Archives quotidiennes : 4-décembre-2013

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La pauvreté est l’absence du rire

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2014 : Année internationale de l’agriculture familiale

Une année pour orienter radicalement les politiques agricoles en faveur de l’agriculture paysanne familiale

Communiqué de Presse de la Coordination Européenne Via Campesina.

2014 : Année internationale de l’agriculture familiale

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(21 Novembre 2013- Bruxelles) Ce vendredi 22 novembre, l’Organisation des Nations Unies lancera à New-York l’Année Internationale de l’Agriculture Familiale, en 2014. Depuis 1993, La Via Campesina est la seule organisation internationale qui défend quotidiennement l’agriculture familiale paysanne dans le monde avec plus de 160 organisations dans 79 pays et plus de 200 millions de paysans/nnes représenté(e)s. En Europe, la Coordination européenne Via Campesina (ECVC membre de LVC)

est présente dans plus de 18 pays d’Europe et fédère des organisations de paysans et de travailleurs agricoles sous la bannière de la souveraineté alimentaire et de l’agriculture paysanne – essence même de l’agriculture familiale.

A quelques jours de la conférence organisée sur le sujet par la Commission européenne le 29 novembre, il est indispensable de rappeler quelques faits.

Les petites et moyennes exploitations agricoles paysannes sont l’épine dorsale économique et sociale de l’agriculture européenne, la plus puissante de la planète, où les fermes ont 14 ha de terre en moyenne, dont plus de 69 % faisant moins de 5 ha et seulement 2,7 % plus de 100 ha.

Basée sur la capacité et l’intensité du travail – et non le capital – adaptées à l’infinie diversités des conditions naturelles, sociales et économiques, ces structures productives garantissent la sécurité et la diversité alimentaire des citoyens européens, et sont un modèle de durabilité sociale, économique et écologique. C’est une agriculture pour vivre, non une activité spéculative.

Pourtant, années après années les politiques s’appliquent à les faire disparaître dans une pseudo-modernité inadaptée aux enjeux du 21ème siècle et à la crise globale qu’affrontent les peuples européens.

Il faut aujourd’hui encourager la relocalisation des productions agricoles, et mettre en place, sans attendre, des politiques basées sur les principes de la souveraineté alimentaire pour soutenir, maintenir et élargir la durabilité économique et sociale du modèle de l’agriculture paysanne.

Il faut assurer dès aujourd’hui l’installation de nouveaux d’agriculteurs, avec des jeunes mais aussi de nouveaux entrants en provenance des autres secteurs économiques en crise qui n’offrent pas d’avenir.

Il faut faire évoluer l’idée même de l’agriculture familiale, suivant en cela l’évolution de la famille en Europe, loin du patriarcat et sans discrimination.

La politique foncière doit évoluer, selon les directives validées par les Etats au Comité Sécurité Alimentaire de l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO).

Les réglementations concernant l’hygiène doivent être adaptées aux réalités de l’activité familiale.

La réglementation sur les semences doit soutenir le contrôle paysans sur cet élément fondamental de toute production agricole, et non favoriser uniquement l’industrie semencière.

Il faut des financements plus adaptés aux petites fermes que dans les programmes actuels de développement rural.

Il faut faciliter la création de nouveaux circuits de marché bien plus appropriés à l’agriculture paysanne familiale.

ll faut réguler les marchés pour garantir des prix rémunérateurs et stables.

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Il est enfin indispensable de permettre l’organisation collective et solidaire de l’agriculture paysanne familiale.

ECVC appelle les institutions internationales, et notamment l’Union Européenne, à se montrer cohérentes et systématiques dans la définition des politiques agricoles. L’année de l’agriculture familiale ne doit pas être un voile de communication pour faire oublier les négociations actuelles cruciales telles l’accord commercial avec les Etats-Unis – destructeur pour les paysans –, celles sur la réglementation concernant les semences et les derniers ajustements de la future PAC .

Seuls ces changements radicaux de politiques assureront la reconnaissance et l’avenir de l’agriculture familiale au delà de l’année 2014.

« On a besoin des petites fermes ! »

Porte Parole :

Geneviève Savigny : +33 6 25 55 16 87

Andrea Ferrante: +393480189221

Source :
Une année pour orienter radicalement les politiques agricoles en faveur de l’agriculture paysanne familiale

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Les états d’Anne

Le Canada décide de récompenser un SDF

sans abris

 

« Pourquoi toujours récompenser les gens riches? Dans l’entourage du Premier Ministre du Canada, on a décidé d’aller de l’avant avec un projet: récompenser un SDF.

