Archives quotidiennes : 16-janvier-2014

Laïcité-Québec

 

Il y a de grossières erreurs dans l’appellation:  » La charte des valeurs québécoises ». Il y a là une teinte de racisme étrange. Car si Montréal est maintenant une ville « riches en cultures différentes », en quoi une dame porteuse de Hijab, enseignant la laïcité pourrait nuire à la société québécoise?

Ah! On nous a dit que c’était le symbole de la femme esclave musulmane  malmenée parles extrémistes.

On le sait…

Son « outil ostentatoire » pourrait trahir les États laïcs. Dangereusement…

On a sans doute oublié que le clergé  chrétien, ( frères, prêtres, tous travailleurs du conglomérat ancien État-Religion)   a violé la « différence » des amérindiens à la limite de l’effacement de la culture et même sexuellement.

Ce qu’on n’a pas compris, c’est que la religion était liée à l’État. Maintenant, c’est le monde des affaires. Alors, il faudrait interdire le port de la cravate au style Wall-Street et tous ses représentants à cheveux blancs, bons kapos du monde du « développement global », voleurs piteux, marionnettes désossées, flasques et visqueuses.

C’est compliqué, hein? Faut-il s’attaquer aux idées attardées et néfastes des politiciens au lieu de s’acharner sur un petit vêtement?

C’est en dedans que ça se passe…

L’enfant qui grandit dans un monde de différences de couleurs, de différences de tenues vestimentaires ne voit rien de différent, car il sait voir de l’intérieur les gens. L’enfant est souple d’esprit. Il a une capacité d’absorption 1000 fois plus grande que les « adultes » rivés aux grands projets de société, soudé à son passé.

Pendant la montée du nazisme, des enseignantes enseignaient aux enfants les valeurs du régime nazi. Sans costume… Sauf celui de leur cerveau bien ciselé, sculpté au régime.

Maintenant, c’est le monde des affaires. Ils portent tous la cravate, signe de laïcité. C’est le plus ostentatoire des signes. Signe que tout est dirigé vers un État fascisme, monovaleur: money. Monopoly-Monopole.

On ne change pas un monde avec un costume. On le change avec des discours martelés. Et ce « projet » de laïcité est un discours martelé qui ne changera rien. Il ne changera rien, puisqu’il a maintenant un programme d’histoire des religions de la diversité des religions   incluant celle du Québec, sans les scandales du catholicisme abusif, collé à l’État dans les années 50.  Il ne changera rien puisque le Québec est un « pays » d’immigration.

Des blancs, des noirs, des jaunes, des grillés par le soleil…  Quelqu’un l’a remarqué?

Vouloir rendre un État laïc, c’est ce qu’a fait le régime U.R.S.S avant sa chute en interdisant les religions. Pourtant, tous les travailleurs se cachaient pour la pratiquer.  Ce n’était que le prélude à un abonnement au cher capitalisme et à la croyance qu’il faut niveler encore ce qui est différent. Soit en volant leurs terres, soit en les « convertissant », soit en disant comment se vêtir. Mais surtout à ce qu’il faut apprendre. La Russie forcent ses minorités à envoyer leurs enfants dans des pensionnats.

Description de cette image, également commentée ci-après

Un Nénètse ( de Sibérie)  doit être « converti ». C’est là le fascisme laïc mondialisé, globalisé, pour imposer ses valeurs. La laïcité, c’est l’argent, la guerre, et la pseudo-réussite, ou encore la « nécessité » de s’abonner à un mode de vie « uniforme ».

Le monde n’a pas changé: les dirigeants n’ont jamais eu de respect pour la vie des gens. Celui qui décide ou celui qui est élu pour « décider », est encore le même modèle d’il y a des siècles de l’Espagnol, du Français, du Britannique venu déflorer les amérindiens.

Alors, nous sommes tous l’amérindien de quelqu’un.

Il n’y a que deux espèces qui résistent aux changements: les insectes et les politiciens.

