Archives quotidiennes : 14-janvier-2014

À l’or…

© Antoine Desilets
Auteur: Antoine Desilets
Référence: Archives nationales du Québec, à Montréal Fonds Antoine Desilets cote: p697482
Responsable: Stéphane Fontaine
Numéro d’image: 5833

Alors que l’on sert aux humains de grand paysages en format « pays », on sait qu’il n’a besoin que de petits paysages pour vivre.

On ne ne le nourrit pas, on l’étouffe…

Alors…

Alors, on vend des images. Des petits poèmes. Comme j’en écris. Des petits écrits, comme je poème. Des photos.

Nous voulons quoi? Vendre la photo d’un lombric? Décider ce qui est beau et pour lequel nous nous consacrons « génie » ou artiste.

J’ai conduit un camion, et je ne vends pas d’image de mon travail. On vous a fabriqué une fourchette, et pas un travailleur n’a réclamé des droits sur son art d’en fabriquer une.

J’ai été « gérant » d’un département de fruits et légumes. J’aurais dû prendre une photo des pommes de terre et en faire « un art ». L’art, c’est la pomme de terre. La maison, c’est celui qui l’a construite.

Il faudra séparer l’ivresse du bon gain.

L’Homme n’est pas un créateur: c’est un copier-coller de millions de copier-coller.

Même les peintres. Ils étalent les couleurs sur la toile. L’art n’est qu’une habileté à vous montrer un angle. Ce n’est pas « créer ».

Des génies, il y en a peu. C’est comme si Dieu ( la Vie) avait lancé un cri en rêvant et que quelqu’un l’aurait attrapé.

C’est un hasard. Comme le saumon qui pond des milliers d’oeufs pour ne récolter qu’un dixième. Je ne sais…

Sperme à tout… Zoïde.

Nous ne naissons pas avec du talent: nous naissons avec de la curiosité. Et à force de creuser la curiosité, on finit par comprendre un peu de ce monde et des gens qui l’habitent.

On finit par comprendre que l’importance que nous accordons à l’art, au point de le vendre n’est que copier-coller de ceux qui sont en mode survie dans une nature aride n’est pas mieux. Car, en fait, nous avons le loisir d’avoir créé une nature aride, celle de l’orgueil et de la vanité, et de croire que nous pouvons « créer ».

Nous sommes en mode survie de notre orgueil et de notre vanité-miroir.

Dieu est en nous. Mais nous ne sommes pas « dieu ». La beauté ne dépend que de la capacité à déterrer l’absurdité humaine.

Le reste est un bouquet de photos , de fleurs, d’écrits, de cerveaux délavés, souvent pas d’âme…

Un art « cartésien »…

C’est bien la meilleure du siècle!

Le petit dieu a vendu son âme, l’a trafiquée pour un cerveau et se prend pour un Allah-Jésus-Artiste.

Je connais un type qui nomme cela  » la petite bourgoisie ». Il n’a pas ajouté: frustrée. Mais elle l’est . Car les grands pourfendeurs satanique terrestres l’ont dessinée… Eh! oui! Ils ont dessinée la bourgeoisie. Une servitude brodée de collier d’or, de montre 14 carottes, les joues refaites par les « grands » remonteurs de visages. Bien habillées, les vieillardes, mais fanées comme des fleurs qui payent une fortune pour prolonger leur été.  Et les mâles n’y échappent pas.

Mais ce sont EUX  qui achètent les tableaux, les photos, qui se brassent les yeux devant des murales collées aux murs des musées. Amusées et amusés.

Ouah!

A l’or…

Alors, à se croire important, nous sommes tous des individus trafiqués qui une fois achetés par de gros acheteurs, pensons être devenus des vendeurs de soi.

Quelqu’un disait qu’il faut s’aimer pour aimer les autres. C’est vrai… Mais il faut également un peu d’humilité pour comprendre que les autres c’est peut-être ce qu’on nommerai aujourd’hui les pixels de ce que l’on est.

La petite bourgeoisie est une servante ornée qui crache sur le peuple. Mais elle est abreuvée de son crachat par le rigolo-sérieux businessman qui contrôle tout.