On a choisi Roger, un SDF qui arpente les rues de Montréal et qui a survécu trois ans aux hivers canadiens et à tous les travaux des réparations des rues de Montréal. Il a failli perdre la vie en étant englouti dans un énorme nid-de-poule en 2011.

Pour ne pas agresser le système déjà fragile de Roger, la récompense lui sera décernée dehors, au  domicile du SDF. De nombreux dignitaires ont été invités à la cérémonie. La compagnie chinoise Tente-Ation lui offrira une tente gratuite, tandis que les fabricants de produits de camping Cold-man participeront en offrant un réchaud au propane.

Un cidre de pomme sera fourni par La SAQ. ( Société des Alcools du Québec). Toutefois, comme il est convenu que la SAQ se dirigeait vers une entreprise verte: pas de sac.

La SAQ pas de sac.

Une montre avec compas récompensera l’homme pour son acte héroïque.

L’an prochain, le gouvernement offrira trois récompenses. Avec médaille. Médaille qui sera fabriquée en Chine afin de réduire les coûts de telles récompenses.

Gaëtan Pelletier

Décembre 2013

Cet article a été placé dans la catégorie FAUSSES NOUVELLES.   Pour d’autres fausses nouvelles, écoutez le journal télévisé et lisez les journaux.

La servitude du garde-manger web

Comme Miss Impart  qui, souvent, vante les vertus des rondeurs, nous nageons ici et là à la recherche dont on ne sait trop quoi. Comme si le monde était une machine à démanteler et à remonter. Comme les sociétés défibrées, déchirées. Les couturiers sont nombreux, avec leur manie de changer le monde en bouturant des « jobs ». Travaillez, vous serez heureux… Ou, pas malheureux.

C’est le siècle du gouffre intérieur. Nous bouffons de tout… Farcis à la télé et au net. On se couche en pensant à ce qu’on va bouffer demain comme « nourriture ».

La malbouffe, c’est aussi celle des « idées » offertes en vente libre. Des bonnes, des mauvaises, des empoisonnantes, alors que parfois la toile peut-être un McDo affriolant.

Ne préférons-nous pas nous laisser gaver?

C’est moins éreintant que de s’étendre un peu, en silence, que d’aller marcher dans une petite forêt. Deux doigts, c’est moins fatiguant que deux jambes.

On va peut-être plus loin à dos de tortue…

gp

Le web peut être le missionnaire que nous avons créé. Il est dans le chaudron, mais nous sommes à la recherche de d’autres missionnaires.

La négritude humaine est une affaire d’âme.

Neurobiologie et éducation : conférence du Prof. Dr. Gerald Hüther (VOSTF)

Ceci constitue la transcription (libre) des sous-titres de la conférence donnée par Gerald Hüther à l’Institut Arno Stein, à Berlin, le 15 janvier 2011. Attention, ça décoiffe. La vidéo peut être consultée sur Youtube, c’est sans doute nettement mieux, pour une première découverte du propos. Mais je me suis dit que ça t’intéresserait peut-être d’y revenir, à tête reposée. Merci à Laure d’avoir colporté le lien sur Facebook. 

Pourquoi est-il si difficile de se débarrasser des schémas incrustés dans nos fonctionnements ?

On ne vient pourtant pas au monde avec cet état d’esprit. Il y a une étude extraordinaire qui nous ouvre les yeux. Elle démontre que beaucoup de nos schémas de pensée sont transmis à nos proches, à ceux avec qui nous vivons, donc à nos enfants, alors que nous ne sommes même pas conscients de cette transmission. Cette étude montre qu’à six mois, un enfant est déjà en mesure d’observer une petite scène, avec une colline au pied de laquelle arrive un bonhomme jaune (comme dans un dessin animé ) qui veut escalader cette colline. Il glisse et recule plusieurs fois et n’arrive qu’à grand peine au sommet. Le bébé de six mois assiste à la scène et n’en perd pas une miette. Fin de la première séquence. Deuxième séquence : de nouveau la colline, de nouveau le bonhomme jaune qui cherche à escalader la pente et là, apparaît un bonhomme vert qui l’aide, en se plaçant derrière lui pour le pousser jusqu’en haut. Fin de la deuxième séquence. Le bébé ne s’impatiente pas et observe aussi la troisième séquence. À nouveau le bonhomme jaune, qui tente à nouveau de grimper sur la colline, mais cette fois apparaît en haut un bonhomme bleu, qui le repousse tout en bas. Le bébé observe cela également. Juste après, on place chacun des bébés qui ont regardé ces représentations à une table où on leur présente le bonhomme vert et le bonhomme bleu qu’ils viennent de voir en action et on observe lequel des deux le bébé va prendre. Vous vous en doutez, les bébés de cet âge ne prennent pas ce qui ne leur plaît pas… Tous les enfants, tous les bébés de six mois, après avoir vu ces trois scènes, prennent le bonhomme vert, celui qui aide.

