La vie par la porte des yeux

Anonyme, "Fillette dans un landau", fin XIXe, Musée suisse de l'Appareil photographique de Vevey.

Fillette dans un landau. 

On peut avoir une peau ferme, flasque, un teint cireux,un corps brisé, il reste toujours quelque chose de mystérieux: les yeux. Le reste est brisé par la mort… Mais il y a cette lumière toujours étrange et qui semble avoir un point d’éternité. Ça reste un mystère lancinant.

Pour les athées, Dieu n’existe pas. Pour les croyants, Dieu existe. Mais quelque soit la « vision » des deux, rien ne prouve qu’il existe ou n’existe pas.

Je pense que « dieu » a laissé des traces dans les yeux de ceux qui passent. Un éclat de miroir…

L’oeil est un message que peut  savent lire, trop peu attardés à ces deux points lumineux plantés parfois dans un corps trop grand.

Si l’oeil  est le miroir de l’âme, l’âme est le miroir de quoi?

L’oeil est le « un » du reste de l’Univers. Le fragment de la source: la lumière.

L’oeil de l’enfant: que la lumière soit! Un commencement du monde…

Je ne crois en rien. Je regarde. Je ne crois en rien. Le corps est une maison avec deux portes. L’une pour entrer, l’autre pour sortir. Ainsi va la « connaissance ». Les limites de la « connaissance » se perdent la l’orgueil.

Autant le dire: ma vie est un échec total. Je n’arrive plus à voir les gens, les choses, les créatures étranges, les bulles de lumière dans le ciel, les miroirs des flaques d’eau qui sont comme d’infimes yeux enfermés dans l’eau à travers les analyses.  Je n’arrive plus à voir tout ce qui vit comme des « créatures » fixes, arrêtées. Non. Je vois tout en vibrations.

Étrange.

J’y suis arrivé, je crois, par la méthode des deux portes: en n’enfermant rien. Le « savoir » est une maison fermée, morte. Connaître est une source vivace. Saisir une idée, une religion, un concept, c’est l’enfermer.

J’ai trop regardé de papillons…

Ils volent en couleurs et semblent ne pas avoir de plan de vol. Comme la vie… Les plans ne servent qu’à créer des boîtes.

Il en est qui arrêtent de boire, il en est qui arrêtent de trop manger, il en est qui arrêtent de fumer et il en est qui ferment les portes. Alors, on risque en regardant ces épouvantails à moineaux, de ne pas se nourrir par le mouvement constant de la Vie qui change.

Je dois être mentalement malade: j’aime les chiens, j’aime les lombrics, j’aime l’ardeur des truites, les repousses aux printemps, les petits cailloux, les ruisselets, les fleuves, les rivières, les moustiques, les brins d’herbe séchés, les petits oiseaux-Mozart, nager, marcher, rire, et tout…

Et même une certaine forme de pauvreté. Je n’ai pas dit de misère…

Je n’ai jamais voulu de carrière et j’ai réussi à ne pas en avoir.

Je me suis dit – en me rappelant de tous les ténors de ma classe  qui rêvaient de devenir « quelqu’un » était une une sorte de schéma social, sans plus. Et je les voyais souffrir à s’acharner à devenir les meilleurs pour devenir les meilleurs robots des sociétés modelés à l’avoir.

J’ignore pourquoi… Je me fiais à mon instinct. Simplement. J’ai bien vu que les humains étaient répertoriés et classés en étages « sociaux ». La valeur d’un humain était réglée à la valeur de ce qu’il pouvait apporter à  quelque chose et non à quelqu’un.

Ce classement en a détruit plusieurs. Et ça continue… Argent, idées, intelligence. Oui, mais cela vous sert-il? Ça continue… Les gens s’enferment dans des carrières, deviennent tout fripés du corps, avec des yeux fatigués, le cerveau surchauffé, le corps brisé.

La foi  « spirituelle » a été trafiquée. La foi dans les systèmes humains a remplacé bien des religions.

C’est la grande culture du « quelqu’un ».

Pourquoi se fatiguer, se tuer, et mourir pour devenir « quelqu’un »? Il n’y a pas d’étages dans la vie, ni de « supérieurs » ni « d’inférieurs ». L’oiseau vole, le vers s’enfouit sous terre.

Où est donc cette jeune fille photographiée il y a plus de cent ans?

Je me suis dit que tout le monde est une photo qui roule à la vitesse des bobines de films.

Quand le mécanismes s’arrête, fini le cinéma!

Avec nos yeux, qui sait si nous ne sommes pas venus « ici » pour filmer un peu cette vie?

Gaëtan Pelletier

mars 2012

Une réponse à “La vie par la porte des yeux

  1. J’aime bien ce que reflète ce blog, c’est une vision qui me rejoint. Vous exprimez simplement en mots, ce que je ressens. Malheureusement pour moi, je n’ai pas le talent des mots par contre, je peux lire le champs d’énergie des gens. Vous vivez au rythme des fréquences de la terre en évolution. Bienvenue dans le nouveau monde!

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