Politique de l’emploi : du travail au non-être

File:Cuisinière mettant des braises dans le potager.jpg

D’une certaine manière tout le chemin que reflète ce blog est l’élucidation de ce mystère : être d’autant plus pénalisé que l’on propose des solutions viables créatrice d’une économie alternative (combattant) alors que finalement descendre la spirale du désespoir et de la démotivation (victime) est accepté comme normal.

Je ressens un profond malaise parce que je sais à quel point cela a été – et l’est encore – destructeur pour beaucoup de personnes dont j’apprécie, la générosité et le talent, mais qui sont résolument non intégrables. Le plus dur à accepter, c’est que ce sont les recherches généreuses qui sont ainsi mise au ban du socialement admissible dans le cadre d’une société de concurrence et de profit généralisé.

C’est ce que je voudrais rendre visibles ici, non seulement les alternatives au monde des Corporations et au système marchand et leurs possibilités sont détruites, mais aussi une guerre silencieuse est menée à ceux qui sont porteurs de ces alternatives. Si sur d’autres continents ils se font assassiner sans autre forme de procès, ici les processus de destruction sont plus subtils et ne sont pas toujours identifiés comme telle car se présentant la plupart du temps comme des phénomènes isolés mais tuent tout aussi sûrement leur cibles.

Il y a des dizaines de milliers de Sophie qui tombent de haut, passent de cette joie qu’il y a de trouver son chemin et de se sentir utile à soi-même et aux autres, celle aussi de ne pas ce contenter de toucher et gaspiller l’argent durement gagné par d’autres, mais bien de faire quelque chose de constructif pour tous et qui du jour au lendemain se voient objet d’un procès social. Le coup de la « non disponibilité pour un emploi –qui n’existe pas » est récurrent. Et la perte de l’espoir s’accompagne d’une perte de revenus et d’une stigmatisation sociale et psychologique qui sont de vraies entreprises de déstabilisations, du risque de perdre tout moyen d’existence, se retrouve face à des jugements qui ont pour teneur le procès d’intention qui proclame qu’en fait on cherche à se défiler, qu’on est des sortes de paresseux qui donnent leur temps bénévolement parfois pendant 10 ou 12 heures par jour, seulement pour ne pas « devoir travailler ». Je vous promets que c’est vrai, que je connais des dizaines d’exemples concrets, que c’est come cela que cela se passe, en particulier dans le milieu paysans, ou des gens bossent de l’aube à la nuit, 7 jours sur 7 pour rendre leur projet viable, maraîchage, élevage, distribution et on les accuse de »ne pas vouloir travailler » et les menacent de les priver des revenus de remplacement dont ils ont besoin pour pouvoir arriver, après beaucoup de travail, au point où leur projet sera rentable, pas la fortune de quoi vivre frugalement en faisant ce qu’on aime avec le sentiment d’être utile. Beaucoup craquent, certains tombent malades, d’autres en meurent,  après on dira qu’ils étaient instables.

Certains qui perdent leur boulot, accomplissent scrupuleusement toutes les démarches que l’on attend d’un « bon demandeur d’emploi » et se rendent compte qu’on les mène dans une galère qui fait du surplace… « rame et tais-toi et surtout ne pense pas ». Mais ceux qui décident alors de chercher à inventer leur propre solution font bientôt ce constat terrible, à l’encontre de tous les beaux discours officiels et sauf rares exceptions favorisées par des structures de mise à l’emploi locales et rares : ce n’est pas permis, c’est même pénalisé.

Anne W

Entre travail et situation
samedi 18 janvier 2014popularité : 41%

Pôle Emploi vient gentiment de se rappeler au bon souvenir de Julie, une jeune chômeuse coupable d’avoir pratiqué le « wwoofing ». En clair, elle est accueillie chez un maraîcher bio pour découvrir le monde de la ferme. Elle donne une coup de main, sans obligation, et elle est hébergée sur place. Une pratique encouragée par le ministère de l’Agriculture sur son site Internet.

Mais, pour Pôle Emploi, c’est du boulot ! L’organisme lui demande de rembourser deux semaines d’indemnités, au motif qu’elle était « en situation de travail ». Pendant ce temps-là, en déduit Pôle Emploi, elle n’était pas disponible pour d’éventuels rendez-vous avec son conseiller. Ce qui est faux, la ferme n’étant qu’à une petite heure du bureau en question. La jeune femme, qui, justement, veut se reconvertir dans l’agriculture, mettait à profit son temps libre pour découvrir son futur métier. Ça lui servira de leçon !

L’agriculteur, lui, se voit réclamer par la Mutualité sociale agricole la modique somme de 4 500 euros. il est accusé de « travail dissimulé ». Le site du ministère, imperturbable, continue d’inviter les amateurs à « découvrir une autre façon de vivre ». Et surtout une autre façon d’accumuler les emmerdements…

Le Canard Enchaîné N° 4864 du 15 janvier 2014

Source : [Altermonde-sans-frontières] Entre travail et situation

Via : Mes coups de coeur
sdf, femme

http://les-etats-d-anne.over-blog.com/article-p-122121949.html

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