Aucun de nous ne vient au monde en consumériste, ou en égocentrique brutal et sans égards. Cet état d’esprit est donc une chose qui s’acquiert avec le temps. Eh oui, cela s’installe… et la bonne nouvelle pour tous ceux d’entre vous qui sont éducateurs ou parents, c’est que cela se met en place bien plus tôt que nous ne le pensions jusqu’à présent. On peut répéter cette expérience avec les mêmes enfants, six mois plus tard, quand ils ont un an. À nouveau les trois séquences, puis le bonhomme vert et le bonhomme bleu et tout à coup, 10 à 20% des enfants d’un an prennent le bonhomme bleu, celui qui repousse l’autre. Alors se pose la question : à ces enfants, qui ne parlent pas encore, qui a bien pu leur apprendre ça ? Et c’est là que vous comprenez ce que signifie la pensée systémique. C’est là que vous voyez ce qui réfrène nos découverte et nos pensées. Ces enfants n’ont fait qu’observer. Dans le système familial dans lequel ils grandissent se trouve quelqu’un qui arrive brillamment à ses fins, à l’intérieur du système familial, aux dépend des autres. Et vous ne pensez pas sérieusement que, pour un si petit enfant, il serait sensé,  qu’il serait biologiquement sensé de prendre exemple sur celui qui ne fait pas ça ? Les enfants prennent exemple sur ceux qui réussissent. Donc les enfants deviennent comme nous. C’est la première bonne nouvelle !

Deuxième bonne nouvelle : les enfants naissent avec une ouverture d’esprit incroyable, avec un cerveau qui met à disposition d’innombrables connexions, parce que justement, il n’y a aucun programme génétique qui puisse savoir à l’avance comment un cerveau humain sera utilisé. Parce que les programmes génétiques ne peuvent pas savoir si tel enfant va venir au monde au Moyen-âge – les programmes génétiques étaient alors les mêmes – ou si l’enfant va naître il y a cent mille ans, quand les programmes génétiques étaient aussi les mêmes, ou si cet enfant va naître de nos jour Esquimau, au cercle polaire, ou indien d’Amazonie au Brésil ou encore petit Chinois en Chine… Tout ça, les programmes génétiques ne le savent pas, et c’est pour ça qu’il nous équipent – c’est une découverte évolutionniste majeure – d’un cerveau avec lequel tout peut se faire. Trop, oui, trop de cellules nerveuses au début. Vous en avez tous possédé un tiers de plus dans votre cerveau qu’il ne vous en reste aujourd’hui. C’était avant la naissance. À l’époque, les programmes génétiques avaient fait une surestimation de ce qu’il faut à un bon cerveau humain. Nous sommes donc envoyés dans le monde avec du surplus. De même pour les connexions neuronales : beaucoup, beaucoup trop ! Au début, elles sont simplement mises à disposition. Cela commence à l’arrière, dans le tronc cérébral, puis séquentiellement, dans les diverses régions et (je vous le souhaite ) jusqu’au cortex frontal, où là, ça ne s’arrête plus. Là, elles sont toujours disponibles et l’on serait capable, sa vie durant, de penser et de sentir différemment, si seulement on avait une bonne raison, une raison assez forte pour le faire.

Et nous voilà arrivés à un autre point : Tous les enfants font, au début de leur vie et même avant la naissance, deux expériences majeures – vous les avez tous faites aussi – qui sont totalement banales tant qu’un enfant grandit dans le ventre d’une mère. Il éprouve la croissance d’une part, et, d’autre part, le lien. Ce sont deux expériences de base faites par chaque être humain. À partir de ces deux expériences majeurs donc, de l’expérience fondamentales de la croissance, quelque chose s’ancre dans le cerveau. Pour ainsi dire, l’expérience s’ancre dans le cerveau, là où se trouve aussi ce qu’on appelle le « système de la curiosité », qui utilise certains transmetteurs, tels la dopamine, et ce système – qui se forme lui-même en fonction des expériences intra-utérines, ce système fait que lorsqu’un enfant vient au monde, il y arrive avec l’espoir qu’il y aura, dehors, quelque chose à découvrir et quelque chose à faire. Il veut grandir, il veut montrer qu’il sait faire des choses, trouver des choses à faire qui le feront grandir. Il veut devenir autonome, et libre aussi. Voilà !

