Archives quotidiennes : 17-décembre-2013

L’école à bout de souffle. – Documenaire.

BEETHOVEN: Le passé composé

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Elyan

Ludwig van Beethoven né le 17 décembre 1770

Joseph Haydn disait de lui qu’il avait plusieurs têtes, plusieurs coeurs, plusieurs âmes.

Bien qu’affligé de surdité très tôt durant sa vie, il eut le génie de créer des oeuvres remarquables, éternelles, empreintes de force, de volonté et d’une grande liberté.

Il semble que rien ne pouvait brimer sa liberté, fallait-il que pour qu’elle s’exprime il réussisse à être le prolongement puissant de lui-même et franchisse l’impossible défi d’entendre, ce qu’il a réalisé malgré la surdité qui l’emmurait. Il entendait les anges comme d’autres entendent les silences. Il puisait l’expression de lui-même dans l’inspiration et l’élévation, près du coeur et de l’âme. On peut d’ailleurs l’entendre.

Sonate à la lune (3e mouvement)
http://www.youtube.com/watch?v=352qLWqKN-U

 

Après sa mort on trouva son testament, ainsi qu’une lettre à l’immortelle bien-aimée:

« Le Testament de Heiligenstadt (Heiligenstädter Testament en allemand) est une lettre manuscrite de Ludwig van Beethoven (1) à ses frères Kaspar et Johann, écrite le 6 octobre 1802 à Heiligenstadt (en) dans la périphérie de Vienne, où le compositeur avait alors ses quartiers. Il s’agit d’un document historique, témoignage inestimable dans la vie de Beethoven puisque le musicien y exprimait son désespoir devant sa surdité débutante et la nécessité qui en découlait de s’isoler peu à peu des hommes. Mais Beethoven sortit victorieux de cette crise, résolu à affronter son destin plutôt que de s’abattre : c’était le début de la période « Héroïque » qui allait durer jusqu’en 1808 et l’apothéose de la Cinquième symphonie.
Écrite dans une période de profonde crise morale de Beethoven, alors que le compositeur achevait sa Deuxième Symphonie, cette lettre ne fut jamais envoyée et fut retrouvée par Anton Schindler et Stephan von Breuning dans un tiroir secret de l’armoire de Beethoven quelques jours après sa mort en mars 1827, aux côtés de la Lettre à l’immortelle Bien-aimée. (2) »

