendance à la température qui devrait être celle d’une serre à ciel ouvert.

En ville « on perd de l’argent ». Pour savoir s’il fait beau, en ville, tu regardes les filles et les gars qui se s’arrachent des couches de vêtements et se font griller. Ça c’est sexy. Pas besoin de regarder le ciel: tu regardes la gente à terrasse s’émoustiller.

En campagne, quand le pissenlit fait son apparition, tu sais qu’en ville les terrasses sont ouvertes.  Le temps est splendide! Il fait 32 degrés à l’ombre, tu crèves de chaleur! Le temps est splendide!

En économie on a des pertes quand le soleil n’est pas là et quand la pluie n’est pas là.

Dans la vie, c’est comme ça: on perd tout à vouloir faire de demain la journée parfaite.

La philosophie de vie, dans tout ça, c’est de n’avoir rien à cirer avec la météo, le futur vu sur un angle.  Quand il pleut, que le temps est sombre, tu prends un bon livre, tu sors écouter la pluie et chanter les oiseaux. Ça, c’est si tu n’es pas enfermé dans un bureau ou la valeur du « beau temps » qu’il fera reste celui du temps qu’il te reste « à faire ».

Il ne reste qu’à abolir les prévisions météorologiques qui sont devenues nocives pour la qualité de notre existence. Personnellement, j’ai aboli la météo de mon abonnement. Je la regarde, mais je ne l’écoute plus. Et puis, s’il le faut, je vais faire un canal météo qui fera les prévisions de la journée d’hier.

HIER, IL FERA…

GP

 
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Une réponse à “La météoalgos

  1. « Aujourd’hui on prend un parapluie parce que la télé a dit qu’il allait pleuvoir. Autrefois on aurait regardé le ciel. » (Michel Serres)

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