Quand à l’autre expérience prénatale, celle du lien, elle aussi se vit puis s’ancre profondément dans le cerveau. Pour ça aussi il y a un système, nommé système de l’attachement, qui travaille avec d’autres transmetteurs, comme l’ocytocine, la prolactine, et ce système se forme, lui aussi, en fonction des expériences prénatales, et chaque enfant vient alors au monde avec l’espoir que, dehors, il sera d’une manière ou d’une autre, bienvenu, qu’il trouvera quelqu’un qui le prendre dans ses bras, qui lui offrira proximité et sécurité.

Alors, ces enfants vont dans le vaste monde, et font des expériences. Les expériences les plus importantes sont toujours celles qui ont lieu quand il est possible de combiner ces deux expériences primitives. On se souvient que ça marchait à l’époque ! Pendant au moins 9 mois, on a pu vivre en même temps le lien et la croissance. Alors on se retrouve dehors, et parfois ce qu’on est ne convient pas tout à fait à la maman, ou au papa, ou à quelqu’un d’autre… On n’est pas accueilli tel que l’on est, des adultes se mettent à vous éduquer de partout, parce qu’ils voudraient qu’on soit comme eux, ou comme ce qu’ils auraient aimé être ou devenir. Mais on peut aussi être écrasé par ce que j’aime appeler l’amour-grappin, qui nous empêche de vivre notre besoin de croissance, et on se noie, en quelque sorte, dans le pot de miel de l’attachement. Situations aussi catastrophiques l’une que l’autre. Dans les deux cas – on le sait à présent, dans le cerveau ce sont les mêmes réseaux neuronaux qui sont activés – quand on vit cela, les circuits neuronaux sont également ceux qui s’activent quand on nous inflige des souffrances corporelles. Autrement dit, notre cerveau réagit de la même manière lorsque nous sommes exclus d’une communauté que lorsqu’il repère un dérangement dans notre relation avec notre corps. Quand ça ne va pas dans le corps, ça fait mal, quand ça ne va pas dans notre relation avec l’autre, ça fait mal aussi. Le même système. Dans les deux cas, ça fait mal et il nous faut une solution. Et voilà nos tout-petits déjà contraints de trouver une solution bizarre, et si les adultes ne leur montrent pas à quoi pourraient ressemble ces solutions – nous pourrons discuter un peu plus tard de ce à quoi elles devraient ressembler – si nous ne leur montrons pas, probablement parce que nous l’ignorons nous-mêmes, à quoi pourrait ressembler une solution pour être à la fois lié et libre, et bien alors, ils souffrent… Et comme il est insoutenable de souffrir tout le temps, nous avons besoin dès notre plus jeune âge et plus tard en tant qu’adulte, à chaque fois que nous ne pouvons pas recevoir ce dont nous avons besoin, de trouver quelque chose qui nous permette de le supporter. Quand on ne reçoit pas ce dont on a besoins, on prend ce qu’on arrive à prendre. À chaque fois qu’on y arrive, on en est un peu contenté. Cela active dans le cerveau ce que les neuro-scientifiques appellent le centre de gratification.

À chaque fois qu’on s’enthousiasme pour quelque chose, et ce sur quoi on s’enthousiasme importe peu au cerveau, il  a ce qu’on appelle des transmetteur neuroplastiques qui se déversent, et ces transmetteurs neuroplastiques sont comme de l’engrais pour le cerveau. Mais ces neurotransmetteurs, lorsqu’on nous fait apprendre l’annuaire par cœur ou bien lorsqu’on subit les conseils de gens avisés… ils ne sont pas déversés. Ces transmetteurs neuroplastiques ne se déversent que lorsque les centre émotionnels sont activés dans le cerveau, et pour qu’ils soient activés, il faut que quelque chose vous prenne aux tripes, il faut que quelque chose vous soit particulièrement important, par exemple, parce qu’il vous le faut absolument, parce que vous souffrez. Il vous faut un succédané, qui ramènera le calme dans votre cerveau.

Ces neurotransmetteurs savent faire une chose géniale : ils amènent les cellules nerveuses qui sont en dessous, par le biais d’un processus, induit par les récepteurs de transduction du signal, à initier une induction génétique. Comme ça, vous entendez que moi aussi, je sais parler comme un scientifique ! Ce que ça veut dire en réalité, c’est que les neurotransmetteurs amènent les cellules nerveuses d’en dessous à produire des protéines, qu’elles ont bien souvent cessé de produire depuis longtemps, de ces protéines nécessaires pour construire de nouveaux filaments, établir de nouveaux contacts, pour rendre les réseaux neuronaux plus denses. Et voilà qui éclaire merveilleusement comment, chaque fois que l’on s’enthousiasme pour quelque chose, un arrosoir déverse dans le cerveau cet engrais, ce « fertiliseur » qui fertilise le cerveau, mais seulement les zones que l’on utilise dans un état d’enthousiasme !