TESTAMENT DE HEILIGENSTADT
(Das Heiligenstädter Testament)
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A mes frères Carl et (3) Beethoven A lire et à exécuter après ma mort
Oh ! Vous autres qui me croyez hostile, rébarbatif ou misanthrope, ou me déclarez tel, comme vous me faites tort, car vous ne savez rien de la cause secrète de ce qui vous semble tel. Dès l’enfance mon cœur et mes sens étaient faits pour les tendres sentiments de bienveillance ; j’étais même toujours prêt à faire de grandes actions. Considérez donc que, depuis six ans, je suis dans un état désastreux, empiré par des médecins stupides, d’année en année, trompé par l’espoir d’aller mieux et, finalement, forcé d’envisager un mal interminable, dont la guérison durerait des années ou serait même impossible. Né avec un tempérament fougueux, sensible même aux plaisirs de la société, je dus très vite m’isoler, passer ma vie dans la solitude. Si, de temps en temps, je voulais échapper à tout cela, comme j’étais durement repoussé par la triste expérience, doublée de mon ouïe si mauvaise. Il ne m’était cependant pas possible de dire aux gens : parlez plus haut, criez, car je suis sourd. Comment me serait-il possible d’admettre la faiblesse d’un sens qui chez moi devrait être d’un degré plus parfait que chez les autres, un sens que je possédais autrefois à un tel degré de perfection que peu de gens de ma profession l’ont, ou l’ont eu. – Oh ! Je ne le puis, c’est pourquoi vous devrez me pardonner, lorsque vous verrez que je me retire quand j’aimerais tant me mêler à vous. Mon malheur me fait doublement mal, car à cause de lui, je suis méconnu. Pour moi il n’y a ni récréation en société, ni fines conversations, ni épanchements mutuels. Il ne m’est permis de me mêler à la société que lorsque la plus haute nécessité l’exige. Il me faut vivre comme un proscrit – quand je m’approche d’une société, une peur poignante d’être obligé de laisser voir mon état me saisit. Il en fut ainsi pendant les six mois que je passai à la campagne, ayant suivi le conseil de mon raisonnable médecin, de ménager, autant que possible, mon ouïe, qui déjà correspondait presque à mon actuelle disposition naturelle. Quelquefois, poussé par mon besoin de compagnie, je me laissais tout de même tenter ; mais quelle humiliation quand quelqu’un, à côté de moi, entendait une flûte, et que moi je n’entendais rien ; ou que quelqu’un entendait chanter le berger et que je n’entendais rien non plus. De tels incidents me portaient presque au désespoir et il s’en fallut de peu que je ne misse fin à ma vie, mais seul, lui, l’art m’en retint. Oh ! Il me semblait impossible de quitter ce monde avant d’avoir accompli ce à quoi je me sentais disposé et, ainsi je prolongeai cette vie misérable, vraiment misérable, cette nature si fragile qu’un assez rapide changement me fit passer du meilleur état dans le pire.Patience, c’est vous que désormais je dois choisir comme guide, comme on me le dit ; c’est fait – j’espère que ma décision de persévérer sera durable, jusqu’à ce qu’il plaise aux inexorables Parques de rompre le fil. Peut-être les choses iront-elles mieux, peut-être que non, je suis prêt à subir mon sort, forcé que je fus, dès ma vingt-huitième année, à être philosophe. Ce n’est pas facile, et pour un artiste c’est plus difficile que pour tout autre. Divinité, du haut tu vois sur mon âme, tu la connais, tu sais que l’amour du prochain et le besoin de faire le bien l’habitent. Oh ! Humains, quand vous lirez ceci, pensez que vous m’avez fait du tort, que les malheureux se consolent d’avoir trouvé un de leurs semblables qui, malgré tous les obstacles de la nature, a fait tout ce qui était en son pouvoir pour être recueilli dans le rang des artistes et des hommes dignes. Vous, mes frères, Carl et (3) , dès que je serai mort, si le professeur Schmidt vit encore, priez-le, en mon nom, de faire une description de ma maladie et ajoutez cette feuille à l’histoire de ma maladie, afin qu’au moins, après ma mort, le monde se réconcilie avec moi autant que possible. En même temps, je vous déclare ici, tous deux, héritiers de ma petite fortune (si l’on peut dire ainsi). Partagez-là honnêtement, entendez-vous , et aidez-vous mutuellement. Ce que vous m’avez fait de mal, vous le savez, vous est depuis longtemps pardonné. Toi, cher frère Carl, je te remercie en particulier de l’attachement que tu m’as prouvé ces derniers temps. Mon vœu est que vous ayez une vie meilleure que la mienne, exempte de soucis. Recommandez la vertu à vos enfants, elle seule, et non l’argent, peut les rendre heureux. J’en parle par expérience, c’est elle qui m’a soutenu, même dans le malheur, c’est à elle ainsi qu’à mon art que je dois de n’avoir pas mis fin à mes jours par un suicide. Adieu, aimez-vous ! Je remercie tous mes amis, en particulier le prince Lichnowski et le professeur Schmidt. Je désirerais que les instruments du prince L. soient gardés chez l’un de vous deux, mais qu’aucune dispute ne s’élève entre vous à cause d’eux. Dès qu’ils pourront vous être d’un plus grand profit, vendez-les. Combien je serai heureux, si même sous la tombe, je puis vous être encore utile. Alors, ce serait fini, joyeux, je cours à la rencontre de la mort. Si elle vient avant que je n’aie eu l’occasion de développer toutes mes capacités artistiques, elle viendra trop tôt, malgré mon triste sort et, j’aimerais bien qu’elle vienne plus tard. Mais alors je serai aussi content ; ne me libérera-t-elle pas d’un état de souffrances sans fin ? Viens quand tu voudras, je vais à ta rencontre avec courage. Adieu, ne m’oubliez pas après ma mort, je ne l’ai pas mérité ayant dans ma vie souvent pensé à vous rendre heureux, soyez-le.
Ludwig van Beethowen
Heiglnstadt
le 6 octobre 1802