Ce qui reste de l’art…

C’est la grande mais grande simplicité de transmettre l’amour sous toute forme. 1% de culture et 99% d’âme.

On ne peut aimer que ce qui est vivant. Et l’art est de transmettre un message d’un vivant à un autre. Une émotion, un facette de voir. Ça n’a rien de fixe. C’est vivant.

On peut échanger bien de l’amour, – et sans doute sans le savoir – , avec les vagues des fleuves, les courants des rivières, les oiseaux, les chiens, les abeilles, tout cela dans une re-connaissance camouflée.

Mais si ça ne s’achète pas avec votre capacité de voir, ça ne se vend pas…

GP

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Concentrer son amour en fermant les yeux

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La sortie pour la rentrée

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Pour apprendre, il faut d’abord sortir de l’école. Mais pour apprendre vraiment, il faut sortir l’école en soi.

gp

La calotte bipolaire

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L’austérité, c’est quand les riches vous accusent de ne pas ramer assez rapidement pour accélérer le bateau-banque de leur richesse.

On ne vous dira pas que si le niveau des mers monte et gruge  les bords des océans, c’est à cause de gens qui transpirent trop à travailler pour un bateau qui n’a pas d’autre destination que  les banques.

Gaëtan Pelletier

Les prêtres du chaos

« Ca va prendre du temps de restaurer le chaos?
 » George Walker Bush
***

Une église intérieure brisée, anéantie par désagrégation, culture d’une foi matérialiste et division…

Le chaos.

Comment parler de réussites de sociétés quand les citoyens sont en guerre contre leurs gouvernants et que le véritable pouvoir est dans les mains des « marchands du temple »?

L’entourloupette consiste à n’utiliser qu’une partie de votre être pour en faire « votre être » au service « d’humains » qui ne cultivent qu’une part d’eux-mêmes : avoir pour être.

Alors, toute réussite est la somme de LEUR réussite à vous soustraire à votre âme, votre esprit, le petit dieu qui dort en vous.

La division par dons de connaissances ciblées vers la connaissance seule des tricots et des malversations des sociétés fait de l’être humain un rameur sur une galère qui ne va nulle part. Sauf, peut-être, aux banques… Ces îles passagères, frileuses au plus infime tsunami.

C’est la raison pour laquelle tout le monde se sent brisé…

Si trop de gens en puissance ou cherchant cette puissance de conduire, de diriger, de malmener un nombre de gens par l’argent, le pouvoir, l’individualisme exacerbé, toute supposée réussite est anéantie.

Réussite sociale.

Réussite de soi.

Car chacun est une œuvre à parfaire. Chacun est un brouillon ou un tableau sur lequel les autres peuvent inscrire LEURS LOIS.

Et patiemment ils sculptent votre être comme on écrit en tapant sur un clavier : lettre par lettre, phrase par phrase.

Alors, on devient le petit clavier qui rêve d’être …EUX.

Vous oubliez que vous êtes uniques.

Ils vous coulent, vous cimentent lentement à leur religion destructrice. Destructrice de tout : de l’humain, de la planète, des terres, de l’eau et ils vous chantent la grande et superbe chanson du vert.

Vous recyclez un boulon pendant qu’ils fabriquent un porte-avions.

Et vous y croyez…

Pourtant, vous vous déclarez ouvertement « athée ».

Victoire du diable : il n’a pas besoin de dieux, il désire s’en débarrasser.

Vous vivez alors dans une sorte de Shoah mondialiste, où les compagnies multiples bouffent  les travailleurs comme un aspirateur bouffe un nid de fourmis.

Mais vous y croyez…

Mais vous êtes athée…

On vous a disjoints de l’ensemble. Ensemble vous travaillez pour eux, ces gens qui n’ont plus de pays, plus de culture – sauf celle de la culture de l’argent pour l’argent, qu’ils enferment quelque part et qui est totalement inutile.