Nos jeunes ont, depuis dix ans, une région du cerveau qui reçoit tant d’engrais qu’elle a déjà doublé de taille : il s’agit de la région qui est chargée de la régulation des mouvement du pouce ! Ce dont vous vous doutez à présent – si vous ne le savez déjà – c’est que cet enthousiasme, nécessaire pour qu’il y ait des changement dans le cerveau, on ne peut pas l’avoir su ordonnance, ni l’engendrer par de savantes conférences. Non : il faut que les gens soient émus, touchés dans leur cœur. Il faudrait, comme le dit Hermann Hesse, que l’on soit empoigné au cœur, pour que ça marche. Si vous pensez au petit enfant de trois ans que vous avez tous été, vous savez qu’alors, 50 fois par jour – certains même 100 fois par jour, vous vous enthousiasmiez pour quelque chose. Pour chaque petit bout de fil qui dépasse là-dessous, un enfant de trois ans peut s’enthousiasmer pendant une demi-heure. L’arrosoir dans son cerveau est continuellement ouvert, l’engrais est répandu sans arrêt, et surtout, partout, car l’enfant s’enthousiasme pour tout et pas seulement pour la télévision, espérons-le… Et c’est ainsi que, pendant cette période, le cerveau reçoit tout le temps de l’engrais… Et puis, nous envoyons ces enfants à l’école ! Je ne veux pas prolonger, mais vous êtres en mesure de retracer vous-même ce qui vous est arrivé depuis, jusqu’où vous en êtes arrivés, ce qui en est aujourd’hui, et quand vous aurez mon âge, vous demanderez, vous aussi, à ceux qui vous entourent (ce que je fais moi-même ) à quelle fréquence il leur arrive encore de s’enthousiasmer, ce qui serait nécessaire pour qu’on puisse penser autrement, pour que puisse se constituer, dans le cerveau, un nouveau schéma de connexions. Pour certains, ça n’arrive qu’à Pâques et à Noël, pour d’autres plus du tout, depuis longtemps déjà.

Ce qui est intéressant, c’est que se serait possible ! Un Berlinois de 85 ans peut tout à fait apprendre le chinois… à 85 ans, mais probablement pas à l’université populaire de Berlin. Il faudrait plutôt qu’à nouveau, il s’enthousiasme, il faudrait que ça l’entraîne vraiment, il suffirait qu’il tombe tellement amoureux d’une jeune et jolie Chinoise de 65 ans, que, lorsqu’elle veut retourner en Chine central, dans son petit village de Ching Fung, il y aille aussi. Et voici le clou, le point culminant de cette petite session, de cette conférence : vous tous, vous tous qui êtes assis ici, savez que ce monsieur de 85 ans qui, dans son enthousiasme, va en Chine avec cette femme, aura appris le chinois en six mois. À 85 ans.

On n’a donc aucun problème technique dans le cerveau, si on ne peut plus apprendre le chinois à 85 ans, on a un problème d’enthousiames, et ce qui est grave, c’est que nous le savons tous ! Nous devrions pouvoir nous enthousiasmer pour quelque chose de différent de ce que nous connaissions jusqu’ici. Mais jusqu’ici, nous avons vécu tant d’expériences négatives ! Quand nous essayons de nous intégrer, quand nous cherchons des occasions de montrer que nous sommes capables, de devenir libres et autonome, ce faisant, nous avons vécu tant d’expériences négatives, nous sentons encore et toujours que ça ne marche pas, que c’est inconciliable… Alors nous cherchons des satisfactions de substitution. Et c’est ce que Juliet nous a admirablement présenté : le consumérisme. Bien sûr, quand on ne reçoit pas ce dont on a besoin, on prend ce qui est proposé ici ou là. Et il y a toute une industrie qui n’attend que ça, qu’il y ait autant de gens avec autant de besoins insatisfait que possible, car ce sont eux qui entretiennent l’économie. Ça veut dire qu’il nous faut des enfances qui rendent les enfants malheureux, il nous faut des enfances au cours desquelles les deux besoins de base des enfants ne sont pas satisfaits, car sinon, on n’aurait pas, à la fin, tous ces consommateurs qui achètent toute cette camelote dont personne n’a besoin quand ça va bien. Je vous remercie de votre attention.

Sous-titres : Pauline & André Stern copyright Institut Arno Stern, 2013.

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