Heiglnstadt, le 10 octobre 1802
Ainsi je prends congé de vous – et avec tristesse en vérité – cher espoir – espoir que je portais en moi, en venant ici, d’obtenir du moins jusqu’à un certain point ma guérison – cet espoir doit à présent m’abandonner complètement. Comme tombent les feuilles d’automne qui sont fanées – cet espoir lui aussi pour moi s’est atrophié. A peu près tel que je suis venu ici – je m’en retourne – Le grand courage – qui m’inspira souvent au cours de ces belles journées d’été – a disparu – Ô Providence -fais apparaître une seule fois à mes yeux un jour de joie sans mélange – Depuis si longtemps l’écho de la vraie joie est absent de mon cœur -Quand donc – ô Dieu -pourrai-je de nouveau le sentir dans le temple de la Nature et dans le contact avec l’humanité – Jamais plus ? Non ! – Oh ! Ce serait trop dur.

 

LETTRE A L’IMMORTELLE BIEN-AIMEE
Brief an die unsterbliche Geliebte

lettrealimmortelle - CP

Le 6 juillet au matin
Mon ange, mon tout, mon moi. Quelques mots seulement aujourd’hui, et au crayon (le tien). Ce n’est pas avant demain que je saurai définitivement où j’habiterai. Quelle misérable perte de temps pour de telles choses. Pourquoi ce profond chagrin alors que la nécessité parle? Notre amour peut-il exister autrement que par des sacrifices, par l’obligation de ne pas tout demander ? Peux-tu faire autrement que tu ne soit pas toute à moi et moi à toi? Ah! Dieu, contemple la belle nature et accepte d’un cœur paisible ce qui doit être. L’amour exige tout, et de pleins droits, ainsi en est-il de moi avec toi, de toi avec moi. Mais tu oublies si facilement que je dois vivre pour moi et pour toi : si nous étions complètement réunis, tu éprouverais aussi peu que moi cette souffrance. Mon voyage a été terrible, je ne suis arrivé qu’hier à quatre heures du matin; comme on manquait de chevaux, la poste a pris un autre itinéraire, mais quelle route épouvantable ! A l’avant-dernier relais, on m’a conseillé de ne pas voyager de nuit. On m’a parle d’une forêt épouvantable, mais cela n’a fait que m’exciter, et j’ai eu tort, la voiture aurait dû se briser dans ce terrible chemin, simple chemin de terre défoncé. Avec d’autres postillons que ceux que j’avais, je serais resté en route. Esterhazy, par l’autre chemin, le chemin habituel, a subi le même sort, avec huit chevaux, que moi avec quatre. Pourtant, j’ai éprouvé un certain plaisir, comme toujours quand j’ai heureusement surmonté un obstacle. A présent passons vite de choses extérieures à des choses intérieures ! Nous nous reverrons sans doute bientôt ; de plus, aujourd’hui, je ne peux te faire part des considérations que j’ai faites sur ma vie pendant ces quelques jours. Si nos cœurs étaient toujours serrés l’un contre l’autre, je n’en ferais pas de semblables. Le cœur est plein de tant de choses à te dire. Ah! il y a des moments où je trouve que la parole n’est encore rien du tout. Courage ! Reste mon fidèle. mon unique trésor, mon tout, comme moi pour toi. Quant au reste, les dieux décideront de ce qui doit être et de ce qu’il adviendra de nous.
Ton fidèle Ludwig.