Mais avec des fortunes arrachées des yeux des hommes, on pourra vous faire croire un jour que l’on peut dormir les yeux ouverts…

Gaëtan Pelletier

Janvier 2014

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Facebookaïne

Le livre de mon visage 

Tout a commencé le jour où un ami que je n’avais jamais vu m’a envoyé un email pour m’inscrire à Facebook.  27 moi(s) plus tard, j’avais 1243 amis, dont un chien nommé Taïga et un Garage spécialisé dans les pneus: Rubber Soul.  Ma dépendance à l’amitié virtuelle a débuté lentement. Mais au bout de quelques mois, je me couchais aux heures des insomniaques scotchés à leur lit, les yeux grand ouvert comme des poissons d’eau douce. Moi, je dormais sur mon clavier en essayant de ne pas dormir.  Je commençai à imaginer chaque touche de mon clavier comme des pilules à avaler et j’en fis part à mes amis de Facebook.

Je ne me rasais plus, je ne sortais plus, de sorte qu’un jour je me suis couché l’automne un peu avant Noël. Par chance que je vis la neige arriver sur Facebook.

 Quand mes amis venaient me visiter, ma femme leur disait:  » Ne le dérangeons pas, il est sur Facebook, avec ses amis ».

Au début, je n’avais pas remarqué les pubs à droite. On y vendait des manteaux d’hiver et on soignait l’arthrite… Mais ce qui me frappa le plus, ce  fut la petite brunette aux yeux clairs dont la jupe rapetissait à chaque fois que j’allais voir mes messages, une photo apparaissait:

Je me suis dit qu’elle regardait mon profil.

La panne 

Le soir du 6 janvier, le verglas coupa le courant dans la maison. Je fus déconnecté de pas loin de 2000  amis. En manque, je me mis à trembler, atteint d’une sorte de maladie de Parkinson. Je n’avais pas de clavier pour rejoindre Parkinson.

 J’ai allumé une chandelle pour invoquer les dieux.

Ma femme appela les ambulanciers qui m’emmenèrent à un centre de désintoxication.

Là, enfermé, sans ordinateur, je me pris d’amitié pour un écureuil qui courait dans la le parc du Centre de désintoxication.

***

Pendant 8 semaines, nos eûmes des réunions pour parler de notre dépendance virtuelle. Tout le monde pleurait. Afin de ne pas trop être déstabilisé, au début, nous nous échangions avec de faux claviers fournis par la maison.  Puis ils enlevèrent des lettre du clavier pour accélérer la fin de notre dépendance.

Tékitoua? Téki. Kit! È. , etc…

Au bout de ces longues semaines, nous finîmes par nous enlacer tendrement, pleurant, contents d’avoir enfin rencontré de vrais amis. Quelle était touchante l’histoire de Lana Cronism: elle avait quitté la demeure de ses parents demeurés à 16 ans pour être victime d’un proxénète! Elle nous raconta son enfer dans les rue sombres de Montréal, et nous montra tous ses tatouages. Un client: un tatouage.

On ne la voyait plus.

Juré, craché 

Nous fîmes le serment de ne plus jamais nous abonner à Facebook. Chacun d’entre nous retourna aux études pour devenir politicien, hommes d’affaires, ou prêtre.

Et c’est là que nous rencontrâmes de véritables amis: ils étaient tous adroitement tordus, nous payaient en argent, et j’en oubliai la fille qui me regardait à droite de l’écran.

À chaque semaine nous avons des rencontres. Et à chacune de celles-ci s’ajoutent de nouveaux amis. On nous a appris à faire confiance en notre capacité de développement individuel. Shagrina est maintenant devenue porte-parole pour un parti politique. Et tout le parti est tatoué sur son corps. Du moins tous les noms… Et plusieurs membres…

***

Nous sommes maintenant à construire un nouveau site, le Nofacebook. Les gens qui tapent sur Google se retrouvent souvent chez-nous. Au point où j’ai cessé de me raser et de passer encore 12 heures par jours à surveiller le site.

Mais ne vous en faites pas: nous avons créé notre propre maison de désintoxication.

De temps en temps, je présente des conférence à ces centres.

Nous prévoyons présenter ces conférences, – pour gagner du temps – en format Vidéo sur FaceTube.

gp