Archives quotidiennes : 4-avril-2014

L’Homme est une fleur mécanique…

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« Quand les américains, en 1945, ont découvert les camps de concentration, ils ont offert aux victimes des cigarettes: ils les ont mangées. »

 

Quand arrive le printemps, le vrai, les fleurs se mettent  à pousser et à nous faire la danse des couleurs dans leur palette délicieuse. C’est beau! Tout Beau! J’adore les fleurs… Mais nous sommes des fleurs de lumière. De petites étincelles à travers l’immensité temporelle.  Mais c’est le déni total: tout le monde voudrait être beau, en chair et en noces dans une vie ou tout meure pour nourrir la terre, les champs, les carottes, et le tigre qui mange la gazelle comme le banquier avale le pauvre.

En vérité je vous l’écris, nous souffrons d’irréalitite. Et  le plombier élu cravato-psychopathe ne peut rien faire pour vous. Nous détestons être des esclaves, mais nous aimons « choisir » des maîtres pour nous « guider » et prendre soin de nos petits destins de fleurs. Le comptable compte les fleurs et le poète conte les effleures.

 Il s’attarde. L’impatience est le mal du siècle. L’impatience va bientôt faire de ce monde un gigantesque hôpital.  Nous dépérissons. Il y a trop de fleurs mécaniques en ce monde. Et quand un pays comme les États-Unis – dans ses missions salvatrices – se permet 20 suicides par jour de ses soldats – des jeunes en fleur, nazéifiés par le modèle des modèles, il y a quelque chose qui cloche.

Vive l’attendresse! Latente et tendresse!  La beauté des petits matins d’été, ou les nuits passées à écrire sans changer le monde, rien que barbouiller ses états d’âme sans attente. Arroser la fleur que l’on est pour le plaisir des autres fleurs. Ne serais-ce qu’un petit passage sur une portée de musique: trois blanches, une noire.

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Nous craignons la mécanique que nous sommes, nous craignons tout court. On vous parlera de politique, d’économie, de « structure sociale », de modèle. Chacun vit sa vie… Les gourous vendent des fleurs séchées… Nous ne sommes pas séchés. Il suffit de d’ouvrir l’oeil à  toute la palette de couleurs de la Vie – quelquefois nommée « dieu » – pour accepter que chaque minute, chaque heure, chaque matin, chaque saison  soient pareils  à ce qui meure tout en étant captivés par la beauté des rivières, de la vie sauvage, des mouvances et déchirements de nos « sentiments ».

Et de ces « rapports » entre « nous »….

Aimer a-t-il une fin! Une clôture? Un âge?

Aimer n’est pas une comptabilité.

Et l’ordre nouveau mondial n’apportera rien à cette richesse.  Comme toutes les autres, on nous volera.

Les exclus ne sont jamais suffisamment esclaves. Ce sont les inclus qui le sont.

On a vendu l’émouvoir 

Nous ne savons plus nous émouvoir de ce qui est la source même de notre existence. Nous émouvoir des glaçons au printemps, des folies de jeunesse, des fille à la peau moite, des petites mélodies qui entrent en nos corps et âmes comme des pâmoisons qui, délicatement, s’infiltrent et se logent. On s’émeut devant ce pauvre gadget collé au cerveau. Petite machine machinale, parlant de l’un à l’autre, sans le parfum, sans la puanteur, sans le subtil toucher de la chevelure dans les doigts, et les souffles coupés… Nous craignons tous que nos passions s’éteignent. Mais c’est nous qui soufflons sur la bougie des bougies que nous sommes. Nous nous alimentons.

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Nous craignons les couleurs de nos états d’âme. Trop vaste pour nos petits cerveaux. Personne n’est pareil. On nous offre de vivre en noir et blanc, mécanique, effrayés, alors que nous devrions vivre en couleur, sans peurs, se permettre le luxe d’aimer ce qui meure comme nous allons tous mourir un jour. Avoir la passion infinie de ce monde… Et ne jamais laisser aux autres vous dire qui vous êtes dans ce frauduleux spectre de l’humain « normal ».

Pour vivre, il faut se remettre au monde à chaque jour, comme si le matin était le ventre d’unemère….

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Gaëtan Pelletier

Avril 2014