Lundi soir, 6 juillet
Tu souffres. toi, mon être le plus cher. A l’instant j’apprends que les lettres doivent être postées très tôt le matin. Lundi, jeudi, les seuls jours où la poste part d’ici pour K.[arlsbad]. Tu soufres. Ah ! la ou je suis, tu es aussi avec moi, je parle avec moi et toi. Je ferai en sorte que je puisse vivre avec toi, quelle vie ! ! ! ainsi ! ! ! sans toi. Poursuivi ici et la par la bonté des hommes que je ne désire pas plus mériter que je ne la mérite, humilité de l’homme devant l’homme, elle me peine, et quand je me considère en relation avec l’univers, que suis-je et qu’est-il, lui qu’on appelle le plus Grand? Et pourtant, là encore est la divinité de l’homme. Je pleure, quand je pense que tu ne recevras vraisemblablement que samedi la première nouvelle de moi. Quel que soit ton amour pour moi, je t’aime encore plus fort, mais ne te cache jamais de moi. Bonne nuit. En bon curiste, il faut que j’aille dormir. Ah ! Dieu. si près! si loin! Notre amour n’est-il pas un véritable édifice céleste et aussi solide que la voûte du ciel ?

Bon matin, le 7 juillet
Encore au lit mes pensées se pressent vers toi, mon Immortelle bien-aimée, parfois joyeuses, puis de nouveau tristes. Le Destin nous exaucera-t-il ? Vivre, je ne le peux entièrement qu’avec toi ou pas du tout, j’ai même décidé d’errer au loin jusqu’au jour ou je pourrai voler dans tes bras, ou je pourrai me dire pleinement dans ma patrie auprès de toi. Puisque, tout entouré par toi, je pourrai plonger mon âme dans le royaume des esprits. Oui, hélas ! il le faut. Tu te maîtriseras d’autant mieux que tu connais ma fidélité envers toi, jamais aucune autre ne peut posséder mon cœur, jamais, jamais. O Dieu, pourquoi faut-il s’éloigner de ce qu’on aime ainsi, et pourtant ma vie à Vienne telle qu’elle est maintenant est une vie misérable. Ton amour a fait de moi à la fois le plus heureux et le plus malheureux des hommes. A mon âge j’aurais besoin d’une existence en quelque sorte uniforme, égale. Peut-il en être ainsi étant donné nos relations ? Mon ange, je viens d’apprendre que la poste part tous les jours, et il faut donc que je m’arrête afin que tu reçoives cette lettre tout de suite. Sois calme, ce n’est que par une contemplation détendue de notre existence que nous pouvons atteindre notre but, qui est de vivre ensemble. Sois calme. Aime-moi. Aujourd’hui, hier, quelle aspiration baignée de larmes vers toi, toi, toi, ma vie, mon tout! Adieu. Oh ! continue à m’aimer. Ne méconnais jamais le cœur très fidèle de ton aimé L.

Éternellement à toi,
éternellement à moi.
éternellement à nous.

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Electric Light Orchestra

Yngwie Malmsteen

http://www.wat.tv/audio/yngwie-malmsteen-beethoven-1tryn_2jsmr_.html

Chuck Berry

Documentaire BBC (anglais seulement)
The genius of Beethoven (3 parties)

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(3) Note:  Le nom du frère de Ludwig, Johann, ne figure pas sur le manuscrit (l’espace est au contraire laissé vide)
Voir aussi:  http://fr.wikipedia.org/wiki/Ludwig_van_Beethoven

http://centpapiers.com/?p=154837

Des yeux et des dieux…

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On passe sa vie à se faire des yeux. Chaque regard est une voix. Une voix. Avec de la brindille de lumière, des chants doux, des pépites ocellées, avec des cordes de guitares quand on sait lire la musique des êtres. Ce sont des livres sans mots. Il y a des la, des sols, des ré, des Rémis, des réminiscences.

Pourquoi fouiller les ciels pour y trouver des guides? Il suffit d’éteindre le vacarme des litanies de plus en plus burlesques du monde actuel. La débilitante machine à crachailler ses recettes comme une soupe au grand bouillon de la peur. La peur est la corde, les grandes menottes givrées des humains. Affolés que nous sommes! Volés, violés, triturés. C’est la grande guerre économique. Ils vous diront : « Je t’aime, mon peuple! ». Ils vous diront qu’ils ont des projets, des océans d’affaires dans lesquels barbotent des milliards de poissons. Ils vous aiment comme ceux qui ne savent pas ce qu’est l’amour. Ils vous aiment en chiffres, alors qu’il faut aimer en lettres.