Le mal vient d’eux…

Mais il vient aussi de vous, de nous, de moi, puisque nous avons soustrait à un contrat social sans trop d’âme…

Et nous prétendons être conscients… En fait, nous sommes lessivés. Notre participation à la vie est réduite à une réunion de machinistes, de soudeurs, de bureaucrates contents d’être descendus de l’arbre.

La solution finale est de détruire la beauté de la différence des humains.

On essaie tout simplement d’enterrer 6 milliards d’humains dans des fosses.

Et nous sommes tous fiers de participer à la construction du bulldozer…

C’est là notre seule force. Et notre illusion…

Du moins, c’est bien ce qu’on voulut les prêtres du chaos.

Peu importe que vous achetiez un Ipad ou un écran à 1080HD.

Les seules images qui sont vraies sont celles qui dorment en vous. Si la réussite technologique n’est pas la réussite de votre être, vous n’avez rien réussi.

C’est de ça qu’on est en train de mourir. Emportant tout ce qui nous nourrit véritablement.

La malbouffe de l’âme et de l’esprit…

L’Occident bouffe du congelé…

Les réformes sociales ne sont là que pour bricoler la brisure des échecs sociaux.

Personne ne vous le dira…

C’est le syndrome du bus : « Avancez en arrière »…

Gaëtan Pelletier, 13 avril 2012

Albert Jacquard, utopiste

 

Qu’est-ce que la générosité ? Une ouverture d’esprit, une forme d’écoute, qui s’inscrit dans le cadre de la relation à autrui. Albert Jacquard analyse ce sentiment profondément humain dans Nouvelle Petite Philosophie (avec la collaboration d’Huguette Planès, Stock, 2005).

« L’amour est une telle tornade que l’on ne peut aimer tout le monde. Il serait hypocrite de le prétendre ou d’agir en faisant comme si. La vraie générosité doit être sincère et refuser les faux-semblants. Elle consiste à se mettre à l’écoute de l’autre en ne lui cachant pas la diversité des réactions qu’il provoque en nous. C’est-à-dire en lui accordant une part de ce qui nous est souvent le plus précieux, le temps dont nous disposons et qui, si vite, s’enfuit. […] La générosité est le nom que l’on donne à l’attitude qui est au fondement de la construction de chacun : l’ouverture à ce que nous apporte l’autre, même lorsque cet apport nous paraît inquiétant, voire dangereux. Toute rencontre comporte un risque. Etre généreux, c’est affronter ce risque. […] L’humanité, aujourd’hui comme toujours, donne des exemples de tout. L’horreur est présente à Bagdad comme à Marcinelle. Elle est visible, mais elle n’est pas plus dans la “nature humaine” que le don de soi, de ses richesses, de son temps. Cette co-existence du pire et du meilleur est la conséquence inévitable de notre liberté, qui rend justement vide de sens cette “nature”. L’important est de rester conscient de notre inévitable solidarité. Le mal que nous faisons, comme le bien, nous ne le faisons pas à une personne, mais à l’ensemble des personnes humaines, y compris à nous-mêmes. Tuer, torturer, c’est se suicider, se détruire. Aider, c’est participer à la réalisation du surhomme dont nous sommes une partie, c’est se construire soi-même. […] Nous avons été depuis tant de générations à la merci d’une mauvaise récolte, de heurts entre populations, que nous avons goûté avec délice les fruits de l’abondance. Quel plaisir que celui de ne pas craindre la faim ! Nous nous sommes abreuvés à toutes les sources, sans retenue. Nous avons découvert la satisfaction de boire avant d’avoir soif, de voir clair en pleine nuit, d’avoir chaud quand le vent est glacial.

Puis est venu l’écœurement, celui qu’éprouve un enfant suralimenté. Nous avons compris que la nourriture perd toute saveur si l’appétit n’est pas là ; et surtout que la satisfaction personnelle laisse un goût amer s’il n’y a pas de partage. L’émergence des activités s’efforçant de donner un tour concret à la solidarité est le signe d’un mouvement en profondeur de notre culture occidentale. Cette solidarité est finalement le signe d’une lucidité, non celui d’une générosité. »

Albert Jacquard, Mon utopie