C’est ainsi que l’on s’enferme dans les bras d’une femme, dans les bras d’un homme, dans des bras, des étreintes en soupirant.  Comme on s’enferme dans les bras des églises-crésus. Pour se soustraire. Pour se sauver. Pour remettre à  l’éternité ce « grand bonheur ».  Comme on se fait un clan d’un invisible ailleurs. Promis! Juré! On s’agglutine dans des livres. On les prend pour des vérités fixes, sans vie. Et chacun y va à sa manière tout en étant des disciples. Une idée gouru, ça vous va? Cuisinier de la vie cimentée? Tout fige. Dans cette vision, les oiseaux sont en suspend dans le ciel.

Qui donc s’attarde aux bulbes des fleurs? On attend son accouchement… Attendre est une action dans de grands errements qui font avorter la puissance du mouvement. On attend sa beauté, ses couleurs, ses parfums. Mais on laisse – que trop pressés – le regard de la terre, sa caloricité des juillets.

Dieu existe quand je croise un regard, une voix, une « paisibilité » gracieuse.  Dieu existe dans un  sourire. Dieu existe quand les tomates s’offrent à nous dans la brûlure du soleil. Dieu existe mais il n’existe pas divisé… La terre et la tomate, les insectes, le soleil, la pluie en perles, quand le ciel craque et sabre le ciel d’éclairs. C’est dieu ici.

Pour vivre, on ne peut pas n’être que des croyants à la pluie, ni à ceux des éclairs. Là, dans les églises écrasées de bredouilleurs qui s’en vont s’armer, s’écrasent de grands croyants.

Puis ils se battent entre eux. Comme si la pluie n’était pas née de la passion du soleil et de l’eau!

***

C’est la faim des tant…

***

Ce matin, quand la neige avait  bouffi de blanc la forêt, je suis allé marcher dans cette manne étrangement blanche, froide et humide. J’y ai croisé des sentiers de petites bêtes en survie. Après deux heures, je ne pendais qu’à l’humidité et le froid qui m’imprégnaient. Le froid comme mantra. La glace pendue aux arbres, et la route à faire vers le petit camp. C’est ma façon de prier, de garder un œil sur ce qui fait mal. Ce qui fait souffrir. Ce qui nous déstabilise. Tout ce que l’on vend se veut nous stabiliser, nous figer, nous transformer en statue de sel. Alors on voit tous ces gens s’étreindre dans des idées. Des idées-amours! Si chéries! Si parfumée, grimées, trompeuses.

Pendant ce temps-là, à Montréal, sur un pont, marchaient à pas de tortue des autos faites pour rouler à 200 km heure. Éperdus, écoutant la radio. Ce Goebbels électronique, coq matinal! Il n’y avait pas que le froid, l’humidité et la neige. Non. Toute la misère du monde  livrée, martelée, subliminale et râleuse. On leur a vendu le confort. Ils sont alors confortables dans leurs coffrets métalliques, sur pneus d’hiver, à se faire enjouer par la belle parlure de six haut-parleurs.

***

Dieu n’a pas deux bras. Dieu a tous les bras. L’œil est une sorte de bassin de vie par lequel on voit un peu de nos semblables. L’œil n’est qu’un pixel de la Vie.

Nous sommes un quelconque destin. La seule consolation est de savoir se prendre dans ses bras. La Vie est le plus baroque du « lonesome » voyage parmi tant d’autres.

Si dans les yeux on peut voir bien des voyages qui ressemblent aux nôtres, il est bon, de temps en temps de se laisser aller, en soupirant, respirer en accolades, en étreintes la vie des autres.

Avez-vous  remarqué que nous le faisons en fermant les yeux?

Se faire aveugle de la chair permet sans doute de voir un peu l’éternité que trop cachée en chacun de nous.

Gaëtan Pelletier

17 décembre 2013